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  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 23:27

A entendre les dernières nouvelles, on en viendrait à croire que la blanche colombe est épouvantable pécheresse et qu'on n'a jamais vu chose pareille dans les milieux parlementaires... Pourtant, 10 % d'assistants parlementaires recrutés parmi les proches, une centaine... Voilà que l'on feint de découvrir ce qui n'est pas nouveau. Pas nouveau et pas répréhensible en soi, contrairement à ce que prétendent maintenant certains hommes politiques qui semblaient bien moins sourcilleux sur les affaires Strauss-Kahn ou Sarkozy. Ce qui l'est en revanche est l'opacité de la rémunération des assistants parlementaires, mais cela vaut pour tous. Quant à la réalité de leur travail... On devrait surtout s'interroger sur le travail des parlementaires eux-mêmes quand on voit l'absentéisme aux séances. En d'autres temps on aurait qualifié toute cette agitation d'anti-parlementarisme.

On entend parler que de ça dans la presse, tandis que les révélations de l'émission "Envoyé spécial" du jeudi 26 janvier sur France 2 n'ont été relayées qu'en sourdine. Petit problème de perspective. Ici on parle de dizaines de millions d'euros, et de morts. Laissons donc Pénélope et levons le voile sur une affaire d'Etat :

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/envoye-special-du-jeudi-26-janvier-2017_2026568.html

(à partir de 45 mn)

"C’est le plus beau jour de ma carrière politique" ou "Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique." (François Hollande, Bamako - Mali, 2 février 2013)

Ç'aurait pu être aussi le dernier jour des otages français, que leurs ravisseurs d'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) avaient menacé d'exécuter si la France intervenait au Mali... Par chance ils n'en feront rien, préférant la rançon. Les otages seront libérés comme on sait le 29 octobre, après un long calvaire. Les journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, eux, sont morts.

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 11:07

 

Voeux.JPG

L'île de Luzerne en Mer Rouge, vue du ciel

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 22:13

Quel est le pays qui devrait réduire ses dépenses et augmenter ses impôts... et ne le fera pas ?

"La réalité, c'est que ces gens-là, ils sont dans la merde. Et y sont gravement. Ils ont beaucoup bricolé, ils savent très bien qu'ils ne paient pas d'impôts, que c'est un sport national de ne pas payer d'impôts..." (mars 2011)

C'était une déclaration de l'ex-directeur du Fonds monétaire international et candidat débarqué à la présidence de la République française, Dominique Strauss-Kahn. En ces termes grossiers, il parlait des Grecs bien sûr.

Louk

Réponse de Louk, le chien révolutionnaire grec, dans le même ton : "Allez vous faire voir !"

Dette de la Grèce : 300 milliards d'euros - Dette des USA : 15.000 milliards de dollars

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 18:49

Remplacez "clubs" par "partis politiques" et "maisons de fous" par "asiles" et vous aurez actualisé cette petite réflexion qui s'applique... largement :

"Un nombre considérable des individus qui se sont jetés à corps perdu dans les utopies de ce temps ne sont pas considérés comme fous, et passent simplement pour des novateurs hardis. Or il m'est impossible, à moi médecin, d'oublier les figures, les gestes, les paroles de beaucoup de ces personnages que j'ai observés dans les clubs : aucune différence ne les séparait des hôtes de nos maisons, et même s'il y avait eu un avantage, il eût été en faveur de nos malades, chez lesquels les accès de fureur sont infiniment rares." (Alexandre Brierre de Boismont, aliéniste, 1848)

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:37

La dernière s'est terminée de façon tellement sordide que cela paraît un tantinet présomptueux de proposer à nouveau la candidature d'un Français à la direction du Fonds Monétaire International. Mais voilà : le candidat est une candidate et compte tenu de ce qui vient de se passer ce serait plutôt une bonne chose. J'ai nommé Aurélie Trouvé (vous pensiez à quelqu'un d'autre ?). Cette jeune femme, ingénieur agronome et docteur en économie, spécialiste des marchés agricoles, paraît toute indiquée pour le poste. Intelligente, sérieuse, s'exprimant bien, lucide sur la crise mondiale et les ressorts de l'économie, sans casseroles, elle est incontestablement la meilleure et la plus honnête des candidats. A son programme, qui est aussi celui du mouvement ATTAC dont elle fait partie, quelques mesures nécessaires pour assainir les systèmes financiers, juguler la corruption, éviter l'asphyxie des pays pauvres dont nous ferons bientôt partie, et parvenir à une économie plus juste, plus respectueuse, bref vivable :

- la réforme du FMI, de la Banque Mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) 

- le contrôle des marchés financiers avec notamment la taxe dite Tobin

- la lutte contre les paradis fiscaux

- la défense des services publics de santé

- la protection des ressources vitales : eau, agriculture sans OGM

- la promotion du commerce équitable

Trop honnête pour le FMI ! Pour que la candidature soit enregistrée, il fallait qu'elle fût présentée par le gouverneur du FMi pour la France. Or, ce gouverneur n'est autre qu'une certaine Christine Lagarde qui, on ne sait trop pourquoi ni à quel titre vu les soupçons qui pèsent sur elle dans diverses affaires (Tapie*, Euronext...), a eu le mauvais goût de se porter aussi candidate. Juge et partie donc. Il y a là un conflit d'intérêt caractérisé. *Rappel : En 2008, l'escroc Bernard Tapie a obtenu grâce à elle la coquette somme de 390 millions d'euros, dont 45 millions au titre du préjudice moral...

Extrait de la déclaration de candidature d'Aurélie Trouvé à la direction du FMI : "Cette institution importante joue aujourd'hui à mon sens un rôle négatif pour la stabilité économique et financière mondiale, contrairement à sa vocation initiale et à ses statuts. Après avoir sans relâche prôné la dérégulation et la libéralisation des marchés de capitaux, après avoir soumis de nombreux pays du Sud à des cures d'austérité inefficaces et injustes destinées avant tout à préserver les intérêts des créanciers, le FMI exerce aujourd'hui son magistère néfaste en Europe, aux dépens de la Hongrie, de l'Ukraine, de la Lettonie, de la Grèce, de l'Islande, de l'Irlande, du Portugal et bientôt de nombreux autres pays." (juin 2011)

Si elle n'est pas retenue, le FMI continuera d'appliquer des plans d'austérité drastiques tout à la fois inefficaces sur le plan économique et injustes en ce qu'ils font payer les salariés, les retraités et les chômeurs pour une crise provoquée par la finance...

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 23:52

Au-dessus de la présomption d'innocence pour les récidivistes, il y a le respect dû aux victimes. Après Tristane Banon, Piroska Nagy* et bien d'autres, la nouvelle proie du détraqué aurait nom Ophélia [Nafissatou Diallo]. Les journalistes sont tous à sa recherche, mais moi j'ai déjà sa photo. En exclusivité.

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"La femme de chambre qui a résisté au violeur du FMI" (dixit le quotidien grec Eleftheros Typos) :

Ophelia_Jean-Babtiste-CamilleCorot.jpg

Nous remercions John William Waterhouse et Jean-Baptiste Camille Corot, nos envoyés spéciaux aux USA.

Notre héroïne serait guinéenne. Allez, vautours, laissez-la donc tranquille !

N.B. : Je ne sais si Ophélia est bien son deuxième prénom, mais c'est possible car il est donné en Afrique de l'Ouest. Pour ceux qui ne l'auraient pas reconnue, les portraits sont ceux de l'Ophélia de Hamlet.

* Madame Nagy était beaucoup moins consentante qu'on ne l'a dit et les pressions auraient été importantes pour la faire taire. "Je vous ai expliqué en détail comment il m'a convoquée plusieurs fois pour en venir à me faire des suggestions inappropriées. Je n'étais pas préparée aux avances du directeur général du FMI [...] je me sentais maudite si je le faisais et maudite si je ne le faisais pas. [...] Je crains que cet homme ait un problème pouvant le rendre peu adapté à la direction d'une institution où des femmes travaillent sous ses ordres", écrivait-elle en février 2009.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 16:23

DSK en fuite, arrêté, inculpé et incarcéré pour agression sexuelle sur une femme de chambre du Sofitel de New York - où soit dit en passant les suites de luxe seraient à 3.000 $ la nuit / 2.120 € / 13.906 F - c'est la nouvelle du jour.

Enorme coup de tonnerre, vraiment ? Sans doute pas tout-à-fait pour Mademoiselle Tristane Banon, que Dominique Strauss-Kahn avait tenté de violer il y a 10 ans. Qu'elle n'ait pas porté plainte alors pour ne pas nuire à la candidature de sa mère, la députée socialiste Anne Mansouret, au Conseil général de l'Eure, ne change rien aux faits. Car, ce n'est ni le premier, ni le seul cas. Plusieurs plaintes déposées dans trois commissariats parisiens semblent avoir été mises sous le boisseau pour raisons politiques... peut-être dans l'attente du moment électoral opportun... Sans parler de son dernier voyage officiel au Mexique où ses propres gardes du corps auraient refusé de le couvrir.

Le concert des hypocrites

La classe politique française, nous dit-on, est sidérée, tombe des nues... Concert d'hypocrites. Ce qu'on appelle pudiquement les "frasques" de DSK est de notoriété publique chez ses collègues du Parti socialiste et de l'UMP comme parmi les journalistes. La palme des propos sidérants revient à Christine Boutin, conseillère de Nicolas Sarközy : "Je pense que vraisemblablement on a tendu un piège à Dominique Strauss-Kahn et qu'il y est tombé". Laisser une femme passer devant lui, ou plutôt faire le ménage des chambres comme dans tout hôtel qui se respecte, c'est donc tendre un piège ? Et l'ancienne ministre d'ajouter : "On sait qu'il est assez vigoureux, si je puis m'exprimer ainsi, mais qu'il se fasse prendre comme ça me semble ahurissant donc je pense qu'il est tombé dans un piège". Etre vigoureux équivaudrait donc à violer des femmes, intéressant comme équation. Il y a pourtant un fossé entre un séducteur et un libidineux qui ne peut parvenir à ses fins que par la violence... Finalement, ce qui sidère ce petit monde, c'est que DSK, un type de leur milieu, se soit fait prendre.

