Profil

  • : Mélusine
  • : 14/02/2006
  • : Paris

Liens

Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...
Vendredi 27 juin 2008
Il semble bien que le 24 juin dernier, alors qu'il achevait un voyage de 48h en Israël et s'apprêtait à reprendre son avion sur le tarmac de l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, Nicolas Sarkozy ait échappé de justesse à une tentative d'assassinat. Ce sont du moins les conclusions des Services secrets russes, comme vient de le révéler le journal nationaliste Zavtra (mais je n'arrive pas à mettre la main dessus). Et ils ont certainement raison tant la version officielle reprise par les médias - un suicide - comporte d'invraisemblances et de contradictions. Le suicide d'un garde druze de l'IDF (Israel Defense Forces), Raed Asaad Ghanan, 32 ans, qui se serait jeté d'un toit de l'aéroport tout en se tirant dans la tête une balle de fusil d'assaut M-16 au moment même où, à 100m de là et dans sa ligne de mire, Sarko et sa Carla prenaient congé du président israëlien Shimon Pérès et du premier ministre Ehud Olmert... ça me rappelle cet employé de l'ambassade de Roumanie au temps de Ceaucescu, suicidé en se jetant par la fenêtre, un poignard planté dans le dos ! Vous y croyez, vous ?

Les coups de feu, couverts par la fanfare (c'est minuté comme du Hitchcock, cf. le final de L'homme qui en savait trop), auraient fait deux morts, l'un dont on ne parle pas, un officier de sécurité français qui devait donc se trouver à proximité de Sarkozy, l'autre qu'on a présenté comme le suicidé et qui apparaît plutôt comme l'homme qui en savait trop ! Bah, ce n'était qu'un druze ! Il est à noter que deux autres témoins gênants, deux femmes soldates israéliennes, se sont opportunément évanouies après l'incident - Quelle émotion !, - au point de nécessiter une hospitalisation prolongée loin des curieux... Et le lendemain de l'attentat, l'aéroport Ben Gourion a été bouclé au prétexte d'un vaste exercice de simulation de sauvetage décidé subitement. Quant au garde qui était de faction avec le malheureux Ghanan, personne ne semble vouloir s'interroger de trop près sur son cas. Toujours est-il que la responsabilité du Mossad est directement engagée dans cette affaire, d'abord parce qu'il a failli, et surtout parce que le tueur pourrait bien sortir de ses rangs.

Pourquoi, me direz-vous, le Mossad aurait-il voulu éliminer un inconditionnel d'Israël ? Eh bien, hypothèse pour hypothèse, peut-être tout simplement parce que les enragés du sionisme qui constituent le gros des troupes des Services secrets israëliens, à commencer par leur chef, le général Meir Dagan, n'ont pas, mais alors pas du tout apprécié le discours de Sarkozy devant la Knesset. Comme à son habitude, Sarko a dit tout et le contraire de tout. Nous, Français, commençons à être habitués, mais les Juifs ne s'attendaient peut-être pas qu'il leur mente ; ou peut-être ont-ils pris pour argent comptant ses déclarations en faveur de la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale. Pourtant ça ne mange pas de pain les déclarations. Mais sûr que pour des types qui se proposent ouvertement d'exterminer les Palestiniens, ça passe mal ! Sarközy, ou la figure du traître...

En tous cas, la seule vidéo disponible de l'attentat est bidouillée (les images du moment crucial ont été retirées et il n'y a pas le son). Un détail curieux, cependant : au lieu de planquer Sarko, ses gardes du corps l'invitent à monter sur la passerelle à découvert... Il sera intéressant de suivre dans les prochains mois la carrière du colérique Dagan, né Huberman, 63 ans, qui, en principe, vient d'être reconduit à la tête du Mossad jusque fin 2009. En principe...

Sources :
http://web.israelinsider.com/Articles/Security/12942.htm
http://fr.altermedia.info/general/tentative-dassassinat-ou-suicide_14638.html
http://mecanopolis.wordpress.com/2008/06/25/etrange-depart-disrael-pour-nicolas-sarkozy
par Mélusine publié dans : Proche-Orient
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 20 juin 2008
Où l'on reparle des Ijaws (cf. http://geopolis.over-blog.net/article-7064660.html).
Une fois n'est pas coutume, voici une dépêche AFP intéressante.
*

LAGOS (Nigéria) - Le Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (MEND) a revendiqué l'attaque qui a visé jeudi un important puits offshore de Shell, obligeant la compagnie à interrompre la production et confirmant sa détermination à perturber l'industrie pétrolière du Nigeria.

