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  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 22:58
Et aujourd'hui, Mesdames et Messieurs, l'abominable homme des neiges !

Si quelqu'un sait plus précisément de quoi il s'agit...

La photo semble provenir de "Mission Spéciale Productions", même si je ne l'ai pas retrouvée sur leur site :
http://www.missionspeciale.com/index.adml?r=0

Eh bien, non, ce n'était pas un yéti, mais probablement un membre en tenue neige du 13e régiment de Dragons Parachutistes, unité d'élite de l'armée française spécialisée dans le renseignement et les "missions spéciales". Probablement..., parce que s'il est en tenue de camouflage, c'est justement pour ne pas être reconnu !
Cf. http://le.cos.free.fr/13rdp.htm
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Published by Mélusine - dans France
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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 17:24
Mercredi dernier, 30 mai 2007, le Conseil de Sécurité de l'ONU instituait un nouveau tribunal pénal international (résolution n° 1757). Pour juger un crime contre l'humanité ? Des individus soupçonnés de génocide ? Nenni. Après Nuremberg, La Haye (pour l'ex-Yougoslavie) et Arusha en Tanzanie (pour le Rwanda), le nouveau tribunal sera chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005.

On soupçonne fort la Syrie d'être derrière l'opération. C'est bien possible, mais est-ce une raison suffisante pour créer un tribunal d'exception ? Un tribunal pour juger la mort d'un seul homme ? En fait, le terrible attentat qui a coûté la vie de Rafic Hariri a tué aussi une vingtaine d'autres personnes et en a blessé une centaine. Seulement, n'était Hariri lui-même, aurait-on autant cherché à leur rendre justice ? Des attentats meurtriers, il s'en produit tous les jours en Irak. Des assassinats politiques, il y en a eu un peu partout dans le monde, certains même orchestrés par des pays occidentaux "démocratiques", sans qu'aucun tribunal ne soit constitué pour les juger. C'est que, me dira-t-on, la justice libanaise a sans doute peu de moyens d'enquête... - Ne pouvait-on les lui fournir ? - Des pressions se seraient exercées sur elle... - En ira-t-il autrement de ce tribunal très politique ? - La justice libanaise nous paraît trop corrompue, inefficace... - Davantage que la justice française, vraiment ? Les disparues de l'Yonne, ça ne vous dit rien ? Les disparus de Mourmelon, non plus ?

Au demeurant, dans cette affaire, la justice libanaise a déjà fait arrêter plusieurs personnes dont le chef de la garde présidentielle, Moustapha Hamdane, et l'ancien directeur de la Sûreté générale, Jamil Sayyed, proches du président libanais Emile Lahoud et de la Syrie. Nonobstant : "La France veut absolument la création de ce tribunal chargé de juger les assassins d'Hariri", avait déclaré Bernard Kouchner, nouvellement nommé ministre des Affaires étrangères, à l'occasion de son voyage au Liban fin mai. La France, peut-être, mais ne sont-ce pas là des affaires libanaises ? Et pourquoi d'ailleurs la France le voudrait-elle absolument ? Parce que Hariri père était un grand ami de Jacques Chirac et, à ce qu'on dit aussi, un des financiers de ses campagnes présidentielles. Hariri fils a d'ailleurs prêté son appartement parisien à l'ex-président de la République française le temps qu'il trouve un autre point de chute.

Jacques Chirac et Rafic Hariri

Qu'en pensent les principaux intéressés : les Libanais ? Pour résumer, les musulmans sunnites sont très contents de la création de ce tribunal spécial (Hariri était un des leurs). Les musulmans chiites très mécontents. Et les chrétiens ne débordent visiblement pas d'enthousiasme. Des chrétiens du Liban que je connais surnomment la victime "Trafic" Hariri, c'est dire sa réputation... Rafic Hariri (1944-2005) avait fait fortune en Arabie Saoudite en construisant des palais pour le roi Fahd. Depuis la fin de la guerre civile au Liban, son entreprise Oger International participait à la reconstruction de Beyrouth et sa fortune a été estimée jusqu'à 10 milliards de dollards... Il connaissait toute la jet-set politique. Mieux : il en faisait partie. L'assassinat de Hariri est donc un crime de lèse-dirigeants. Peut-être se sont-ils imaginez à sa place et l'image leur aura déplu !? On peut comprendre. Bien sûr, il s'agit surtout de mettre en accusation la Syrie. Mais il n'en demeure pas moins que l'institution de ce tribunal d'exception crée un précédent et qu'elle est en elle-même assez indéfendable.

Au fait, on attend toujours le jugement des meurtriers de Jean-Charles de Menezes, ce jeune brésilien abattu le 22 juillet 2005 dans le métro de Londres. A quand une résolution de l'ONU ?
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Published by Mélusine - dans Proche-Orient
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 13:46
Où va l'agriculture, et nous avec ?
On pourrait croire que la réduction de la diversité biologique, c'est à dire la disparition massive d'espèces animales et végétales à laquelle nous assistons aujourd'hui, serait uniquement due à des facteurs externes ou du moins en partie involontaires, tels que les bouleversements climatiques, la déforestation dans les pays pauvres, etc., ou qu'elle serait la conséquence de l'action criminelle d'individus cupides et réprouvés comme les braconniers qui massacrent l'éléphant pour l'ivoire ou le tigre pour alimenter la pharmacopée chinoise... Oui et non ! En réalité, cette réduction drastique des espèces est délibérée. Elle a été orchestrée depuis 50 ans par les grands groupes de l'industrie agro-alimentaire et va de pair avec la concentration qui s'est opérée dans le domaine de la distribution des semences, comme l'explique ce large extrait d'un texte de Dominique Guillet, président de l'association Kokopelli dont j'avais déjà parlé : "La guerre des semences a commencé", http://geopolis.over-blog.net/article-3204962.html.
*

Quelles semences pour nourrir les peuples ?


La semence, c’est le début de la chaîne alimentaire. Celui qui contrôle la semence, contrôle la chaîne alimentaire et donc contrôle les peuples.

Pendant 12 000 ans, au moins, les paysans et les paysannes du monde entier ont produit leurs propres semences, ont amélioré, sélectionné et créé de nouvelles variétés de céréales, de légumes, de fruits et de plantes à fibres. Qui plus est, les agricultures paysannes étaient des agricultures respectueuses de la Terre Mère. Dans les temps anciens, on ne parlait pas de “protection de ressources génétiques” et “d’agriculture durable” : on savait intimement qu’une civilisation qui perd ses semences et qui détruit ses sols est une civilisation qui est en train de mourir.

Depuis plus d’un siècle, les promoteurs de l’agriculture moderne occidentale, soutenus par les puissances financières de la pétrochimie, se sont acharnés à détruire les semences paysannes et les variétés traditionnelles tout en détruisant les sols en les asphyxiant de poisons violents. L’agrochimie a volé leur terre aux paysans et elle prospère au détriment de l’humanité et de la planète. Le secret de cette réussite est très simple, c’est un véritable tour de prestidigitation. Depuis 1900, l’agriculture moderne a créé des variétés hautement susceptibles à une pléthore de parasites et de maladies (tout en prétendant, bien sûr, le contraire) et qui nécessitent, dans le champ, le recours à une chimie très lourde.

Ce paradigme “farceur”, qui est le fondement de l’agriculture moderne, sévit encore pleinement de nos jours. Prenons le cas de l’Inde qui file véritablement un mauvais coton : elle vient juste de donner son feu vert à la culture et à la commercialisation de trois variétés de coton génétiquement modifié sur des surfaces, représentant un quart des surfaces cotonnières de la planète, qui sont cultivées par un million de petits paysans Indiens. Cette autorisation ouvre la porte à l’introduction d’autres espèces génétiquement modifiées, c’est-à-dire la moutarde, le soja et bien sûr le célèbre “golden rice”, amélioré en vitamine A par l’introduction d’un gène de jonquille et dont il faut consommer plusieurs kilos quotidiennement pour obtenir sa ration de la dite vitamine (une mini-farce). Le terreau Indien a été préparé depuis très longtemps afin de faciliter l’imposition de ces bricolages technologiques. Dès 1986, le professeur Swaminathan partait en croisade afin d’éclairer (d’endormir) la classe politique pour que l’Inde puisse intégrer les OGMs sans trop de remous. Le professeur Swaminathan, qui fut le père de la révolution verte en Inde et directeur de l’IRRI (l’institut des Philippines qui a créé les variétés de riz “à haut rendement”) est un grand ami de Monsanto et il se fait actuellement l’apôtre, en Inde, du développement de l’agriculture biologique (et durable s’entend) par l’adoption des organismes génétiquement modifiés (une méga farce). Pendant ce temps, les paysans producteurs de coton se suicident (de 10 à 15 000 en l’espace de quelques années) et près de 300 millions de personnes en Inde souffrent de la faim ou de la malnutrition.

Il faut remonter au début des années 1900 pour découvrir les différents tours de prestidigitation qui sont sortis du grand chapeau des mentors, ou menteurs, de l’agrochimie. Plusieurs niveaux de réalités illusoires peuvent être ainsi appréhendés : des réalités scientifiques, juridiques et techniques qui s’entrelacent intimement pour former de beaux mirages dans le désert de la pensée unique.

En 1907, Hugo de Vries redécouvre les “lois génétiques” de Mendel et deux écoles de génétique s’affrontent alors farouchement : l’école des Mendéliens et l’école des Biometriciens. Les Mendéliens étudient avant tout les caractères monogéniques dans les plantes : la fleur d’une espèce, ou variété, donnée est soit blanche, soit rouge, lorsque la couleur est codée par un seul gène. Les Biometriciens étudient avant tout les caractères polygéniques dans les plantes : la fleur d’une espèce, ou variété, donnée peut être blanche ou rouge mais aussi rose, dans ses nombreuses nuances, lorsque la couleur rouge est codée par plusieurs gènes. Dès le début de leur carrière, les Mendéliens ont la chance de découvrir une résistance à une rouille de blé de caractère monogénique et ils érigent cette simple découverte en philosophie : les résistances des plantes aux différentes agressions (champignons, virus, bactéries, etc.) se doivent d’être monogéniques. Le grand phytopathologiste Vanderplank qualifiera par la suite la résistance monogénique de résistance verticale et la résistance polygénique de résistance horizontale.

Comble de malchance pour les vendeurs de chimie, la quasi-totalité des variétés traditionnelles paysannes (améliorées depuis des centaines d’années, voire des millénaires, par sélection massale) possédait une résistance polygénique ou horizontale : lorsque, dans une plante, un niveau de résistance flanchait, d’autres faisaient front. Comble de chance pour les vendeurs de chimie, lorsque la résistance monogénique ou verticale, des variétés agricoles nouvellement créées à partir de 1910, succombait, la plante mourrait si le paysan ne faisait pas appel à la chimie.

Que pensez-vous qu’il arrivât ? Les variétés traditionnelles furent totalement éradiquées au profit de variétés modernes dotées de résistances monogéniques verticales. Au jour d’aujourd’hui, ce sont 36 milliards de dollars qui sont dépensés chaque année en fongicides et autres pesticides et malgré cela, ce sont 20 % des récoltes alimentaires qui sont perdues tous les ans, à l’échelle planétaire, sous l’assaut de bactéries, champignons, virus… Qui plus est, l’augmentation du nombre de maladies végétales est proportionnelle à l’augmentation, au fil des ans, de l’usage de la chimie lourde dans les champs. Aujourd’hui, ce sont plus de 300 maladies graves qui “attaquent” les plantes alimentaires. Tout cela constitue un cercle vicieux inexorable : l’augmentation de la chimie dans les sols, par les disharmonies qu’elle suscite, permet à de nouvelles maladies végétales de se manifester et les scientifiques ont beau jeu d’introduire tous les ans de nouvelles variétés exprimant de nouvelles résistances.

Peu de gens semblent se poser la question évidente de savoir pourquoi des variétés modernes prétendument résistantes requièrent tous les ans l’utilisation de 36 milliards de dollars de produits phytosanitaires et pourquoi, malgré cet arsenal, un cinquième des récoltes planétaires est perdu annuellement. Serait-ce un enchantement collectif ?

Il faut préciser, à ce point de notre exposé, que vers les années 1920, l’introduction des hybrides F1 a grandement précipité l’éradication systématique des variétés traditionnelles. Les hybrides F1, à l’instar du dogme de la résistance monogénique des Mendéliens, constituent un autre morceau de choix dans la soupe d’une pseudoscience que l’on pourrait aisément qualifier de mythologie. Bercés par les illusions d’une super productivité, les paysans ont abandonné leurs variétés anciennes, qui se reproduisaient conformément au type, pour adopter des hybrides de première génération. Les variétés F1 (obtenues à partir de lignées dites pures mais, en fait, complètement affaiblies) sont dégénérescentes, par définition, et induisent un marché captif royal : les paysans, les maraîchers et les jardiniers doivent racheter leurs semences tous les ans. Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l’INRA en France, a amplement démontré la supercherie du concept d’hétérosis ou de vigueur hybride.

Une autre vague d’envoûtement collectif se manifeste dès 1961, lors de la Convention de Paris, par la création de l’UPOV : une Union internationale pour la Protection des Obtentions Végétales. Les Etats, ou plutôt les multinationales qui les “conseillent”, se créent de toutes pièces un cadre légal qui leur permet d’asseoir leur hégémonie sur un secteur qu’ils ne contrôlaient encore que peu, c’est-à-dire le secteur semencier : en l’espace de 30 ans, plus d’un millier de maisons semencières sont rachetées dans l’hémisphère nord par les multinationales de la pétrochimie. L’UPOV institue la possibilité d’un dépôt de brevet sur toute variété nouvellement créée. Le concept d’obtention végétale est en soi une vaste supercherie : comment peut-on déposer un brevet sur une variété légèrement modifiée ou sélectionnée et qui est le fruit de centaines ou de milliers d’années de labeur paysan ?

Au jour d’aujourd’hui, 10 multinationales contrôlent près de 50 % du secteur semencier planétaire. Les quatre premières sont DuPont (qui a racheté Pioneer Hi-bred), Syngenta (une fusion de Novartis et d’Astra-Seneca, Novartis étant elle-même une fusion de Ciba-Geigy et de Sandoz, les deux plus grands pollueurs du Rhin), Monsanto (très réputé pour son Terminator) et Limagrain (une petite coopérative de la Limagne qui a fait sa fortune grâce aux maïs hybrides F1 de l’Inra, et donc grâce à l’argent du contribuable français). Ces mêmes 10 multinationales, mais ce n’est sans doute qu’une coïncidence, contrôlent également 60 % de l’agrochimie.

Il est édifiant aujourd’hui d’ouvrir le catalogue du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences, créé par Pétain en 1945 et remanié en 1961, comme par hasard, l’année de la Convention de Paris). A la rubrique “tomates”, on découvre que 87 % des variétés inscrites sont des hybrides F1, 11 % sont des variétés fixées (reproductibles conformément au type) protégées par des brevets sur 20 ans et 2 % seulement sont des variétés du domaine public.

Il est essentiel de préciser que tout ce qui est consommé dans l’assiette d’un Européen est enregistré dans l’un des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. Cela veut dire qu’il est strictement interdit par la loi de cultiver, pour la consommation ou pour la semence, un légume ou une céréale de toute variété qui ne serait pas inscrite sur l’un de ces catalogues.

L’UPOV a tenté d’engloutir l’Afrique de l’Ouest (qui a poliment refusé, mais pour combien de temps) mais par contre a bel et bien englouti récemment l’Asie. L’UPOV parachève, ainsi, l’œuvre d’une autre vaste mythologie à l’échelle planétaire, à savoir la révolution verte, nommée sans doute ainsi à cause de la couleur du dollar, à la prospérité duquel elle a fortement contribué. La révolution verte, selon la théorie officielle, a créé et mis en culture des variétés hautement productives de riz et de blé qui ont sauvé l’Inde de la faim.

Premièrement, que veut dire haute productivité lorsque l’on sait que, selon les archives Britanniques, l’Inde produisait dans l’Etat du Tamil Nadu, vers 1750, du riz à hauteur de 13 tonnes l’hectare, et ce, dans des conditions d’agriculture totalement durable ? Le professeur Richcharia, grand expert du riz en Inde, avait obtenu, il y a quelques années, des rendements de 10 tonnes l’hectare avec des variétés traditionnelles. Secondement, qu’en est-il de la facture cachée ? Les variétés de la révolution verte ont été hautement productives de par l’utilisation massive d’intrants (fertilisants de synthèse, pesticides, herbicides) et de par l’utilisation de systèmes très modernes d’irrigation intensive. Il en résulte que les nappes phréatiques sont épuisées, que l’air, la terre et l’eau sont extrêmement pollués. De plus, les ressources génétiques ont été éradiquées : il existait plus de 100 000 variétés de riz en Inde avant la révolution verte, il en reste maintenant une cinquantaine. Les paysans pauvres sont allés s’entasser dans les bidonvilles, les paysans ruinés se sont suicidés ou bien ont vendu leurs terres aux banquiers ou à Cargill. Les femmes ont perdu leur rôle privilégié de pourvoyeuse de la nutrition de la cellule familiale. L’agriculture qui était fondamentalement féminine, diversifiée et orientée vers la sécurité alimentaire est devenue une monoculture masculine avec des produits ayant une valeur commerciale sur le marché national ou international.