Pour mémoire, voici les propos publics du journaliste Thierry Ardisson en 2008 : "Tout le monde le savait, moi j'ai quatorze copines qui m'ont dit 'il a essayé de me sauter'. En même temps, c'était le danger pour lui d'aller aux Etats-Unis, parce qu'en France ça fait partie du paysage, là-bas ils rigolent moins. Je pense que ce type-là a une maladie : on peut aimer baiser, mais à ce niveau-là... Il faut qu'il fasse une cure ! ". Ou encore ceux du député UMP Bernard Debré : "C'est humilier la France que d'avoir un homme qui soit comme lui, qui se vautre dans le sexe, et ça se sait depuis fort longtemps". Rappelons tout de même que cet "homme peu recommandable", tout socialiste qu'on le prétende, a été mis à la tête du Fonds monétaire international en 2007 sur les instances de Nicolas Sarközy... 

Compulsion sexuelle

De quoi s'agit-il ? D'un trouble du comportement qui englobe différents types de déviances (exhibitionnisme, fétichisme, "frotteurisme", travestisme, voyeurisme, sadomasochisme, pédophilie et viol) dont certains sont directement criminels. Le malade ne maîtrise pas ses pulsions sexuelles, quoiqu’il puisse lui en coûter sur le plan judiciaire ou social, le tout bien sûr dépourvu de tout sentiment pour la ou les victimes. Le trouble tend à s'aggraver faute de soins psychiatriques et est souvent associé à d'autres addictions (alcool, cocaïne...). Les causes seraient à chercher du côté de carences affectives ou d'un milieu incestueux dans l'enfance.

Quand aux lécheurs qui déplorent le "faux-pas" d'un "économiste si compétent", qu'ils demandent donc aux Grecs, aux Portugais et aux peuples d'Afrique et d'Amérique latine ce qu'ils pensent de la politique économique du FMI. Et dire que ce type a été décrété "candidat préféré des Français" par des medias sans vergogne ! Vous lui donneriez, vous, le pouvoir absolu ?

P. S. : Soupçons de corruption

Ce n'est pas tout. DSK est aussi directement impliqué dans une sombre affaire de vol de brevet et d'escroquerie internationale, une affaire passée sous silence par la presse française bien qu'elle ait récemment atterri devant le Tribunal de Grande Instance de Paris (cf. le journal suisse La Liberté du 1er mars 2011). Les faits remontent à 1991, époque où DSK était Ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur. Le brevet en question, qui portait sur un nouveau procédé d'extinction des 750 puits de pétrole en feu du Koweït après la première Guerre du Golfe, avec un marché de 23 milliards de dollars à la clef, a été volé à M. Joseph Ferrayé, le génial inventeur libanais, et Christian Basano, son associé, alors même qu'ils l'avaient déposé à l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle, dépendant directement dudit ministère. Or DSK est personnellement intervenu auprès des autorités koweïtiennes pour recommander à leur détriment un consortium dépendant de l'Institut Français du Pétrole (IFP - organisme public dépendant lui-même... du Ministère de l'Industrie), auquel le nouveau procédé a été livré sans licence, alors même que M. Ferrayé et Basano étaient soumis à des pressions, menaces et contrôles fiscaux à répétition...

Si on ajoute qu'en mai 2000, Anne Sinclair, épouse Strauss-Kahn, avait fait annuler la diffusion sur TF1 d'un reportage sur l'extinction des puits pétroliers du Koweït réalisé par le journaliste Bernard Nicolas, ça commence à faire beaucoup.

Ici l'annonce de l'émission : http://mega-streaming.info/video/MMO7W747W4W5/DSK-KUWAIT-GATE

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:35

Pourquoi votre nouveau réfrigérateur ne tiendra que 5 ans au lieu de 25 ? Pourquoi les ampoules à incandescence ne durent-elles plus que 1.000 heures quand elles auraient pu durer 100.000 heures, ou même 100 ans ? Et pourquoi le Ghana, entre autres pays d'Afrique noire, est-il devenu le dépotoir de nos appareils si vite jetés ? A ces questions, une même réponse : l'obsolescence rapide des équipements, programmée délibérément par les grands groupes industriels. Et tout devient jetable...

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 01:26

Fin décembre 2010, les présentateurs de télévision prirent leur air le plus benêt pour nous narrer un merveilleux conte de Noël venu des mers du Sud : « L’enfant haïtien ».

Premier tableau : un pays pourri (c’est en tout cas ce que pensent les biens pensants). La république d’Haïti dans les Caraïbes est un pays très pauvre et déstructuré dont la capitale, du joli nom de Port-au-Prince, a été dévastée il y a un an par un séisme meurtrier (plus de 200.000 morts) et qui subit depuis trois mois une épidémie de choléra. Bref, un pays pourri. Ou plutôt, un pays dont on a décidé une bonne fois pour toutes qu’il était pourri. Mais regardons de plus près. Le choléra ? D’où sort-il ? Si vous pensez aux conséquences du tremblement de terre, vous n’y êtes pas du tout. Trop loin dans le temps et dans l’espace, un autre coin du pays en fait : les rives de l’Artibonite, le long des Montagnes noires. A vrai dire, l’épidémie n’est même pas d’origine locale et a surgit... dans un camp militaire de l’ONU !!! Les insuffisances du réseau d’alimentation en eau potable ont fait le reste, car c’est par les eaux contaminées que Vibrio cholerae se propage. Et que propose-t-on aux Haïtiens ? De l’eau ? Des bouilloires ? De la Javel ? Pas du tout.

Acte 2 : Nous, Français généreux, main sur le cœur et larme à l’œil, nous leur proposons, imposons, graissons la patte... qu’ils donnent leurs enfants ! Quel bien matériel a-t-on, quand on est un Haïtien, pauvre parmi les pauvres ? Rien, que dalle, nada. Juste des enfants. Les enfants, seule richesse d’Haïti aujourd’hui et marchandise d’exportation. On prend ! Et maintenant le tremblement de terre, une aubaine pour les trafiquants d’enfants... Mais vous comprenez, le choléra, tout ça, ils vont mourir, ces pauv’ petiots. Sauf qu’en y regardant de plus près, on apprend que lesdits enfants ont été soigneusement sélectionnés dans des zones où le choléra ne sévit pas. Des orphelins, nous dit-on, plus de parents, abandonnés. Pourtant j’en connais une de petite Haïtienne, adoptée vers 4 ou 5 ans par une Française célibataire endurcie. Ô non, la petite n’était pas sans famille. La mère était prostituée, certes. Mais la gamine vivait avec sa grand-mère qu’elle adorait. Personne ne lui a demandé son avis, et hop, déracinée ! Transplantée chez une femme pas malveillante du tout, non, mais sèche, froide, pas extravertie pour deux sous... Finis la chaleur des tropiques et la grand-mère volubile. Le brillant résultat quinze ans après, c’est délinquance et prison.

Alors tout ceci me laisse d’autant plus dubitative que la famille à l’haïtienne est une famille au sens large, très large même. A ce propos, quelques éléments d’ethnologie tirés d’un texte du juriste et anthropologue congolais Camille Kuyu sont assez révélateurs (« Parenté et famille en Haïti : les héritages africains ») :
- « Les cousins collatéraux et utérins sont considérés comme des frères. Les alliés font aussi partie de la famille. Les sœurs et frères de la femme ou du mari sont parentalisés. »
- « La parenté ne se réduit pas à la famille nucléaire. Même le voisin fait partie de la famille. Il y a encore des endroits en Haïti où les enfants sont les enfants de tous. »
- « Souvent, en cas du décès de la mère, une tante peut prendre en charge l'enfant. Car c'est comme si c'était son propre enfant. »
- « La solidarité est une réalité pour les parents, qu'il s'agisse des parents biologiques ou pas. »
- Ou encore ce témoignage d’une femme de ménage haïtienne : « Pour moi, la famille c'est mes enfants, mes parents, mes frères et sœurs, mes cousins, mes cousines, mes tantes… D'ailleurs, j'ai pris avec moi trois autres enfants, deux de mon frère et un d'un cousin. Ils vivent avec moi. Comme je travaille, je m'occupe d'eux. Je n'ai pas besoin de les adopter officiellement. »
Bref, s’ils n’ont plus père et mère, ils ont leur grand-mère, des oncles et tantes, des cousins. Une famille englobante, liante et protectrice aussi. L’adoption à l’occidentale est contraire aux traditions du pays, choquante sans doute, ou peut-être signe d’acculturation.

Acte 3 : L’arrivée en masse en avions spéciaux de petits haïtiens par centaines. Je caricature à peine.

Comprenez-vous, malheureux Haïtiens, vous êtes pauvres, miséreux, minables, pathétiques, pitoyables, dans un pays pourri. Pauvres, vous êtes. PAUVRES. Vos enfants seront bien mieux avec nous, Français, parce que nous avons la télé, le lave-linge, la console de jeux... « Une aire de jeu a été aménagée pour les enfants dans une zone du terminal T2 de Roissy »... Voilà ce que nous montraient les télés dégoulinantes de bons sentiments. Du fric, quoi. Des jouets et des peluches, ça ne remplace pas les chiens et les poussins dans la basse-cour.

Ils ont l’air si tristes, égarés sur les photos. Les voilà traumatisés par l’arrachement à leur grande famille, aux cousins, aux ribambelles d’enfants, à la vie, leur vie. Traumatisés à vie par le bouleversement brutal de leur environnement, l’arrachement à leur culture, à leur terre natale et le froid. Oui, le froid, ça n’a l’air de rien. Il suffit de vêtements chauds, non ? Eh bien, non. Trente degrés de moins d’un coup, c’est un choc. Pour l’avoir vécu, j’en sais quelque chose.