On n'y voit rien ! Bonga, c'est la concentration de points noirs dans le quart supérieur gauche,
un peu au-dessus de "Golfe de Guinée" (merci à Joeren van der Veer, PDG de Shell, pour la carte !)

"Ce matin à 00H45 nos combattants ont investi la prétendue forteresse de Bonga. La salle informatique de contrôle de la production était notre principale cible que nous voulions faire sauter, mais nous n'avons pas pu y accéder", a affirmé le MEND dans un courriel. Shell a dû interrompre sa production. "Nous avons arrêté la production sur le champ pétrolier de Bonga après l'attaque ce matin par des militants inconnus," a déclaré le porte-parole de Shell, Precious Okolobo.

Les assaillants ont pris pour cible le champ FPSO Bonga (Floating, Production, Storage and Offloading), situé à 120 km au large de Lagos, un monstre haut comme un immeuble de douze étages, 305 mètres de long, 58 de large et 32 de haut. Bonga a une capacité pouvant aller jusqu'à 250.000 barils par jour et 150 millions de pieds cubes de gaz, qui partent vers le terminal de Bonny par des gazoducs sous-marins.

L'attaque inquiète les milieux pétroliers, compte tenu de la situation du site visé, jusqu'alors considéré comme inaccessible par les groupes armés. "C'est très très préoccupant. On touche à la zone la plus garantie de production. Cela veut dire qu'il n'y a désormais pas de limite pour les attaques", a dit un responsable d'une multinationale. Dans cette même région, un navire du groupe français Bourbon transportant du matériel et des personnels pour le compte de compagnies pétrolières a été attaqué jeudi également par des hommes armés. Deux Nigérians ont été blessés, le capitaine et un ingénieur, ont précisé des sources diplomatiques et pétrolières

"Notre prochaine visite sera différente, et l'installation ne sera pas épargnée", a averti le MEND affirmant aussi avoir enlevé un Américain, Jack Stone, travaillant pour une autre société para-pétrolière. Celui-ci a été libéré dans la journée. Le ministre nigérian de l'Information a déploré une attaque "très malheureuse" qui "légitimise la criminalité". "La cible d'aujourd'hui a été délibérément choisie pour prouver une fois pour toute que l'exploration offshore n'est pas hors d'atteinte", a commenté le MEND qui demande à toutes les multinationales de faire partir leurs employés du Nigeria "jusqu'à ce que la question du Delta du Niger soit résolue".

"Les navires pétroliers et gaziers sont également avertis d'éviter les eaux nigérianes sous peine d'attaques", conclut le MEND. Affirmant se battre pour les populations de la région afin qu'elles obtiennent une plus grande part de la manne pétrolière, le mouvement a répété que ses attaques faisaient partie d'une "Opération Cyclone" visant à "ruiner l'industrie d'exportation pétrolière du Nigeria".

Le baril de pétrole a atteint les 137 dollars, après cette attaque. Le site de Bonga, ouvert en novembre 2005, a permis à Shell d'exporter 100 millions de barils à la date de mai 2007 et est détenu à 55% par Shell, 20% par le géant américain Exxon Mobil, 12,5% par l'Italien Agip, et 12,5% par le groupe français Total, via Elf Petroleum Nigeria. Cette attaque est la dernière d'une séries visant les intérêts de Shell. Les violences dans le Delta du Niger ont privé le Nigeria d'un quart de sa production de pétrole depuis janvier 2006. Le pays a perdu en avril sa place de premier producteur africain au profit de l'Angola selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (0PEP). L'Angola a produit 1,873 million de baril par jour en avril, contre 1,818 million de b/j pour le Nigeria.
*
Soleil couchant sur une plateforme du Golfe de Guinée

Le pétrole à 200 dollars le baril, comme l'annonce la couverture du Courrier international du 19 juin, semble effectivement pour très bientôt. Mais n'allez pas croire que cela gène outre mesure les compagnies pétrolières : leurs bénéfices sont décuplés (cela se compte en centaines de milliards de dollars...). Chapeau bas tout de même à ces sympathiques Ijaws qui attaquent les plateformes off-shore à la pirogue.
par Mélusine publié dans : Afrique noire
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 6 juin 2008
L’association Fraternité franco-serbe (FFS) existe depuis 2007. Dans l’entretien qu’il nous a accordé le 31 mai 2008, son président nous en dit plus sur le sens de son engagement et sur la mission humanitaire qu’il a menée récemment au Kosovo.

