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  • : Mélusine
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...
Samedi 27 juin 2009
Où il sera encore question du fonctionnement abracadabrant de la démocratie à la française, un système qui semble ne pouvoir se passer d'argent sale... Nous évoquions le financement par les Gabonais des campagnes aux élections présidentielles de plusieurs notables de droite comme de gauche, notamment Jacques Chirac : "La démocratie ne nous intéresse pas" . Voici que l'on apprend que celle d'Edouard Balladur en 1995 aurait été payée par... les Pakistanais !

Comment croire une seule seconde que la générosité du Gabon d'Omar Bongo ou de la République islamique du Pakistan soit gratuite ? Les financiers attendent toujours un retour sur investissement. La politique apparente, celle que présentent les médias, avec ses ressorts officiels, ses déclarations de principe, ses protestations de vertu, est parfois très éloignée de la politique réelle de gouvernants qui accèdent au pouvoir déjà grevés de dettes secrètes et de bienfaiteurs à rétribuer.

Mais pour les principaux intéressés, bien sûr, tout ceci n'est que fable. Interrogé le 19 juin 2009 par le journaliste Philippe Alfroy sur les derniers éléments de l'enquête concernant l'attentat de Karachi (voir la dépêche AFP ci-après), le président de la République française Nicolas Sarközy, à l'époque des faits ministre du budget, ne trouve en effet rien de mieux à répondre que : "Qui peut croire à une fable pareille ?", avant de s'esclaffer. Mais bien sûr, après toutes sortes de mimiques : "Pardon hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de choses comme ça."

Sinistre, sanglante fable, qui se sera cette fois terminée par la mort de onze expatriés français un matin de mai 2002 à Karachi.

*
Attentat de Karachi - Sarkozy rejette la piste de la corruption
AFP - 20 juin 2009

Paris - L'enquête sur un attentat qui avait tué 11 ingénieurs français en 2002 à Karachi s'oriente vers la piste d'un contentieux franco-pakistanais doublé de commissions occultes reversées à des hommes politiques à Paris, une hypothèse qualifiée de «fable» hier par Nicolas Sarkozy.

Les victimes françaises de cet attentat commis le 8 mai 2002 par un kamikaze dans la capitale économique du Pakistan étaient des salariés des arsenaux d'État français DCN. Trois Pakistanais avaient également été tués.

L'avocat des familles de sept des 11 ingénieurs a affirmé, après une rencontre jeudi avec les juges antiterroristes français, que l'enquête avait été relancée sur la piste d'un contentieux franco-pakistanais lié à la vente en 1994 de sous-marins.

Celle-ci aurait donné lieu au versement de commissions au Pakistan, mais aussi à des rétro-commissions en France ayant pu financer la campagne présidentielle en 1995 de l'ex-premier ministre français Edouard Balladur.

«C'est ridicule [...] c'est grotesque [...], qui peut croire une fable pareille ?», a répondu le président français hier à la presse à l'issue du Sommet européen à Bruxelles. «Si vous avez des éléments, donnez-les à la justice!» a-t-il lancé, agacé.

Selon l'avocat des familles, Me Olivier Morice, l'attentat aurait été organisé en représailles au non versement de commissions. «Ces commissions ont été arrêtées à l'arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995», a affirmé Me Morice. Selon l'avocat, la piste islamiste, longtemps privilégiée «est totalement abandonnée» par la justice française, les enquêteurs disposant de nouveaux éléments pour accréditer la thèse du contentieux franco-pakistanais.

L'avocat des familles pourrait demander dans les prochaines semaines les auditions de M. Balladur et Jacques Chirac. Edouard Balladur a reconnu jeudi avoir «entendu parler de cette histoire depuis des années» mais souligné que tout s'était déroulé de manière «parfaitement régulière».

Cette piste avait brusquement surgi en 2008 dans le cadre d'une enquête sur des faits présumés de corruption et de ventes d'armes. Des policiers avaient mis la main sur des documents portant sur des sociétés par lesquelles avaient transité des commissions. Un de ces documents faisait état en septembre 2002 d'une «instrumentalisation» de militants islamistes par des membres des services secrets pakistanais et de l'armée «pour obtenir le versement de commissions non honorées».

Le versement de commissions, interdit par une convention de l'OCDE de 2000, était encore légal en 1994. D'éventuelles rétro-commissions dont auraient pu bénéficier à cette époque des décideurs français sont en revanche réprimées par la loi.

L'éventuel financement de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995 par des commissions sur des contrats d'armements de la DCN était apparu dans le cadre d'une enquête préliminaire sur des sociétés d'intelligence économique.