Qu’on adopte l’enfant malheureux placé là par la Providence, oui certainement, mais pas celui qu’on va prélever à l’autre bout du monde. Il n’y a pas de « droit à l’enfant ». Aucun. Et quand j’entends ces nouveaux parents adoptifs dire qu’ils vont se mettre à la culture haïtienne... Vraiment ? Ils vont se mettre au Vaudou, sacrifier des poulets ?

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 19:55

On se souvient de l'escroc Bernard Madoff, cet ancien directeur du NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotations ou marché électronique d'actions US), condamné en 2009 à la prison à vie et au-delà pour le détournement de 65 milliards de dollars à travers une vaste entreprise de vente pyramidale de produits financiers montée à partir des années 1980 selon le principe de la "pyramide de Ponzi", autrement dite carambouille.
Madoff prétendait avoir agi seul, ce qui était fort peu crédible. Mais l'enquête qui se poursuit révèle toutes sortes de ramifications. La banquière juive autrichienne Sonja Kohn, de Medici Enterprise, par exemple, était sa rabatteuse, de même que... Liliane Bettencourt - à travers les fonds privés Oréades et Luxalpha. Et les banques JPMorgan et HSBC ses principaux complices. HSBC, vous savez, la banque qui fait dans les aréoports des publicités d'autant plus réussies qu'elles n'ont aucun rapport avec ses activités...
Parmi les membres de la famille Madoff impliqués figurait aussi son fils Mark, notamment accusé d'avoir puisé 66 millions de dollars de ce Pactole pour s'acheter des maisons de luxe. Figurait, car Mark Madoff vient d'être retrouvé pendu dans son appartement new-yorkais.
En octobre déjà, un ancien associé de Madoff, Jeffry Picower était trouvé mort dans la piscine de sa maison de Floride...
Sans oublier les plus de 3.000 clients, particuliers, associations et institutions, bernés par des promesses de rendement à 17%...

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 22:48

Retour sur mon blog. En feuilletant un prospectus que je m'apprêtais à jeter, je tombe sur une page d'intérêt général signée du journaliste et philosophe Roger Lenglet (Trait d'union, n° 103, novembre 2010). Le texte, que je vous livre, est un extrait de son livre Lobbying & santé : Comment certains industriels font pression contre l'intérêt général (éditions Pascal - Mutualité française, 2009). Les précédents titres de l'auteur sont toujours d'actualité (Profession corrupteur : La France de la corruption en 2007...).

*

Tabac et manipulation

 

Faire grimper la consommation

 

Les cigarettiers ont toujours soigné les vedettes. Dès que le cinéma est devenu un art de masse, ils ont compris que les stars qui fument à l'écran font grimper la consommation. L'agence Lord and Thomas enrôle l'acteur et chanteur Al Jolson, le célèbre interprète du Chanteur de jazz, le premier film parlant de l'histoire du cinéma, pour mettre en valeur les produits de l'American Tobacco en répétant dans les médias : "Les films palants exigent une voix très claire. La torréfaction du tabac élimine tous les éléments irritants et ma voix est claire à chaque scène".

 

Les films hollywoodiens deviennent un vecteur fabuleux. Ils donneront envie de fumer à tous les spectateurs et rassureront la plupart de ceux qui s'inquiètent. Soixante-dix ans plus tard, en 2008, une équipe de recherche trouvera les contrats passés entre les producteurs de tabac et les stars de cinéma depuis la fin des années 20 jusqu'au début des années 50. On y apprend qu'en 1937 et en 1938, American Tobacco a versé 3,2 millions de dollars à des acteurs de premier plan. Le grand Gary Cooper touche ces deux années-là l'équivalent de 140 000 dollars pour fumer des Lucky Strike. Les non moins séduisants Clarck Gable et Robert Taylor reçoivent des versements similaires. Parmi les stars se prêtant également au jeu figurent en bonne place Joan Crawford, Bette Davis, Henri Fonda, Bob Hope, Cary Grant, Edward Robinson, Spencer Tracy, John Wayne, Charlton Eston.

 

Paramount et Warner Bros s'entendent régulièrement avec American Tobacco, puis Ligget & Myers à partir de 1946, pour montrer les Lucky Strike, les Old Gold, les Chesterfield, les Camel... En 1939, Gary Cooper annonce la sortie de son film Ames à la mer dans le cadre même d'une campagne d'American Tobacco. Les acteurs apparaissent souvent dans des spots publicitaires pour inciter non seulement à fumer mais à s'y adonner assidûment. John Wayne, par exemple, qui déclare : "Pour découvrir le plaisir de la cigarette, faites comme moi, fumez des Camel tous les jours...".

 

Acteurs, actrices, télévision

 

Les centaines d'acteurs habitués aux rôles secondaires sympathiques intéressent aussi les lobbyistes qui comprennent vite leur efficacité "subliminale"... L'âge d'or du cinéma sera aussi celui du tabac... La cigarette devient le modèle de millionsde spectateurs désireux d'accentuer leur sensualité. Les stars féminines font rêver le monde entier avec leurs gestes de fumeuses lascives ou provocantes. Lauren Bacall, mais aussi Claudette Colbert, Marlène Dietrich, Betty Grable, Carole Lombard, Myrna Loy, Barbara Stanwyck et des légions d'autres actrices incarnant souvent le type de la femme indépendante et déterminée, feront de la cigarette l'objet de toutes les promesses érotiques et sociales.

 

En 1949, le journal télévisé le plus regardé aux Etats-Unis est présenté par la marque de cigarettes Camel, sur NBC, qui ouvre le générique en annonçant : "Camel vous présente les nouvelles du jour !". Alors que la mise en cause du tabac dans la multiplication des affections pulmonaires mortelles prend de l'ampleur, les marques n'hésitent pas à diffuser sur le petit écran de faux messages médicaux. Par exemple : "Les oreilles, le nez, la gorge ni aucun organe de mes patients n'ont été affectés durant les six mois où ils ont fumé ces cigarettes... Souvenez-vous de ce rapport et achetez des Chesterfield".

 

Les acteurs se repasseront le flambeau malgré les preuves de plus en plus accablantes des décès massifs et les messages d'avertissements sanitaires que les autorités américaines diffusent sur les chaînes de télévision à partir de 1967. omment en sont-ils arrivés là ? Par inconscience ou cynisme ? La première génération d'acteurs et de réalisateurs a sans nul doute ignoré ou sous-estimé les méfaits du tabac. On peut certes leur reprocher d'avoir accepté d'influencer les spectateurs pour de l'argent, ce qui ne reflète pas une conscience très aiguë des risques liés au développement des techniques de manipulation de masses. Par contre, on est en droit de s'interroger plus gravement sur l'attitude des comédiens contemporains.

 

*

Notez bien :

 

L'American Tobacco Company s'appelle aujourd'hui Fortune Brands (vins et spiritueux). Les activités tabac sont passées à la British American Tobacco, dirigée par Richard Burrows, qui détient les marques Lucky Strike et Pall Mall (http://www.batfrance.com/). L'Irlandais Richard Burrows, ancien de chez Pernod Ricard, a été gouverneur de la Banque d'Irlande de 2005 à 2009. II est membre de la Trilatérale.

 

Ligget & Myers a récemment vendu les marques L&M, Chesterfield et Lark à la compagnie Philip Morris, dirigée par Michael E. Szymanczyk (Altria Group), qui détient une quarantaine de marques de cigarettes dont Marlboro. Michael Szymanczyk a fait toute sa carrière chez Philip Morris.

 

Et maintenant, un peu de pub...

Sur la petite vingtaine d'acteurs cités : Charlton Eston, cancer, Myrna Loy, cancers à répétition, Spencer Tracy, emphysème pulmonaire, Gary Cooper, Joan Crawford, Edward G. Robinson, John Wayne morts d’un cancer, Betty Grable, Robert Taylor morts d'un cancer du poumon. Joli pourcentage !

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 20:28
« Des bombes tombent du ciel sur des villages sans défense dont les habitants n’ont plus qu’à fuir dans la campagne, où le bétail est passé à la mitraille, où les cabanes prennent feu sous les tirs de balles incendiaires : on appelle ceci pacification. »
George Orwell, Politics and the English Language, avril 1946.

Comme l'écrivait Orwell, de nos jours, discours et écrits politiques participent largement de la défense de l’indéfendable. Et les hommes politiques de recourir à l’euphémisme, à l’esquive et à la confusion brumeuse. Allons plus loin : au mensonge pur et simple avec la plus totale effronterie.

Tout ceci pour dire que je suis de retour !
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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 19:10
Voici enfin le dernier volet de l'enquête de F.W. Engdahl (cf.  La grippe du cochon volant (1) , (2) , (3)).

Le degré de concentration de la production intégrée de viande de porc de Smithfield Foods a peu à voir avec les méthodes traditionnelles d'élevage. Dans ses implantations maintenant disséminées à travers le monde, les cochons Smithfield vivent par centaines ou par milliers dans des fermes en forme d'entrepôts, rangés comme des sardines. Les truies sont inséminées artificiellement, nourries et délivrées de leurs porcelets dans des cages si étroites qu'elles ne peuvent se retourner.

Comme le note Jeff Tietz, "une quarantaine de porcs mâles adultes de 250 livres n'occupe souvent qu'un enclos réduit où ils se piétinent l'un l'autre jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il n'y a ni lumière du jour, ni paille, ni terre, ni air frais. Les sols sont de claies pour permettre l'évacuation des excréments dans une fosse sous les enclos, mais beaucoup d'autres choses y tombent : placentas, porcelets morts-nés ou écrabouillés, batteries usagées, flacons d'insecticides, seringues d'antibiotiques, tout ce qui est assez petit pour passer dans les larges tuyaux de drainage qui alimentent la fosse.  Ceux-ci sont maintenues fermés jusqu'à ce que les détritus s'accumulent..."