Comment vous est venue l’idée de fonder une association France-Serbie ?


Charles-Alban Schepens : C’est en 1999, lors des bombardements de l’OTAN sur la Serbie [guerre du Kosovo, mars-juin 1999], que j’ai commencé à me sentir concerné par le sort de ce pays. Nous étions quelques jeunes Français a nous montrer particulièrement dynamiques dans les manifestations contre les bombardements et c’est ainsi que se sont noués mes premiers contacts avec la communauté serbe en France.
    Il existait déjà diverses associations franco-serbes. Mais en voyant s’aggraver la situation des Serbes restés au Kosovo et constatant la désinformation des Français sur la question, j’ai voulu faire quelque chose et j’ai monté FFS, avec trois objectifs :
-    rappeler les liens historiques entre la France et la Serbie en organisant des festivités culturelles,
-    faire connaître la situation du Kosovo et de la Serbie en général,
-    aider moralement et financièrement les enclaves serbes du Kosovo.

Malgré des moyens encore très modestes, vous avez réussi le tour de force de mener une première mission humanitaire au Kosovo quelques mois à peine après la fondation de FFS. Quelle a été cette mission ?

Ch.-A. Schepens : Nous souhaitions faire coïncider notre première action au Kosovo avec la Pâques orthodoxe [27 avril 2008] et c’est ce que nous avons fait puisque notre convoi, parti de Paris fin avril, était sur place le 27. Tout un symbole pour nos amis serbes.
    La destination de cette première mission était une enclave serbe totalement isolée, au Nord de Kosovska Mitroviça [étant donné le risque de représailles, nous avons ici jugé préférable de ne pas citer le nom du village et de rester évasifs sur sa localisation exacte]. Il s’agissait de venir en aide à 40 familles, dont 108 enfants. Nous leur avons remis les vêtements, médicaments, nourriture et jouets qui constituaient notre chargement, ainsi qu’un secours financier dont l’église serbe de Paris nous avait confié la distribution, proportionnée au nombre d’enfants par famille.

Comment se présentent ces enclaves serbes ? Leur situation vous paraît-elle viable en l’état ?

Ch.-A. Schepens : Dans le Nord du Kosovo où ils sont largement majoritaires, les Serbes peuvent encore mener une vie décente. Mais ailleurs, dans les enclaves isolées qu’on rencontre sur tout le territoire, quelques villages regroupés, parfois seulement quelques maisons serbes au milieu d’un territoire devenu hostile, ils sont prisonniers chez eux et ne peuvent sortir, travailler ou se rendre dans ce qui leur reste de champs que sous escorte armée de la KFOR. Tout est géré par l’OTAN. Il y a des barrages et des militaires partout. Rien de viable. Les Serbes qui le pouvaient sont partis. Seuls les plus pauvres sont restés. Mais ils ne reçoivent aucune assistance des ONG. Juste un peu d’aide par le biais de la KFOR qui assure leur sécurité.

Quelles sont vos impressions du Kosovo ? Qu’est-ce qui vous a marqué ?

Ch.-A. Schepens : D’abord les cimetières profanés aux pierres brisées et les églises détruites qu’on aperçoit depuis la route, et le contraste entre, d’un côté les maisons abandonnées des Serbes, et juste en face les maisons cossues flambant neuves que se font construire les Albanais, avec de gros moyens.
    Et aussi l’affirmation symbolique de l’occupation albanaise dans le paysage : partout, on voit des mosquées en construction, jusqu’en plein milieu des champs, loin de toute habitation. Même les pierres tombales sont en forme de mosquée.
    Ce qui étonne aussi, côté albanophone, ce sont les trois drapeaux systématiquement associés : Albanie – UE – USA. Ce pseudo-Etat, qui ne tient que par la présence militaire de l’OTAN, n’a ni drapeau, ni monnaie. Sans compter les panneaux publicitaires géants placés au bord des routes pour vanter les financements européens. [Là, je me demande si l’Union européenne finance aussi les mosquées...]

