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  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 21:31

Après une succession de tremblements de terre, un raz de marée dévastateur et une catastrophe nucléaire*, le Japon... reste le Japon. Et un exemple en bien des choses. Des responsables politiques qui courbent la tête bien bas et demandent pardon avec humilité, on aimerait voir ça en France ! 

* Appelons un chat un chat, contrairement à Anne Lauvergeon, présidente d'AREVA, et à Eric Besson, ministre français de l'Industrie, qui prétendaient tantôt que les accidents multiples sur la centrale nucléaire de Fukushima n'étaient "pas une catastrophe". Qu'ils osent donc dire cela aux ouvriers et aux ingénieurs qui sont en train de se faire irradier massivement pour tenter de la juguler.

Le calme aussi de ces habitants qui ont tout perdu force l'admiration. "Ce qui me fascine, disait fin mars le photographe bosniaque Damir Sagolj, c'est la façon dont les simples Japonais réagissent devant cette catastrophe. Après toutes les tragédies que j'ai couvertes au cours de ma carrière, je dois dire que celle-ci est très spéciale : pas de pillage, pas de bagarres pour la nourriture, le fioul ou une place dans un abri, bien qu'ils en manquent et qu'ils aient faim...". 

Mais j'en veux surtout garder une image, une belle image triste et étonnamment Zen, qui invite à la méditation : un piano Yamaha emporté par les eaux à Rikuzentakata, petite ville portuaire de la province d'Iwate qui a quasiment disparu le 20 mars 2011. Un piano à la dérive, mais tellement japonais. La Nature a repris ses droits et transformé l'instrument en composition florale dans la tradition de l'Ikebana. Dépouillement, sobriété, pureté et dignité, noir et blanc, asymétrie, ombres portées et reflets, eau et branches de bambou, tout un art. 

diapo piano

Composition de piano et bambous - Photo de Damir Sagolj (Reuters)

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 19:40
La Kunsthalle de Francfort expose jusqu'au 3 janvier 2010 une œuvre phare de l'art socialiste "réaliste" dans sa version chinoise (Kunst für Millionen : 100 Skulpturen der Mao-Zeit - "L'Art pour les foules : 100 sculptures du temps de Mao"). Cela a beau être pure propagande, cet ensemble de sculptures grandeur nature est assez étonnant et vaut le détour. Créé en 1965 par un collectif d'artistes - ah ça, les collectifs, les Maos adorent ! - un collectif donc issu de l'Institut des Beaux-Arts du Sichuan, il comprend une centaine de statues en bronze regroupées en tableaux qui se déploient en une vaste fresque de 70m de long emblématique de la Chine d'Ancien Régime - du moins dans l'esprit de ses auteurs et du nouveau régime, le Paradis sur terre comme chacun sait ! L'histoire, bien sûr, est larmoyante à souhait. Le tout n'en demeure pas moins saisissant par le réalisme de son style et l'ampleur du programme sculpté.

Les paysans laborieux apportent leur redevance de grains à un grand propriétaire terrien. Ils sont maltraités par le régisseur et ses sbires...
Les malheureux(ses) qui ne peuvent payer sont réduits en esclavage...

Mais un groupe de jeunes paysans courageux, déterminés (et musclés), se prépare à la révolte...
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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 00:23
Prospérité
Kyoto, sur le chemin du Pavillon d'Or

Sérénité
Kyoto, jardin zen du temple Daisen

Saké !
Tokyo, barils sur l'allée du sanctuaire impérial
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 22:51
Hier, 5 décembre, le vénéré roi Bhumibol de Thaïlande fêtait ses 81 ans. Pour la première fois en 62 ans de règne, le souverain a omis de prononcer son traditionnel discours d'anniversaire. Silence stratégique et presque obligé pour éviter de prendre ouvertement parti dans la crise politique que traverse le royaume.