Les policiers avaient alors trouvé une note mentionnant l'aval du directeur de cabinet de M. Balladur, Nicolas Bazire, et celui du ministre du Budget d'alors, Nicolas Sarkozy, pour la création d'une des sociétés par lesquelles transitaient des commissions.

Par Mélusine - Publié dans : Asie centrale
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Lundi 22 juin 2009
Même si c'est prétentieux pour un petit blog de rien du tout, on ne s'appelle pas Géopolis pour rien. Composé de deux mots grecs, : la Terre, et polis : la cité-Etat, "Géopolis" renvoie bien sûr à la géopolitique, comprise comme "l'étude des rapports entre données géographiques et politique des Etats", ou au sens où je l'entends plus directement, synonyme de "politique internationale" (les relations entre les Etats de la Terre).

Une autre acception est possible, si l'on met l'accent sur les données physiques du territoire, la géographie, qui explique que ce soit aussi le nom choisi pour le site de la Confédération française des acteurs des Sciences de la Terre : http://www.geopolis-fr.com, où il ne sera pas tant question de géopolitique que de minerais, de volcans, de géologie, mais à y bien regarder les deux sont liés (pétrole, uranium...).

En revanche, pour un scooter...  Le Géopolis 125 est en effet un nouveau deux roues motorisé de la marque Peugeot lancé en 2007, 125cm3 donc et 150kg (poids à sec, dit la fiche technique - tout mouillé c'est plus lourd), que notre lecteur pourra acquérir pour la modique somme de 3.500 à 4.000 €, ou que nous lui offrirons gracieusement s'il trouve la réponse à la question secrète que je n'ai pas encore posée*. Que dire de plus ? En rouge ou noir, ce n'est pas trop mal. Mais quelle idée de lui donner ce nom-là ! Encore une billevesée de publicitaire ! Le scooter Géopolis, voyons un peu, c'est pour que l'acheteur potentiel s'imagine faire le tour du monde avec, ou quelque chose comme ça.
La chose !

*Voir notre grand jeu-concours subventionné par Peugeot Citroune.
Par Mélusine - Publié dans : France
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Samedi 20 juin 2009
"La démocratie ne nous intéresse pas." Ce n'est pas le mot d'un mollah iranien, mais une citation de feu le président du Gabon, Omar Bongo († juin 2009), grand ami et parrain des dirigeants français. Et, comme c'est bizarre, aucun d'eux jusqu'à N. Sarközy compris, ne s'est jamais indigné du caractère frauduleux de ses réélections successives depuis son accession au pouvoir en 1967.

Eléctions présidentielles au Gabon ces 40 dernières années :

1973, Omar Bongo, candidat unique, est élu avec 99,6% des voix. Excusez du peu.

1979, il est réélu avec un score meilleur encore : 99,8% des voix.

1986, score en progression : 99,97% des voix.

1993, après l'introduction du multipartisme, son score tombe officiellement à 51% des voix, en forçant un peu le destin (dixit Jacques Foccart lui-même).

1998, il fait 66% des voix, contre seulement 16,5% à son principal opposant, l'ingénieur Pierre Mamboundou (Union du Peuple Gabonais). Vous avez dit fraude ?

2005, 79,18% des voix. L'accusation de fraude massive, formulée par l'opposition gabonaise, n'a pourtant pas été reprise de façon très audible par la "Communauté internationale"...

Si l'on ajoute à cela que plusieurs des principaux opposants au régime gabonais sont morts assassinés (Germain Mba en 1970, le poète Dieudonné Ndouna-Depenaud en 1977...) et que Pierre Mamboundou en a encore réchappé de justesse en 2006, on mesure le caractère démocratiquement exemplaire du Gabon de Bongo ! Mais chut ! Silence médiatique.

C'est que le grand démocrate Bongo a aussi joué un grand rôle pour la démocratie en France en finançant les campagnes de Jacques Chirac et en "conseillant" Nicolas Sarközy lors de l'élection présidentielle de 2007... La démocratie française portée par les pauvres Gabonnais ! C'est qu'avec ses quelque 70 comptes en banque à l'étranger détournant les revenus du pétrole dont son pays est exportateur, Omar Bongo pouvait se le permettre.

"Le bonheur n'est qu'un rêve inachevé,
Un seul instant suffit pour tout confondre."
Dieudonné Ndouna-Depenaud, "Le mort n'est pas mort", extrait du recueil de poèmes Rêves de l'aube (Libreville, 1975)
Par Mélusine - Publié dans : Afrique noire
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Dimanche 14 juin 2009
Deux points de vue opposés sur l'Iran aujourd'hui.