Comment les Serbes du Kosovo voient-ils les choses ? Qu’espèrent-ils ?

Ch.-A. Schepens : Les Serbes du Kosovo subissent cette invasion depuis les années Tito, avec tout ce que cela comporte d’humiliations quotidiennes. La situation n’a cessé de s’envenimer. Aujourd’hui, l’arrivée au pouvoir en Serbie du Parti Radical serbe reste leur seul espoir de ne pas être abandonnés par Belgrade. Et ils comptent sur les Russes.
    C’est très important d’aider ces villages pour permettre à la population serbe, les jeunes en particulier, de se maintenir dans ce berceau historique de l’orthodoxie serbe qu’est le Kosovo. Les villageois que nous avons rencontrés souhaitent reconstruire leur église brûlée. Une façon d’espérer.

Pour les aider : http://fraternitefs.free.fr/

par Mélusine publié dans : Europe
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 11 mai 2008
Les étiquettes politiques sont parfois trompeuses. De nos jours, il semble que les idées des mouvements d'extrême-gauche sud-américains montrent plus d'affinités avec celles de l'extrême-droite française qu'avec le prêt-à-penser des bobos gauchos de Saint-Germain-des-Prés. Alors que ces derniers jouent chez nous les idiots utiles du système en appuyant les régularisations massives de migrants décidées par les négriers des temps modernes, alors qu'ils soutiennent de prétendus anti-fascistes russes contre le gouvernement du méchant Poutine (vous comprenez, Poutine a mis au pas une poignée de milliardaires corrompus, bouh que c'est pas bien !), bref alors qu'ils jouent le mondialisme contre les nations, les gauches d'Amérique du Sud, eux, sont nationalistes !

A front renversé

Prenons le cas de la Bolivie. En janvier 2006, Evo Morales, dirigeant du MAS (Movimiento al socialismo / Mouvement vers le socialisme), élu président du pays un mois plus tôt, entre en fonctions. Le socialisme annoncé est au programme, cela va sans dire. Mais tous les Boliviens ne s'y reconnaissent pas, loin s'en faut. De là à fomenter la partition du pays, il y avait un (grand) pas, que certains n'ont pas hésité à franchir sur le conseil d'un certain Philip S. Goldberg...

Pour ceux qui ont suivi les derniers événements du Kosovo, Monsieur Goldberg n'est pas un inconnu. Après avoir été assistant spécial pour la Bosnie de l'ambassadeur américain Richard Holbrooke (1994-1996) et artisan des accords de Dayton qui ont enteriné la désintégration de la Yougoslavie, Goldberg a à nouveau sévi dans la région en tant que chef de la mission US à Pristina, Kosovo (2004-2006). On vient de voir le résultat ! L'atomisation de l'Europe des Balkans n'est d'ailleurs pas finie, puisque le même Goldberg manifeste aussi un intérêt tout particulier pour le Monténégro... En attendant, voilà qu'il fait un petit tour en Bolivie où il a été nommé ambassadeur US en août 2006.

Cependant, en Amérique latine, les Gringos en rangers et leurs séides, on les voit venir de loin ! (Pour ceux qui croient, à la suite d'une publicité pour un mauvais café, que "gringo" est une expression sympa, précisons que c'est un terme injurieux pour désigner le Ricain). Jorge Mansilla, l'ambassadeur bolivien à Mexico (Mexique), ne s'y est pas trompé. Dans une déclaration du 29 avril 2008, il n'hésite pas à dire publiquement que Philip Goldberg n'a été nommé à son poste en Bolivie que pour y provoquer des divisions du même ordre que dans les Balkans.

La comparaison n'est pas aussi incongrue qu'il peut paraître quand on sait que l'un des principaux acteurs du mouvement autonomiste qui touche maintenant les provinces boliviennes de Santa-Cruz, Beni, Pando et Tarija, n'est autre qu'un industriel croate, Branko Marinkovic !