Bangkok, 5 décembre 2007 : L'éléphant blanc royal

Le coup d'Etat militaire de septembre 2006 contre le gouvernement corrompu du Premier ministre Thaksin Shinawatra et l'exil de ce dernier à Londres n'ont pas remédié à l'instabilité politique, puisque les partisans de Thaksin sont revenus au pouvoir à la faveur de fraudes massives lors des élections législatives de décembre 2007. C'est du moins ce que la Cour constitutionnelle vient de sanctionner en prononçant la dissolution du Parti du pouvoir du peuple (PPP) du nouveau Premier ministre Somchaï Wongsawat, beau-frère du précédent.

La crise, déjà émaillée de fusillades et d'attentats, semble se résumer au sommet à un affrontement de milliardaires : d'un côté Thaksin, le PPP et ses chemises rouges, de l'autre le magnat charismatique Sondhi Limthongkul, son parti de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), sa chaîne de télévision ASTV que regardent un million de Thaïlandais et ses chemises jaunes aux couleurs du roi. Les deux hommes financent des dizaines de milliers de fidèles, rouges contre jaunes, également fanatisés et prêts à en découdre.

Cependant, en filigrane, ce sont des choix économiques et géopolitiques cruciaux qui se dessinent dans ce pays ébranlé, alors que s'annonce la fin d'un règne prospère. Si chacun y va de ses protestations de loyauté au roi, la tension entre Thaksin et le souverain est ancienne. Le roi Bhumibol a toujours favorisé une économie bien tempérée, prônant l'autosuffisance des paysans. Thaksin au contraire est un mondialiste soutenu par les USA. Il n'est guère étonnant qu'il ait le soutien appuyé de la "communauté internationale" et de ses relais de presse, tout ceci bien sûr au nom de la démocratie... Voilà qu'on commence à parler d'abolir la monarchie en Thaïlande et, en août dernier, le magazine américain Forbes, dans son classement des "World's Richest Royals", a propulsé Bhumibol souverain le plus riche du monde, au grand embarras du Palais. Pas faux, mais cette notoriété soudaine, est-ce un hasard ?

Passent les coups d'Etat (18 depuis le début de son règne), les premiers ministres (27), les constitutions (16), le roi demeure. Mais que deviendra après lui la Thaïlande ?

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 22:05
D'aucuns jugeront sans doute qu'un pauvre petit pays de seulement 15.000 km2 n'est pas vraiment viable. De fait, le Timor oriental est très pauvre avec un revenu par habitant de moins d'un euro par jour, dépourvu d'infrastructures et d'industrie, et dévasté par la guerre. Sa population, rurale à 75%, vit d'une agriculture vivrière, ce qui au demeurant devrait être considéré comme une fort bonne chose puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins que de "développement durable". Et pourtant les Timorais, étant assis sur un tas d'or ou plus exactement de pétrole, pourraient être riches et prospères. Mais ça, c'est de l'utopie ! Car il leur faut compter avec d'encombrants voisins aux dents très, très, très longues...

A partir du XVIe siècle et quatre-cents ans durant, Timor Est fut portugais et ne s'en porta pas trop mal. Dans les années 1960-1970, apparurent, comme un peu partout dans les vieux empires coloniaux, des mouvements autonomistes, voire indépendantistes. Mais les choses n'allèrent sans doute pas comme il aurait fallu, non pas par mauvaise volonté des Portugais, mais au contraire, par leur retrait à la suite de la Révolution des œillets de 1974. L'année suivante, les Timorais se retrouvaient subitement indépendants et tout aussi subitement ...envahis par l'armée indonésienne depuis l'ouest de l'île de Timor, qui de son côté est une ancienne colonie hollandaise et fait partie de la République d'Indonésie.