Pour moi, il ne fait pas de doute que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad - Nejad pour les intimes - ait été réélu ce dimanche tout à fait démocratiquement. Parce que s'il s'avérait, comme le disent des personnes aussi désintéressées que nos bons amis américains, qu'il y ait eu dans les élections de ce dimanche quelques fraudes, votes achetés ou sous influence, et matraquage médiatique, il n'y aurait là-encore rien que de très démocratique. Il suffit pour s'en convaincre de voir comment nos médias ont fait les dernières élections européennes, passant sous silence des listes sérieuses pour mieux promouvoir celles de l'Omniprésident, des faux écologistes de Cohn-Bendit et compagnie, aussi financés par l'Elysée, ou encore pour assurer à Marine Le Pen la main-mise sur son parti. Nos Messieurs des gouvernements occidentaux sont vraiment mal placés pour donner des leçons de morale.

La réalité, c'est qu'en dehors de Téhéran, Nejad reste très apprécié dans son pays, en particulier auprès des couches populaires qui constituent tout de même la très large majorité des 70 millions d'habitants et plus que compte l'Iran. Sa politique ouvertement populiste, ici au meilleur sens du terme c'est-à-dire favorisant les plus modestes, y est sans doute pour beaucoup. La participation a atteint les 85%, ce qui là aussi contraste avec les élections prétendument représentatives de chez nous. Quoi qu'il en soit des vertus du système, Nejad est donc réélu avec 62,6% des voix contre 33,7% à Mir Hossein Moussavi, le candidat préféré des beaux quartiers de la capitale. Au demeurant, le vrai dirigeant du régime, l'ayatollah Ali Khamenei, vient de saluer la victoire de Nejad. La messe est dite, du moins pour l'instant. Parce que dans les rues de Téhéran, ça commence à chauffer.

C'est mon point de vue, et je le partage ! Je vous renvoie à ce sujet au blog du journaliste Georges Malbrunot : Iran : Pourquoi une telle surprise ?. Ah, mais que c'est malheureux me direz-vous. Peut-être. Il n'en demeure pas moins que l'Iran tel qu'il est, ses mollahs et son Nejad dont les médias occidentaux nous ont fait un épouvantail, l'Iran donc est un des rares pays à ne pas se plier aux diktats du Nouvel Ordre Mondial, et ça c'est plutôt sympathique. Cependant, les opposants iraniens au régime ont une toute autre idée de la situation présente, notamment le Conseil national de la Résistance iranienne de Madame Maryam Radjavi.

Sources : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/ ; http://www.ncr-iran.org/fr/index.php

Car tout n'est pas rose au pays des roses. Et la France joue un vilain petit rôle dans l'affaire. C'est en tout cas ce que nous rapporte notre envoyé spécial au Sénat, Sam Fonta, qui nous présente ici les derniers épisodes d'une sombre affaire façon Irlandais de Vincennes où notre gouvernement a encore trempouillé.

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La France et les mollahs ou la danse du serpent
par Sam Fonta

Le 11 février 2009 (30 ans, jour pour jour, après la prise de pouvoir de Khomeiny à Téhéran), une réunion publique s’est tenue au Sénat, sous l’égide du « Comité Français pour un Iran Démocratique » qui rassemble députés, sénateurs et anciens ministres de tous bords. À cette occasion, des élus, des avocats et des responsables d’associations ont, sous la présidence de Jean-Pierre Michel, sénateur de la Haute-Saône, éclairé les divers aspects du lourd contentieux qui oppose, depuis plus de cinq ans, la justice française et l’opposition iranienne résidant dans notre pays. Intervenant juste après une décision historique de l’Union européenne vis-à-vis de la résistance iranienne, la réunion des parlementaires fut l’occasion de dresser un bilan dont il convient d’exposer les aspects essentiels.

En juin 2003, après avoir assuré pendant vingt ans leur protection, les autorités françaises orchestrèrent contre les militants de l’opposition iranienne, en exil à Auvers-sur-Oise (Conseil National de la Résistance Iranienne et Organisation des Moudjahidins du Peuple Iranien), une mise en scène médiatique autour de 1300 gendarmes et policiers convoqués pour appréhender une centaine d’opposants à la dictature théocratique et islamiste de Téhéran. Certains d’entre eux furent inculpés sur le champ « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Ce revirement radical était consécutif au ballet diplomatique franco-iranien qui, entre le voyage de Dominique de Villepin en avril 2003 et celui du ministre du Commerce extérieur le mois suivant, permit à la France d’obtenir de juteux contrats pour de puissantes entreprises hexagonales, Total en tout premier lieu.