La grande farce continue : une seconde révolution verte envahit le Tiers Monde, celle des biotechnologies et des organismes génétiquement modifiés alors que, pendant quarante ans, les chantres de la première déclarèrent qu’elle était la solution-miracle et définitive à la faim dans le monde. Les multinationales, dans un grand élan humanitaire, estiment que l’hémisphère nord peut également bénéficier de leurs largesses et profiter des milliards de dollars qu’elles ont investis (avec l’aide financière conséquente des Etats et donc des peuples) dans l’élaboration de créatures végétales tellement fantastiques que l’on y perd son latin : lycopersicon lycopersicum ssp. porcus ou bien zea mays ssp. scorpionus !

Les premières créatures des apprentis sorciers agronomes du début du siècle passé avaient été dénommées “hybrides”, du grec “hybros”, pour monstre ou chimère. Comment va-t-on pouvoir appeler ces nouvelles chimères dont le génome est un méli-mélo de gènes provenant de l’homme, de l’animal, de la plante ainsi que d’antibiotiques, de virus et autres substances pathogènes ? Ce monde de chimères transgéniques n’a pu voir le jour que grâce à la vitesse fulgurante d’évolution de l’informatique.

Nous allons maintenant nous pencher sur la nature de la semence et sur la relation qu’elle entretient avec son environnement. Comme tout être vivant, la semence se définit comme ayant deux facultés complémentaires : celle de se reproduire tout en conservant ses caractéristiques existantes et celle de se modifier, d’évoluer. L’agriculture et la conservation des semences sont fondées sur la première faculté tandis que la sélection et l’amélioration variétales sont fondées sur la seconde. Il existe, de plus, une relation très intime entre d’une part la semence, et ce qu’elle manifeste, à savoir la plante, et d’autre part l’environnement. La semence crée un environnement tout comme l’environnement crée la semence.

Pendant des millénaires, la semence était libre, elle est maintenant emprisonnée. Elle ne peut plus se reproduire : les hybrides F1 sont stériles ou dégénérescents. Cette stérilité atteint son paroxysme avec le gène “Terminator” (qui a été légalisé, il y a quelques mois, de façon très discrète, aux USA) qui programme génétiquement la plante pour se suicider. La culture in vitro (création de plantes à partir de quelques cellules) est un autre exemple de cette annihilation du cycle vital de la plante, de la semence à la semence. [...] Quant à sa capacité d’évolution dans le champ, n’y pensons plus ! Cette capacité a été remplacée par un concept nébuleux de “fixisme”, une autre pièce maîtresse de la mythologie agricole occidentale. Les semences n’évoluent plus en champs, elles sont fabriquées de toutes pièces dans les laboratoires de l’agrochimie.

L’emprisonnement des semences atteint aujourd’hui son paroxysme avec les GURTS “Genetic Use Restriction technologies”, dont la FAO est en train d’étudier les impacts potentiels sur l’agro-biodiversité et les systèmes de production de système agricoles. Qui plus est, non seulement la semence ne peut-elle plus se reproduire et évoluer mais elle ne peut plus produire par elle-même ! Les hybrides F1, les variétés de la révolution verte et les transgéniques ne peuvent se développer que grâce à tout un arsenal d’intrants. Elles sont en quelque sorte stériles et improductives.

C’est dans le cadre de cette imposture qu’il faut resituer la première offensive de l’industrie semencière, au début du siècle passé, qui a vendu très cher, aux paysans, des semences “certifiées”, à savoir indemnes (extérieurement) de tout parasite, mais programmées génétiquement pour être hautement susceptibles à une pléthore de maladies. Ce type de programmation, ou “emprisonnement”, atteint de nos jours son paroxysme avec les gènes dénommés “traitor” ou avec les GURTs. La semence est programmée génétiquement pour ne se développer qu’à condition qu’on la traite dans le champ avec tel ou tel produit chimique.

Nous espérons que cet exposé met clairement en valeur le fait que la nature de la semence génère, appelle un type d’agriculture.
Les anciennes semences, les variétés alimentaires traditionnelles appellent une agriculture durable, respectueuse de la Terre Mère. Les semences F1, ou à haute productivité, ou génétiquement modifiées, appellent une agriculture totalement assistée par la technologie : irrigation massive, fertilisants de synthèse, fongicides, pesticides, herbicides, récolte mécanique, etc. Et réciproquement.

L’agriculture biologique intensive et productiviste offre un exemple poignant de ce principe fondamental : actuellement, 95 % des légumes bios produits sont issus de semences hybrides F1 provenant de l’agrochimie. Lorsque l’on veut produire des hectares de laitues bios, on ne pourra qu’utiliser des variétés très modernes résistantes aux 23 souches de bremia, une pourriture blanche de la laitue. Lorsque l’on veut produire des tomates bios en hiver sous des tunnels en plastique chauffés au fioul, on ne pourra qu’utiliser des variétés très modernes résistantes au verticillium, au fusarium, etc.

Ce type d’agriculture biologique qui a recours à des monocultures, à des cultures hors saison, à des intrants “organiques” qui sont les déchets de l’agro-industrie (farine de sang, farine d’os, farine de plumes, fumiers conventionnels chauffés à très haute température, moult de raisin…) ou à des intrants “organiques” qui sont de la biomasse volée au Tiers-Monde (guano, tourteau de ricin, fibre de coco ...) est très peu différente de l’agriculture conventionnelle et, d’ailleurs, elle en utilise les mêmes semences. On trouve sur les marchés bios, depuis plusieurs années, plus d’une vingtaine de variétés de choux-fleurs possédant un gène de radis (c’est une forme de transgénèse) et nous avons de sérieux doutes quant à la nature de certaines tomates bios dites “long life”.

Depuis plusieurs années également, il se trouve, sur le marché, des semences bios, et même “Demeter” (cultivées selon les cahiers de charge de l’AB) et qui sont des semences hybrides F1 ! À quand les semences OGM bios ?

D’aucuns nous considèreront peut-être comme de doux rêveurs passéistes. Cependant, essayons d’imaginer combien “performantes” seraient les variétés paysannes traditionnelles si l’on avait confié, à la paysannerie, des milliards de dollars (ceux que l’on a utilisés pour faire des bricolages technologiques) afin de les améliorer, de les sélectionner et afin de conserver les ressources génétiques pour nourrir une population planétaire sans cesse croissante.

De bonnes vieilles semences bien fortes et un sol très fertile font des miracles. John Jeavons, avec son association Ecology Action en Californie, a prouvé, depuis trente ans, qu’un jardinage bio intensif peut nourrir annuellement une personne (végétarienne) sur seulement un dixième d’hectare, en climat tempéré. Selon son système, le jardin est constitué de 60 % de plantes à fibres (maïs, tournesols, quinoas, amaranthes à grain..) qui vont permettre de re-fertiliser le sol en faisant du compost végétal, de 30 % de plantes à calories (carottes, betteraves, navets…) et de 10 % de plantes à vitamines et à oligo-éléments (tomates, aubergines, piments, melons…).

En climat tropical, ou sub-tropical, on peut ainsi nourrir deux personnes (végétariennes) par dixième d’hectare seulement, à condition bien sûr d’avoir de l’eau pour irriguer. Selon ces principes de jardinage bio intensif, les 150 millions d’hectares de terre arable qui sont disponibles actuellement en Inde pourraient nourrir trois milliards de végétariens. Où est le problème ? [...]
http://www.kokopelli.asso.fr/actu/new_news.cgi?id_news=10
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Published by Mélusine - dans Ecologie
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 21:19
Suite du voyage en Italie...
Bitonto (Pouilles)
Eglise de la confrérie du Purgatoire (XVIIe siècle)

Comment ça, pessimiste ?! Ce doit être l'effet nucléaire...
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Published by Mélusine - dans Europe
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 18:26
Si j'évoquais récemment le cas de l'Angola (http://geopolis.over-blog.net/article-6619972.html) et celui de la Birmanie (http://geopolis.over-blog.net/article-6685641.html), il faut replacer ces exemples dans le contexte d'une prolifération du nucléaire à l'échelle planétaire. On est alors rapidement conduit à se demander si les bons sentiments et les intentions vertueuses ("favoriser le développement") ne cachent pas autre chose. Ces pays, comme beaucoup d'autres, devraient être à court terme dotés de la technologie nucléaire civile et des installations afférentes. Tout ceci serait très bien s'il n'était de notoriété publique dans les milieux bien informés que les technologies en question, une fois maîtrisées, peuvent servir indifféremment à des usages civils ou militaires. C'est justement tout le problème soulevé par le cas de l'Iran.

Le livre de la journaliste d'investigation Dominique Lorentz, Affaires atomiques, publié en 2001 aux éditions Les Arènes, éclaire crûment la question et montre le rôle joué depuis 60 ans par les USA dans la diffusion d'un armement terrifiant dont ils sont les seuls à ce jour à avoir fait usage (contre les populations civiles d'Hiroshima et de Nagasaki) et dont ils envisagent ouvertement d'user à nouveau en Irak... L'auteur sonde aussi les liens entre le programme nucléaire iranien du temps du Shah et le consortium français Eurodif, puis l'arrêt de cette coopération et ses conséquences, notamment les attentats à Paris, dont je ne suis pas sûre au demeurant qu'il faille les mettre sur le dos des ayatollahs iraniens.

Mais l'Iran n'est jamais que l'un des quelque 50 pays disposant aujourd'hui des capacités techniques permettant de développer un armement atomique. Pour mieux comprendre comment nous en sommes arrivés là et quel fut le rôle des uns et des autres dans une dissémination que tous feignent de réprouver, quelques extraits d'une présentation de l'ouvrage de D. Lorentz trouvée sur www.confidentiel.net.
*
  • Officiellement, les Etats-Unis sont opposés à la dissémination de "la bombe". Mais au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, ils considéraient que l’Europe était vulnérable à une invasion soviétique. En cas d’attaque soviétique il ne pouvaient rien faire sinon déclencher une guerre atomique. La "meilleure" solution consista donc à armer les pays exposés pour leur permettre de se protéger eux-mêmes. En cas d’attaque, les Soviétiques s’exposaient à une riposte nucléaire, sans que les Etats-Unis soient en première ligne. Les Américains ont ainsi, armé leurs alliés, avançant leurs pions sur l’échiquier géopolitique mondial, pour endiguer toute avancée communiste.
  • Plus tard, le transfert des technologies atomiques fut un élément clés de la politique extérieure américaine pour retourner des pays alliés de l’Union soviétique (comme l’Egypte) et les attirer vers le camp occidental ou pour consolider les alliances existantes. C’est ainsi que l’Inde et le Pakistan, pourtant ennemis mortels ont été équipés l’un et l’autre par les occidentaux, sous contrôle discret de la Maison Blanche.
  • Les Etats-Unis ont donc eu intérêt à organiser la dissémination. Toutefois la législation américaine interdisait l’exportation du savoir-faire nucléaire. Et la révélation publique de ces transferts n’etait pas envisageable. Pour contourner ce problème et éviter de débattre leur stratégie au Congrès et en public, les différents présidents américains ont donc adopté une méthode de dissémination indirecte et transitant par d’autres acteurs. [...]
  • De façon constante, les accords de coopération sont présentés comme des projets d’"applications civiles" de l’énergie nucléaire. Peu importe que les contrats soient aberrants au regard des richesses énergétiques des pays acheteurs. Un petit mensonge vaut mieux qu’un grand débat. Les pays pétroliers tels l’Irak, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ou l’Iran ont ainsi été dotés d’installations nucléaires qu’aucun projet de production d’électricité ne peut justifier. Peu importe aussi que l’énergie nucléaire soit une option très onéreuse pour les pays en développement, tous ceux qui ont pu se sont jetés dessus.
  • Officiellement, les matériels livrés aux pays acheteurs appartiennent à la catégorie des équipements à vocation civile. Mais les dirigeants des pays exportateurs oublient de préciser que ces installations pourraient aussi bien rentrer dans le classement des fournitures à usage militaire. Toute l’astuce est là. La quasi totalité des technologies utilisées dans l’industrie nucléaire est "duale". Les experts entendent par là qu’elles peuvent servir indifféremment à des applications civiles ou militaires, cette réalité étant connu depuis les origines de la bombe atomique.
  • A partir de 1955, le Canada signa un accord avec les Etats-Unis : il renonçait à détenir la bombe atomique, mais il lui était possible, sous réserve d’un agrément de la Maison Blanche, d’exporter des technologies américaines. Les Etats-unis eurent donc recours à lui dès les premiers temps de la prolifération. Ils durent cesser d’utiliser ce pays, suite à la révélation de son implication dans la nucléarisation de l’Inde, après que celle-ci eut réalisé son premier essai atomique.
  • Dans les années 70, le commerce nucléaire passa brutalement de la petite industrie à l’industrie lourde. Les réacteurs de recherche laissèrent place à de véritables centrales nucléaires, tandis que le traitement des combustibles devint une activité organisée à l’échelle planétaire. Les Américains, inventeurs et propriétaires de ces technologies, en déléguèrent la commercialisation à trois partenaires : le Canada, la France et l’Allemagne fédérale. On apprend ainsi que toutes les centrales nucléaires construites en France ou vendues par les Français sous la marque Framatome furent des équipements Westinghouse (compagnie US). De même, tous les réacteurs implantés par les sociétés allemandes AEG, KWU et Siemens étaient estampillés General Electric (US) ou Westinghouse. Les accords de licence garantissaient aux Américains un contrôle absolu sur ces matériels. Aucune vente à l’étranger ne pouvaient se décider sans leur consentement. Ainsi les compétitions qui donnaient l’impression d’opposer les sociétés Westinghouse, Siemens et Framatome ne furent que de faux combats, illusion brouillant les pistes. Dans tous les cas, les contrats furent passés sous l’autorité des Etats-Unis, ceux-ci ayant toujours conservé le monopole du commerce nucléaire, mais de façon moins voyante. [...]
  • Le traité de non-prolifération signé en 1968, s’il interdisait la possession d’armes nucléaires, n’empêchait pas de parcourir le chemin qui y parvenait, jusqu’aux 5 dernières minutes. En encourageant la coopération entre ses membres, il s’agissait plutôt d’un traité organisant la prolifération. Quant à l’Agence internationale de l’énergie Atomique (AIEA) chargée de contrôler les installations nucléaires de ses 118 adhérents et de garantir la nature pacifique des travaux, elle effectue des inspections annoncées à l’avance, dans les installations déclarées par les Etats membres et n’a pas le droit de s’assurer par elle-même qu’un Etat ne dispose pas d’installations clandestines. L’agence ne dispose de toute façon d’aucun pouvoir de sanction contre les pays contrevenants. Enfin les pays inspectés ont le droit de choisir la nationalité des experts qui viennent les visiter. Or, lors des contrôles, les experts peuvent apprendre des rudiments de la fabrication d’armes. L’agence fonctionne alors à rebours comme un centre d’apprentissage de la prolifération.
Et à propos de l'Iran :
  • Pour prendre la relève de l’Allemagne, trop exposée dans le développement du programme iranien, la Maison Blanche organisa dans l’ombre une coopération nucléaire du duo Iran-Pakistan avec différents fournisseurs : Allemagne, Chine, Japon, Argentine. Au printemps 1985, l’Allemagne fédérale, qui construisait la centrale iranienne de Busher, avait signé un accord de coopération avec la Chine. La Chine qui vendait déjà des armes à Téhéran, venait de parapher un accord de cooperation nucléaire avec les Etats-Unis. Elle en avait signé un autre avec le Japon, l’un des plus proches alliés de l’Amérique, mais aussi l’un des principaux partenaires économiques de l’Iran. Le président Reagan confia donc à la Chine la poursuite de la coopération nucléaire de l’Iran, en liaison avec le Japon et parallèlement aux travaux de l’Allemagne sur le site de Busher. Le Washington Post révéla plus tard que la Chine transférait des technologies nucléaires à l’Iran et au Pakistan. A partir de 1987, quand elle fut trop exposée par ses ventes d’armes et de technologies nucléaires, Ronald Reagan fit intervenir d’autres acteurs. L’exportation d’équipement et de savoir-faire américain en Iran se fit via une société argentine dont l’Allemagne détenait 25% du capital. Ainsi les Etats-Unis s’abritaient derrière leur licencié allemand, lequel se cachait derrière l’Argentine. Une plus large coopération nucléaire fut ensuite signée entre l’Argentine et l’Iran au printemps 1987. L’Argentine etait liée par une coopération nucléaire avec la Chine. Le Pakistan, dont le programme nucléaire était développé par la Chine, signa un accord de coopération avec l’Iran. Dans le même temps, la France signa elle aussi un accord de coopération avec le Pakistan, en liaison avec la Chine... Vous avez du mal à suivre ? C’est normal, c’est le but.
  • Ronald Reagan avait donc mis en place un double dispositif en direction de la république islamique d’Iran. Il lui vendait des armes et lui faisait transférer des technologies nucléaires par alliés interposés...
Le texte complet ici :
http://www.confidentiel.net/article.php3?id_article=196&var_recherche=lorentz
Cf. D. Lorentz, Affaires atomiques, 2001 (Les Arènes), 604 p. Et merci à Dominique pour la référence.
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 18:42
Matera (Basilicate) et ses cailloux
La ville troglodyte perchée au-dessus d'un ravin où coule la Gravina,

...rendue célèbre par un roman et quelques films christiques :
L'Evangile selon saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini (1964),
La Passion du Christ de Mel Gibson (2004),

...ne montre guère de traces de la misère noire décrite par Carlo Levi dans :
Le Christ s'est arrêté à Eboli (1945).
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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 10:55
Je ne traiterai pas ici de l'épidémie de défenestration chez les adolescentes corses perturbées, mais de nos propres tentatives de suicide. Le rythme des atteintes que nous nous portons à nous mêmes s'accélère, les moyens employés sont illimités et la pulsion suicidaire devient véritable rage. Etrange, non ? Pourquoi tant de haine de soi chez un être vivant qui se prétend rationnel et aspire à la puissance, à la maîtrise absolue de ce qui l'entoure ? Etre maître de soi comme de l'univers...