Les premières années d'occupation indonésienne vont faire 200.000 morts, le tiers de la population du Timor oriental... dans l'indifférence générale. Et pour cause : dès 1972 (!), l'Indonésie et l'Australie avaient passé un accord sur la frontière maritime au large de Timor sans se soucier le moins du monde de l'avis des Portugais ou de celui des Timorais. Il se trouve que les côtes de l'Australie sont à 500km de Timor et il se trouve aussi que la Fosse marine de Timor qui s'étend entre les deux regorge de pétrole et de gaz. Mais voilà, ce pétrole est en quasi totalité côté timorais. Qu'à celà ne tienne, l'Australie déplaçait donc sa frontière au plus près du rivage de Timor, faisant tomber les champs pétrolifères dans son escarcelle, au mépris du droit international qui fixe la zone économique exclusive d'un pays à 200 miles nautiques depuis ses côtes...

Vieille histoire ? Non pas, car depuis l'indépendance du Timor oriental en 2002, les Australiens se cramponnent au traité de 1972 et tentent d'imposer un accord bancal, au besoin par le chantage à l'aide humanitaire. Ils avaient d'abord été accueillis en libérateurs, lorsqu'après de nouveaux massacres commis sur la population par les milices indonésiennes en 1999, l'armée australienne a assuré la mission onusienne d'interposition. Les troubles survenus à Timor en 2006 justifient qu'elle y demeure au titre du maintien de la paix. Mais l'humanitarisme des Australiens se révèle pour le moins intéressé.

Pour résoudre leur différend maritime, les autorités timoraises avaient dans un premier temps envisagé d’en appeler à la Cour Internationale de Justice de La Haye, comme le font les pays sages, mais ont finalement dû renoncer face aux menaces de rétorsions économiques... Le jour même de la proclamation d'indépendance, les Australiens faisaient signer au président tout juste élu, Xanana Gusmão un petit traité qui leur accordait 80% du champ principal. Les négociations ultérieures ont ramené ce partage à 50/50 fin 2005 et il s'est bientôt avéré que le gouvernement du premier ministre Mari Bim Amude Alkatiri entendait attribuer les concessions de champs pétrolifères à des compagnies européennes plutôt qu'à la ConocoPhillips (US), à la Philipps Petroleum (US) et à la Woodside Australian Energy.

Comme par hasard, le printemps suivant a été agité : aussitôt diffusé le résultat de la mise en concurrence des pétroliers, une révolte armée éclate dans la capitale, Dili, pendant que l'Australie fait manœuvrer sa marine de guerre dans les eaux de Timor, le tout forçant Alkatiri à la démission. En apparence, la rebellion du commandant Alfredo Reinaldo et de 600 soldats à sa suite en avril 2006 n'a pas de rapport direct avec l'affaire. Dans la réalité, il semblerait que lui et ses hommes aient un point commun : ils ont tous été entraînés en Australie... Et voilà Timor doté d'un nouveau mouvement de guérilla, ce qui justifie le maintien sur place des troupes australiennes. CQFD.

Cependant, la résolution des questions territoriales étant remise à plus tard, reste à exploiter au mieux cette obscure richesse enfouie au large de Timor, ce pour quoi a été créée en 2003 par traité bilatéral une autorité de régulation basée à Dili, la Timor Sea Designated Authority, cf. www.timorseada.org/index.html. On en attend donc les retombées pour la population de ce petit pays (je ne parle pas de marées noires !). Et, ma foi, connaissant les qualités de certains de ses dirigeants, il se pourrait que, malgré les obstacles et les convoitises, la TSDA fasse du bon travail.

Praia-do-One-Dollar-01.jpg
Timor oriental : plage du dollar

Mais pour finir, un extrait d'un entretien avec Eric Toussaint, président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (sic), trouvé ici : http://www.cadtm.org, qui éclaire le rôle douteux du FMI et de la Banque Mondiale :

"Quelle est l’attitude du gouvernement par rapport à la problématique de la dette ?