Le témoin poursuit à propos des conditions néfastes de l'élevage dans ces fermes industrielles : "Les animaux deviennent sensibles aux infections, et dans une population aussi dense, il suffit que microbes, parasites ou champignons se déclarent sur un seul pour se propager instantanément à tous. En conséquence, les fermes porcines emploient une large gamme d'antibiotiques et de vaccins, et sont saturées d'insecticides. Sans ces substances (oxytétracycline, draxxine, ceftiofur, tiamuline), les maladies les emporteraient. Les cochons des fermes industrielles sont donc maintenus dans un état comateux jusqu'à leur abattage. Quand un porc tombe malade, les employés le shootent souvent aux médicaments pour qu'il puisse gagner l'abattoir sur ses propres pattes. Car aussi longtemps que l'animal peut se déplacer, il peut être abattu légalement et vendu pour sa viande."

Tietz n'est pas le seul à avoir remarqué l'échelle gargantuesque des problèmes posés par les fermes industrielles de Smithfield Foods. L'Agence gouvernementale US pour la protection de l'environnement (EPA) a mis plusieurs fois Smithfield Foods à l'amende pour les dommages causés aux nappes phréatiques par les rejets de lisier de ses fermes industrielles à Tar Heel et ailleurs aux USA. En Virginie où elle à son siège, la firme a été condamnée à payer 12,6 millions de dollards en 1997 pour 6.900 infractions aux règlements sur la propreté des eaux - la 3e condamnation civile la plus élevée jamais rendue par l'EPA pour ce type d'infraction. En cause : les déchets générés par l'abattage des porcs et l'équarrissage. Pourtant il ne semble pas que les amendes aient changé les pratiques de l'entreprise en quoi que ce soit.

Smithfield Foods a disséminé ses élevages industriels de porcs à d'autres pays où la législation sur l'environnement est supposée moins contraignante, notamment en Roumanie, en Pologne et, bien sûr, dans les zones rurales du Mexique. Il y a plusieurs années, la ferme industrielle de Smithfield en Roumanie avait fait l'objet de sérieuses accusations de la part des autorités locales et des services de santé roumains. Smithfield avait alors refusé aux autorités locales l'accès à ses élevages porcins alors que les habitants se plaignaient de la puanteur émanant de centaines de carcasses de cochons qu'on y laissait pourrir des jours entiers. "Nos médecins n'ont pas pu mener de missions d'inspection dans les fermes américaines," déclarait Csaba Daroczi, directeur adjoint des Services Vétérinaires de Timisoara. "Chaque fois qu'ils ont essayé, ils ont été jetés dehors par les gardes. Smithfield nous a proposé de signer une convention qui nous aurait astreints à les prévenir trois jours avant chaque inspection." Il est apparu par la suite que Smithfield avait cherché à dissimuler une épidémie majeure de fièvre porcine survenue dans ses fermes industrielles de Roumanie...

Entrée en lice du cartel du médicament

Plutôt que d'ordonner une enquête indépendante sur les germes pathogènes générés par les rejets toxiques des fermes industrielles de Smithfield Foods et autres producteurs dans l'état de Veracruz - Mexique, et ailleurs, l'OMS semble de plus en plus encline à créer un climat favorable à la distribution de masse de produits qui se sont déjà avérés dangeureux, et parfois mortels, à savoir les antiviraux comme le Tamiflu.

Le 14 avril, soit près de deux semaines avant que débute la panique autour des cas de grippe du cochon (ou A H1N1 comme on préfère dire maintenant) au Mexique, le groupe pharmaceutique US Novavax annonçait que des essais pré-cliniques venaient prétendument de montrer "qu'un vaccin expérimental à base de particules virales du type H1N1 obtenues à partir de la souche de la grippe espagnole de 1918 protégeait à la fois contre la grippe espagnole et contre des souches très pathogènes de grippe aviaire H5N1". Le vaccin génétiquement modifié de Novavax, affirmait l'entreprise, "protège les souris et les furets" et apporte aussi opportunément une protection "contre les souches virales H1N1 et H5N1".

Le 24 avril, l'OMS publia un communiqué de presse relatant que "les virus de la grippe du cochon (A H1N1) identifiés dans l'épidémie mexicaine n'avaient jusqu'à présent jamais été détectés ni chez le cochon, ni chez l'homme", ajoutant que ces virus se montraient sensibles à l'oseltamivir. L'Oseltamivir est le nom technique du Tamiflu, le médicament inventé par la société Gilead Sciences - dont le propriétaire n'est autre que Donald Rumsfeld [ancien Secrétaire à la Défense des USA sous G.W. Bush] - et distribué sous licence par les laboratoires Roche. Comme par hasard, la FDA (Food and Drug Administration US) émit dès les 27 avril une autorisation d'urgence pour l'administration de Tamiflu aux enfants de moins d'un an par les services de santé US. Le document de la FDA précisait qu'il avait été décidé "d'autoriser l'usage d'un médicament non approuvé ni évalué ou dans un usage non évalué du fait d'une situation d'urgence". Cela laisse entendre que le gouvernement des USA est prêt à laisser distribuer à la population paniquée - et laisse déjà - des drogues expérimentales, telles que le vaccin de Novavax, les stocks de Tamiflu et d'autres antiviraux comme le Relenza (zanamivir) du géant pharmaceutique GlaxoSmithKline.

Or les données connues à ce jour sur les "cas confirmés" de grippe H1N1 dans le monde, soit 985 cas de grippe du cochon, ne justifient nullement que l'on soumette les populations humaines à des médicaments dont les effets secondaires incluent déjà des cas de mort, complications sévères et symptômes grippaux et qui, comme le Tamiflu, n'ont jamais passé pour prévenir ou soigner la grippe.

Tout le psychodrame des dernières semaines ressemble de plus en plus à un mauvais remake d'un roman de Science Fiction. Pour ajouter encore à l'étrangeté du roman, en novembre 2004, dans les premiers jours de la panique mondiale causée par l'annonce d'une hypothétique grippe aviaire, alors que le Tamiflu était présenté pour la première fois par Donald Rumsfeld et ses autres promoteurs comme le remède miracle, l'OMS publia un extraordinaire scénario de fiction. Pour une agence de l'ONU qui produit d'ordinaire d'ennuyeuses notes scientifiques à l'intention des professionnels de santé du monde, le rapport de 2004 était étonnament prémonitoire du scénario actuel de panique due à la grippe du cochon. Dans un passage de pure fiction intitulé "Un jour viendra", l'OMS écrivait donc il y a 4 ans :

"Des rumeurs d'un début d'épidémie d'une maladie respiratoire de gravité inhabituelle apparue dans deux villages d'une province reculée sont parvenues au ministère de la santé d'un des Etats membres de l'OMS. Une inspection est diligentée vers cette province et apprend que l'épidémie a commencé un mois plus tôt. Les enquêteurs identifient au moins 50 cas de contamination. Toutes les tranches d'âge sont touchées. Vingt patients sont traités dans l'hôpital de la province. Cinq personnes sont déjà mortes de pneumonie et d'insuffisance respiratoire sévère. La surveillance des zones avoisinantes est accrue et de nouveaux cas sont identifiés dans toute la province. Des prélèvements sur plusieurs patients sont analysés en laboratoire et trouvés positifs au virus grippal de type A, mais les analyses ne permettent pas de préciser la souche. Les prélèvements sont alors envoyés au laboratoire de référence de l'OMS pour la grippe, où le virus est identifié comme grippe A (H6N1), une souche jamais identifiée chez l'homme auparavant. Le séquençage génétique indique que la majorité des gènes du nouveau virus proviennent d'un virus de grippe aviaire, le reste dérivant d'une souche de grippe humaine."

Si on remplace grippe A (H6N1) par grippe A (H1N1), on croirait entendre parler de la situation actuelle. Le récit de fiction de l'OMS en 2004 peut se lire comme le scénario de ce qui s'est passé depuis avril au Mexique, aux USA et au-delà. Cela conduit à se poser des questions : le monde ne serait-il pas soumis à un jeu de guerre psychologique à grande échelle destiné à favoriser la prise de médicaments dangeureux pour contrer un danger qui n'existe pas ?

Avec la révision à la baisse des cas répertoriés au Mexique et en l'absence de signe d'une nouvelle contagion de grippe espagnole de 1918 ou pire, comme les autorités l'annonçaient il y a encore quelques jours, il est grand temps de lancer une enquête complète sur les fermes industrielles et autres concentrations d'élevages à travers le monde. Grand temps aussi pour les autorités d'arrêter de couvrir le véritable et colossal danger qu'elles représentent.
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:59
Un changement de nom révélateur
Suite de La grippe du cochon volant (2)

Maintenant, non seulement les victimes new-yorkaises de la pire pandémie depuis la Peste Noire montrent des signes de rétablissement remarquable après seulement quelques jours, mais l'OMS annonce aussi un changement de nom au beau milieu des événements. Le 1er mai, l'OMS, le CDC et le National Institute of Health du Maryland ont tous déclaré que le terme de "grippe du cochon" n'était plus approprié, et ce, malgré que, selon le docteur Raul Rabadan, professeur de biologie à l'Université de Columbia, 6 des 8 segments génétiques du virus sont d'une grippe porcine, les deux autres, aviaire et humain, se rencontrant chez le porc depuis quelques décennies. Nous sommes invités à l'appeler à la place grippe A (H1N1). Un nom qui sonne bien !

Le changement de nom est intervenu à la suite d'une intense campagne de lobbying menée par les producteurs de porc US pour l'abandon de l'étiquette "grippe du cochon" car elle portait apparemment tort aux ventes de porc. Le plus grand producteur mondial de porc, l'américain Smithfield Foods of Virginia, faisait certainement partie des industriels du lobby demandant le changement de désignation auprès de l'OMS et du CDC. Ils ont obtenu gain de cause. Mais changement de nom ou pas, la chaîne de production porcine de Smithfield Foods et autres fermes industrielles, ou CAFOs comme on les appelle (Concentrated Animal Feeding Operation), mérite qu'on y regarde de plus près.