Or, que voit-on ? Au-delà des raisons personnelles et de l'expérience vécue par chacun - qui semblent justifier son comportement de prime abord, - les groupes humains paraissent mûs collectivement par des pulsions dont ils n'ont pas même conscience. Prenons le déclin démographique de l'Europe. On aura beau le tourner dans tous les sens : en raison, c'est une absurdité. Un suicide collectif aussi délirant et injustifiable que celui des écervelées d'Ajaccio.

Il y a bien sûr des intérêts immédiats qui font perdre de vue l'intérêt collectif, préférer la jouissance présente à la construction d'un futur viable. Il y a aussi un système de défense psychologique qui s'appelle autrement lâcheté qui fait qu'on refuse de voir le gouffre tout en continuant d'y courir... Plus la dégringolade est manifeste et plus on hait les esprits lucides ! Pourtant faire la sourde oreille à Cassandre précipite la fin...

Pessimisme ? Non, non. Je ne donne pas dans le pessimisme et d'ailleurs je vais très bien, moi ! Pas d'idées noires ; joie de vivre et compagnie. Mais j'ouvre les yeux. Et que vois-je, moi, simple fée ? ...Pauvres humains ! Pauvres hommes, chiens de Pavlov ! Pauvres femmes, poules sans tête ! Pauvres Français menés par le bout du nez ! Triste...

Tenez, l'avortement. Elles vont me dire "droit des femmes", "liberté", "disposer de son corps", etc. Foutaises ! Depuis quand faut-il tuer un bébé pour être libre ? Il y a une dimension religieuse, là-dedans, une dimension de sacrifice humain. Retour au culte de Moloch-Bâal. Vous croyez que ça me choque ? Même pas ! Simplement, c'est aberrant. Aberrant de se faire cureter, de livrer son corps aux médecins et d'abandonner sa progéniture comme "matériel humain", alors que depuis la nuit des temps des plantes que je ne nommerai pas font ça très bien.

Le secret des alcôves sur la place publique. Des poules sans tête, je vous dis ! Et les chiffres, vous avez vu les chiffres ? L'Occident en plein déclin démographique et on y avorte à tour de bras, pour un oui pour un non... Vous parlez d'une logique ! Après on voudra nous faire croire que l'homme est un animal rationnel... Pas le Français, en tout cas !

Autre exemple : la Seconde Guerre Mondiale. Et la première aussi. Une saignée. Suicide de l'Europe, qui a donné la primauté aux USA. Il paraît qu'on s'en plaint maintenant ! Bien sûr, il y a le déroulement des faits, les antagonismes locaux, les raisons - toutes sortes de raisons, d'ailleurs - pour se mettre sur la gueule entre Français et Allemands, Italiens et Autrichiens, Russes et Polonais... et je ne parle même pas des Balkans ! Mais était-ce notre intérêt à tous ?

Mais je m'égare. J'étais partie pour vous parler de l'un des - nombreux - instruments du suicide : le Roundup®.
*

A la liste des effets toxiques de l'herbicide le plus utilisé sur la planète, le Roundup de la firme Monsanto, il convient d'ajouter la toxicité sur les cellules embryonnaires humaines. En effet, dans la continuité de travaux menés en 2005, l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini, de l’Université de Caen, vient de confirmer et de préciser les effets d'une exposition au Roundup de cellules provenant de placenta, en ayant recours à des cellules d’embryon1. La toxicité de l'herbicide, en particulier au niveau de la perturbation des hormones sexuelles, a ainsi été mise en avant à des doses considérées comme non toxiques2.

Selon le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), ces travaux pourront peut-être permettre de mieux comprendre les problèmes de fausses couches, de naissances prématurées, ou de malformations sexuelles chez les bébés, entre autres pour les couples d’agriculteurs, lesquels sont particulièrement exposés à l'herbicide Roundup.

Au-delà de ces précisions, alors que jusqu'à présent on considérait que c'était le glyphosate, le principe actif du Roundup, qui était très toxique, l'étude met en évidence que c’est l'herbicide en lui même qui s'avère être beaucoup plus toxique que le produit qui est connu et homologué pour être son principe actif. Pour le CRIIGEN, cette nouvelle donnée souligne les lacunes de la réglementation européenne en matière d'homologation des pesticides.
Pascal Farcy, rédacteur en chef d'Univers Nature

1- Les cellules embryonnaires utilisées sont issues d’une lignée cultivée au laboratoire qui ne nécessite pas de destruction d’embryon.
2- Notons que ces doses très faibles (le produit vendu en magasin, dilué jusqu’à 10 000 fois) correspondent aux doses discutées pour être autorisées dans certains OGM tolérants au Roundup aux Etats-Unis...

L'étude est disponible, en anglais, sur le site de la revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology :
http://www.springerlink.com/content/d13171q7k863l446/fulltext.html

Cf. http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2644
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 22:18
"Puissance" est sans doute un bien grand mot...

Après l'Angola (http://geopolis.over-blog.net/article-6619972.html), un autre pays sympathique et démocratique (!!!) est en passe d'accéder au nucléaire : la Birmanie. Bien sûr, il ne s'agit que de nucléaire civil, mais n'est-ce pas précisément ce qu'on reproche à l'Iran ?
 

Le Myanmar sollicite l'assistance russe dans la construction de son centre nucléaire
   
MOSCOU, 17 mai - RIA Novosti. Des spécialistes de la société russe Atomstroïexport et une délégation de l'Union du Myanmar (ancienne Birmanie) ont tenu mercredi un premier round de négociations sur la préparation des travaux nécessaires à la construction d'un centre de recherches nucléaires au Myanmar, a rapporté jeudi un communiqué de presse d'Atomstroïexport.

"Ces négociations préludent à l'exécution de l'Accord de coopération dans la construction du Centre de recherches nucléaires signé la veille entre le gouvernement de la Russie et celui de l'Union du Myanmar", indique le communiqué de presse.

Selon le document, les négociations seront poursuivies dans le second semestre de 2007 au Myanmar.

"Le Centre aidera au Myanmar à effectuer un vaste éventail de recherches dans le domaine de la physique nucléaire et des biotechnologies, à étudier les propriétés des matériaux et à produire une large gamme de médicaments. L'activité du Centre contribuera au développement économique et social du pays", souligne le communiqué de presse.

Lors des négociations, la délégation d'Atomstroïexport était conduite par le premier vice-président de cette société, Alexandre Gloukhov, et celle du Myanmar, par le ministre de la Science et de la Technologie, U Thaung.

Pendant la période de 1958 à 1984, des centres de recherche dotés de réacteurs de conception russe avaient été mis en service dans 12 pays.

La société Atomstroïexport est la principale organisation russe chargée de construire des ouvrages nucléaires civils dans le cadre des accords intergouvernementaux signés par la Russie. A l'heure actuelle, elle est la seule société au monde à construire simultanément sept réacteurs pour des centrales nucléaires en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie.
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 23:01
Du gouvernement français nouvellement constitué, je ne retiendrai ici qu'un nom, celui de Bernard Kouchner au Ministère des Affaires étrangères. Curieux d'ailleurs pour quelqu'un qui disait vouloir rompre avec mai 68 (je veux parler de N. Sarkozy), de nommer un soixante-huitard notoire à ce poste-clef. Kouchner a en effet été un des chefs du mouvement estudiantin du côté des carabins... Ce socialiste de 67 ans, très introduit dans les médias et que l'on nous dit populaire* - cela revient à peu près au même, - semble pourtant avoir plutôt mauvaise réputation parmi les diplomates, ceux en poste dans les Balkans notamment, depuis qu'il a été Haut représentant de l'ONU au Kosovo (juillet 1999 à janvier 2001). A moins que je ne confonde avec BHL !!! Enfin, c'est un peu le même style !

Il partage un trait de caractère avec un autre grandissime philoplope, j'ai nommé André Gluksmann : l'état d'indignation permanente. Qu'il parle en faveur des enfants affamés du Biafra ou de la libéralisation du cannabis, c'est le même ton exalté ! Autoriser le cannabis, parce que lui en a déjà fumé ; autoriser l'euthanasie parce que lui l'a déjà pratiquée - sur des blessés de guerre, au Liban et au Vietnam (il faut croire que, dans ces pays, ça ne tombe pas sous le coup de la loi)... Voilà encore un spécimen de narcissique ! Kouchner est surtout connu pour être l'un des fondateurs en 1971 de l'organisation Médecins sans frontières, qu'il a quittée depuis, et plus récemment, en 2003, pour avoir soutenu, contre la position française, les bombardements américains sur l'Irak. Poussières d'uranium et mines anti-personnelles... la joie des médecins ! Moins diffusé, son rapport sur la Birmanie, rédigé pour le compte de TotalFinaElf en septembre 2003, qui minimise l'impact de la dictature et la pratique du travail forcé pour la construction du gazoduc...
Cf. http://web.radicalparty.org/pressreview/print_right.php?func=detail&par=7685

*Il a pourtant échoué chaque fois qu'il s'est présenté devant les électeurs : dans le Nord en 1988, en Moselle en 1994, à Gardanne (Bouches-du-Rhône) en 1996...

Autant dire que je n'aime pas l'énergumène. Je ne suis pas la seule, si on en croit le texte de l'écrivain Patrick Besson publié dans sa chronique du "plateau télé" au Figaro Magazine, sans doute en 2003, mais je n'ai plus la date exacte.

*
Bernard Kouchner, bombardier sans frontières
par Patrick Besson

Bernard Kouchner à "Mots croisés" (France 2). Il est venu expliquer sa position pro-guerre qui lui vaut désormais, dans les rédactions parisiennes, le surnom de "bombardier sans frontières".

Il en a plein la bouche des souffrances du peuple irakien, qui n'ont sans doute jamais été aussi grandes que depuis le début de cette seconde guerre du Golfe. Sa phrase récurrente, toujours accompagnée d'un lourd soupir : "Nous n'avons rien fait."

C'est le chagrin de Kouchner : on n'en a jamais fait assez, nous autres qui ne sommes pas Bernard Kouchner. Une seule personne en a fait assez : lui. Partout où il est passé. Au Biafra, au Vietnam, au Kosovo. Je me demande même si, depuis une trentaine d'années, tout ce qui a été fait de bien sur terre ne l'a pas été par Bernard Kouchner, et si tout ce qui a été fait de mal ne l'a pas été par nous, nous tous qui ne sommes pas Bernard Kouchner. Dans les rares cas où nous avons fait quelque chose à la place de rien !

Sa chaude voix vibre. Ses yeux mouillés tremblent. Sa blondeur bizarre - pour la teinture, Bernard, je vous conseille une meilleure adresse : Michel Caro, rue de Bourgogne, Paris VIIe - ondule. Il nous le dit et nous le redit : son principal souci, c'est le peuple irakien. Comme George Bush, il veut le libérer de Saddam Hussein. Et tant pis si pour ça il faut détruire la moitié de l'Irak et tuer des centaines de milliers d'Irakiens. Les catastrophes humanitaires, ça le connaît. Il sait que c'est gérable. Pour ça, il suffit d'un avion plein de médicaments et de quelques caméras de télé. Et lui, Bernard Kouchner, au milieu. Qui fait, une fois de plus, quelque chose. Alors que nous, une fois de plus, on ne fait rien !

Entre l'ambassadeur du Royaume-Uni et l'Américaine Danielle Pletka qui, de Washington, reprochait tout simplement aux Français d'exister, Bernard Kouchner buvait du petit lait. Partisan d'une guerre qui viole le droit international et où l'on voit le pays le plus puissant du monde écraser de bombes l'un des pays les plus pauvres du monde au nom d'une démocratie qui risque fort bien d'être introuvable pendant plusieurs dizaines d'années - où en est, à propos, la démocratie afghane ? Au niveau pavot ? -, le docteur Kouchner montrait une bonne fois pour toutes que dans le maudit secret de son cœur froid et de son âme défaite, il avait renoncé au serment d'Hippocrate pour le serment d'hypocrite.
*
La phrase favorite de Bernard Kouchner : "Nous n'avons rien fait." Enfin, sauf lui.

Sur sa politique serbe, voir aussi : http://geopolis.over-blog.net/article-1958752.html
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 15:30
Mon premier voyage en Russie remonte à l'été 2003, l'année du 300e anniversaire de la fondation de Saint-Pétersbourg. Nous avions donc décidé, une amie et moi, d'y passer nos vacances. Panique dans les familles ! Vous n'y pensez pas... Deux jeunes filles... La mafia... Vous êtes folles ! Qu'est-ce qu'on n'a pas entendu. Il s'est même trouvé une amie de Maman, bobo bien intentionnée, qui prétendait bien connaître le pays, parce qu'elle a une amie qui connaît une amie qui... Bref, elle m'appelle quelques jours avant le départ pour me convaincre de renoncer au voyage, sinon nous serons kidnappées par la mafia, dit-elle ! Diable !

Alors nous voilà parties pour la grande aventure, Saint-Pétersbourg, porte de toutes les Russies, petite fenêtre sur l'âme russe, ses mystères, ses dangers terrifiants, ses ogres aux dents pointues... Et quid des méchants Russes ? Eh bien, je vais vous raconter notre voyage.

Rencontre avec la mafia. Là, vous allez être déçus : la rencontre n'a pas eu lieu ! Personne ne nous a donné sa carte avec inscrit "mafieux" dessus. Si jamais on en a croisés, ils ne se sont pas déclarés comme tels. Peut-être vont-ils déguisés ? Mais le moyen de les reconnaître, je vous le demande ! Il faut dire aussi que pour un Bérézovsky plein à millions, que valent deux touristes françaises ? Rien du tout ! Donc, contrairement aux prévisions, nous n'avons pas été kidnappées.

Rencontre avec la milice. En Russie, il n'y a pas que les mafieux, il y a aussi la milice, et le milicien a la réputation de taxer méchamment les touristes en infraction. Nous nous sommes donc empressées de commettre quelques infractions, photographier des abris anti-atomiques par exemple, autrement dit une station de métro. Aussitôt, apparus on ne sait d'où, voici les miliciens. Alors, toute penaude, le plus innocemment du monde, je présente nos excuses, je dis que nous ne savions pas et je promets que nous ne le referons plus jamais, jamais. Et ? Et rien ! Pas la plus petite amende, ni confiscation de l'appareil, ni arrestation, ni rien. C'est à désespérer de mal faire !

Rencontre avec les skinheads. La milice, c'est une chose, mais il y a aussi les skinheads. Ceux de Russie cognent les étrangers. Enfin, c'est ce qu'on dit. Nous étions donc au bout de la perspective Nevsky, Sophie avait déplié le plan "pour vérifier un truc" et juste devant nous... deux méchants skins l'air... très méchants ! Voilà-ti pas qu'ils se retournent... et nous voyant plan en main, l'un s'imagine que bien sûr nous cherchons l'Ermitage, et de nous indiquer la direction. Merci beaucoup, vous êtes trop aimables. En fait, nous n'allions pas à l'Ermitage ce jour-là, mais merci quand même à nos si serviables skins.

Rencontre avec les repris de justice. Allez, il y a pire que les skinheads : les loubards, qui plus est ivres. "Gibier de potence", serait plus approprié. Par un morne après-midi d'été, vers les 16h à l'horloge, nous cherchions le palais Youssoupov et nous nous étions trompées de coin. Pour tout dire, nous nous étions aussi trompées de palais ! Seules, engagées dans une longue rue étroite bordant un canal, nous nous étions arrêtées un instant pour étudier ce satané plan. Seules ? Non, en face, s'avancent à grands pas trois types, mines patibulaires, cannettes de bière à la main et déjà bien imbibés. Trop tard pour rebrousser chemin. Que faire ? Je demande à Sophie si elle sait nager... Imaginez la scène : Deux jeunes Françaises plongent dans un canal. Bien entendu, les braves Russes se seraient sentis obligés de se jeter à l'eau pour nous sauver. Ça aurait été du plus parfait ridicule ! - Qu'est-ce qu'on fait ? - On fait comme si de rien n'était. Et nous voici très absorbées dans la lecture du plan. Donc, ça ne loupe pas. Ils nous demandent si nous cherchons quelquechose. J'explique que oui, nous sommes un peu perdues, l'histoire du palais. Le chef prend les choses en main, c'est-à-dire le plan. Mais ne vous ai-je pas dit qu'ils avaient bu ? Alors, pour l'orienter, cela prend plusieurs minutes, et que je le tourne et que je le retourne. Et pendant qu'il zyeute le plan, moi je regarde ses papattes. Des mains couvertes de cicatrices récentes, le genre qui a l'habitude de cogner sec. Le mercurochrome et les pansements, c'est pour les femmes ! Puis il a fini par trouver, nous a indiqué le chemin très correctement, nous nous sommes serrés la main, nous avons poursuivi notre route et eux la leur, l'air tout à fait ravis d'avoir fait un brin de conversation avec des Françaises.