Le nouvel Etat est né sans dettes et le gouvernement a pris la sage décision de refuser d’emprunter. Pour la reconstruction du pays, il n’accepte de la communauté internationale que des dons. La Banque mondiale qui avait débarqué avec un plan d’endettement, a dû adopter une nouvelle stratégie pour arriver à convaincre les autorités d’appliquer le Consensus de Washington. Elle a réussi à s’imposer comme l’institution qui coordonne la majeure partie des dons provenant de la communauté internationale. Elle signe des contrats avec les autorités locales et à travers ces contrats, elle distille la politique néo-libérale : abandon des barrières douanières (au détriment des agriculteurs locaux notamment dans la production du riz), imposition d’une politique de recouvrement des coûts (droit d’inscription élevé dans l’enseignement supérieur et universitaire, soins de santé payants), privatisation de la gestion du secteur électricité et installation de compteurs électriques à pré-paiement…

J’ai pu me rendre compte par ailleurs d’un phénomène très grave : une partie marginale de chaque don (de 10 à 20% seulement) atteint réellement l’économie locale. La majeure partie des sommes représentées par les dons est dépensée à l’extérieur du Timor, soit sous la forme de rémunérations des experts étrangers, soit en achats de biens et de services sur les marchés internationaux. La Banque mondiale réussit à imposer le recours à des consultants internationaux (certains provenant directement de la Banque mondiale) dont les honoraires représentent 15 à 30% des dons. La Banque mondiale prélève elle-même 2% sur chaque don qu’elle gère. L’inégalité des rémunérations est particulièrement frappante. Un expert international reçoit une rémunération de 500 dollars par jour (à quoi il faut ajouter la prise en charge de tous ses frais sur place) tandis que le travailleur timorais moyen perçoit de 3 à 5 dollars par jour. La représentante de la Banque mondiale, quant à elle, gagne environ 15.000 dollars par mois. Et son collègue du FMI qui en gagne autant, s’oppose activement à l’adoption par le parlement d’une loi fixant un salaire minimum légal. Il n’a pas hésité à me déclarer lors d’une entrevue qu’un salaire de 3 à 5 dollars par jour était beaucoup trop élevé.

[...] Au Timor, beaucoup de personnes sincèrement engagées dans la reconstruction du pays sont très inquiètes de l’influence prise par la Banque mondiale. Ils ont l’impression que leur gouvernement lui-même commence à se laisser influencer par le credo néolibéral et ils se demandent comment redresser la barre."

Voir aussi :
http://www.waynemadsenreport.com
http://www.timor-online.blogspot.com
http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/guerre-petrole.html
http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Documentsterrorisme/timor-oriental-australie.html
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 23:14
Depuis plusieurs mois, l'annonce du prêt de plusieurs œuvres des collections nationales du Bangladesh pour une exposition au Musée Guimet à Paris plongeait dans les affres les médias locaux. Les rumeurs les plus folles ont courru et mis en émoi la population : pour les uns nous voulions voler leurs chefs-d'œuvre, pour d'autres les vendre à notre profit, pour d'autres encore en faire des copies, les falsifier sous prétexte de restauration, les abîmer, ou que sais-je encore. Certains en étaient aux larmes, d'autres très en colère. Du principe du prêt au montant de l'assurance, des restaurations prévues aux conditions de transport, tout a été scruté, décortiqué, discuté, et le soupçon s'est insinué à toutes les étapes de ce processus assez banal de nos jours qui consiste à emprunter des œuvres d'art pour une exposition de quelques mois. Banal chez nous, certes, mais manifestement tout-à-fait inédit au Bangladesh, d'où les réactions passionnelles.