Près de six ans plus tard, ce choix de sacrifier les résistants iraniens en leur imputant ce contre quoi ils luttent – un terrorisme sanglant – apparaît désormais aussi pervers qu’intenable. Les supposés « terroristes » attendent toujours un procès sans cesse repoussé car il ne pourrait qu’aboutir à leur relaxe et ils ont, entre temps, entrepris et gagné 21 actions en justice contre les autorités françaises. Il apparaît aujourd’hui clairement que le pouvoir politique a, dans cette affaire, instrumentalisé la lutte anti-terroriste à partir de dossiers vides : les seuls éléments à charge reposaient en dernier lieu sur des « preuves » fabriquées, envoyées de Téhéran par les officiers tortionnaires des unités de répression du régime. Aujourd’hui, les résistants iraniens sont ainsi libres de leurs mouvements et peuvent se réunir de nouveau à Auvers. l’État français, désavoué à de multiples reprises, persiste dans son égarement malgré les interpellations de plus en plus véhémentes des parlementaires. Une telle attitude relève sans doute d’un entêtement orgueilleux, mais plus vraisemblablement d’une crainte de déplaire à la junte religieuse de la République Islamiste.

Ce déni de justice et de respect des procédures démocratiques a fini par troubler les élus. Adrien Zeller, Président de la Région Alsace, a ainsi souligné ce qu’il y a d’inquiétant pour des citoyens français à constater que les autorités de notre pays font si peu cas des principes des Droits de l’Homme et des décisions de juridictions parfaitement compétentes telle la Cour européenne de Justice. Cette dernière a, par deux fois et avec des attendus fort sévères, intimé l’ordre aux gouvernements de l’Union de retirer la résistance iranienne (CNRI et OMPI) de la liste officielle des organisations terroristes. Le 27 janvier 2009, après des recours dilatoires de la France pour retarder l’inévitable, le Conseil des Ministres de l’UE a tiré le bilan des décisions judiciaires en lavant les résistants iraniens de l’accusation de terrorisme. La France, seule contre tous, tente actuellement une ultime et dérisoire procédure qui ne peut qu’échouer alors que nos partenaires ont déjà tourné le dos à cette posture indigne. Ainsi, le Ministère des Finances britannique vient de dégeler les avoirs de la résistance iranienne dans les banques anglaises.

La stupéfiante soumission de la France envers les mollahs iraniens, concernant des femmes et des hommes qui luttent pour abolir un système de terreur organisée, attire désormais vers Paris les regards surpris et réprobateurs de ceux, nombreux en Europe (parmi lesquels 2000 parlementaires), qui ont pris le parti de défendre l’opposition au régime sanguinaire et corrompu de Téhéran.

Car enfin, pourquoi persister dans une telle attitude de dépendance envers un pouvoir criminel qui incarne ce qu’il y a de plus opposé aux fondements de la République française ? Pour remporter des contrats industriels, précieux en période de crise ? Mais les Anglais ou les Allemands sont certains d’en obtenir autant, sinon plus, tout en conservant leur dignité. Pour éviter que les machiavels en turban ne dirigent vers Paris les réseaux terroristes bien réels qu’ils nourrissent ? Mais alors, quelle lâcheté, au moment même où les plus hautes autorités de notre pays répètent à l’envi « qu’il faut être ferme » dans le dossier du nucléaire iranien, donnant au passage de risibles leçons à l’administration Obama.

Il existe en outre, comme l’a relevé l’avocat Mario Stasi, un enjeu humanitaire : celui des milliers d’opposants iraniens réfugiés à Achraf, en Irak. La position isolée et absurde de la France peut en effet être invoquée demain par le gouvernement irakien pour justifier, dans un marchandage cynique et mortel avec les maîtres de Téhéran, le renvoi des réfugiés vers les potences qui les attendent. Arrogante, foncièrement injuste, niant sans vergogne la réalité au-delà de ce qui est admissible, telle apparaît en définitive l’attitude officielle adoptée sur cette question par le pays des Droits de l’Homme et de l’ingérence humanitaire.