Plus récemment, je suis retournée en Russie, non comme simple touriste, mais cette fois avec une invitation officielle. Pourtant, avant mon départ, rebelote. Là, c'est un ami de Papa qui connaît quelqu'un qui connaît... ce qui le rend très savant sur le sujet ! Bref, je n'y pense pas... Plein de skinheads qui vont me frapper... De la folie ! Forte de mon expérience, j'ai donc promis à mon Papa chéri de demander un autographe à tous les skins que je croiserais. Et m'y revoilà. A Saint-Pétersbourg, puis à Novgorod et Moscou, j'ai donc ouvert l'œil, cherché longuement, partout où j'ai pu, mais pas l'ombre du museau d'un skin ! Disparus ! Vous imaginez ma déception !

On peux donc proposer quelques hypothèses scientifiques à propos du mouvement skinhead en Russie :
1. A l'annonce de mon arrivée, ils se sont tous enfuis.
2. Poutinechou les a envoyés prendre l'air à la campagne.
3. Le skin russe est une espèce rare.
Mais Mélusine n'a pas dit son dernier mot : la prochaine fois, je pousserai mon exploration jusqu'à Rostov-sur-le-Don. Non, mais !

Et justement sur le même sujet :
http://fr.rian.ru/analysis/20070518/65686600.html
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 19:41
Le site trilingue MacauHub (http://www.macauhub.com.mo/pt/index.php), basé dans l'ancien comptoir portugais de Macao qui a fait retour à la Chine en décembre 1999, couvre l'actualité économique et politique des pays lusophones d'Europe, Afrique, Asie et Amérique du Sud, et notamment les relations sino-africaines. L'article dont je donne la traduction française ci-après date du 7 mai dernier. A l'heure où l'Iran est menacé de bombardement pour avoir voulu développer une industrie nucléaire civile, d'autres pays se voient fournir cette technologie clef en main... Voilà qui éclaire d'un jour singulier la question de la prolifération nucléaire, un sujet sur lequel je reviendrai prochainement.
*

L'Angola fait ses premiers pas vers le nucléaire

L'Angola va entreprendre de devenir un producteur d'énergie nucléaire, moyen envisagé par les autorités pour augmenter de façon décisive la capacité énergétique du pays, mais déclare exclure le développement d'armes nucléaires.

"Le pays est limité dans sa production d'énergie, alors pourquoi ne pas commencer à penser à des projets qui à l'avenir puissent produire de l'énergie d'origine nucléaire ?" demandait récemment le Ministre des Sciences et de la Technologie, Jean-Baptiste Ngandajina, cité par l'agence Voz da America.

L'Angola est membre de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) depuis 1999 et une loi dite Loi de l'Energie nucléaire en voie de finalisation doit bientôt passer devant le parlement angolais. Une fois celle-ci approuvée, les conditions institutionnelles seront réunies pour que le pays commence à produire de l'énergie nucléaire. Le gouvernement a cependant laissé entendre que la priorité irait d'abord à des projets de recherche et à la formation de cadres.

"La nouvelle loi, a déclaré Ngandajina, définira tout ce qui concerne l'acquisition, le transport, l'emploi et le stockage de matériel radioactif dans le pays. Ce à quoi nous aspirons, c'est le développement scientifique lié au nucléaire. La formation de personnel, le développement de projets qui aident au développement économique et social du pays."

Cependant, dans le secteur de l'énergie angolais, des rumeurs circulent selon lesquelles l'initiative de la loi serait en rapport avec un plan d'installation de centrales nucléaires sur le territoire national qui bénéficie de l'appui de la République populaire de Chine, important partenaire de l'Angola et l'un des plus grands producteurs mondiaux d'énergie nucléaire.

La Chine elle-même s'est dotée d'un plan ambitieux pour augmenter sa production d'énergie électrique à partir des centrales nucléaires, qui prévoit de porter la capacité du pays à 40 millions de kilowatts en 2020, soit plus de 4 fois la capacité actuelle.

Interrogé par les journalistes, Jean-Baptiste Ngandajina a ajouté que des filons de minerai radioactif tel que l'uranium avaient déjà été identifiés dans le pays, mais il s'est refusé à préciser où.

L'année dernière, l'Angola a investi près de 650 millions de dollars dans des projets destinés à garantir la croissance de sa production énergétique, pariant surtout sur le renforcement de la capacité du réseau de distribution et sur la construction de barrages et l'augmentation de leur capacité, ce pour quoi le pays a bénéficié d'aides importantes de la Chine et du Brésil.

Parmi les principaux projets en cours de réalisation se distinguent la centrale hydro-électrique de Capanda, dont la troisième turbine, sur les quatre prévues, a été récemment mise en activité, et celle des Ganjelas, construite par l'entreprise chinoise Sino-hydro Corp, qui doit être livrée courant mai.

Selon Jean-Baptiste Ngandajina, l'orientation de la technologie nucléaire angolaise sera dans un premier temps la recherche et le développement, ainsi que des projets dans le domaine civil, à travers l'Université Agostinho Neto de Luanda. "Un laboratoire a été créé pour l'enseignement de la chaire de Physique nucléaire. Plusieurs étudiants et techniciens du Laboratoire d'analyses du Ministère des Sciences et Technologie y sont déjà inscrits en doctorat. Tout ceci pour que le pays puisse atteindre cet objectif, a dit le ministre angolais.

Jean-Baptiste Ngandajina a notamment mis en relief l'opportunité représentée par cette technologie pour la formation et la spécialisation des médecins du Centre national d'Oncologie, et pour des recherches dans le domaine des maladies animales, de la lutte contre la malaria et d'autres pathologies.

A l'heure actuelle, l'Angola poursuit aussi des travaux pour le contrôle de la pollution maritime liée à la production de pétrole et participe aux programmes de l'AIEA pour le continent africain.
Cf. http://www.macauhub.com.mo/pt/news.php?ID=3289

*
On sait par ailleurs que le programme de coopération de l'Union européenne pour les années 2008-2013 prévoit d'accorder 200 millions d'euros à l'Angola. Le représentant de l'UE sur place, le portugais João Gabriel Ferreira, s'est cependant refusé à préciser quels seront les domaines prioritaires auxquels l'Union européenne destine sa subvention... Il apparaît cependant qu'il s'agit de plus en plus d'investissements "de développement" et non plus d'aide à la reconstruction dans un pays qui, de 1975 à 2002, a connu la guerre civile. De là à penser qu'une partie au moins servira à financer le nucléaire, il n'y a qu'un pas.

Depuis 20 ans, l'Union européenne a versé à l'Angola 480 millions d'euros au titre de la coopération bilatérale dont 180 millions ces cinq dernières années. Aux crédits de coopération et aux projets financés directement par la Commission européenne, il faut ajouter les sommes accordées par Bruxelles dans le cadre de sa coopération avec des organismes régionaux tels que la Communauté de développement de l'Afrique Australe (SADC) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) dont il est plus difficile d'évaluer quelle part exacte est revenue à l'Angola.

Voir aussi, sur l'affaire des ventes d'armes à l'Angola :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_ventes_d%27armes_en_Angola
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 19:36
Le site de la chaîne d'information Al Jazeera propose aussi quelques jolies photos, comme celle-ci prise à Shekh Fathe près d'Amritsar (Inde du Nord, province du Penjab).

Un fermier (sikh, je suppose) dans son champ de tournesols

http://english.aljazeera.net/NR/exeres/55ABE840-AC30-41D2-BDC9-06BBE2A36665.htm
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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 00:01
On se souvient des centaines de milliers de bombes à fragmentation déversées sur le Liban. Elles minent désormais le pays au sens très littéral du terme puisqu'elles ont produit un million de mines anti-personnelles qui mutilent et tuent quotidiennement. Voir sur le sujet :
http://geopolis.over-blog.net/article-4669015.html
http://geopolis.over-blog.net/article-4014891.html
http://geopolis.over-blog.net/article-3960135.html
http://geopolis.over-blog.net/article-3687844.html

Que faire ? Bert de Belder, coordinateur de l'association belge "Médecine pour le Tiers-Monde", qui fait partie du réseau alter-mondialiste INTAL (International Action for Liberation, http://www.intal.be) fait, dans l'article qui suit, une proposition digne d'intérêt : appliquer le principe écologiste du pollueur-payeur aux auteurs de bombardements par des armes de ce type. Le ministre belge de la Défense, André Flahaut, s'y est montré favorable. L'armée belge, dont plusieurs équipes de démineurs s'activent à dépolluer le territoire libanais, est en effet bien placée pour mesurer toutes les difficultés d'une opération qui, faute de moyens, sera de très longue durée.

  • Bombes à fragmentation au Liban : Flahaut veut mettre en avant l'idée du 'pollueur-payeur' par Bert De Belder, le 27 avril 2007
  • La pétition pour faire payer à Israel le nettoyage des bombes à fragmentation au Sud Liban a donné des premiers résultats. Le vendredi 13 avril, une délégation des signataires a remis 3415 signatures au ministre de la Défense Flahaut. Le ministre a consacré une heure à un échange d'idées avec les activistes et s'est montré très intéressé par le concept du "pollueur-payeur".
  • Une cinquantaine d'activistes ont rencontré le ministre belge de la Défense, en cet après-midi ensoleillé. Entre-temps, en compagnie de ses deux chefs de cabinet (le civil, Jean-Arthur Regibeau, et le militaire, le général Pedro Buyse), le ministre André Flahaut a reçu une délégation à son cabinet, avec Michel Van Hoorne (LEF), Monked Mroue(Secours populaire libanais), Zoé Genot (membre du parlement fédéral pour Ecolo), le docteur Jan Cools (Médecine pour le Tiers Monde), Bert De Belder (Intal, Médecine pour le Tiers Monde), Temer Salim (Association pour un Liban laïque) et Julie Fiszman (membre du parlement bruxellois pour le PS).
  • Le ministre Flahaut a décrit en détail la mission des militaires belges au Sud Liban. Il a souligné que la Belgique prend en charge ce type de mission de préférence dans le cadre des Nations Unies et y ajoute toujours volontiers une composante humanitaire. Ainsi, l'hôpital de campagne de l'armée belge au Sud Liban est à disposition, non seulement des forces armées internationales, mais aussi de la population locale.
  • Le ministre a ensuite parlé du travail de déminage accompli par les militaires belges. Il a confirmé qu'Israël avait profité des dernières nuits avant le cessez-le-feu pour lâcher sur le Sud Liban un véritable tapis de bombes à fragmentation, ce qu'il a comparé au "nettoyage du terrain" fait par les Américains au Laos et au Cambodge durant la guerre du Vietnam.
  • Flahaut a rappelé aussi la récente loi belge interdisant les bombes à fragmentation. Il a qualifié ces armes d'"armes des lâches et des traîtres", fabriquées avec une "ingéniosité humaine débordante", notamment parce que ces bombes ont souvent l'aspect de balles colorées, qui attirent l'attention des enfants. Le ministre a critiqué Israël, qui, s'il a reconnu avoir lâché des bombes à fragmentation, n'a pas remis aux démineurs toutes les cartes nécessaires, ni même les bonnes cartes pour les zones minées.
  • Il est clair que le travail de déminage prendra encore des années. Une tâche énorme, largement supérieure aux possibilités des démineurs belges. Le ministre Flahaut a expliqué que le deuxième contingent de militaires belges actuellement sur le terrain se limitera au nettoyage des terrains où des travaux de reconstruction sont prévus. Il reste la question de ces milliers de paysans pauvres dont les champs sont truffés de mines.
  • Le docteur Jan Cools, qui a participé fin février à une mission d'observation de Médecine pour le Tiers Monde (M3M) au Liban, a remis au ministre Flahaut la pétition avec 3415 signatures. Il a raconté leur visite aux victimes libanaises et palestiniennes des bombes à fragmentation, ainsi qu'aux militaires belges. Le docteur Cools a rappelé aussi les coûts cachés, et à longue durée, de ces bombes : les nombreux handicapés qui ont besoin d'une revalidation et de soins pour le reste de leur vie. Monked Mroue, un autre participant de la mission au Liban de M3M, a remis au ministre une liste des 223 victimes (dont 23 morts) que les bombes à fragmentation ont déjà faites. Au nom du peuple libanais, il a remercié le ministre pour le travail de déminage fait par les militaires belges.
  • Le ministre Flahaut a confirmé qu'une évaluation approfondie du coût du déminage est nécessaire. Le général Pedro Buyse, chef de cabinet militaire de Flahaut, n'a pu dans un premier temps donner des chiffres, mais le ministre lui-même a alors cité le chiffre de 10 millions d'euros pour quatre mois. Et ceci, uniquement pour les militaires belges. "Une grande partie devra être remboursée pour l'ONU", a précisé Jean-Arthur Regibeau, le chef de cabinet civil. Mais là aussi, les choses ne semblent pas tout à fait claires.
  • Nous avons alors demandé au ministre de s'exprimer sur les exigences de la pétition. "Le concept du pollueur-payeur est certainement une bonne façon de procéder" estime Flahaut. "Si on dit (à Israël) : vous devez payer la facture, alors les gens le comprennent."
  • Le ministre ne s'est pas exprimé sur les autres exigences de la pétition, à savoir un embargo sur le commerce d'armes avec Israël et l'arrêt de toute coopération militaire, que ce soit ou non dans le cadre de l'Otan. Michel Van Hoorne a demandé au ministre si le principe du droit international de paiement de compensations ne pouvait être d'application ici. Mais selon Flahaut, cela demanderait trop de temps : "Il vaut mieux être pragmatique et exercer une pression via des rapports de force que de se lancer dans de grandes procédures pour arriver à une condamnation internationale d'Israël". S'en prendre à Israël de cette manière se heurterait à une forte résistance, a ajouté le ministre.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=BEL20070427&articleId=5509
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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 20:07
Je serai brève !

Il nous vient des Pays-Bas. Voir ici :
http://avenirdufutur.hautetfort.com/archive/2007/04/03/vote-electronique.html
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 20:49
Selon le quotidien El Pais, les services de sécurité espagnols ont récemment prévenu leur gouvernement du risque accru d'attentats en France et en Espagne depuis que l'ancien GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) s'est affilié à la nébuleuse Al-Qaïda et s'est rebaptisé "Al-Qaïda Maghreb" : "Cette organisation dispose d'un réseau de militants sur le territoire espagnol, où ils sont de plus en plus actifs et de plus en plus dangereux" (El Pais, 22 avril 2007). Le journal ajoute que "la France et l'Espagne sont les deux pays les plus menacés et les plus pénétrés par ce groupe" dont le regain d'activité s'est déjà traduit par plusieurs attentats en Afrique du Nord (le dernier en date à Alger, le 11 avril dernier, a fait 33 morts et 200 blessés).

La radio espagnole Cadena Ser, se fondant sur les conclusions d'un rapport des services secrets, précisait le 23 avril que le réseau terroriste pourrait être tenté de passer à l'action en France avant le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 6 mai. En janvier 2007, Abdel Kader Droukdel, alias Abou Moussab Abdelouadoud, chef de l'ex-GSPC, proférait déjà des menaces directes à l'encontre de la France et invitait les Algériens à s'en prendre aux Français...

Voici l'animal ! (à droite)

On se souvient que le terrorisme algérien est responsable des deux séries d'attentats qui avaient ensanglanté Paris en septembre 1986 (culminant avec celui perpétré rue de Rennes devant le magasin Tati) et en juillet et octobre 1995 (dans les stations du RER Saint-Michel et Orsay). D'où l'idée saugrenue d'une note "donnant la conduite à tenir en cas d'alerte à la bombe" qui a germé un beau matin de juin 1999 au sein d'un grand établissement public français. Je vous la livre tel quel et je peux vous garantir que l'exemplaire qu'on m'en a remis il y a quelques jours est parfaitement authentique...

*****
Alerte à la bombe

...La sécurité n'incombe pas seulement aux forces de l'ordre, elle est également l'affaire de tous. Mais loin de céder à la psychose, chacun d'entre nous doit se sentir pleinement investi d'une responsabilité personnelle pour répondre à cette menace.

Gardons en mémoire que la menace la plus grave ne fera jamais l'objet d'un avertissement préalable car pour les réseaux terroristes les plus durs, le but étant d'obtenir le résultat le plus calamiteux, mieux vaut que personne n'en sache rien avant.

Si la menace s'exprime, elle relève soit d'une possibilité réelle, soit d'une origine trouvant ses sources dans la débilité de son auteur : la difficulté étant de faire la différence.

Dans le cas d'une alerte à la bombe, l'appelant cherchera à toucher un décideur, un responsable pour exercer sur lui le chantage ou l'action psychologique choisie ; dans le second cas, le coup de téléphone sera très bref, passé "à n'importe qui" avec son auteur en position de spectateur curieux des conséquences.