S'ils savaient, les pauvres ! Leurs œuvres eussent été plus en sûreté que les nôtres, aujourd'hui menacées par le projet de loi d'un député semi-analphabète qui veut mettre le patrimoine à l'encan et vendre les collections jusqu'ici inaliénables de nos musées nationaux*, sans doute pour renflouer le trou sans fond de la "Sécu" ou quelque autre déficit gouvernemental... Toujours est-il que les intentions de Guimet étaient innocentes et louables, mais les autorités ont sans doute sous-estimé l'émotion populaire suscitée par cette initiative dans un pays où, comme en beaucoup d'autres, sévissent les trafiquants d'œuvres volées. Le catalogue était paru, les affiches attiraient déjà l'œil dans tout Paris, mais après un dernier épisode rocambolesque de disparition sur le tarmac de l'aéroport de Dacca à la veille de l'embarquement des œuvres, l'exposition "Chefs-d'œuvre du delta du Gange : collections des musées du Bangladesh" vient donc d'être annulée.
*www.latribunedelart.com/Editoriaux/Editoriaux_2007/Editorial_Inalienabilite_Raphael_515.htm

Les absurdités de l'affaire auront malheureusement coûté la vie de l'ambassadeur du Bangladesh en France, Ruhul Amin, un francophile, qui avait joué les médiateurs et s'était beaucoup investi pour dénouer la crise. Il est mort d'une hémorragie cérébrale à seulement 47 ans le 3 janvier dernier, une dizaine de jours après l'annulation officielle de l'exposition. Précédemment en poste dans l'émirat de Bahrein jusqu'en juin 2007, Ruhul Amin s'y était acquis une réputation d'homme droit, juste et intègre. Rare diplomate de son espèce, il avait en effet dénoncé publiquement les conditions faites aux ouvriers de son pays sur les chantiers des Emirats : coups et travail pénible sept jours sur sept, jusqu'à épuisement. La mortalité des ressortissants du Bangladesh est en effet effrayante aux EUA, dans l'indifférence générale. Ruhul Amin avait créé dans sa propre ambassade un hôpital pour leur venir en aide. Il méritait mieux que ce triste épilogue.
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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 00:43
Avec la Corée du Nord ? Mais non, mais non. Avec l'Europe.

En avril dernier, la Corée du Sud et les USA signaient un accord de libre échange, malgré la violente opposition d'une grande partie de la population coréenne qu'avaient rassemblée des manifestations de grande ampleur. La chute des barrières douanières et la libéralisation des importations de viande bovine américaine condamnent pourtant directement l'agriculture coréenne... Et ce n'est qu'à grand peine que le gouvernement est parvenu à exclure le riz, base de l'alimentation du pays, de cet accord de dupes.

Selon Thomas Ollivier, correspondant de RFI à Séoul : "Les riziculteurs disposent donc d'un répit, mais leur disparition n’est plus qu’une question de temps. Et, même en excluant les répercussions sur les cultivateurs de riz, on estime que l’ouverture des frontières causera de 1 à 2 milliards de dollars de pertes dans le monde paysan, entraînant la suppression de 130.000 emplois. En comptant le riz, le manque à gagner monterait à plus de 7 milliards de dollars."

Pendant ce temps, George W. Bush, président des USA et grand partisan de ce genre de "libre échange" et de l'ouverture des marchés (des autres), se félicitait : "Cet accord génère de nouvelles chances pour les exportations des fermiers, des éleveurs, des producteurs, des pourvoyeurs de services américains".

L'Alliance contre le libre-échange avec les Etats-Unis, regroupant les divers mouvements de Corée qui refusent de sacrifier leur pays au nom du libéralisme économique et de la mondialisation, s'est reconstituée pour tenter de faire barrage à une nouvelle étape du processus : le libre échange avec l'Union européenne. Les négociations entreprises en mai avec Bruxelles ont repris cette semaine.

Les deux parties sont déjà d'accord pour abaisser de 95% leurs droits de douane respectifs sur les marchandises (le taux moyen sud-coréen est de 11,2% alors que celui de l'UE n'est que de 4,2%). La Corée du Sud cherche un plus large accès au marché européen pour ses pièces détachées automobiles et ses produits électroniques et textiles, l'UE un plus large accès au marché coréen pour ses automobiles et ses produits pharmaceutiques, chimiques et cosmétiques.