Les premiers malades et morts de la grippe du cochon au Mexique ont été enregistré à La Gloria, municipe de Perote, état de Veracruz, où, avant leur signalement officiel, les habitants du coin manifestaient depuis des semaines contre les dangers que faisait planer sur le village la grande ferme - CAFO - locale de Smithfield Foods. Enfants et adultes du voisinage du site présentaient en effet toutes sortes de symptômes. Smithfield Foods est le plus grand producteur industriel de viande de porc. Il est aussi l'un de ceux qui présentent des taux records de problèmes de santé et de sécurité.

Lisier de porc et autres joyeusetés

Comme le signale GRAIN (Genetic Resources Action International, une ONG spécialisée), "le développement de fermes industrielles de grande échelle en Amérique du Nord a créé des conditions parfaites pour l'émergence et la diffusion de nouvelles poussées de grippes hautement virulentes". Le lisier de porc est au centre du problème, ce que le changement de nom proposé par le CDC tend opportunément à dissimuler.

L'étude de GRAIN montre que les fermes industrielles, en concentrant un grand nombre de bêtes, sont un foyer idéal d'agents pathogènes. En 2003, la revue Science mettait en garde contre le fait que la taille croissante des fermes industrielles et l'usage massif de la vaccine qu'on y fait mènerait à brève échéance à l'émergence d'une grippe du cochon. C'est la même histoire avec la grippe aviaire : de grandes fermes industrielles concentrant des dizaines de milliers de poulets produisent quantité de rejets toxiques.

Smithfield Foods, le plus grand boucher de cochons du monde et propriétaire de fermes industrielles, a une impressionnante liste de records en matière de violations des règles d'hygiène et de sécurité, y compris les règlements sanitaires sur l'eau. La plus grande ferme industrielle des USA est celle de Tar Heel en Caroline du Nord. Selon des informateurs locaux, la ville pourrait tout aussi bien être rebaptisée "Lisier de Cochon", étant donnée l'énorme quantité de lisier et assimilés rejetés par la ferme industrielle Simthfield Foods de Tar Heel.

Comme l'a calculé Jeff Tietz, dans une étude sur le problème du lisier de cochon, les meilleures estimations donnent un rejet total annuel de 26 millions de tonnes. De quoi remplir quatre stades de France. Même réparti entre les nombreuses petites unités de production qui entourent les abattoirs, ce n'est pas une quantité qu'on puisse traiter. Tietz ajoute que "la quantité de lisier est tellement énorme que si l'industriel traitait ses rejets comme le font les municipalités, même en ne respectant les normes qu'approximativement, il perdrait de l'argent. Aussi, beaucoup de ses fournisseurs laissent-ils s'échapper de grandes quantités de lisier du plancher incliné de leurs fermes et le laissent stagner gaiement à l'air libre, d'où par l'effet du ruissellement et de la gravité, il s'infiltre dans les nappes phréatiques et le bassin fluvial. Bien que l'entreprise affiche une "culture de la responsabilité environnementale", cette pollution ostentatoire est le pivot du business model de Smithfield.

Le problème que soulignent Tietz et d'autres critiques des fermes industrielles polluantes n'est pas juste le lisier mais la combinaison de celui-ci avec des quantités considérables d'antibiotiques et de produits chimiques toxiques utilisés par Smithfield Foods et les autres industriels du secteur pour maximiser leurs rendements. "Un monceau de lisier est une chose, écrit-il, un monceau de lisier hautement toxique en est une autre : dans l'échelle de toxicité des polluants, on est sans doute plus près des déchets radioactifs que du fumier organique. La raison de cette toxicité tient à la productivité de Smithfield. La firme produit 6 milliards de livres de porc empaqueté par an. C'est une remarquable réussite, une productivité qu'il y a 20 ans on n'imaginait même pas, et le seul moyen d'y parvenir est d'élever les cochons en des concentrations sans précédent".
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 22:26
Cochons volants, Tamiflu et fermes industrielles : L'OMS s'inspire d'un roman de science-fiction !
par F. William Engdahl - voir La grippe du cochon volant (1)

Plus c'est absurde, mieux ça marche ! Les agences internationales chargées de prévenir les menaces de nouvelles pandémies mondiales, l'OMS et les CDC (Centers for Disease Control américains) se conduisent comme les directeurs d'un film de série B hollywoodien ou les auteurs d'un plagiat de La variété Andromède de Michael Crichton [auteur de SF - sur le thème des ravages d'une mystérieuse bactérie mutante venue de l'espace]. La panique générale autour de l'arrivée d'une nouvelle pandémie, une grippe du cochon transmissible à l'homme, ressemble de plus en plus  à une opération de sidération psychologique dont les seuls bénéficiaires seront les quelques multinationales pharmaceutiques spécialisées dans la production d'antiviraux, Roche, SmithKlineGlaxo et Novavax principalement. Les perdants ce sont tous les autres, nous tous.

Les déclarations en provenance du siège de l'OMS à Genève et de celui des CDC à Atlanta méritent attention. Le 30 avril, l'agence d'Atlanta rendait public un rapport au titre alarmant : "Grippe d'origine porcine (H1N1) : infections virales dans une école de New York". Le rapport décrit en détail le cas de cette école new-yorkaise où "au 28 avril, près de la moitié (45) des infections par le virus aux USA avaient été confirmées parmi les étudiants et membres du personnel". Le CDC déclare ces cas d'infection "génétiquement similaires aux virus isolés par la suite sur des patients au Mexique". On ne nous dit pas ce que signifie en termes scientifiques "génétiquement similaires", mais cela sonne assurément très inquiétant.

A ce stade, les CDC annonçaient 109 victimes avérées de la grippe du cochon aux USA, 45 sur les 109 provenant de cette école de New York. Les chaînes de télévision étaient inondées de messages alarmants sur la propagation incontrôlée de la grippe. Le lendemain 29 avril, le directeur général de l'OMS, le docteur Margaret Chan, relevait l'alerte à la pandémie de grippe du cochon du niveau 4 au niveau 5, dernière étape avant l'alerte générale à la pandémie.

Selon l'OMS, le niveau 5 correspond à des preuves de propagation inter-humaine du virus dans au moins 2 pays d'une zone donnée. Le niveau 6, celui d'une pandémie, correspondrait à une fréquence accrue des cas de transmission dans la population mondiale. En annonçant le relèvement du niveau d'alerte, le docteur Chan a ajouté un commentaire malencontreux de nature à susciter la panique, qui, comme c'était prévisible, n'a pas manqué d'être repris par CNN et les médias mondiaux : "Lors d'une pandémie, c'est vraiment l'humanité toute entière qui est menacée", et cela bien que le directeur-général de l'OMS n'ait pas lancé d'alerte de niveau 6.

Un communiqué de presse du CDC d'Atlanta indiquait que le déploiement de 25% des réserves US d'antiviraux serait achevé le 3 mai. Ces réserves de médicaments sont destinées à aider les états et territoires US à répondre à la pandémie. De plus, le Gouvernement fédéral et les industriels ont lancé la recherche d'un vaccin contre le nouveau type de virus grippal H1N1. L'arsenal anti-pandémie commençait à tourner à plein régime.

Des 45 enfants de l'école new-yorkaise dont le CDC avait solennellement annoncé qu'ils étaient des cas confirmés d'infection par le virus H1N1 d'origine porcine, 95% présentaient des symptômes tels que fièvre avec toux et / ou maux de gorge, correspondant à la grippe selon la définition du CDC.

Très bien. Mieux vaut être prudent lorsqu'on traite d'une nouvelle forme de "variété Andromède". Mais toux, maux de gorge, fièvre ? Ne sont-ce pas là des symptomes ordinaires des plus vagues ? Pas pour le CDC apparemment. Ces 45 gosses furent aussitôt ajoutés aux statistiques en hausse de cas confirmés, justifiant les réponses d'urgence, les déclarations du président des USA, une catastrophe économique pour la fragile économie mexicaine du fait du tarissement soudain du tourisme, et dans le monde la peur d'une nouvelle Peste Noire ou du moins d'une nouvelle version de la grippe espagnole de 1918.

Le CDC s'est empressé d'ajouter cette précision : "Les symptômes chez ces patients apparaissent similaires à ceux d'une grippe saisonnière". Ceux assez courageux pour parcourir les pages du rapport du CDC de New York liront vers la fin que "au 27 avril, 37 patients (84%) ont signalé que leurs symptômes étaient stables ou en voie d'amélioration, 3 (7%) ont présenté une aggravation des symptômes (dont deux ont par la suite montré des signes d'amélioration) et 4 (9%) sont arrivés à complète guérison". Un seul patient avait dû être hospitalisé pour une syncope et était ressorti de l'hôpital après une nuit passée en observation. Et le CDC d'ajouter : "A ce jour, cette épidémie en milieu scolaire est la plus grande concentration de cas de grippe du cochon signalée aux USA".

Outre les 109 "cas confirmés" des USA, incluant le décès d'un enfant mexicain au Texas, le CDC ajoutait au 29 avril un total de 57 cas confirmés dans le monde dont 7 morts (au Mexique). La répartition par pays est la suivante : Mexique 26, Canada 13, Royaume Uni 5, Espagne 4, Allemagne et Nouvelle Zélande 3 chacun, Israël 2, Autriche 1. Est-ce un nouvel exemple de "Chicken Little" criant que le ciel va tomber ?

[Allusion au dessin animé américain "Chicken Little", sorti en 2005 : Chicken Little est un petit poulet dont la ténacité dépasse de loin sa taille minuscule. Il essaie désespérément de faire oublier à la population du village sa grande humiliation : il y a deux ans, un gland lui est tombé dessus et, persuadé qu'il s'agissait d'un morceau de ciel, Chicken Little a couru donner l'alerte en hurlant "Le ciel s'écroule ! Le ciel s'écroule !". La panique s'est emparée des habitants et leur affolement a failli détruire le village, attirant l'attention des médias...]
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 20:59
Après la grippe aviaire, après la grippe du cochon, voici venir la grippe du cochon volant. Et celle-là, elle sera terrible, épouvantable, mortelle. Une épidémie, que dis-je, une pandémie... Des milliards de morts. La Peste Noire que ce sera. Horrible, atroce. Temblez !!! Votre heure est proche !