Le rôle de celui qui va recevoir le coup de téléphone est donc fondamental à double titre :

1. C'est lui qui va permettre, de par son jeu, de soutirer le maximum d'informations sur l'appartenance probable de l'auteur au groupe des possibles ou au groupe des fantaisistes, pour tenter de localiser l'engin explosif et de déterminer sa nature, son volume, son emplacement, etc...

2. ...saisir aussitôt le Service de la Sûreté, au poste n° ..., pour traitement de l'affaire.

3. ...prévenir aussitôt M. ... ou, en cas d'empêchement de ce dernier, M. ..., responsable de la Sûreté, à charge pour ces derniers de prendre toutes les mesures qui s'imposeront et de prévenir les responsables du Service de la Sûreté...

Comment jouer ce rôle efficacement :

1. Suivant le type de l'appareil téléphonique, identifier l'origine de l'appel : interne ou externe.

2. Prendre des notes écrites au fur et à mesure et susciter si possible l'écoute d'un collègue ou l'enregistrement de la communication.

3. Apprécier le sexe de l'appelant, son niveau d'âge, son niveau social, noter l'accent d'origine (attention aux simulations), est-il seul ou en compagnie d'autres personnes ?

4. Noter tout autre signe utilisable : musique, bruit de fond, le lieu d'appel peut-il être défini : gare, cabine, magasin, aéroport.

5. Faire parler l'intéressé le plus longtemps possible. S'il ne répond pas, possibilité de message enregistré, s'il répond, recherche d'appartenance à une entité nationale ou ethnique et de comportement psychologique (psychopathes de tous genres) ou idéologique (appartenance à une mouvance terroriste).

6. Demander tous les détails possibles sur le lieu d'implantation de la bombe, ses caractéristiques techniques : poids, explosif, moment de l'explosion, le moyen de son entrée sur le site. Cela permet de faire hésiter l'appelant qui, pour la plupart de temps, reste une menace générale en fait non réalisée (opération bluff). (sic)

7. Interroger l'appelant sur lui-même : qui est-il, est-il marié, a-t-il des enfants, etc... Des fiches établies, archivées, permettront des comparaisons, dons (sic) d'établir ou non des liens de similitudes avec les différents appels dans le temps. Les notions de jours et d'heures sont significatives du type de l'appelant.

Dès la fin de l'appel, le Service de la Sûreté, en la personne du plus haut responsable sur place, sera obligatoirement saisi.

Décision d'évacuation :

Celui-ci informera le Directeur ... ou le Directeur de permanence en lui donnant sa position motivée en aide à la décision à prendre...

Si l'alerte est jugée sérieuse, voire plausible, il pourra être décidé d'évacuer les lieux. Dans ce cas, il conviendra :
- d'interdire toute nouvelle entrée, autre que de service,
- de fouiller les lieux après évacuation totale,
- de baliser les accès et itinéraires d'intervention éventuels...

*****

Application. Imaginons la situation. Vous vous appelez Zéphyrin Zébulon, fonctionnaire zélé. Le téléphone sonne...

Mohamed Bîn-Bîn, terroriste : P'tain, tu décroches ?
ZZ : Ministère de..., j'écoute.
MBB : Ouaih ! Au nom du groupe Allalah des excités du Jihad...
ZZ : Bonjour, Monsieur le terroriste.
MBB : ...j'revendique l'attentat...
ZZ : Certainement. Puis-je vous demander votre sexe ?
MBB : Quoi ? Qu'est-ce tu m'causes de sexe, toi, hé, bâtard !
ZZ : Euh... Au son de votre voix, je déduis que vous êtes de sexe masculin. Je le note.
MBB : Ouaih ! J'te revendique l'attentat là !
ZZ : Et, vous êtes marié ?
MBB : ???!!!
Bip, bip, bip...
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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 21:46
Umaru Yar'Adua

Afrique de l'Ouest. Les élections du week-end dernier au Nigéria ont été remportées par un nouveau venu sur la scène politique du pays. Umaru Yar'Adua est l'homme de paille du président sortant, Olusegun Obasanjo, qui a trouvé ce moyen astucieux de se maintenir aux commandes tout en faisant mine de concéder des élections démocratiques. Membre du PDP (Peoples Democratic Party), le parti au pouvoir, gouverneur de la province islamisée de Katsina depuis 1999, Umaru est le frère de l'ancien général Shehu Yar'Adua, devenu milliardaire, un proche d'Obasanjo.

Le Nigéria, pays le plus peuplé d'Afrique avec environ 134 millions d'habitants (1/5e de la population du continent), en est aussi le premier producteur de pétrole, devant l'Algérie, et fait à ce titre partie de l'OPEP. Il dispose en outre d'importantes réserves de gaz, fer, zinc, charbon. Tout pour être riche. Néanmoins, la corruption des milieux dirigeants aidant, il passe pour le seul pays au monde qui, tout en possédant d'importantes ressources pétrolières, présente un déficit budgétaire. Le degré de corruption atteint en effet des records. D'après l'économiste américain Joseph Eugène Stiglitz, l’inefficience économique a causé la fuite de cent milliards de dollars, investis à l'étranger plutôt qu'à l'intérieur du pays. La plus grande partie de la population nigériane ne reçoit donc du pétrole que les effluves délétères.

Ci-après, un article d'Elisa Drago sur le déroulement des élections nigérianes, trouvé sur RFI. On a connu les observateurs internationaux plus virulents...
  • Umaru Yar’Adua proclamé vainqueur
  • Umaru Yar’Adua est le nouveau président de la République, a annoncé lundi 23 avril la Commission électorale nationale (INEC), à Abuja. Candidat du parti au pouvoir (PDP), Umaru Yar’Adua a obtenu 24,6 millions de voix, contre 6,6 millions suffrages pour son principal opposant le général Muhammadu Buhari du Parti de tout le peuple du Nigeria (ANPP). Le vice-président Atiku Abubakar, candidat de l'Action Congress (AC), arrive en troisième place avec 2,6 millions de voix. Les deux principaux partis d’opposition ont rejeté les résultats officiels. Les observateurs nationaux et internationaux mettent en cause la crédibilité du scrutin, qualifié de "pire scrutin" de l’histoire du pays par l’opposition.
  • Umaru Yar’Adua, 56 ans, gouverneur de l’Etat musulman de Katsina (nord), pratiquement inconnu il y a encore quelques mois, remporte haut la main l’élection présidentielle du 21 avril. Elu pour un mandat de quatre ans, Umaru Yar’Adua succède ainsi au président Olesegun Obasanjo qui, après huit ans à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique, se trouvait dans l’incapacité constitutionnelle de briguer un troisième mandat.
  • Les deux principaux candidats de l’opposition ont contesté la victoire de Umaru Yar’Adua. "La Commission nationale électorale (Inec) a annoncé à la face du monde les résultats les plus grossièrement truqués de l'histoire du Nigeria, surpassant même les fraudes massives de 2003", a déclaré Muhammadu Buhari, arrivé deuxième selon les résultats officiels. Atiku Abubakar, troisième selon ces mêmes résultats, a demandé l’annulation du scrutin et estimé que cette élection est la "pire" de l’histoire du pays.
  • Même l’actuel président du Sénat, Ken Nnamani, troisième personnage de l’Etat, n’a pas épargné les critiques. Il estime que l'image du Nigeria ressort ternie et que les abus électoraux constatés à grande échelle laisseront un héritage de haine et provoqueront une crise de légitimité pour le vainqueur. Le 20 avril, à la veille du scrutin présidentiel, devant une délégation d'observateurs étrangers dirigée par l'ancienne secrétaire d'Etat Madeleine Albright, Ken Nnamani n’avait pas hésité à affirmer que le parti au pouvoir (PDP), son parti, avait truqué ce scrutin avec l'aide de la police, de l'armée et de la Commission électorale nationale (INEC).
  • Les élections des 14 et 21 avril (régionales, législatives et présidentielle) au Nigeria "ne peuvent être considérées comme crédibles" et "sont loin des critères démocratiques internationaux de base", a déclaré lundi à Abuja le chef de la mission d'observation de l'Union Européenne, Max Van den Berg. Il dénonce notamment une "piètre organisation, le manque d'une élémentaire transparence, des preuves évidentes de fraude, particulièrement durant le processus de collecte et de compilation des résultats, l'impossibilité pour beaucoup d'électeurs de voter". L’UE estime que "l'usage continuel de voyous par un certain nombre de partis politiques a créé un degré significatif de peur et d'intimidation". D’autre part, l’UE évalue à au moins 200 le nombre de tués dans les violences électorales. Selon des chiffres officiels nigérians, le bilan s'élève à 39 morts au moins.
  • Un "pas en arrière" et une "menace" pour la démocratie
  • Pour sa part, la Maison Blanche s’est déclarée "profondément troublée" par les affrontements mortels et les soupçons d’irrégularités. Les observateurs privés américains de l'Institut international républicain (IRI) estiment que, en terme de logistique, le scrutin est "en dessous des normes fixées par les précédentes élections" présidentielles de 1999 et 2003. Les élections du 14 et du 21 avril représentent "un pas en arrière" qui "menace d’entamer la confiance des Nigérians dans les institutions démocratiques de leur pays", a pour sa part déclaré ce lundi à Abuja l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Madeleine Albright, représentante d’une organisation américaine, le National democratic institute (NDI) qui a déployé 61 observateurs au Nigeria pour les élections de samedi. Madelein Albright a indiqué que son organisation n’appelle pas à de nouvelles élections mais que les autorités ont "cinq semaines" pour "rectifier le tir" en traitant le mieux possible les plaintes des électeurs.
  • Les 17 observateurs du Commonwealth ont également fait état d'"imperfections significatives", soulignant notamment l'heure tardive d'ouverture de nombreux bureaux et le manque de confidentialité du vote.
  • Le scrutin n'a été "ni libre ni équitable", a déclaré Abdel Fatau Musa, chef de la mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), dont  200 membres ont suivi le scrutin. Ce responsable recommande une réforme urgente du processus électoral au Nigeria, pour éliminer les imperfections observées et favoriser en particulier le renforcement de l'indépendance de la Commission électorale.
  • "Il n'y a pas eu d'élections crédibles", selon le principal groupe d’observateurs nigérians, le Transition Monitoring Group (TMG), qui avait déployé 10 000 personnes dans les bureaux de vote à travers le pays. Dénonçant une "mascarade" organisée par le gouvernement, ce groupe d'observateurs nationaux appelle à l'annulation des scrutins.
  • Face à l'ampleur des irrégularités, certains observateurs s'interrogent sur la légitimité du futur pouvoir, avec un président, dauphin choisi par Olesegun Obasanjo, et accusé par ses détracteurs d’être une "marionnette" aux mains du chef de l’Etat sortant qui doit quitter officiellement le pouvoir le 29 mai.
  • Alors que les observateurs mettent en cause la crédibilité du scrutin, le président Obasanjo admet des dysfonctionnements d'ordre logistique, des violences, des vols d'urnes et la fraude. "On ne peut pas dire que nos élections puissent être qualifiées de parfaites", a-t-il déclaré dans une allocution surprise à la nation. Le président Obasanjo considère que le processus démocratique sort renforcé et a invité les partis qui contestent les résultats à utiliser les voies légales pour régler leurs litiges. "Après tout, dans quatre ans, il y aura une autre occasion qui, je l'espère, sera sans manipulations de bulletins ou d'urnes", a-t-il déclaré.
http://www.rfi.fr/actufr/articles/088/article_51259.asp
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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 17:24
La suite tout à l'heure. (Mélusine va d'abord faire un tour au marché pour ramener des plantes vertes. Très important les plantes vertes !)...

Me revoici ! (Non, je n'ai pas acheté de palmiers...)

En mars dernier, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture du gouvernement sortant, signait avec le cheik Sultan bin Tannoun, ministre du tourisme de l'Emirat d'Abou Dhabi, un accord au terme duquel la France s'engage à fournir en œuvres d'art le futur musée d'art occidental qui doit s'élever en 2012-2013 sur l'île de Saadiyat (l'île du Bonheur en arabe), au large d'Abou Dhabi. L'Emirat s'est en effet lancé dans la construction d'un gigantesque complexe touristique de 30 hôtels de luxe, 8.000 villas, 3 marinas, 2 golfs et autres équipements culturels et sportifs sur 24.000 m2 pour un montant global de 27 milliards de dollars. Le tout est destiné à devenir d'ici 2018 une des principales destinations du tourisme mondial et à se substituer au pétrole, dont les réserves locales sont en voie d'épuisement, comme source de revenus pour les émirs.

Alors que le Musée du Prado à Madrid, le premier sollicité, avait décliné l'invitation, le Musée du Louvre est donc prié de s'exécuter et de fournir 300 de ses œuvres pour un prêt de longue durée (le contrat est signé pour 20 ans renouvelables et une rotation des œuvres prêtées est prévue). Bien entendu, le ministère est démocratiquement passé outre l'avis négatif des conservateurs des musées français et de toutes les personnes qui aiment l'Art en France (près de 5.000 personnes ont déjà signé la pétition) - mais vous répondra-t-on, c'est bien connu, les conservateurs sont aussi poussiéreux que les œuvres ! En outre, malgré leur opposition catégorique à ce projet marchand, ceux-ci vont devoir toutes affaires cessantes, fournir bon an mal an quatre expositions clefs en main à l'émirat pour animer ce centre touristique... Bien entendu aussi, l'avis des Français compte pour des prunes.

En toute simplicité, le nouveau musée se nommera Louvre, puisque le nom, devenu marque déposée, a été vendu pour 400 millions d'euros à l'Emirat. Pour atteindre le but que celui-ci s'est fixé, c'est à dire faire du district culturel de l'Ile de Saadiyat le plus important ensemble muséal au monde, 300 œuvres ne suffisent pas. Pour alimenter le "Louvre" d'Abou Dhabi, le Musée d'Orsay et le château de Versailles sont déjà pressentis. Mais la liste n'est pas close et la Bibliothèque nationale de France vient tout juste d'être sollicitée à son tour, que dis-je, sommée de prélever dans ses collections de quoi satisfaire l'apétit de l'ogre... Pour ce faire, un conseil d'administration extraordinaire et néanmoins fort discret a été convoqué précipitamment le vendredi 20 avril, soit deux jours avant la présidentielle. Pourquoi tant de hâte ? Y aurait-il quelque contrat d'armement en jeu ? De substantiels bakchichs ? Est-ce pour camoufler le déficit vertigineux des finances publiques ? Ou faire oublier le retard de livraison des Airbus A380 commandés par l'émirat ? En tous cas un avant goût de l'application brutale qui sera désormais faite de l'idéologie ultra-libérale selon laquelle tout se vend, tout s'achète.
  • "Le président de la République a toujours eu une relation proche avec les dirigeants des émirats, explique-t-on dans l'entourage de Jacques Chirac. Depuis longtemps, la France a des liens particuliers avec Abou Dhabi dans le domaine de la défense, des échanges économiques au sens large, mais aussi dans les domaines universitaires et culturels. Le président français soutient donc ce projet depuis ses origines."
  • Autant dire qu'au printemps 2005 lorsque le cheikh Tahnoon al-Nayan, frère du prince héritier et responsable de l'autorité du tourisme d'Abou Dhabi, vient en visite à Paris pour ouvrir une négociation sur la création d'un musée français, la cause émirienne est déjà acquise au Quai d'Orsay comme au ministère de la Culture. Le projet a même son promoteur : le Français Yazid Sabeg, PDG de Communication et Systèmes (ex-Compagnie des signaux). Pilier de l'Institut Montaigne, cercle de réflexion créé par Claude Bébéar, et grand militant de la discrimination positive, il est très proche des milieux d'affaires émiriens et des émirs eux-mêmes. C'est lui qui dès le début convainc les autorités d'Abou Dhabi, en quête d'un grand projet culturel, de se tourner vers la France... et surtout vers le Louvre.
  • En ce printemps 2005, Paris accueille "très chaleureusement" la proposition. Et déroule le tapis rouge aux Emiriens. Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, se montre  "extrêmement ouvert". "Il était prêt à céder sur tout, sans s'interroger sur les limites de l'engagement des musées français", se souvient un négociateur. (Nathalie Bensahel pour Libération, 5 octobre 2006)
Cependant, au contraire de ce que feint de croire le ministre français, l'ambition d'Abou Dhabi n'est pas de faire un petit Louvre, mais de faire plus grand que le Louvre, en sorte que l'émirat puisse disputer à la France la place de première destination du tourisme mondial... Il suffit de jeter un coup d'œil à la maquette du projet pour se rendre compte que les émirs voient grand.

Le Louvre
(projet de Jean Nouvel pour le musée sur l'eau de l'île de Saadiyat)

L'intérieur sera éclairé par des moucharabiehs percés dans la voûte...

Pendant ce temps, du côté d'Abou Dhabi, les travaux dudit Louvre, sur un projet de l'architecte Jean Nouvel, ont débuté. Les ouvriers Indiens, Pakistanais et Philippins réquisitionnés sur le chantier sont payés 125 euros par mois pour 6 jours ouvrés par semaine, sous des températures qui avoisinnent les 50°C - un vrai plaisir ! - et les droits de l'homme et du travail étant bien sûr scrupuleusement respectés, on ne comprend vraiment pas pourquoi autant se suicident...