La posture dans laquelle s’entêtent désormais sans espoir le Quai d’Orsay et l’Élysée, nous fait penser à celle d’un apprenti charmeur de serpent qui, soufflant dans son instrument, aurait réussi à faire sortir de son panier un cobra au venin mortel mais ne saurait plus comment l’y faire rentrer. Pensant que, s’il s’arrête de jouer, le serpent le mordra, il continue de souffler jusqu’à épuisement pour repousser le moment fatal. Personne ne lui a dit que le serpent était en réalité sourd et que seuls les battements de pied rythmant la musique le tiennent en respect ! Il en est de même des mollahs : il suffit de marteler une position ferme avec détermination et constance pour rendre leur poison inopérant. Tous ceux pour qui le respect d’eux-mêmes et des hôtes que la France a accueillis n’est pas un vain mot, auront en tous cas à cœur de lutter sans faiblesse, comme s’y sont engagés les parlementaires réunis au Sénat le 11 février, pour effacer au plus vite les effets de ce dévoiement persistant et injustifiable de nos dirigeants.
Par Mélusine - Publié dans : Golfe persique
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Lundi 1 juin 2009
Curieusement, le plus grand succès de ce blog, l'article le plus lu de Géopolis, champion toutes catégories depuis sa mise en ligne en avril 2007, n'est pas un article de géopolitique à proprement parler.

Sous le titre de Pervers narcissique à tendance paranoïaque , il s'agissait d'une analyse en creux de la personnalité d'un certain... Nicolas Sarközy, qui à l'époque n'était pas encore président de la République française.

Le pervers narcissique, manipulateur, comédien et généralement bien intégré en société, est beaucoup plus difficilement repérable que d'autres "cas" psychopathologiques. Et pourtant sa fréquentation peut se révéler particulièrement destructrice pour ses victimes, tant dans le cadre professionnel que dans celui de la vie privée, comme l'ont révélé au profane les ouvrages de la psychiatre Marie-France Hirigoyen sur le harcèlement moral.

Une de nos lectrices, psychothérapeute confirmée, consacre au sujet trois sites plus spécialement destinés à venir en aide aux victimes de manipulation. Il s'agit de http://manipulateurs.wordpress.com/, http://pervers-narcissiques.fr/ et http://baboline.unblog.fr/. Ces sites sont d'autant plus utiles, sensibles et informés que leur auteur a elle-même été victime d'un pervers narcissique.

Las ! Celui-ci, bien qu'il ne soit nommé nulle part, s'est reconnu dans les descriptions de pervers narcissiques qui y sont données... Sans bien mesurer que les symptômes décrits n'ont pas de caractère subjectif mais se trouvent caractérisés dans tout Manuel diagnostique de psychiatrie, et que par conséquent le fait qu'il croit s'y reconnaître fait effectivement de lui un pervers narcissique auquel s'ajoute ipso facto la tendance paranoïaque (il se croit visé), l'énergumène a porté plainte pour... atteinte à son image ! Il en faut de l'impudence pour demander en justice l'interdiction de sites et blogs comme ceux susdits, qui sont pourtant essentiels pour l'aide aux victimes... Mais a-t-on jamais vu un pervers narcissique se soucier des victimes ?

Je remets ici un extrait du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : "Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à voir l'autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l'asservir et à l'humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime chosifier l'autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en sortir, ne serait-ce que pour l'empêcher de témoigner contre lui." Nous y sommes !

Pour mémoire, voici une liste de traits propres à la personnalité manipulatrice empruntée à la psychologue Laetitia Boutry dont la vidéo est en lien sur le blog de Baboline :

- le pouvoir : le manipulateur se situe systématiquement dans un rapport de force avec l'autre,

- la séduction : il est souvent charmant, séduisant, a du bagou et utilise son charisme pour parvenir à ses fins, obtenir ce qu'il veut de l'autre,

- la domination : employant volontiers l'ironie, il a besoin d'humilier et de dévaloriser l'autre pour se sentir fort,

- la culpabilisation : fin psychologue, il s'appuie sur les failles de l'autre, pointe ses défauts en en rajoutant et y insistant à plaisir,

- le refus d'endosser ses responsabilités : rien n'est jamais de sa faute, il ne se remet jamais en cause,

- la capacité à mentir sans vergogne dès qu'il est pris sur le fait,

- la confusion : il revient sur ses dires quand ça l'arrange, rétablit les choses à sa manière et sème le trouble dans l'esprit d'autrui en le faisant douter de ce qui s'est vraiment dit ou fait...

Tiens, tiens... mais c'est que ça me rappelle quelqu'un tout ça... Toute ressemblance n'est pas du tout fortuite !
Par Mélusine - Publié dans : France
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