Bon, vous avez peur. Très peur. Parfait. Maintenant, vous êtes à point pour acheter du Tamiflu-u. Du Tamiflu-flu. Du Tamifluuuuu !

A ce propos, je viens de recevoir un papier du diplomate indien Gajendra Singh intitulé "Flying Pigs, Tamiflu and Factory Farms" que je me propose de traduire ici par extraits. Gajendra Singh a été conseiller de l'ambassade de l'Inde à Paris dans les années 1973-1975, ambassadeur de son pays au Sénégal, en Roumanie et en Jordanie successivement, et enfin ambassadeur en Turquie de 1992 à 1996. Il publie régulièrement dans des revues de langue anglaise. Il présente ici un texte d'un de ses correspondants américains, l'économiste et spécialiste de géopolitique Frederick William Engdahl, auteur de plusieurs ouvrages remarqués : A Century of War : Anglo-American Oil Politics and the New World Order, traduit sous le titre Pétrole, une guerre d'un siècle : L'Ordre mondial anglo-américain (éd. Godefroy, 2007) ; Seeds of Destruction : The Hidden Agenda of Genetic Manipulation, 2007, traduit OGM, semences de destruction : l'arme de la faim (éd. Godefroy, 2008, avec préface d'un certain José Bové) ; et tout récemment Full Spectrum Dominance : Totalitarian Democracy in the New World Order.

*

Cochons volants, Tamiflu et fermes industrielles

Le scénario fictif présenté par l'Organisation Mondiale de la Santé en 2004 [sur une pandémie de grippe aviaire annoncée mais qui n'a pas eu lieu] peut se lire comme le manuel de ce qui s'est déroulé depuis avril dernier aux USA, au Mexique et au-delà. C'est à se demander si le monde n'est pas soumis à un jeu de guerre psychologique de grande ampleur visant à amener les populations à prendre des doses massives de drogues dangereuses pour faire face à un danger qui, en fait, n'existe pas comme on prétend.

Au Mexique, où cette grippe du cochon a commencé et d'où elle s'est, à ce qu'il paraît, propagée pour se transformer en épidémie, la situation revient progressivement à la normale dans la capitale depuis que le pays a enregistré une baisse dans les cas de contamination par le virus de la grippe du cochon. Un peu plus d'un millier de cas ont été signalés dans une vingtaine de pays au total. Ceux confirmés aux USA sont passés de 226 à 286, sur 36 états, mais la plupart des patients ne présentent que des symptômes légers. Un décès seulement est avéré, celui d'un enfant mexicain de 2 ans en visite au Texas. L'ONU reconnaît n'avoir aucune preuve d'une dissémination massive en Europe et en Asie qui justifierait le déclenchement d'une alerte maximale.

La réalité apparaît quelque peu différente comme le révèle F. William Engdahl dans le texte ci-après : La grippe du cochon volant (2) .
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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 23:43
Passé un bref moment de fierté patriotique, l'annonce que le prix Nobel de médecine 2008 venait distinguer une équipe française laisse comme une impression de malaise. Malaise d'abord parce que seuls deux des divers chercheurs impliqués dans l'identification du prétendu "virus du sida" ont été ainsi distingués, les autres étant, on ne sait trop pourquoi, passés à la trappe par un comité Nobel qu'on suppose pourtant bien informé. Malaise ensuite parce que cette distinction intervient alors même que l'implication dudit virus dans le déclenchement du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) est de plus en plus contestée.

En 1983, un rétrovirus dénommé depuis VIH est identifié par une équipe de l'Institut Pasteur dans un prélèvement effectué sur un patient souffrant d'une inflammation des ganglions lymphatiques. En avril 1984, le professeur américain Robert Gallo, sur la base d'un échantillon de ce même prélèvement envoyé par le laboratoire français, lance dans les médias le "virus du SIDA", cause toute trouvée du nouveau syndrome, dont il revendique la découverte. La petite guerre qui s'ensuit tournera comme on sait à l'avantage des Français, mais on a un peu vite oublié dans l'affaire que le lien entre ce virus et les maladies regroupées sous le nom de SIDA... n'est toujours pas démontré ! Car un syndrome n'est pas une maladie mais un ensemble de symptômes qui, en l'espèce, pourraient bien avoir des causes très diverses, des causes dont le VIH ne fait peut-être même pas partie !

Qu'on en juge : ce virus, mis en cause dans la mort de millions de personnes, n'aurait été détecté que sur une seule : le patient français, du moins si l'on en croit un ouvrage publié en 2005 (Etienne De Harven et Jean-Claude Roussez, Les dix plus gros mensonges sur le sida). De fait, il n'est jamais observé au microscope et les médecins en sont réduits à des tests indirects pour détecter son éventuelle présence. De plus, il est supposé incubé de 5 à 10 ans, alors qu'un virus qui se respecte agit en quelques jours. Enfin, si l'on en croit certains spécialistes, les rétrovirus, catégorie à laquelle le VIH appartient, ne semblent pas de nature à porter atteinte au système immunitaire puisqu'ils sont inactifs.

Nonobstant, les revues scientifiques et surtout les grands laboratoires pharmaceutiques qui les financent, ont fait du "virus du sida" un fait médiatique. C'est que les enjeux financiers sont énormes et, le prix Nobel aidant, mais est-ce un hasard ?, on n'abandonnera pas de si tôt une manne aussi juteuse (financements publics, générosités privées, vente de multithérapies aux patients en panique, préservatifs, sidactions et compagnie).

Rappelons quelques faits qui eux semblent établis. Dans les années 1970, des homosexuels américains apparaissent atteints de diverses maladies rares, dont un cancer de la peau appelé sarkome de Kaposi. Ces pathologies préexistantes furent alors abusivement identifiées comme composantes d'un même syndrome, ce qui supposait une cause unique : le SIDA était né. On sait aujourd'hui que la principale d'entre elles, le sarkome de Kaposi, est en fait généralement causé par la consommation de drogues aphrodisiaques très prisées parmi ces homosexuels et n'a donc rien à voir avec le VIH...

Mais l'Afrique, me direz vous ? Oui, l'Afrique se meurt, mais pas du SIDA d'après l'enquête percutante de Neville Hodgkinson, "AIDS : The plague that never was", publiée dans le Sunday Times de Londres, 3 octobre 1993. Les tests sont si peu fiables et le matraquage médiatique si intense qu'il semble bien qu'on ait re-diagnostiqué SIDA les maux traditionnels du continent que sont la malnutrition (et les faiblesses immunitaires qu'elle entraîne), la malaria, la tuberculose, la lèpre... d'où le nombre faramineux d'Africains atteints du SIDA. Peut-être aussi à l'occasion un excellent prétexte pour essayer sur des cobayes humains certains remèdes de cheval comme les affectionnent nos bons laboratoires...

Mais l'essentiel dans tout ça c'est bien entendu de dire que c'est la faute au pape !

Voir le documentaire :
SIDA : le doute (1)
SIDA : le doute (2)
SIDA : le doute (3)
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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 23:00
Michel Collon, journaliste d'investigation belge, n'est pas le premier à dénoncer l'imposture Bernard Kouchner, cf. Bernard Kouchner, bombardier sans frontières , mais ses propos sont d'une parfaite clarté. Et j'y souscris à la virgule près. Si, après ça, vous gobez encore les mensonges de "l'homme préféré des Français" (mon œil !), c'est à désespérer de l'intelligence humaine !

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 00:17
La guerre rend fou, pas seulement les chiens de guerre, pas seulement les victimes, mais ceux qui la font, qui la vivent, qui la voient. En 1939, il y avait encore deux cent mille vétérans de 1914-18 dans les hôpitaux psychiatriques d'Angleterre... Après la guerre du Vietnam, sur trois millions de GI's mobilisés, sept cent mille ont souffert de profonds troubles mentaux... Et beaucoup de militaires français, retour du Rwanda, ne vont pas tellement mieux.

Nés d'une vision d'horreur même fugace, mais qui semble s'être imprimée irrémédiablement dans la mémoire, les troubles post-traumatiques - pensées fixes, cauchemars, nuits d'insomnie, peur panique, phobies et déchéance, parfois jusqu'au suicide, - sont bien plus répandus qu'on n'imagine. Peut-être un soldat sur trois ou quatre en sera atteint, comme le laisse entendre Jean-Paul Mari, grand reporter pour le Nouvel Observateur, qui vient de consacrer un livre au sujet et à sa propre expérience.

C'était déjà le thème de Danse avec Bachir. Soit dit en passant, les films d'horreur jouent des mêmes ressorts et je ne serais guère surprise qu'ils provoquent les mêmes effets sur le spectateur, même si en théorie ils permettent encore tant bien que mal une mise à distance, parce que "ce n'est pas réel". Mais lorsque c'est réel...



Jean-Paul Mari, Sans blessures apparentes, Paris (Robert Laffont), 2008.
http://sansblessuresapparentes.blogspot.com (le site internet ne semble pas fonctionner très bien)

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 23:27
Année 2008, la piraterie reprend de plus belle. On devrait tourner autour de 300 abordages recensés, même si les chiffres ne sont pas fiables puisqu'on estime qu'environ 30% des actes de piraterie ne sont pas déclarés... Il y a sans doute des compagnies maritimes et des armateurs qui ont des choses à cacher. En tous cas, ça rapporte et en millions de dollars. Voici des reportages sur le sujet, l'un par Eric Frécon et Henri Grant provenant de la revue Défense nationale et sécurité collective, sur les pirates asiatiques : Defnat ; les autres de Jean-Christophe Brisard et Jean-Paul Mari tirés du site Grandsreporters.com, sur les pirates africains : NouvelObs1et NouvelObs2.