Pour signer la pétition :
http://www.latribunedelart.com/Editoriaux/Editorial_Petition_505.htm

Rappelons enfin que pour s'être élevés publiquement contre le projet, Michel Laclotte, ancien directeur du Louvre, et Françoise Cachin, ancienne directrice des Musées de France, tous deux historiens de l'Art réputés, ont été virés du Conseil artistique des Musées nationaux. "J’ai reçu la nouvelle la veille au soir, alors que je m’apprêtais à participer à la réunion mensuelle le matin à 9h30, indique Françoise Cachin. Ce n’est pas la seule mesure : j’ai travaillé dix ans à la mise en place du Centre Pompidou. Je me faisais une joie d’en fêter le trentième anniversaire. Jean Clair, avec qui j’ai cosigné le texte contre Abou Dhabi, et moi avons été rayés des listes d’invitation". Muflerie ministérielle. Mais nous sommes en démocratie, n'est-ce pas ? Alors nous voilà rassurés !
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Published by Mélusine - dans Golfe persique
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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 01:54
Nous n'en avons pas tout à fait fini avec le pervers narcissique. Voici quelques remarques supplémentaires pour compléter le tableau clinique.

Genèse de la maladie
  • Souvent, le pervers narcissique est quelqu'un qui n'a jamais été reconnu dans sa personnalité propre, qui a été victime d’investissement narcissique important de la part de ses parents et qui a été obligé de se construire un jeu de personnalités factices pour se donner l'illusion d'exister et être conforme à l’image narcissique voulue par les parents, en l'occurrence la mère.
  • Il a pu subir aussi, durant son enfance des blessures narcissiques plus ou moins importantes. Ces blessures le pousseront à satisfaire sans cesse un énorme désir de reconnaissance ou de revanche - en l'occurence sur le père. Il a alors un besoin énorme d'être aimé, reconnu, surévalué, surestimé par rapport à ce qu'il est réellement.
  • Il peut être l’enfant surprotégé, chouchouté, le petit dernier (à l’exemple du jeune Abdallâh, des albums de Tintin), statut dont il profite à fond... Ou simplement un de ces enfants gâtés, à qui ont n’a pas appris à résister à leurs désirs et leurs frustrations.
  • De fait, le pervers narcissique est sans cesse amer, frustré et accuse systématiquement les autres. A la moindre blessure narcissique, à la moindre frustration il bascule dans la haine et passe à l’acte.
Ruses, stratégies et tactiques du pervers narcissique
  • Le pervers narcissique cherche constamment à rehausser l’image qu’il a de lui-même. Il lui est pour cela nécessaire de trouver un être - ou beaucoup ! - qui l'admire et lui renvoie de lui-même une image prestigieuse. Mais, refusant d'admettre ce besoin de se sentir perpétuellement valorisé, il dénie l'attachement à son faire-valoir que pareil besoin induit, faire-valoir qu'il n'aura de cesse de détruire.
  • Séduction : Contrairement au pervers de caractère, qui irrite son entourage par ses revendications et nie radicalement l’autre, le pervers narcissique, lui, réussit à créer un élan positif envers lui. Comme toute personne manipulatrice, il sait se rendre aimable.
  • Il change de masque suivant les besoins, tantôt séducteur paré de toutes les qualités, tantôt victime faible et innocente. Il a un souci scrupuleux des apparences, donnant le plus souvent l’image, valorisante pour son ego, d’une personne parfaite, image qui cache son absence d’émotion, d’amour, de sincérité et d’intérêt pour tout ce qui n’est pas lui. Il ne s'intéresse pas à la réalité, tout est pour lui jeu d'apparences et de manipulation de l'autre. Il excelle à susciter, amplifier et faire alterner chez l'autre regrets et peurs.
  • Dissimulation : Le pervers agit à l’abri des regards. Les maltraitances sont rarement sous le feu des projecteurs, mais plutôt perpétrées dans le secret des alcôves. Les pervers sont les professionnels de la double vie et de la double personnalité.
  • Mimétisme : Ce sont de véritables caméléons, aptes à mimer les attitudes et les paroles de leur interlocuteur pour susciter chez lui l'illusion d'un accord parfait, d'une entente exceptionnelle qui ne cesse de s'approfondir.
  • S'attribuer les qualités d'un autre
  • Diviser pour régner : Par prudence, il divisera et cloisonnera ses relations, afin qu’on ne puisse pas recouper ses mensonges ou que ses victimes ne risquent pas de se s'allier contre lui. Sa technique, dans ce domaine, finit par être magistrale.
  • Calomnier et insulter
  • Se valoriser sans cesse et dévaloriser l’autre : Les narcisses cherchent à évoluer sous les feux de la rampe, à choisir des situations où d'autres pourront les admirer. Ils veulent capter l'attention de leurs semblables qu'ils considèrent, par ailleurs, comme de simples faire-valoir, victimes potentielles qu’ils n'hésiteront pas à critiquer en public, souvent insidieusement.
  • Mentir : Il entretient une confusion permanente entre la vérité et le mensonge.
  • L’induction : La grande force du pervers narcissique est l'art de l'induction. Il s'applique à provoquer chez l'autre des sentiments, des réactions, des actes, ou, au contraire, à les inhiber. Il fonctionne en quelque sorte comme un magicien maléfique, un hypnotiseur abusif, utilisant successivement injonctions et séduction.
  • Prendre le pouvoir : Il utilise son pouvoir de séduction, ses talents de comédien, son apparence de sérieux, toutes les facettes de ses " personnalités " pour s'imposer.
  • Inhiber la pensée critique de ses victimes
  • Contradictions et pirouettes : Un jour, relâchant sa vigilance, content et fier de son coup, le pervers narcissique pourra même se vanter auprès de tiers auxquels il prête ses propres pensées, de son succès : l'autre l'avait bien mérité, puisqu’il " n'avait qu'à ne pas être si bête et si naïf ".
  • Mais même quand les contradictions de son comportement éclatent, semant alors le doute sur sa personnalité, ses intentions ou sa sincérité, il parvient le plus souvent à rattraper ses erreurs et à restaurer la belle image de lui-même qu'il a laissée se fissurer par manque de prudence. Il affirmera alors, par exemple, qu’il a plaisanté et qu’il ne cherchait qu’à tester son interlocuteur.
  • La plupart du temps, on lui pardonnera malgré tout, parce qu’il a toujours une explication pour justifier un comportement soudain contradictoire. L’erreur " désastreuse " sera mise sur le compte d’une faiblesse momentanée, d'une fatigue, d’un surmenage, d’une maladie. Finalement, on se dira que toute personne " parfaite " est faillible.
  • Le pervers narcissique aime la controverse. Il est capable de soutenir un point de vue un jour et de défendre les idées inverses le lendemain. (d'après Hirigoyen)
  • Se poser lui-même en victime  : Voir l'affaire Clearstream.
Traitement
  • Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes. En général, on ne les considère pas comme complètement fous, car ils sont capables de maîtriser et de calculer leurs actes. Ils ne sont pas irresponsables en particulier sur le plan pénal. Toutefois la question n’est pas tranchée.
  • Le problème, c'est que le pervers narcissique refusant de considérer qu'il a un problème, les thérapies n'ont pas de prise sur lui.
  • Pour la plupart des témoins de leur comportement étrange, il est très difficile de comprendre les pervers narcissiques car la littérature psychiatrique ne décrit, le plus souvent, que les mécanismes mais pas leurs motivations profondes (ce qui les fait s'enfermer systématiquement dans le mensonge, ou sans cesse rebondir d’un mensonge à l’autre).
  • Le pervers narcissique peut-il remédier à son " vide ", à son absence d’intérêt pour les autres, cesser de projetter vers les autres une personnalité qui n’est pas la sienne?
  • En réalité, il est extrêmement rare qu’il change ou veuille changer d’attitude ou de valeurs morales. Car les gains que lui ont valu cette attitude sont souvent très importants et très gratifiants pour lui (admiration, célébrité, pouvoir…). On ne pourra pas changer un pervers narcissique par un " discours rationnel " car la quête perpétuelle de pouvoir est un moteur puissant et une source intarissable de plaisir, une véritable drogue dure.
  • Pour qu’il puisse changer, il faudrait qu’il subisse des chocs violents et des épreuves très importantes, susceptibles, par exemple, de déstabiliser la très haute conception qu'il a de lui-même, et surtout le convaincre qu'à la longue l'efficacité de ses mensonges et de ses tactiques s'est émoussée. C’est seulement ainsi qu’on pourrait espérer le voir, peut-être, un jour (?), évoluer favorablement. A vrai dire cela n’arrive presque jamais.
Parano ?
  • Nous sommes tous susceptibles d'être un peu "paranos" (au sens commun). Ceci nous permet de ne pas être complètement perméables aux opinions d'autrui, de construire notre propre personnalité, éventuellement de tenir tête et de développer une pensée originale. Mais nous gardons une capacité à modifier et à réviser notre jugement en fonction des apports des autres, de notre milieu ; en quelque sorte une capacité à transiger et à faire des compromis avec l'extérieur. Mais, au sens premier, la paranoïa est une maladie mentale chronique du groupe des psychoses.
  • La tendance actuelle dans les études de psychiatrie est de considérer qu'il existe un continuum allant de la normalité jusqu'aux formes graves de paranoïa, en passant par la personnalité paranoïaque. L'être humain normal peut, à certains moment, présenter de manière isolée de tels symptômes, qu'on pourra alors comprendre comme des défenses réactionnelles. Chez certaines personnes cependant, les traits de personnalité paranoïaque se rigidifient, s'installent de manière chronique. On parle de "trouble de la personnalité paranoïaque". Si un état délirant s'installe, il s'agit alors de paranoïa.
  • Le trouble de la personnalité paranoïaque constitue une forme a minima et un fond de développement de la paranoïa. On y trouve donc les formes atténuées des symptômes de celle-ci : hypertrophie du moi avec surestimation de soi, notamment. Peu affectif, le paranoïaque se veut rationnel. Toutefois, la fausseté du jugement est présente : absence d'autocritique, raisonnement se voulant logique mais s'appuyant sur des a priori partiaux, sortis de leur contexte global. On parle également de psychorigidité ou pensée psychorigide : le paranoïaque n'accepte aucun argument extérieur, qu'il soit positif ou négatif.
  • La paranoïa elle-même est une sorte de délire, mais un délire organisé, dans lequel le sujet a constamment l'impression d'être trahi, agressé ou mis en danger, voire manipulé. Le sujet se méfie donc, la plupart du temps inutilement, de tout le monde. Il va jusqu'à se méfier de son entourage. Il a l'impression que tous complotent contre lui. Le délire paranoïaque installé est alors imbriqué dans le caractère et la construction même de la personnalité.
Or, comme nous l'avons vu (http://geopolis.over-blog.net/article-6423695.html), la perversion narcissique comporte une composante paranoïaque. Les personnalités paranoïaques se caractérisent par quelques traits fondamentaux comme la surestimation pathologique de soi-même, la méfiance exagérée à l'égard des autres, une susceptibilité démesurée, la mise en doute arbitraire de la loyauté de ses proches ou de ses associés, des réactions de colère à tout ce qu'il perçoit comme atteintes à sa personne, des rancunes tenaces. Ce type de personnalité peut rester stable, mais constitue aussi un terrain favorable au développement de psychoses paranoïaques.
  • Pour protéger l'environnement et le malade, il est parfois nécessaire de recourir à une hospitalisation sous contrainte, ce qui permet à l'entourage ou à l'Etat (préfet) d'initier une prise en charge par le soin psychiatrique du patient... Bien sûr, compte tenu du déni des troubles qui accompagne cette affection, bon nombre de personnes qui en sont atteintes restent sans suivi.
L'Histoire a montré que des formes d'organisation paranoïaque, dites totalitaires, peuvent affecter des groupes humains entiers.

NS ? : "Si les Français savaient vraiment qui il est, il n'y en a pas 5% qui voteraient pour lui". (Marianne, n° 521, p. 18).

A moins de vouloir absolument voter pour un fou !
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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 21:17
Un peu de psychiatrie. Comme dit hier, je recommande au lecteur de mettre en parallèle ce que nous rappelle Marianne au sujet d'un certain candidat à la présidence de la République (http://geopolis.over-blog.net/article-6414730.html) et quelques bonnes pages du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et autres classiques de la psychiatrie. Mais comme la culture psychiatrique n'est pas très répandue parmi nos concitoyens, j'ai rassemblé ci-après les passages les plus significatifs que l'encyclopédie libre Wikipédia consacre d'une part à ce que l'on appelle "pervers narcissique" et au trouble de la personnalité narcissique, de l'autre à la paranoïa et au trouble de la personnalité paranoïaque. Sauf mention contraire, les citations (en italique) viennent de Wiki.


Qu'est-ce qu'un pervers narcissique ?
  • L'expression pervers narcissique est utilisée en psychopathologie pour désigner les individus présentant une personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de perversion morale. L'individu atteint de perversion narcissique, à travers ses conduites et les modalités relationnelles particulières qu'il va mettre en place avec les autres, cherche à devenir le "maître" de la relation et à assujettir l'autre, ce qui a de graves conséquences pour ses victimes.
  • Cette expression fait appel à deux concepts psychanalytiques :
  • *    Le narcissisme, qui est l'amour de soi, est une composante normale de la personnalité. Cependant dans certains cas, le sujet peut se fixer affectivement sur lui-même : on parle alors de trouble de la personnalité narcissique. Le besoin d'être admiré est alors constant, associé à un manque d'empathie.
  • *    La perversion morale qui correspond à un type de personnalité particulier tendant vers la satisfaction de ses désirs et de ses besoins aux dépends des autres, qui vont être manipulés et dont les besoins sont niés.

Ce trouble psychiatrique tient à la fois du narcissisme et de la psychopathie. Le profil type comporte notamment les rubriques : egocentrisme, haine et agressivité, mensonge, extraversion, orgueil et combativité, sadisme, paranoïa, mesquinerie et narcissisme criminel. On notera toutefois que cette catégorie de trouble (de folie, en langage commun) et ses conséquences pour l'entourage ont jusqu'ici été surtout examinées dans la sphère privée et, sous le nom de harcèlement moral, dans les relations de travail.

Il faut savoir aussi que certaines des caractéristiques du pervers décrit ci-après, si elles apparaissent isolément chez une personne, ou bien sous une forme atténuée, sont juste des traits de caractère : égoïste, orgueilleux, mesquin, etc., qui n'en font pas pour autant un malade mental. Pas de panique, brave lecteur, tu n'es pas pervers ! C'est l'accumulation et l'exacerbation de ces traits qui constitue le trouble psychiatrique et peut conduire à l'internement.

Absence de scrupules

Le pervers narcissique est souvent un individu relativement intelligent et bon psychologue. Dépourvu de valeurs morales, il n'a ni états d'âme, ni remords ou problèmes de conscience. Ce manque absolu de scrupule déroute d'abord ses victimes - c'est à dire les personnes qu'il manipule - tant elles ont du mal à y croire.
  • En fait, il a un total mépris pour toute loi ou contrainte morale. Sa morale est, le plus souvent, celle de la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus retord. Il y a le plus souvent, dans son comportement, la banalisation du mal et une certaine " relativisation " de la morale, dans le cadre d’un nihilisme opérationnel, qui peut même être militant. Il n’a de respect que pour les gens plus forts que lui, ayant plus de pouvoir - G.W. Bush - et de richesse, ou plus combatifs que lui. Faire preuve d’humanité, de sensibilité est souvent vu par lui comme l’expression d’une forme de naïveté ou de sensiblerie qui n’a pas lieu d’être. Seuls les résultats comptent : " la fin justifie les moyens " - c'est aussi le principe de la scientologie...
"Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches... Tom Cruise" ! (Marianne, p. 19).
  • Le pervers narcissique n'éprouve aucun respect pour les autres, qu'il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d'autorité, ou servant ses intérêts. Il fait des promesses qu’il ne tiendra pas, sachant que " les promesses n’engagent que ceux qui y croient ". Pris sur le fait, il est capable de nier avec un aplomb hors du commun... - "jamais rencontré Azouz Begag" ! (Sarkozy, cité par Marianne, p. 15).
Egoïsme forcené
  • Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même. Son unique but et objectif est d’obtenir un bénéfice pour sa propre personne. Il essaye de profiter à chaque instant de toute opportunité, de toutes les situations, de toutes les personnes rencontrées - celles-ci étant autant que possible systématiquement instrumentalisées - pour en tirer avantage. Sa philosophie est toujours utilitariste. Et il sait ménager ceux dont il a besoin, son conjoint, une relation de travail…
  • Le pervers narcissique n'est courageux que quand il est sûr de gagner et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant de son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le premier à monter dans les canots de sauvetage, sous les prétextes les plus fallacieux, avant femmes et enfants... La notion d’honneur ou d’élégance morale lui est inaccessible.
  • Comme pour tous les narcissiques, tout lui est dû. Il n'admet aucune mise en cause et aucun reproche. Sa loi est celle de ses désirs immédiats, dans l'instant. Tout doit lui céder systématiquement. C’est comme s’il était demeuré, à l’âge adulte, un enfant gâté- "un enfant qui n'atteindra jamais l'âge adulte" dixit Marianne, p. 19... - Par exemple, un petit bobo chez lui prend de graves proportions, comme si c’était une maladie importante, devant alors inspirer la compassion de l’entourage.