Les paysans coréens, tués par L'Oréal.

Cor--eUS.jpgContre le libre échange US (photo Reuters, avril 2007)

Cor--eUE.jpgContre le libre échange UE (photo BBC News, octobre 2007)
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 23:43
Un dirigeant dément jouait à un jeu absurde avec des disciples fous ignorant les règles du jeu. Et tout devint chaos.

Composé en prison par Paw Oo Htun, poète et meneur des manifestations de 1988 contre la junte birmane, plus connu sous le nom de Min Ko Naing, "Le vainqueur des tyrans".
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 00:14
Birmanie4.jpgFace à face (Photo Reuters sur Al Jazeera)
Rangoun, Birmanie, septembre 2007

Une diversion dans l'affaire iranienne : voilà que l'on découvre que la Birmanie n'est pas une démocratie ! Comment est-ce possible ? Eh bien, je ne comprends pas... Le Kouchner ne nous avait-il pas assurés que c'était une dictature très douce ? Cf. son rapport sur la Birmanie de septembre 2003 : http://geopolis.over-blog.net/article-6651057.html. Pourtant, ça n'a pas l'air d'être l'avis des moines bouddhistes qui ont décidé de refuser les aumônes du régime, en sorte que les membres de la junte et leurs affidés ne pourront pas espérer se réincarner en quelquechose de bien lors de leur prochaine vie. Ils vont finir crapauds. C'est très fâcheux pour eux. En attendant, déjà 8 morts parmi les manifestants, dont 5 moines, devant la pagode sacrée de Shwedagon à Rangoun... La Birmanie aujourd'hui : une armée de 400.000 hommes contre 800.000 moines... Et n'oublions pas que le pays est fiché sur l'axe du mal. Et n'oublions pas non plus l'opium et le pétrole. Cf. http://www.burmadigest.info/
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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 20:24
Et oui, puisqu'on en parle*, il n'y a pas qu'en Espagne ! Le Japon aussi a ses châteaux qui font rêver, les châteaux innombrables que les seigneurs de samouraïs se firent construire. Les plus anciens qui subsistent datent de la dernière grande époque des guerres féodales, entre 1550 et 1600, donc grosso modo de l'époque Azuchi, du nom de l'un d'eux, alors que l'usage des armes à feu s'était généralisé. Beaucoup furent démantelés par les shoguns de l'époque Edo, et quelques-uns des plus beaux, dont le château d'Hiroshima, classé trésor national en 1931, et celui d'Okayama, dit "le château du Corbeau", furent détruits lors des bombardements US de la Seconde Guerre mondiale. * http://geopolis.over-blog.net/article-7034214.html

Matsumoto, dans la province de Nagano

Himeji, le château du Héron blanc,
classé au patrimoine mondial
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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 00:37
...Hiroshima, 6 août 1945, 8h16, centre ville, au-dessus de l'hôpital...

et Nagasaki, fondée par les Portugais, la ville de saint François Xavier, le foyer du christianisme au Japon... 9 août 1945, 11h02, au-dessus de la cathédrale catholique, la plus grande d'Asie...

deux bombes atomiques made in USA et près de 300.000 morts et des centaines de milliers d'irradiés qui ont souffert le martyre.

Ne pas oublier cela.
Nagasaki, ruines de la cathédrale, après la bombe

Hiroshima, cérémonie du souvenir, 2007 (AFP)
Des lanternes en papier pour les morts

Hiroshima et son château du XVIe siècle en bois
(rasé par la bombe et reconstruit depuis à l'identique... mais en béton)

Rappel : http://geopolis.over-blog.net/article-3960135.html
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 22:18
"Puissance" est sans doute un bien grand mot...