Nos pirates modernes sont en effet de plusieurs sortes. Jusqu'à récemment on parlait surtout des pirates indonésiens et malais, et dans une moindre mesure de ceux qui écument le golfe du Bengale et la mer de Chine. Mais aujourd'hui, ce sont les nigérians et les somaliens qui font le plus parler d'eux, et le golfe d'Aden est devenu l'une des zones les plus dangereuses du monde. Sans compter les pirates écossais... si, si, regardez bien la carte pour 2007.
IMB Piracy Reporting Centre

Enfin, paraît-il que les Somaliens ont une éthique : on ne chourave pas la nourriture de l'équipage du cargot piraté et si on maltraite un otage, on est mis à l'amende. Cela vaut mieux d'ailleurs, car ils détiennent encore actuellement quelque 200 marins.
Je crois bien que je vais me faire pirate...
pirate sur Seine !
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 22:12
Les missions secrètes ont quand même quelques inconvénients... Non pas le voyage en lui-même, mais les aéroports ! Je déteste de plus en plus les aéroports !

Un petit matin d'octobre, Roissy - Charles de Gaulle : le nouveau terminal 2G, tout juste inauguré, a comme un air de crise. Finies les audaces architecturales et l'espace "lounge" pour hommes d'affaires ; ici les finitions semblent avoir été faites au moindre coût. Peu importe, à vrai dire. Ce qui importe à ce moment précis, c'est ma boucle de ceinture. Parce que, oui, figurez-vous que ce jour là, Mélusine s'est habillée d'un pantalon avec ceinture, et la ceinture avec boucle, on n'a pas idée ! Bien entendu, quand je passe le portique de police/douane/sécurité, ça fait "bip". C'est qu'elle est en métal, cette boucle, donc c'est un peu normal que ça fasse "bip". Nonobstant, ça intrigue beaucoup ces dames de la sécurité. Imaginez si j'avais mis un ceinturon !

Quelques jours plus tard, au départ de Florence, je passe sous le portique, et "bip" ! Et même, "bip, bip" ! Là, vous pensez que c'est ma ceinture qui intéresse Monsieur le policier italien ? Eh bien, pas du tout ! La ceinture et sa boucle de métal, il n'en a rien à faire, le policier. Non, ce qui l'intrigue au plus au point, c'est ma barrette. Parce que oui, j'attache mes cheveux avec une barrette. Quelle drôle d'idée, n'est-ce pas ? Donc il a fallu que je dénoue mes cheveux devant tout le monde pour que le Monsieur puisse zyeuter de près la barrette qui faisait "bip"... La prochaine fois, je me pointerai en tchador !

Florence, place de la Seigneurie, Loggia dei Lanzi, il y a quelques jours...

Mais tout ceci n'est rien en comparaison de ce qui nous attend. Car les délirants qui nous gouvernent ont trouvé un nouveau gadget pour satisfaire leurs fantasmes de contrôle total, et leurs fantasmes tout court d'ailleurs : le "scanner corporel". Cet appareil "à ondes millimétriques", dixit la notice, permet de voir le voyageur tout nu sous ses vêtements ! Nu comme le David de Michel-Ange. La chose est déjà en service à Nice et devrait bientôt arriver à Roissy. Bien sûr, on nous dit que les parties intimes seront floutées, mais on ne voit pas trop comment elles pourraient l'être sans qu'on y regarde. On nous dit aussi que les hommes seront visionnés par des hommes et les femmes par des femmes, la belle affaire ! - ces deux informations, prétendument rassurantes, étant d'ailleurs contradictoires entre elles. Bref, les missions, ce sera sans moi.
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 00:31
Déjà, il y a deux ans, j'avais évoqué la campagne pour l'interdiction des bombes à sous-munitions (BASM) et des mines anti-personnelles relayée par l'association Handicap international : Campagne contre les sous-munitions . Cette campagne se poursuit et dimanche 28 septembre, place de la Bastille, s'est à nouveau élevée une pyramide de chaussures évocatrices. Pour le côté ludique de la chose, le lancer de chaussures, c'est assez sympathique. La reconstitution d'un champ de mines, nettement moins.

Cette année, mention spéciale pour la plus subtile invention de l'humanité contemporaine...
la mine antipersonnelle en forme de jouet !
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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 21:21
Le gouvernement américain a relancé récemment sa campagne internationale de "gestion des perceptions".  La nouvelle phase de cette opération de propagande politique et d'intoxication à grande échelle s'intitule "The most frightening leaders". Plusieurs médias français, dont le fournisseur internet MSN, l'ont déjà rélayée sous le titre "Les dirigeants qui font peur". En quoi consiste-t-elle ? Tout simplement dans la diffusion d'une liste de 14 tyrans qui, selon George W. Bush and co., constitueraient une effrayante menace. Pour qui ? ou pour quoi ?, cela n'est pas dit et on peut sous-entendre à peu près ce qu'on veut : une menace pour "la paix dans le monde", pour l'USI ou pour nous tous, malheureux occidentaux effarouchés...

Les médias ont donc diffusé la liste que voici tel quel, sans aucun recul critique et sans même citer leur source :

1. Than Shwe (Birmanie)
2. Pervez Musharraf (Pakistan)
3. Kim Jong-Il (Corée du Nord)
4. Vladimir Poutine (Russie)
5. Robert Mugabe (Zimbabwé)
6. Mswati III (Swaziland)
7. Islam Karimov (Ouzbékistan)
8. Abdul Rachid Dostom
9. Mouammar Kadhafi (Libye)
10. Alexandre Loukachenko (Biélorussie)
11. Fidel Castro (Cuba)
12. François Bozizé (Centrafrique)
13. Omar Bongo (Gabon)
14. Mahmoud Ahmadinejab (Iran)

Le choix des méchants, leur ordre d'apparition dans la liste - qu'on suppose être rangée par ordre de méchanceté décroissante, - les photos et les quelques mots d'explication qui les accompagnent, enfin les grands absents qu'on s'étonne de ne pas y voir, tout ici appelle commentaire, mais je m'en tiendrai à quelques remarques.

Nos bons Américains de la cellule Gestion des perceptions ont cru habile de ne faire figurer Ahmadinejab qu'en fin de liste, alors que tout le monde sait leurs missiles braqués sur l'Iran, et d'omettre le syrien Bachar el-Assad ou le soudanais Omar el-Béchir, qui ne sont pas plus démocrates et tout autant dans le collimateur de Washington. En réalité, pour ceux-là, point n'est besoin de crier au loup et il ne faut pas abattre toutes les cartes en même temps. Ce n'est pas vraiment eux qui sont visés, d'ailleurs.

Les photos de ces Messieurs nous les montrent vêtus, en costume cravate, uniforme militaire (les généraux Than Shwe et Musharraf), simple chemise (Mswati III) ou polo (Castro), à une exception près, mais significative : Poutine, montré à l'entraînement, torse nu dans la campagne, arme au poing, parce que ça fait beaucoup plus méchant ! On se demande d'ailleurs ce que vient faire le président russe parmi les tyrans, après Kim Jong-Il, mais devant Mugabe (!!!). N'oublions pas toutefois que la liste a été publiée une quinzaine de jours avant les élections législatives en Russie, ce qui n'est certes pas innocent, histoire sans doute de préparer le terrain pour la contestation des résultats qui a commencé avant même le jour J (2 décembre)... C'est en fait tout ce que le public en retiendra : Poutine parmi les pires dirigeants qui font peur, Poutine méchant.

C'est bien à juste titre en revanche que Kim Jong-Il et Robert Mugabe y figurent. Ils méritaient même d'être en tête de liste. K. Jong-Il, digne successeur de son père Kim Il-Sung, dictateur communiste qui a instauré à partir de 1948 le régime le plus totalitaire de la planète, est déjà responsable à son propre titre de la mort de 2 millions de Nord-Coréens par la famine de 1995-1999. Quant au maoïste Mugabe, au pouvoir depuis 1987, il a provoqué l'exode de 3 millions de citoyens du Zimbabwé, blancs et noirs, et son pays, ce grenier à blé qu'était l'ancienne Rhodésie du Sud, est lui-aussi menacé de famine. En 2005, estimant que les bidonvilles de Harare, la capitale, n'avaient pas assez voté pour lui, Mugabe a fait expulser de chez elles 700.000 personnes. Opération "Chasser la saleté" que ça s'appelait...

Que vient faire à ses côtés le jeune roi Mswati III du Swaziland, ce minuscule Etat grand comme deux départements français coincé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique ? En quoi menace-t-il le monde ? Ah oui, mais c'est que, nous dit le texte, le méchant Mswati aurait au moins 10 épouses et 30 enfants... Bouh que c'est vilain ! Sûr que ça doit choquer les protestants puritains auteurs de la liste. Dans le même genre, les émirs et le roi d'Arabie ne sont pas mal non plus, leur armement autrement plus dangereux que les modestes moyens du Swaziland et leurs régimes pas particulièrement démocratiques, mais il est vrai qu'ils sont alliés des Américains, alors...

Que vient faire là aussi le général Dostom ? Abdul Rachid Dostom, ouzbek d'Afghanistan, n'est pas un chef d'Etat, mais un chef de guerre afghan comme il y en a tant d'autres. A ce compte là, on pourrait en citer des noms, en Asie comme en Afrique, et ajouter quelques dirigeants de sociétés de mercenaires comme Halliburton, qui ne passent pas pour des enfants de chœur. Il doit les enquiquiner les Américains, Dostom, pour figurer au palmarès ! Il faut dire qu'il a été l'allié des Russes et qu'il mène depuis 2006 une grande coalition d'opposition à la politique de leur protégé le président Hamid Karzaï. Ceci étant, cela doit bien l'amuser d'être promu de la sorte. Qui sait ?