Exemple de son mode de pensée : " Je suis génial, je suis fort, je suis au dessus des autres, dans le haut du panier "... - "le seul qui", "le premier à, "l'unique capable de", "le meilleur pour" (p. 21)... - ou encore : "Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres" (Nicolas Sarkozy, habitant de Neuilly, dans Le Figaro, mai 2005, cité par Marianne, p. 25).

Absence de compassion
  • Les pervers narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune humanité, aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculeurs, totalement indifférents à la souffrance d’autrui.
"C'est vrai, j'étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal... Mais j'ai changé !" (Nicolas Sarkozy, entretien avec sa biographe Catherine Nay, cité par Marianne, p. 17). Mais non, fripouille, tu n'as pas du tout changé !

Quand il arrive un problème à autrui, ainsi l'attentat contre le World Trade Center, il a de la peine pour lui-même, pas pour autrui.

"Il n'est vraiment totalement humain que quand il s'agit de lui-même" (Marianne, p. 19).
  • Mais tout en étant, le plus souvent, incapables d’avoir des sentiments humains, les pervers narcissiques simuleront le fait d’être totalement remplis, en apparence, de bons sentiments humains et d’une sincère empathie pour autrui.
  • Les pervers peuvent se passionner pour une personne, une activité ou une idée, mais ces flambées restent très superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf pour leur intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche... Quand un pervers reçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas, comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une rancune inflexible, implacable, à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura de cesse d’assouvir son dessein de vengeance.
En 1994 : "Chirac est mort. Il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre" (Nicolas Sarkozy, cité par Marianne, p. 21).

Aux journalistes de France 3, pas assez lèche-cul à son goût : "Si je suis élu, je vous ferai tous virer !" (Marianne, p. 16).

"La critique équivaut pour lui [Sarko] à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l'achat ou la mort de l'adversaire" (p. 18).

Haine et agressivité
  • Le pervers narcissique a souvent besoin de haïr pour exister. C'est une des raisons pour lesquelles il n’est jamais satisfait par quoi que ce soit (les autres, les objets …). La haine peut être chez lui un moteur très puissant de son action et de son comportement. Étant incapable d'aimer, il essaie de détruire, par cynisme, la simplicité de toute relation naturelle et saine.
  • Prisonnier de son propre personnage et de l’image, le plus souvent factice, qu’il présente à la société, le pervers narcissique tente alors de détruire la liberté d’autrui et de lui imposer des contraintes décidées par lui. Il y a, chez lui, une mentalité agressive d’envie, de convoitise, d'irritation haineuse à la vue du bonheur, des avantages d'autrui.
  • Pour s'accepter et s’affirmer, le pervers narcissique doit triompher de quelqu'un d'autre, le détruire, jouissant alors de sa souffrance. Cette perception, de ce qu’il croit ne pas posséder, est subjective, elle peut même être délirante. Ce sentiment d'infériorité vis-à-vis de la personne enviée et haïe le pousse à chercher à posséder ce qui est convoité. Pour combler l'écart qui le sépare de l'objet de sa convoitise, il lui suffit alors de l'humilier, de l'avilir.
"Jamais, peut-être, un leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp, pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches" (cité par Marianne, p. 21). Ne me demandez pas ce que c'est qu'un chaouche, je ne sais pas.
  • Pour lui, rien ne va jamais. Il impose aux autres sa vision péjorative ou négative du monde et son insatisfaction chronique concernant la vie. Personne n’a vraiment grâce à ses yeux. Agresser les autres est le moyen d'éviter la douleur, la peine, la dépression.
  • Les pervers narcissiques aiment attendre dans l’ombre, masqués. Certains calculent leur coup ou leur vengeance très longtemps à l’avance, parfois sur plusieurs années (pour eux la vengeance est un plat qui se mange froid et ils aiment à s’en délecter). C’est la raison pour laquelle ils peuvent être redoutables et imprévisibles. Et d’ailleurs, ils sont le plus souvent imprévisibles.
Mensonge
Là, on n'a que l'embarras du choix dans les exemples. Au hasard : "Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d'afficher ma loyauté envers Jacques Chirac" (Nicolas Sarkozy, juin 1992). Encore un ami de trente ans... "Je n'aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée" (Marianne, p. 25). Pas vrai, Cécilia ?
  • Le pervers narcissique est toujours, intérieurement, dans la peau d’un autre. Il n'est jamais sincère, toujours menteur. Il peut aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb, d’une façon jusqu’au-boutiste (comme un " arracheur de dent "). Le plus souvent, il effectue de sensibles falsifications de la vérité, qu'on ne peut pas vraiment qualifier de constructions délirantes. Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise - ce qui est, pour les autres, très déstabilisant - fait partie de son jeu.
  • Derrière cette pratique jusqu’au-boutiste du mensonge, qui paraît parfois suicidaire, se cache, le plus souvent, une attitude de défi à l’ordre social, une façon de montrer qu’il est toujours le plus fort et qu’il contrôle toujours la situation - ou les statistiques de crimes et délits... Même quand il le faudrait, il ne reconnaîtra jamais rien, ni ses mensonges, ni ses torts, même dans les moments cruciaux, lors d’un interrogatoire policier, voire d'un procès d’assises.
  • Par contre il pourra reconnaître éventuellement un mensonge mineur s’il n'a pas grand chose à y perdre. Mais même l’aveu de ce petit mensonge sera toujours difficile à obtenir de sa part.
Mythomanie
  • Le pervers narcissique a souvent une composante mythomane. Elle est liée à sa propension au mensonge - une composante opérationnelle, consciente, pour parvenir plus facilement à ses fins - et à un besoin de se voir mieux qu’il n'est dans la réalité. Il aime se mentir à lui-même, sur lui-même. Le déni (de ses défauts, de l'autre) lui permet de " s'aimer " (et de s’aimer toujours plus).
"Maintenant, dans les réunions publiques, c'est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l'impression qu'on s'est vraiment parlé" (Nicolas Sarkozy, entretien accordé au Figaro, mai 2005, cité par Marianne, p. 25). Ça s'appelle aussi vouloir prendre les gens pour des imbéciles... et ils votent pour lui !
  • Comme tout mythomane, il ment souvent parce qu'il craint la réaction négative de l’entourage (de dévalorisation, par exemple) qu'entraînerait l'aveu de la réalité et de son mensonge. Sa mythomanie a tendance alors à s’auto-entretenir, sans fin, voire à se renforcer au cours du temps. Il se ment à lui-même, sur sa vraie valeur, sur ce qu’il est réellement. Il sait partiellement qu’il se ment à lui-même, mais en même temps il minimise son propre mensonge sur lui-même. A certains moments, il finit par croire à son mensonge, à d’autres, il a conscience de son mensonge. C’est toute l’ambivalence de la pathologie mythomane.
  • Le pervers narcissique est un " comédien né ". Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus chez lui une seconde nature. Sa palette de personnalités, de personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de son jeu d’acteur est infini, sans cesse renouvelé.
  • Le pervers narcissique est en général apprécié au premier abord car il paraît extraverti, sympathique et séduisant. Assez fin psychologue, il a souvent un talent pour retourner l’opinion en sa faveur et emporter l’adhésion à ses idées, même les plus contestables.
Orgueil et combativité
  • Le pervers narcissique est le plus souvent doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond remarquable. Sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent cette combativité.
  • Souvent immensément orgueilleux, voire mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix, sans fin, et ne peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout, même aux coups les plus retords, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un enfant gâté. S’il ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.
Même les qualités qu'on prête à Sarkozy (ténacité, énergie) participent du tableau clinique...
  • A la longue cette tendance, qui peut lui assurer une dynamique du succès pendant un certain temps, devient une addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en retour, et l'amène à ne plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou contradiction.
  • Le pervers narcissique adore se valoriser, paraître plus qu’il n’est réellement. Toute atteinte à la haute image qu’il a de lui même le rend très méchant, agressif. Tous ses efforts viseront alors à rétablir cette image flatteuse qu’il a de lui-même, et ce par tous les moyens, y compris par la destruction du perturbateur, celui qui a commis le crime de lèse-majesté.
  • Il a une très haute opinion de lui-même. Les autres sont pour lui quantités négligeables - ce sont des larbins, des domestiques, des " peanuts "... Il déteste qu’on lui fasse de l’ombre, qu’on se mette en avant, qu’on prenne de l’ascendant sur lui, qu’on lui résiste, qu’on lui dise non. Il a besoin sans cesse de rabaisser autrui, par une petite pique de-ci de-là (un tel n’a pas de personnalité, un tel est égoïste, un tel est ingrat, un tel est pingre…).
Sarkozy à propos de Fillon : "Un nul qui n'a aucune idée". A propos de Barnier : "Le vide fait homme". A propos de Douste-Blazy : "La lâcheté faite politicien". A propos de Juppé : "Un dogmatique rigide. Fabius en pire". A propos de Michèle Alliot-Marie : "Une salope". A propos de Villepin, n'en parlons pas ! Et ce sont ici des gens de son propre parti.

Sans compter les "connards" et autres "je vais les niquer" qu'il distribue à tout le monde. Qui a parlé de nettoyer les racailles au karcher ?

Sadisme
  • Un plaisir pervers s'éprouve dans la vision de la souffrance de l’autre. Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à voir l'autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l'asservir et à l'humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime chosifier l'autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en sortir, ne serait-ce que pour l'empêcher de témoigner contre lui.
"C'est vrai, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté" (Marianne p. 19).

Paranoïa
  • A la personnalité perverse et narcissique peut parfois se superposer une composante paranoïaque. A force de duper les gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de plus en plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. A un moment clé, il peut se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Sa paranoïa lui fournit alors un regain d’énergie combattive.
Sa susceptibilité maladive, tout son entourage politique peut en témoigner. Mais je reviendrai plus loin sur la tendance à la paranoïa parce que c'est là aussi un trouble grave.

Mesquinerie

On est parfois surpris de découvrir, derrière son apparence généreuse, brillante ou intelligente, un esprit mesquin, terriblement jaloux, rancunier, vengeur, d'une indéniable petitesse morale. Ses buts " nobles " et " généreux " se révèlent alors nettement moins nobles qu’il y paraissait au premier abord.

Enfin certains comportements déroutants du pervers narcissique peuvent être l'indicateur d’un début de psychose ou de démence précoce...


Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_la_personnalit%C3%A9_narcissique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pervers_narcissique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_la_personnalit%C3%A9_parano%C3%AFaque
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parano%C3%AFa
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Published by Mélusine - dans France
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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 22:11
Un parfum des années 30...
Paris, 2007 - Siège de campagne de l'UMP

Style dépouillé, portrait géant, exaltation du chef (merci Photoshop !)... Il n'y manque pas même les torchères ! Mais qui est donc ce Sarkozy qui veut nous gouverner ?

Marianne
(n° 521, 14-23 avril 2007, p. 14-25) dresse enfin le portrait psychologique que beaucoup de gens subodoraient, mais que les médias aux ordres avaient choisi de taire et auxquels les observateurs les plus lucides se refusaient à croire malgré l'évidence. Ne pas voir ce que l'on voit parce que Non. Pas ça... Ce n'est pas possible ! Et pourtant, c'est vrai : nous sommes à la veille d'élire un malade mental à la présidence de la République française. Ce n'est pas tout à fait ce que dit Marianne. L'hebdomadaire nous décrit les symptômes, mais n'ose poser le diagnostic...

Sarkozy. A cette violence intérieure, ce déséquilibre personnel que pointe chez lui le premier ministre Dominique de Villepin, il y a cependant des causes compréhensibles. Etre à la fois Juif et fils de nazi, au-delà de l'incongruité de la chose, c'est à n'en pas douter un tiraillement tel qu'il explique la violence et le clivage de la personnalité. Mais sauf à appliquer au personnage ses propres idées eugénistes et à rechercher chez lui les gènes de la pathologie mentale - puisque selon cet éminent scientifique qu'est Monsieur Sarkozy, les pédophiles naissent pédophiles, les dépressifs naissent dépressifs et les suicidés suicidants - les hasards de sa naissance n'expliquent pas tout.

D'un côté il y a cette famille hongroise dont on parle sans trop en dire. Une famille bien placée dans la Hongrie des années 30 et 40. Le grand-père est conseiller municipal de Szolnok. En mars 1944, l'armée allemande occupe le pays. De mai à juillet, les Juifs sont déportés. A l'automne 1944, c'est le mouvement hongrois pro-nazi des Croix fléchées qui prend le relais et organise le massacre des Juifs de Budapest, jusqu'alors épargnés. Entre l'hiver 1944 et mars 1945, devant l'avancée de l'Armée rouge, les Allemands font retraite et avec eux des membres des Croix fléchées. Parmi ces derniers, très vraisemblablement, Pal Sarkozy, le père, que l'on trouve en Autriche dès fin 1944, puis à Baden-Baden où il va s'engager dans la Légion étrangère, excellent moyen pour faire oublier son passé. Un autre bon moyen, c'était peut-être le mariage. Aucun des deux engagements n'aura duré bien longtemps. Pour autant, traiter Nicolas Sarkozy de nazi comme le font les gauchistes est une absurdité. Il exècre son père. Et il exècre sans doute tout autant la Hongrie et toute l'Europe centrale (http://geopolis.over-blog.net/article-4343118.html). A vrai dire, que le père de Sarkozy ait été dans les Croix fléchées, peu importe.

Sarkozy fils est tout acquis à sa mère, Juive, d'une famille originaire de Salonique, ce qui le fait Juif lui-aussi puisque la judéité se transmet par la mère exclusivement. Cela explique ses positions en matière de politique internationale : fervent soutien d'Israël, grand admirateur de la politique de George W. Bush, hostile à tout ce qui vient de l'Est et doit lui rappeler son père. La figure du père justement... Un père qui ne semble avoir eu pour lui qu'indifférence, voire mépris. Le petit Sarkozy a une revanche à prendre. C'est son problème. Cela doit-il devenir le nôtre ? Il y a manifestement chez Sarkozy un mal-être lié à ses origines, mais aussi et surtout une forme de fixation sur la période 1939-1945, puisque tout y ramène. Alors, un homme d'avenir ?

Mais s'il n'y avait que cela ! Si j'ai parlé de troubles mentaux, ce n'est pas en l'air, ce n'est pas pour insulter. Ses proches et tout ceux qui l'ont rencontré disent la brutalité de ses réactions, ses explosions de fureur, y compris contre son entourage, ses hurlements et ses bordées d'injures frénétiques : "Connards, salauds, journal de merde ! Je vais tous les niquer. Les niquer !". Un langage fleuri qui fait racaille comme l'a d'ailleurs noté Le Pen. La moindre anicroche dans sa campagne et voilà Sarkozy qui insulte ses propres conseillers. La claque n'est pas assez fournie, il entre dans une rage noire, comme à Bruxelles, pour son premier meeting de campagne à l'étranger - un flop ! dont personne n'a parlé. La plus petite remarque parmi le cortège de lécheurs dont il s'entoure et l'aspirant président s'emporte et éjecte le coupable. Crime de lèse Sarkozy !

Car il est vindicatif et implacable, le Sarkozy : "Si je suis élu, je vous ferai tous virer !". On connaît l'histoire d'Alain Genestar, remercié de Paris Match. La liberté de la presse qu'ils appellent ça ! Il brutalise, il menace, il intimide. "La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l'achat ou la mort de l'adversaire" dit de lui un ministre UMP. Un autre membre de son parti ajoute : "Jamais, peut-être, un leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp, pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches". Les mots sont forts, mais on les imagine à la mesure du traumatisme ressenti et à la mesure aussi de ses propres paroles, assassines, ainsi quand Sarko rêve tout haut de voir Villepin "pendu au croc d'un boucher"... Ils font presque pitié ces UMPistes, à faire campagne pour un type qui les traite comme des chiens !

Et puis il ment comme un arracheur de dents ! Quelques jours après une querelle avec l'énergumène Begag, ci-devant ministre "délégué à l'Egalité des chances" (celui-là dans le genre je-m'en-foutisme... pourquoi pas le Ministère des coups de pied au derrière ?), à qui Sarkozy à menacé de casser la gueule (sic), le même prétend devant les journalistes : "je crois n'avoir jamais rencontré Azouz Begag"... Ils étaient juste dans le même gouvernement ! Il dissimule, il déguise, il se déguise. Par exemple, interdiction est faite aux médias de dire la vérité sur son bilan au Ministère de l'Intérieur en matière de sécurité : les chiffres sont catastrophiques. Aucun scrupule. Il peut dire une chose, le lendemain le contraire. Et alors ? Du moment que les gens y croient. Pour instrumentaliser les autres, il s'y connaît. Et tout est bon pour parvenir à ses fins. Un Sarkozyste le reconnaît : "il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté". Bref, il manipule.

Tout son comportement témoigne d'une profonde blessure narcissique. Alors il compense : "Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s'ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu'il reçoit à Berçy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto", dit un ancien élu RPR des Hauts-de-Seine. Et surtout il y a lui. La rédaction de Marianne nous remet ses expressions favorites en mémoire : "je suis le seul qui", "le premier à", "l'unique capable de", "le meilleur pour"... Un autre député UMP : "On dit qu'il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur [j'aurais dit plutôt son vide intérieur]. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça". Il suffit d'ailleurs d'écouter Sarkozy lui-même : "Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ?...", "Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu'à ce que les téléspectateurs en aient la nausée"... Très bizarre, cette idée ! En tous cas, la nausée, là, on l'a déjà !

Puisque l'autre n'existe que comme moyen ou comme objet, il n'est pas question de dialogue et encore moins de débat. "Vous n'imaginez pas qu'un autre point de vue présente un quelconque intérêt", s'est-il fait dire. Il se refusera toujours à débattre - on l'a vu récemment, - sauf à choisir des interlocuteurs tout dévoués à sa cause ou trop faibles pour lui tenir tête. Il redoute par contre ceux qui ne se laissent pas impressionner et pourraient démonter la supercherie, ceux qui sont vraiment solides alors que lui fait semblant, donne le change pour dissimuler son instabilité. Car cette incapacité de Sarkozy à se réfréner dénote un manque flagrant de maturité, comme s'il était resté le gamin de Neuilly, pourri gâté. Ce n'est pas moi qui le dit mais des représentants de son propre parti : "un enfant qui n'atteindra jamais l'âge adulte" ! Les emportements de Sarko, ses coups de menton, cette virilité qui s'affiche et expose sa femme, l'image d'homme qu'il veut absolument donner de lui, cachent mal une personnalité friable, très fragile au fond, et un grand vide.

Et pourtant il fascine. C'est surprenant, mais il faut bien se rendre à l'évidence, il y a, à l'UMP comme en dehors, des Sarkozystes fanatiques. Il y en a même beaucoup. Par naïveté, par ignorance, par sidération médiatique aussi, ils voient en lui une sorte de surhomme qui va tout résoudre : "Lui seul le peut", "lui seul est capable de"... ce qui n'est jamais qu'une projection de son propre discours. Et à l'instar de lui-même, ces jeunes gens - car ce sont souvent des jeunes gens - semblent s'enfermer dans une forterresse psychique que rien ne peut percer sous peine que le psychisme entier s'effondre. Ils ont réponse à tout, une explication pour tout. Non, Sarkozy n'a pas pu faire ceci quand il était ministre, parce qu'On ne le laissait pas faire. Il n'était pas libre de... Ben voyons ! Mais si l'argument perce... J'ai testé. Le résultat : un pauvre militant UMPiste prostré, ratatiné sur son fauteuil, perdu, comme si le monde se dérobait sous ses pas. Pathétique !

Alors s'agit-il seulement d'un problème de nerfs ? Non, ce que je viens de décrire chez Sarkozy, c'est le profil type du pervers narcissique à tendance paranoïaque. Pour l'examen psychiatrique, je renvoie aux pages de Wikipédia (c'est le plus accessible) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pervers_narcissique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parano%C3%AFa

A suivre...
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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 00:27
...et contre l'intégration du pays dans l'Union Européenne. Deux millions, d'après mes informateurs, au moins un million au jugé rien qu'à Ankara, mais certainement pas 300.000 comme l'écrit Le Monde dans deux articles ineptes des 14 et 17 avril, signés Sophie Shihab. Très mal informée sur l'Afghanistan - à ce qu'on m'a dit, mais je ne l'ai pas lue sur le sujet, - Madame Shihab semble être la spécialiste ès Islam du journal. Savoir l'arabe est pourtant d'une maigre utilité pour comprendre la Turquie. Les Turcs... sont Turcs ! Et être musulmane, comme ce semble être le cas, ne donne pas les meilleures bases pour disserter du kémalisme !

Voilà donc que Le Monde se fait le chantre de l'islamisme radical !!! Sinon pourquoi minimiser l'ampleur de la manifestation et ironiser sur le "combat d'arrière-garde" de ces "vieilles élites" qui veulent résister à la montée en puissance du parti islamiste du premier ministre Recep Tayyip Erdogan ? Début mai 2007, la Turquie se choisira un nouveau président par un vote au parlement. Erdogan aspire à la fonction. Or, s'il était élu, il aurait tout pouvoir pour réviser la Constitution laïque héritée de Mustafa Kemal Atatürk et faire passer en force les lois de ré-islamisation qui ont été jusqu'ici bloquées par le président sortant, Ahmet Necdet Sezer.

L'injonction récurrente donnée par l'Union européenne à la Turquie en vue de son adhésion est la "démocratisation" du système politique, en l'occurrence la mise à l'écart de l'armée. Mais en Turquie - comme d'ailleurs en Egypte - démocratiser signifie ni plus ni moins remettre le pouvoir aux islamistes. L'armée turque, fidèle au kémalisme, est bel et bien le dernier rempart de l'Etat laïc. Voilà pourquoi on observe aujourd'hui cette surprenante alliance entre généraux de l'état-major et anciens opposants autrefois torturés par l'armée, entre loups gris et communistes, entre militaires et féministes. Alliance surprenante mais logique à l'heure où le Centre culturel Atatürk d'Istanbul vient d'être vendu à l'Arabie séoudite pour être rasé et remplacé par une mosquée... Et voilà aussi pourquoi les  kémalistes de gauche comme de droite sont contre et archi-contre l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne, et pourquoi les islamistes sont pour.

Alors Madame Shihab peut traiter de "faucon" le très respecté général Yasar Büyükanit, chef d'état-major de l'armée turque, parce qu'il dit en public son vœu que le prochain président soit "une personne attachée aux principes de la République". Elle peut s'appitoyer sur les centaines de "supposés islamistes" dont l'entrée dans l'administration, la magistrature ou l'Université est jusqu'ici entravée, et écrire islamistes entre guillemets. Elle peut faire semblant de s'étonner que Erdogan reste perçu par ses opposants comme un "islamiste" - ce qu'il est. Elle peut s'indigner que l'armée turque s'inquiète du séparatisme kurde attisé par la situation de l'Irak... Mais l'Europe !

J'y reviendrai. Voici déjà les images de cette manifestation monstre :

Contre les trahisons de Erdogan


Contre les trahisons de l'Europe

Contre le régime des mosquées

Atatürk, réveille-toi !

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 18:49
Après les déclarations d'intention du PS et de l'UMP, voyons un peu de quoi il retourne à l'UDF. Comme précédemment, je m'en tiendrai pour l'essentiel aux questions de politique internationale, mais comme le candidat UDF est nettement moins connu que les autres, quelques mots d'abord sur François Bayrou.

Catholique de gauche, ministre de l'Education nationale de 1993 à 1997 sous les gouvernements Balladur puis Juppé, Bayrou est l'héritier politique de Valéry Giscard d'Estaing dont il a repris le parti en 1998. Il fait d'ailleurs volontiers l'éloge de la "modernité" de Giscard... Fervent partisan d'une Europe fédérale, il a fait campagne en 2005 pour le Oui à la Constitution européenne - il n'est peut-être pas inutile de le rappeler car son programme, intitulé "La France de toutes nos forces", escamote la question au profit d'une sorte de "Partisans du Non, je vous ai compris !". Pourtant, François Bayrou et son parti ont été étroitement associés au développement des institutions de l'Union européenne telles qu'elles se présentent actuellement. Sa seconde de liste aux élections européennes, Nicole Fontaine, a présidé le Parlement européen de 1999 à 2002, et Giscard lui-même est à l'origine dudit projet de constitution récemment avorté.

D'autre part, parmi les principaux soutiens à sa candidature, on peut relever quelques noms qui auraient de fortes chances de se retrouver ministres si lui-même devenait président, et qui seraient alors susceptibles d'orienter sa politique. Citons Jean Peyrelevade, qui fut directeur du Crédit lyonnais de 1993 à 2003 et présida à l'incroyable déconfiture que l'on sait : 130 milliards de francs de dette épongés par le contribuable en 1993. C'est aussi pendant son exercice à la direction de la banque qu'eut lieu l'incendie criminel du siège parisien du CL (en 1996), qu'on ne s'est jamais donné la peine d'élucider, et celui de sa succursale du Havre où les archives sont parties en fumée...

Citons aussi, et c'est plus intéressant du point de vue géopolitique, Pascal Lamy, actuel directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Ancien commissaire européen au Commerce sous la très décriée Commission Prodi, Lamy s'est vu à plusieurs reprises reprocher ses positions modialistes et ultra-libérales trop favorables aux vues américaines lors des négociations sur le commerce international, ce qui n'a cependant rien d'étonnant puisqu'il est membre de plusieurs "think tank" ultra-libéraux américains (Rand Corporation, Bilderberg meeting). Je passe sur les médailles. Ajoutons juste que Pascal Lamy étant un pur produit de l'ENA, la promesse de François Bayrou de supprimer celle-ci ne paraît pas franchement crédible venant de lui. Au plus, on aurait encore un coup à la Edith Cresson envoyant Messieurs les Enarques s'aérer à Strasbourg...
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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 15:38
On a connu nos médias plus prolixes sur le sujet (http://geopolis.over-blog.net/article-1881834.html), mais il s'agissait de journalistes... Il y a une dizaine de jours, deux Français travaillant pour l'association caritative Terre d'enfance ont été enlevés dans le sud de l'Afghanistan avec leur chauffeur et deux interprètes. Comme en Irak, les Talibans afghans semblent vouloir multiplier les prises d'otages étrangers comme nouveau moyen de financement et de pression politique. A chaque fois, le même terrifiant dilemme : céder aux exigences des terroristes au risque de voir se multiplier ces enlèvements lucratifs, ou refuser de céder au risque de voir exécuter les otages. Après avoir relâché cinq prisonniers talibans contre la libération du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo le mois dernier, le président afghan Hamid Karzaï refuse de céder à nouveau au chantage comme il avait déjà refusé de le faire pour l'interprète de Mastrogiacomo, Adjam Naqshbandi, un afghan, qui a été décapité. Une pensée, une prière pour eux.
  Céline [Cordelier] et Eric [Damfreville], les deux otages français filmés par les Talibans
via http://www.cbc.ca

[Céline Cordelier a été finalement libérée le 28 avril]
Voir aussi : http://www.otages-du-monde.com/base/-Accueil-.html
et ici même, sur la situation en Afganistan : http://geopolis.over-blog.net/article-4089266.html et http://geopolis.over-blog.net/article-4091031.html
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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 11:43
Il n'y a pas que l'UMP ! Cette année, contrairement à 1981, aucun des candidats à la présidentielle n'a jugé pertinent de se rendre en Corée du Nord pour asseoir sa stature internationale. En 1981, c'était François Mitterand... Bon, je sais, question démocratie, la Chine ce n'est pas tellement mieux ! Mais voilà, j'ai encore trouvé de belles photos sur RIA Novosti, qui propose toujours de très bons reportages photographiques sur des contrées peu fréquentées par les Français (le Daghestan, l'Abkhazie, et même l'Antarctique et ses sympathiques pingouins).

Alors voici la Corée du Nord, dictature communiste de la pire espèce, détentrice de la bombe atomique (cf. http://geopolis.over-blog.net/article-3960135.html). Les photos sont d'Artemy Lebedev sur http://fr.rian.ru :
Monument aux idées de Kim Il-sung (Juche)

Campagne nord-coréenne, 2007
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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 22:10
Poursuivons... même si nous n'irons pas bien loin ! Les déclarations d'intention de l'UMP sont en effet pour l'essentiel un programme de politique intérieure ou plutôt un projet de société, projet étant un bien grand mot pour une liste de rubriques un peu fourre-tout du style "Assumer notre responsabilité en matière de diversité culturelle",  "L'Europe des projets concrets, qui protège dans la mondialisation" ou "Etre au rendez-vous des espoirs thérapeutiques" (Ah, le plan en trois parties cher à Sciences Po ! C'était benêt, mais ça avait au moins le mérite de la clarté. Et ce qui se conçoit bien...). Bref, il n'est que peu question de géopolitique, qui sera pourtant le principal champ d'action du futur président...

Rien ou presque sur les USA. Rien de précis sur Israël, sur le Proche-Orient, sur l'Iran... Rien sur les conflits en Europe (le Kosovo est le dernier en date). Rien sur les puissances du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) en plein essor. Rien sur le Maghreb et l'Afrique noire en dehors de la sempiternelle "politique d'aide au développement" qui sera relancée grâce au bénévolat... Alors voici ce que j'ai pu glaner : une Europe de défense, la "préférence communautaire" c'est-à-dire européenne (en matière économique uniquement), l'adoption de la constitution européenne ou "accord institutionnel".

Pour ce qui est de l'Europe de défense, un peu un serpent de mer pour l'instant, ce n'est pas une nouveauté ni une exclusivité de l'UMP. Pour la "préférence communautaire", c'est à peu près l'inverse de la politique de Bruxelles contre laquelle les députés UMP du parlement européen et le gouvernement français de ces dernières années (UMP + UDF) n'ont pourtant pas protesté. Sont-ils crédibles ? On pourrait d'ailleurs se demander pourquoi ce que l'on admet à l'échelle de l'Europe ne pourrait l'être au niveau national. Pourquoi la préférence communautaire est souhaitable quand la préférence nationale est vilipendée ? Question de cohérence. Quant à l'"accord institutionnel" reprenant le projet de Constitution, faut-il rappeler que Français et Hollandais lui ont dit NON ?

Page 11 de ces Conventions pour la France d'après (sic) sous-titrées "Contrat de législature 2007-2012", on lit encore ceci :

"Nous devons être fermes sur l'objectif de non-prolifération nucléaire qui est une nécessité absolue pour la sécurité du monde." Avis aux mollahs ! Certes, mais quand on sait qui a fourni les centrales... Enfin, le sujet est effectivement crucial et je ne vais pas persifler. La question de la guerre est posée, et pas seulement pour les USA.

Puis : "Notre identité démocratique tout comme notre histoire nous donnent la mission de promouvoir la liberté et le respect de l'individu dans le monde. Notre politique étrangère ne devra donc pas rechercher la stabilité pour la stabilité, car à celle-ci correspond trop souvent un statu quo cruel et injuste, fondé sur des situations malsaines. En revanche, la stabilisation en profondeur doit être notre objectif. Dans le cas d'Etats fragilisés par des conflits internes ou externes, elle ne peut être obtenue que par l'amélioration de la gouvernance [sic : novlangue] et la démocratisation, le développement économique, et l'aide à la création de véritables Etats de droit et de sociétés civiles ouvertes". Ça c'est du Sarkozy pur jus !

Guerre, je vous dit ! Posons la question autrement : Est-ce qu'une "situation malsaine" justifie de plonger un pays dans le chaos (cf. l'Irak) ? Je ne dis pas que la réponse est non, je pose la question. Et le Liban, un pays ami de la France, écrasé sous les bombes à fragmentation ? (http://geopolis.over-blog.net/article-4669015.html) Destabilisons, destabilisons... D'autant que l'appréciation des "situations malsaines" peut être extensive... Cela me fait penser à ces "révolutions colorées" auxquelles les médias occidentaux ont applaudi et qui ont fâcheusement tendance à donner... des dictatures ! (http://geopolis.over-blog.net/article-4255629.html) La déclaration d'intention se veut belle et bonne, ce qui est le propre du genre, mais à y regarder de plus près... L'Enfer est pavé... Par exemple, en Turquie et à brève échéance en Egypte, la démocratisation signifie prise du pouvoir par les islamistes. Est-ce dans notre intérêt ? Est-ce souhaitable pour nous et pour eux ? Et pour les Egyptiennes ?

Un autre domaine qui relève aussi à mon sens de la géopolitique est l'immigration (voir ici pour le PS : http://geopolis.over-blog.net/article-3465258.html). Pour juger de la politique de Sarkozy en la matière, point n'est besoin de textes puisque nous avons l'expérience et le bilan de son action comme ministre de l'Intérieur (de mai 2002 à mars 2004, puis de mai 2005 à mars 2007, soit 4 années d'exercice), bilan assez désastreux - ce n'est pas moi qui le dit, mais le programme UMP lui-même qui en appelle à "maîtriser l'immigration", une manière d'avouer qu'elle ne l'a pas du tout été. Et pour ce qui est de la sécurité des personnes, autre mission du ministre de l'Intérieur : "La situation s'est dégradée quasiment partout" dans les banlieues "et en 15 ans le nombre de quartiers difficiles est passé d'une centaine à plus de 700" (p. 22). A cela s'ajoute le parti pris communautariste, au sens de la "political correctness" américaine, qui tend à renforcer les effets de l'afflux de migrants étrangers : "Nous généraliserons la procédure du CV anonyme...", "Nous réserverons les marchés publics aux entreprises dotées d'un label "diversité", c'est à dire à celles dont le personnel reflète le caractère multiple de la société française"...

Et encore page 9 : "Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus".  - Corrompus ? Comme chez nous, quoi ! - "Les migrants installés en France pourront déduire de leurs impôts tout ou partie des sommes qu'ils investissent au profit du développement de leur pays d'origine, à l'image de la défiscalisation des investissements outre-mer"... En voilà une mesure délirante qui signifie ni plus ni moins qu'exode des capitaux et... corruption massive ! Mais pourquoi les Français n'auraient-ils pas eux aussi la possibilité de déduire de leurs impôts tout ou partie des sommes qu'ils investissent au profit du développement de la France ?
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