Après l'Angola (http://geopolis.over-blog.net/article-6619972.html), un autre pays sympathique et démocratique (!!!) est en passe d'accéder au nucléaire : la Birmanie. Bien sûr, il ne s'agit que de nucléaire civil, mais n'est-ce pas précisément ce qu'on reproche à l'Iran ?
 

Le Myanmar sollicite l'assistance russe dans la construction de son centre nucléaire
   
MOSCOU, 17 mai - RIA Novosti. Des spécialistes de la société russe Atomstroïexport et une délégation de l'Union du Myanmar (ancienne Birmanie) ont tenu mercredi un premier round de négociations sur la préparation des travaux nécessaires à la construction d'un centre de recherches nucléaires au Myanmar, a rapporté jeudi un communiqué de presse d'Atomstroïexport.

"Ces négociations préludent à l'exécution de l'Accord de coopération dans la construction du Centre de recherches nucléaires signé la veille entre le gouvernement de la Russie et celui de l'Union du Myanmar", indique le communiqué de presse.

Selon le document, les négociations seront poursuivies dans le second semestre de 2007 au Myanmar.

"Le Centre aidera au Myanmar à effectuer un vaste éventail de recherches dans le domaine de la physique nucléaire et des biotechnologies, à étudier les propriétés des matériaux et à produire une large gamme de médicaments. L'activité du Centre contribuera au développement économique et social du pays", souligne le communiqué de presse.

Lors des négociations, la délégation d'Atomstroïexport était conduite par le premier vice-président de cette société, Alexandre Gloukhov, et celle du Myanmar, par le ministre de la Science et de la Technologie, U Thaung.

Pendant la période de 1958 à 1984, des centres de recherche dotés de réacteurs de conception russe avaient été mis en service dans 12 pays.

La société Atomstroïexport est la principale organisation russe chargée de construire des ouvrages nucléaires civils dans le cadre des accords intergouvernementaux signés par la Russie. A l'heure actuelle, elle est la seule société au monde à construire simultanément sept réacteurs pour des centrales nucléaires en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie.
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 19:36
Le site de la chaîne d'information Al Jazeera propose aussi quelques jolies photos, comme celle-ci prise à Shekh Fathe près d'Amritsar (Inde du Nord, province du Penjab).

Un fermier (sikh, je suppose) dans son champ de tournesols

http://english.aljazeera.net/NR/exeres/55ABE840-AC30-41D2-BDC9-06BBE2A36665.htm
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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 11:43
Il n'y a pas que l'UMP ! Cette année, contrairement à 1981, aucun des candidats à la présidentielle n'a jugé pertinent de se rendre en Corée du Nord pour asseoir sa stature internationale. En 1981, c'était François Mitterand... Bon, je sais, question démocratie, la Chine ce n'est pas tellement mieux ! Mais voilà, j'ai encore trouvé de belles photos sur RIA Novosti, qui propose toujours de très bons reportages photographiques sur des contrées peu fréquentées par les Français (le Daghestan, l'Abkhazie, et même l'Antarctique et ses sympathiques pingouins).

Alors voici la Corée du Nord, dictature communiste de la pire espèce, détentrice de la bombe atomique (cf. http://geopolis.over-blog.net/article-3960135.html). Les photos sont d'Artemy Lebedev sur http://fr.rian.ru :
Monument aux idées de Kim Il-sung (Juche)

Campagne nord-coréenne, 2007
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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 23:57
Peut-être certains se souviennent-ils d'un reportage des journalistes Grégoire Deniau et Cyril Payen diffusé à une heure tardive le 16 juin 2005 dans l'émission 'Envoyé spécial' sur France2 ? Sous le titre de "Guerre secrète au Laos" il évoquait le sort des Hmongs, une population en perdition dans la jungle, traquée de concert par les armées laotiennes et vietnamiennes, et réduite au plus complet dénuement. Comme un reportage comparable diffusé en mai 2004 par la BBC l'avait fait pour le public anglais, cette émission saisissante nous faisait découvrir que dans les forêts denses du Laos, 30 ans après, la Guerre du Vietnam n'est pas terminée...

Cela ressemble à ces histoires de combattants isolés sur une île qui se croient toujours en lutte longtemps après la fin d'une guerre, la nouvelle de l'armistice ne leur étant jamais parvenue. Mais la guerre en ce cas continue vraiment et continuera jusqu'à extermination complète des quelque 10.000 malheureux survivants de cette folie - ce qui ne saurait tardé.

Il y a un an, le public français s'était ému de cette affaire qui touche une minorité autrefois alliée de la France en Indochine. Une pétition rassemblant près de 15.000 signatures a été adressée au président Jacques Chirac, à ce jour sans réponse et sans effet... Et le sujet est retourné à la trappe médiatique aussi soudainement qu'il en était sorti. Au demeurant, aucun des intellectuels de médias, d'ordinaire si prompts à s'indigner (cf. la Tchétchénie), ne semble s'être intéressé aux Hmongs. Aucun, si je ne me trompe, n'est venu appuyer de son illustre signature ce mouvement de sympathie spontanée.

Il faut dire que le sujet dérange : l'Indochine est loin, le Laos devient une destination touristique, ELF s'installe, mais ce qui dérange peut-être le plus c'est que les Hmongs ont fait un choix de Harkis. Au service de la France jusqu'en 1954, combattants de Dien Bien Phu pour certains, ils ont ensuite été employés par la CIA entre 1962 et 1975 pour surveiller la frontière du Vietnam et récupérer les pilotes d'hélicoptères abattus, en une guerre restée secrète puisque officiellement le Laos n'y était pas impliqué. Quand les Américains ont battu en retraite et quand, en mai 1975, les communistes du Pathet Lao ont pris le pouvoir à Vientiane, la capitale du pays, une partie de ces montagnards Hmongs a été réinstallée de force dans les plaines, tandis que les autres - notamment les plus impliqués dans la collaboration avec les USA, et leurs familles - n'ont eu d'autre choix que l'exil (un tiers des Hmongs a fui le pays dans les années 70) ou le maquis sur les pentes difficiles d'accès du mont Phu Bia (pour environ 30.000 d'entre eux), pour échapper aux camps de rééducation.

Il semble que leur notoriété récente, aussi fugace qu'elle ait été, n'ait fait qu'empirer les choses pour les exilés de l'intérieur, aujourd'hui réduits à une dizaine de milliers, dont beaucoup d'enfants. L'étau se resserre autour de ces Hmongs de la jungle répartis en petits groupes errants : pourchassés, soumis à toutes les exactions lorsqu'ils ne fuient pas assez vite, privés d'approvisionnement, se nourrissant de racines, il leur devient très difficile de survivre et ils sont de plus en plus nombreux à sortir de la forêt et à se rendre. Alors cependant, on ignore quel destin ait le leur puisque les autorités laotiennes préfèrent nier leur existence et empêchent tout contact avec eux. Quant à ceux expulsés de Thaïlande où ils pensaient trouver refuge, ils sont soumis à rééducation, une vieille tradition de la région dans le style khmer rouge... Evidemment, le fait que le Laos soit toujours sous le régime d'une dictature communiste ne facilite guère une résolution douce du conflit (!) si tant est que l'on puisse encore parler de conflit alors que cette résistance aux pieds nus est exsangue (leurs munitions sont celles abandonnées par les Américains il y a 30 ans).

Enfin bon, tant que nous n'avons pas d'intérêt particulier à bombarder ce côté-là de la planète, il n'y a pas lieu que nos médias se focalisent sur le sort des Hmongs ! Les indignations ne valent qu'à l'appui d'une politique... En attendant, le Laos est aussi le 3e producteur mondial d'opium après l'Afghanistan et la Birmanie, et un des pays les plus pauvres du monde. Sale histoire !
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Published by Mélusine - dans Extrême-Orient
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