Kadhafi, Castro et la junte birmane ne sont pas là pour rien, non plus que le dictateur gabonais Omar Bongo, grand spécialiste en assassinats politiques et mentor de... Nicolas Sarközy ! Rappelons que NS l'a rencontré à l'occasion de la campagne française des présidentielles pour, selon ses propres termes, "recueillir les bons conseils d'un homme d'expérience" (c'est sûr, 40 ans de dictature...), et l'a ensuite appelé à peine élu pour le remercier desdits conseils, on aimerait savoir lesquels.

Et puis il y a tous les autres dont les noms, très curieusement, ne se trouvent pas dans la liste : Hu Jintao (Chine), Mikheil Saakachvili (Géorgie), cf. http://geopolis.over-blog.net/article-13213421.html, Théodore Obiang Nguema (Guinée équatoriale), cf. http://geopolis.over-blog.net/article-1887701.html, Abdelaziz Bouteflika (Algérie), etc., etc., et bientôt Hashim Thaci (Kosovo) ; sans oublier les grands fauteurs de guerre Ehud Olmert (Israël) et les Clinton-Bush (USA) qui, de tous les dirigeants du monde, sont, de l'avis général, ceux qui font le plus peur. Un sondage européen publié en 2003 jugeait en effet Israël comme la menace la plus sérieuse pour la paix dans le monde, devant les USA, l'Iran et la Corée du Nord ex-aequo.

Si, enfin, on voulait faire un classement sérieux, il faudrait sans doute distinguer entre dictatures personnelles (Mugabe, par exemple) et régimes installés (Chine, Birmanie), même si les deux se confondent souvent. Il faudrait ne pas être dupe des proclamations, ni des brevets de démocratie que d'aucuns décernent, ni de la démocratie elle-même. Il faudrait surtout juger régimes et dirigeants selon le nombre de morts dont ils sont responsables, l'oppression des populations autochtones et le caractère plus ou moins envahissant du contrôle exercé sur les consciences. Il y a des pays où dire ce qu'on pense peut conduire en prison ou au cercueil. Il y a aussi de mauvais régimes où le contrôle peut être plus faible pour cause de situation bordélique, mais où la corruption, le pillage des ressources et une gestion économique désastreuse maintiennent la population dans la misère. Et nous-mêmes, sommes-nous exemplaires ?

Tremblez, braves gens, Mswati III attaque !
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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 22:22
Le hooliganisme n'est pas bien, nous dit-on ; mais le tourisme, c'est bien pire ! Oh, je ne parle pas du tour traditionnel qui mène les honnêtes gens curieux que vous êtes par le vaste monde : plutôt voyage d'étude, pèlerinage ou méditation ambulante, à vrai dire. Non, je parle du tourisme "en masse" qui sévit de nos jours, celui par exemple de cette mère chinoise qui torche son gamin dans la chambre du roi à Versailles et abandonne la couche souillée dans l'embrasure de la fenêtre, tandis que son mari ou un autre se mouche dans les rideaux (authentique, j'ai des témoins)...

Je parle des actes de vandalisme qui se multiplient dans les musées, les églises, les jardins, par malveillance, par manque d'éducation ou par bêtise crasse, comme ici :
http://www.latribunedelart.com/Nouvelles_breves/Breves_2007/7_07/Vandalisme_Versailles_724.htm

Je parle de la propension de l'homo turisticus à laisser une trace de son passage comme le renard son urine. Un tag, une signature, un gribouillage quelconque.

De sa propension à laisser partout ses papiers gras, ses sacs en plastique et ses canettes de Coke. Plages, forêts, montagnes, il n'épargne rien, il salit tout !

Et ce tourisme que l'on croît anodin, que l'on recherche même pour le bien de l'économie du pays, est souvent (pour au moins 10% des touristes, je dis bien 10% !) un tourisme sexuel. Bien sûr, on connaissait déjà l'initiation sentimentale des jeunes Français en Angleterre ou le bon temps des filles libérées au Club Méd. Mais il y a surtout l'explosion du tourisme sexuel tarifé et l'exploitation des enfants. Ce tourisme de pervers représente une part importante des voyages vers certaines destinations (Thaïlande, Vietnam, Brésil, Inde, Philippines, Saint-Domingue, Madagascar, Maroc, Tunisie).

"Chaque année, 842 millions de touristes se rendent à l'étranger. Parmi eux, 10 % choisissent leur destination de voyage selon l’offre "sexuelle", d’après un rapport publié le 2 juin 2007, à l’occasion de la première Journée mondiale pour un tourisme responsable. Un nombre grandissant de touristes vont donc s'adonner à un genre bien particulier de vacances : le tourisme sexuel, aujourd'hui considéré comme le 3e commerce illégal par ordre d'importance dans le monde, juste après la drogue et les armes."
Cf. http://www.routard.com/mag_dossiers/id_dm/6/ordre/1.htm

Mais peut-être pensez-vous que ces commerces sont clandestins ? Pas du tout : "En 1990, le tour opérateur britannique Sunmed écrivait dans sa brochure "Go Places", en parlant des Thaïlandais : "ils sont des Peter Pan, éternels enfants qui n'ont jamais grandi..." et en parlant de la Thaïlande : "c'est le pays le plus sensuel et le plus ouvertement sexuel de la planète". La brochure recommandait aux visiteurs potentiels de Pattaya : "si vous pouvez le sucer, l'utiliser, en manger, le sentir, l'essayer, en abuser ou simplement regarder, n'hésitez-pas : tout est possible dans ce lieu qui ne dort jamais. Pattaya n'est pas fait pour les prudes.". La même année, la compagnie aérienne autrichienne Lauda Air est condamnée à présenter des excuses à la Thaïlande et à retirer le magazine de bord qui vantait les charmes du pays dans des termes similaires". Lauda Air qui faisait récemment de la pub dans le métro parisien...
Cf. http://elalaoui.free.fr/partonechapterthree.html#notes

Je cite encore : "Le cas de l'Asie est préoccupant car des tour opérateurs peu scrupuleux qui font de cette activité leur fonds de commerce ont développé une offre spécifique et proposent des forfaits où cette forme de tourisme est implicitement incluse". Selon l'UNICEF, rien qu'en Asie, un million d'enfants seraient concernés, enlevés ou vendus pour être abusés, souvent parqués dans des maisons closes à touristes. Un million...

Le tourisme pourrit et corrompt. Il est la cause directe de la hausse vertigineuse de la prostitution dans les pays pauvres, avec toutes les conséquences qui s'ensuivent pour les personnes et pour l'équilibre de ces sociétés. La pandémie du sida est elle-aussi étroitement liée à ces pratiques prédatrices et déviantes. Plus les écarts économiques se creusent, plus tout s'achète, y compris les humains, y compris les enfants. On tombe dans le sordide (voir le dossier du Guide du routard cité ci-dessus).

Mais même sans être nécessairement mal intentionné, le touriste, à force d'euros ou de dollars, contribue à la destruction du tissu social des pays qu'il visite. Un exemple : "en proposant ses services de faux guide, un enfant de 10 ans gagne plus que son père qui travaille 10 à 12 heures par jour". Par sa frénésie d'achats, le touriste est cause directe d'inflation. "Le volume des touristes provoque généralement un accroissement des prix qui engendre des frustrations importantes chez les populations locales qui ne peuvent plus consommer leurs propres produits mais voient des étrangers venir les consommer sous leurs yeux". Le touriste, trop souvent, humilie l'autochtone.

Sans parler des conséquences pour la faune, la flore, les paysages... Pour le bien être de Monsieur le touriste, on bétonne, on bétonne. Que dire du patrimoine ? Versailles et le Louvre en vivent, certes, mais quel en sera le prix ? Quel prix pour la prédation touristique aux temples d'Angkor (Cambodge), de Borobudur (Indonésie)... Déjà Malraux...

Depuis quelque temps, l'UNESCO s'interroge sur les méfaits du tourisme pour le patrimoine mondial : '"L'industrie du tourisme et des voyages, un des plus importants secteurs d'activité économique à l'échelle mondiale, connaît une croissance très rapide. Pour la seule zone Asie-Pacifique, le Conseil mondial du voyage et du tourisme estime que le chiffre d'affaires de 805 milliards de dollars US réalisé en 1995 va s'accroître de près de 80 % par an durant les dix prochaines années pour atteindre deux trillions de dollars US en 2005. Quel sera l'effet de cette terrible expansion sur la préservation de l'intégrité voire la survie même des sites du patrimoine ?"

Les touristes, ça ne devrait jamais voyager !
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 12:38
L'ingénieur russe Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov a 87 ans cette année et sa célèbre invention fête son 60e anniversaire. Son invention ? L'"Avtomat Kalachnikova modèle 1947", bien sûr, autrement dite AK-47. Réputé pour sa robustesse, sa facilité d'entretien et son faible coût (autour de 30 $ au marché noir mondial), le fusil d'assaut Kalachnikov est selon Amnesty International "the World's favourite killing machine". Il en existerait 50 à 70 millions en circulation actuellement, dont 90% de contrefaçons. L'AK et ses diverses variantes et dérivés sont produits et exportés par une dizaine de pays dont la Russie et les pays d'Europe de l'Est, mais aussi l'Algérie, la Chine, l'Inde et l'USI. Selon les experts, il sera encore le fusil d'assaut le plus utilisé dans le monde pour les 20 ou 30 ans à venir...

Kalachnikov et son AK, version originale

En dehors des lance-croquettes, je n'y connais pas grand chose en armes à feu, mais là, effectivement, ça a l'air assez simple. 600 coups / mn, tout de même. Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/AK-47.

"Le travail c’est toute ma vie, et ma vie c’est mon travail. J’ai inventé ce fusil d’assaut pour défendre mon pays. Aujourd’hui, je suis fier qu’il soit devenu pour beaucoup synonyme de liberté." (M.T. Kalachnikov). De liberté... ou de mort.

Corps d'un jeune Palestinien tué en 2004 près du kiboutz de Nahal Oz (Israël),
l'AK-47 encore en main
(Photos Al Jazeera)
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