Le moyen de la partition ? Le référendum, bien sûr !, et des sommes colossales mises au service des factieux par le NED américain (National Endowment for Democracy), sommes qui se chiffrent en centaines de millions de dollar$. Mais contrairement au Kosovo, la "Communauté internationale" a pour une fois refusé de donner du crédit à cette mauvaise farce (le référendum des quatre provinces qui a eu lieu le 4 mai 2008 n'est pour l'instant qu'un coup d'épée dans l'eau). Il faut dire que les Etats voisins se savent aussi menacés : la Bolivie n'est qu'un maillon faible du continent sud-américain. Partant, c'est un terrain d'expérimentation pour une stratégie US de morcellement des nations rivales qui, à moyen terme, vise tout aussi bien le Brésil, dont la forêt amazonienne attise bien des convoitises. On comprend que le pays, pas fou, ait refusé de reconnaître l'indépendance du Kosovo.

Jouxtant le Brésil, Santa-Cruz et les provinces adjacentes couvrent plus de la moitié du territoire bolivien. C'est là que se trouvent ses plus riches réserves de gaz naturel... La population locale, rebaptisée "Nacion Camba" par Mr Goldberg, du nom que l'on donne en Bolivie aux habitants métissés des plaines, par opposition aux Indiens des Andes, forme 30% du total des Boliviens. Mais, en dehors d'une minorité rassemblant des représentants de la bourgeoisie et les expatriés croates, elle ne semble pas pour l'heure acquise à l'idée d'une partition et à cet étrange concept de "nation" à la sauce Goldberg. En réponse au référendum, des manifestations de grande ampleur en faveur de l'unité nationale ont eu lieu le même jour. Les Boliviens y demandaient l'expulsion de l'ambassadeur des USA, "instigateur du séparatisme". Reste à savoir si le timide Morales saura faire preuve d'assez de poigne pour débarrasser son pays de cette crapule.

Après la Bosnie, la Bolivie.
Après le Kosovo, la Seine-Saint-Denis ?
par Mélusine publié dans : Amérique latine
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 avril 2008
L'aigle chauve, oiseau sacré des Indiens d'Amérique

Le 21 décembre 2007, les Sioux Lakota ont repris leur indépendance et dénoncé les traités qui les liaient aux Etats-Unis d'Amérique depuis 1851. Il s'avère en effet que depuis 150 ans les Américains n'ont respecté aucun des quelque 33 traités "de paix et d'amitié" signés avec les Sioux qui garantissaient à ceux-ci l'intégrité de leurs territoires ancestraux, y compris le traité de 1868 ratifié à Fort Laramie après l'écrasante défaite subie par l'armée américaine lors de la guerre de Nuage Rouge. De facto, ces traités sont caducs.

En conséquence, les Sioux ne se reconnaissent plus citoyens américains et leur territoire, qui couvre en partie cinq états des USA (Nébraska, Dakota du Sud, Dakota du Nord, Montana et Wyoming), ne fait plus partie du territoire US. Le nouvel Etat qui a nom Lakotah émettra ses propres passeports. Les résidents non-amérindiens du pays sont invités à rester pour peu qu'ils renoncent à la citoyenneté américaine. Le tout net d'impôts.

Pour la population Sioux, l'indépendance est une question de survie : 97 % d'entre eux vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté et ils ont le plus fort taux de mortalité des USA, leur espérance de vie moyenne n'étant que de 44 ans ! Les ressources locales en minerais et en eau potable n'ont cessé d'être pillées. La population amérindienne, parquée dans des réserves, a subi plusieurs déportations jusque dans les années 1960. Enfin, l'alcool et la télévision font des ravages. L'indépendance énergétique et la défense de la culture Sioux seront donc les priorités du gouvernement du Lakotah. Cf. http://www.republicoflakotah.com/

Bienvenue à la république du Lakotah dans le concert des nations.

Et si les Serbes veulent être les premiers à reconnaître le nouvel Etat, ils ont ma bénédiction !


A signaler aussi un blog fait par un jeune Navajo qui donne des informations intéressantes, par exemple sur la protection des aigles chauves, ou sur la tentative par un certain John McCain, actuel candidat à la présidence des USA, à travers un amendement déposé en 2005, de faire déporter 3.000 familles Navajos...
Cf. http://tribalemployee.blogspot.com/

Et pour les amateurs, un groupe de punk-rock Navajo, Blackfire : http://www.blackfire.net
par Mélusine publié dans : Amérique du Nord
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus