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  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 21:09

Pour une fois, le nuage radioactif ne s'est pas arrêté à nos frontières. Mais si depuis Tchernobyl (1986), vous n'avez plus confiance dans le discours rassurant de nos autorités, vous avez bien raison ! Alors que tous se focalisent sur les retombées de Fukushima, la contamination nucléaire en France existe et elle ne vient pas de l'étranger... La Commission de Recherche et d'Information indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD) nous invite à nous mobiliser contre l'ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction.

*

La CRIIRAD demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009 
et la modification du Code de la Santé Publique

LES MENACES RADIOACTIVES

En 2002, deux garanties essentielles pour la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants ont été inscrites dans le code de la santé publique  :
1. l’interdiction d’ajouter délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommation et les produits de construction (cf. article R.1333-2) ; 
2. l’interdiction d’utiliser des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire – et qui sont contaminés ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction (cf. article R.1333-3).

Les articles R. 1333-4 et R.133-5 de ce même code ouvraient cependant la porte à la mise en place d’un dispositif de dérogation. Ce risque est resté virtuel pendant plus de 6 ans mais a fini par se concrétiser avec la publication de l'arrêté du 5 mai 2009. Ce texte a rendu possible le contournement des interdictions et sur des bases particulièrement laxistes. Il a d’ailleurs été publié en dépit d’un avis défavorable de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Cinq produits seulement sont exclus des dérogations et donc protégés de tout ajout délibéré de radioactivité : 1/ les aliments ; 2/ les produits cosmétiques ; 3/ les parures ; 4/ les jouets ; 5/ les matériaux en contact avec les aliments et les eaux. Pour tous les autres produits, les industriels peuvent solliciter des dérogations qui leur permettront de commercialiser des produits dont la radioactivité aura été délibérément augmentée.

ACTION EN JUSTICE

Dès le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’Etat un recours pour excès de pouvoir demandant l’annulation de l’arrêté du 5 mai 2009. Afin de répondre au mémoire en défense du ministère de l’économie, des mémoires complémentaires ont été envoyés les 29 janvier et 2 février 2010. Le ministère de la santé a en effet choisi de garder le silence (malgré les relances du Conseil d’Etat) et le ministère de l’écologie a simplement indiqué qu’il reprenait à son compte les arguments du ministère de l’économie. Un constat éloquent.

INTERPELLATION DES AUTORITES

Le 6 novembre 2009, sans attendre le résultat de la procédure contentieuse, la CRIIRAD adressait une lettre ouverte aux 3 ministres compétents – Mme BACHELOT, ministre en charge de la santé, Mme LAGARDE, ministre en charge de la consommation et M. BORLOO, ministre en charge de la construction – leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009. [...] La suite et la pétition ici : http://www.criirad.org/

Nous nous opposons aux ajouts de substances radioactives dans les objets et matériaux de mon environnement quotidien. Ces substances cancérigènes doivent rester dans des sites contrôlés, sans possibilité de dispersion dans le domaine public. Signé : Les Français

 *

Ce que le texte ne dit pas, c'est que cette pratique est déjà chose courante, comme le révèle le reportage que voici, réalisé en 2009 par la journaliste Elise Lucet pour l'émission "Pièces à conviction" de la chaîne France3 :

Argument :

En toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité des villages ou des villes des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines d'années.

Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants… Sans aucune mise en garde sur les risques encourus !

Entre 1945 et 2001, la France a exploité 210 mines d'uranium sur son territoire. Elles ont produit 300 millions de tonnes de déchets radioactifs qui ont été abandonnés sans mesure de protection ou de surveillance particulière.

Qui sont les responsables ? Pourquoi ceux qui ont tenté de donner l'alerte n'ont-ils jamais été écoutés ? Pourquoi l' Etat n'a-t-il pas alerté les riverains ? Les populations sont-elles en danger ?

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:35

Pourquoi votre nouveau réfrigérateur ne tiendra que 5 ans au lieu de 25 ? Pourquoi les ampoules à incandescence ne durent-elles plus que 1.000 heures quand elles auraient pu durer 100.000 heures, ou même 100 ans ? Et pourquoi le Ghana, entre autres pays d'Afrique noire, est-il devenu le dépotoir de nos appareils si vite jetés ? A ces questions, une même réponse : l'obsolescence rapide des équipements, programmée délibérément par les grands groupes industriels. Et tout devient jetable...

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 22:28

C'est une nouvelle affaire Abou Graïb que le Spiegel vient de révéler en publiant le 21 mars quelques photos du caporal Jeremy Morlock, inculpé avec une douzaine d'autres soldats US pour le meurtre gratuit de civils en Afghanistan. Cinq d'entre eux seront prochainement traduits en cour martiale. Je passe sur les détails macabres, mais d'aucuns auraient plus besoin d'une camisole de force que du treillis camouflé...

Der-Spiegel-1.jpg

Le caporal Morlock et son trophée afghan

 

Des photos répugnantes, comme le dit un porte-parole de l'armée US. Mais qu'elles soient "contraires aux normes et aux valeurs de l'armée des Etats-Unis", on va finir par en douter.

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 20:38

Magnifique, c'est la guerre ! Nos présentateurs télé ne cachent plus leur alacrité. La virilité des bombes. C'est beau comme un missile Tomahawk. Ah, vous ne saviez pas ? Ce sont essentiellement des missiles de croisière US qui pleuvent sur la côté cyrénaïque depuis la nuit du 19 mars. Les sources oublient de préciser si leur fuselage est fait de déchets radioactifs ou bien de tungstène, et s'ils portent une charge de 300 kg ou bien des bombes à fragmentation (cf. Du bon usage des bombes ), mais ça promet pour les Libyens !

Petit retour sur les événements que j'ai suivis de loin, distraitement et d'un œil. Il semble que le déclencheur premier des révoltes arabes amorcées en décembre 2010 en Tunisie soit la hausse des prix. Les régimes autoritaires de la région, usés par la corruption, y résistent plus ou moins bien selon qu'ils sont soutenus (Bahreïn, Arabie séoudite, Yémen) ou lâchés par leurs alliés occidentaux. Selon aussi les conditions socio-politiques et religieuses locales. Classique jusqu'ici.

En Libye, les manifestations prennent de l'ampleur mi-février. Les insurgés - dont les services US disent ne pas bien savoir qui ils sont mais sans doute issus de la tribu monarchiste des Warfallah - tiennent Benghazi, capitale de la province de Cyrénaïque et deuxième ville du pays. Et le colonel Khadafi allait tomber comme un fruit mûr, croyaient déjà ses bons amis d'hier. Qui se souvient maintenant de l'élection triomphale de la Libye au Conseil de sécurité de l'ONU (cf. La Libye, membre du Conseil de sécurité ), de nos accords de coopération en matière de défense et de nucléaire civil, signés dans la foulée, et de la visite exotique du président libyen à Paris en décembre 2007, avec sa tente bédouine plantée dans les jardins de l'hôtel Marigny ? Sans compter le financement illicite des dernières présidentielles...

Las, non seulement Khadafi n'est pas tombé, mais ses troupes sont sur le point de gagner la partie, et revoici les USA en proie à leur tentation de toujours : s'en mêler ou pas ? Ils n'ont pas hésité bien longtemps et la décision était prise la semaine dernière. Encore fallait-il obtenir le soutien de la Ligue arabe (contre un de ses membres), pour ne pas trop paraître islamophobes, et celui du Conseil de sécurité de l'ONU (contre un de ses anciens membres) pour la légitimité "démocratique". Ce fut le travail des conseillères de choc : la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, que l'on ne présente plus, et Susan Rice, ambassadeur US auprès de l'ONU. Moyennant des pressions "amicales" sur quelques pays d'Afrique noire jusque là réticents, la résolution voulue fut accordée par le Conseil de sécurité, malgré l'abstention de l'Allemagne, du Brésil, de la Chine, de l'Inde et de la Russie.

Et la France me direz-vous ? Eh bien, comme d'habitude le président suit les instructions de Washington, tout en cherchant à se faire passer pour un grand chef militaire auprès de l'opinion publique nationale, avec la complicité de nos médias tellement libres et indépendants. Rappelons que les quelques forces françaises engagées sont placées sous le commandement du général Carter Ham, chef du Commandement unifié des USA pour l'Afrique ou AFRICOM, secondé par le général Samuel J. Locklear, commandant des Forces navales US pour l'Europe - les USA, vous savez ce pays prétendument réticent à intervenir auquel notre bon président et son inséparable BHL auraient forcé la main... ! Mais de tout ceci, on escompte bien sûr des retombées électorales.

Rien de tel que la guerre pour faire oublier le reste.

Voir aussi les actualités sur le blog de l'historien africaniste Bernard Lugan : L'Afrique réelle - mars 2011 et La crise libyenne, aspiration démocratique ou éclatement des alliances tribales ?.

P.S. Le nom donné par les Etats-Uniens à cette campagne de bombardements, Odyssey Dawn (traduire "Le matin d'Ulysse"), qui vient peut-être d'un article qui traîne sur Internet sous le titre "Free Essays on Homer's Odyssey : The Metaphor of the Dawn" à moins qu'il ne s'agisse d'un emprunt à l'Ulysse de Joyce, est pour le moins alambiqué. Les Français proposaient "Opération Harmattan", du nom d'un vent de sables saharien, mais ce n'est pas nous qui menons le bal. Moi je propose "Opération Lotophages"...

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 19:38

Demain s'ouvre à Bali (Indonésie) une nouvelle session du TIRPAA (traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, www.planttreaty.org). La France y sera représentée par François Burgaud, directeur des relations extérieures du groupement des semenciers industriels (le GNIS, www.gnis.fr, présidé par  Philippe Gracien, chaud partisan du tout OGM)... Autant dire que les intérêts des paysans, des simples jardiniers et de nous tous, amateurs de variétés goûteuses et de bons fruits d'antan n'y seront pas du tout défendus.

Il faut signaler que le GNIS entend forcer les paysans qui emploient les semences de leurs propres récoltes à verser une "contribution obligatoire" aux semenciers industriels dont ils n'utilisent pas les produits (hybrides stériles et OGM). Rien moins ! Les industriels qui en font partie, tel Graines Baumaux, sont à l'origine des poursuites et tentatives d'intimidation contre les paysans français qui tentent de préserver la diversité des cultures et leur liberté de planter des variétés non hybrides. La courageuse association Kokopelli en a encore récemment fait les frais.

Tout ceci, bien entendu, sous couvert de nobles intentions de Tartufes : le "Progrès", le combat-contre-la-faim-dans-le-monde (bah, voyons !), la sécurité sanitaire, ou encore le principe de précaution... Les vieilles pommes tuent pourtant moins que leurs plats cuisinés à l'exhausteur de goût.

Voir le site de la Confédération paysanne

Sur les procédés orduriers de Graines Baumaux, voir ici : www.gerbeaud.com/actualite-jardin/tomate-kokopelli-baumaux.php et Association Kokopelli

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 14:02

Les réalisateurs allemands Leslie Franke et Herdolor Lorenz ont déjà consacré quelques documentaires à la question de plus en plus cruciale de l'approvisionnement en eau potable et du traitement des eaux usées :

- L'Or bleu du jardin d'Eden (2003), sur la guerre de l'eau à venir au Proche-Orient,

- Eau, service public à vendre (2005), sur les enjeux financiers de la privatisation de l'approvisionnement en Allemagne,

et le dernier en date, sorti en septembre 2010 : - Water makes money (L'eau fait du fric).

Le groupe Veolia (ex Vivendi Universal) a aussitôt porté plainte pour diffamation et demande l'interdiction du film. Il avait déjà en 2005 fait pression sur les médias allemands pour empêcher la diffusion du documentaire sur l'eau à vendre qui révélait par quels moyens douteux la multinationale avait réussi à mettre la main sur l'approvisionnement de plus de 450 communes outre-Rhin.

En ce domaine, la privatisation s'est traduite par une augmentation considérable des tarifs de l'eau, une baisse de qualité et un défaut d'entretien

Au-delà de l'affiliation des cinéastes à l'extrême-gauche allemande et, je suppose, aux Grünen, qui leur assure un assez large réseau de diffusion (le 3 février 2011, le documentaire sera projeté à l'Auditorium de l'Hôtel de Ville de Paris, et il est aussi programmé sur la chaîne Arte le 22 mars, à l'occasion de la "Journée mondiale de l'eau"), un tel sujet est autrement plus subversif que les traditionnelles enquêtes sur les immigrés ou sur les prétendus dangers de l'extrême-droite.

On fera donc abstraction de la fin de la bande annonce qui apparaît comme une réclame pour la Mairie de Paris, sur laquelle il y aurait pourtant beaucoup à dire, y compris en matière de corruption.

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:13

Un renard tire au fusil sur un chasseur... L'information en provenance de la région de Grodnensky en Biélorussie, à la frontière de la Pologne, est tombée mi-janvier, et j'en ris encore. Le chasseur beaucoup moins. Alors qu'il cherchait à achever à coups de crosse l'animal qu'il croyait avoir blessé - Maître Renard sait très bien faire le mort quand il faut, - l'individu de 40 ans s'est trouvé fort bête lorsque le rusé a bondi et a appuyé sur la gâchette. Blessé à la jambe (ou au ventre, selon une autre version) et en état de choc, l'homme a terminé sa partie de chasse à l'hôpital. L'histoire ne dit pas si le goupil a gardé le fusil.

Renard.jpeg

Animal intelligent

Ceci bien sûr est une nouvelle de portée géostratégique.

renard-a-la-chasse.jpg

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 01:26

Fin décembre 2010, les présentateurs de télévision prirent leur air le plus benêt pour nous narrer un merveilleux conte de Noël venu des mers du Sud : « L’enfant haïtien ».

Premier tableau : un pays pourri (c’est en tout cas ce que pensent les biens pensants). La république d’Haïti dans les Caraïbes est un pays très pauvre et déstructuré dont la capitale, du joli nom de Port-au-Prince, a été dévastée il y a un an par un séisme meurtrier (plus de 200.000 morts) et qui subit depuis trois mois une épidémie de choléra. Bref, un pays pourri. Ou plutôt, un pays dont on a décidé une bonne fois pour toutes qu’il était pourri. Mais regardons de plus près. Le choléra ? D’où sort-il ? Si vous pensez aux conséquences du tremblement de terre, vous n’y êtes pas du tout. Trop loin dans le temps et dans l’espace, un autre coin du pays en fait : les rives de l’Artibonite, le long des Montagnes noires. A vrai dire, l’épidémie n’est même pas d’origine locale et a surgit... dans un camp militaire de l’ONU !!! Les insuffisances du réseau d’alimentation en eau potable ont fait le reste, car c’est par les eaux contaminées que Vibrio cholerae se propage. Et que propose-t-on aux Haïtiens ? De l’eau ? Des bouilloires ? De la Javel ? Pas du tout.

Acte 2 : Nous, Français généreux, main sur le cœur et larme à l’œil, nous leur proposons, imposons, graissons la patte... qu’ils donnent leurs enfants ! Quel bien matériel a-t-on, quand on est un Haïtien, pauvre parmi les pauvres ? Rien, que dalle, nada. Juste des enfants. Les enfants, seule richesse d’Haïti aujourd’hui et marchandise d’exportation. On prend ! Et maintenant le tremblement de terre, une aubaine pour les trafiquants d’enfants... Mais vous comprenez, le choléra, tout ça, ils vont mourir, ces pauv’ petiots. Sauf qu’en y regardant de plus près, on apprend que lesdits enfants ont été soigneusement sélectionnés dans des zones où le choléra ne sévit pas. Des orphelins, nous dit-on, plus de parents, abandonnés. Pourtant j’en connais une de petite Haïtienne, adoptée vers 4 ou 5 ans par une Française célibataire endurcie. Ô non, la petite n’était pas sans famille. La mère était prostituée, certes. Mais la gamine vivait avec sa grand-mère qu’elle adorait. Personne ne lui a demandé son avis, et hop, déracinée ! Transplantée chez une femme pas malveillante du tout, non, mais sèche, froide, pas extravertie pour deux sous... Finis la chaleur des tropiques et la grand-mère volubile. Le brillant résultat quinze ans après, c’est délinquance et prison.

Alors tout ceci me laisse d’autant plus dubitative que la famille à l’haïtienne est une famille au sens large, très large même. A ce propos, quelques éléments d’ethnologie tirés d’un texte du juriste et anthropologue congolais Camille Kuyu sont assez révélateurs (« Parenté et famille en Haïti : les héritages africains ») :
- « Les cousins collatéraux et utérins sont considérés comme des frères. Les alliés font aussi partie de la famille. Les sœurs et frères de la femme ou du mari sont parentalisés. »
- « La parenté ne se réduit pas à la famille nucléaire. Même le voisin fait partie de la famille. Il y a encore des endroits en Haïti où les enfants sont les enfants de tous. »
- « Souvent, en cas du décès de la mère, une tante peut prendre en charge l'enfant. Car c'est comme si c'était son propre enfant. »
- « La solidarité est une réalité pour les parents, qu'il s'agisse des parents biologiques ou pas. »
- Ou encore ce témoignage d’une femme de ménage haïtienne : « Pour moi, la famille c'est mes enfants, mes parents, mes frères et sœurs, mes cousins, mes cousines, mes tantes… D'ailleurs, j'ai pris avec moi trois autres enfants, deux de mon frère et un d'un cousin. Ils vivent avec moi. Comme je travaille, je m'occupe d'eux. Je n'ai pas besoin de les adopter officiellement. »
Bref, s’ils n’ont plus père et mère, ils ont leur grand-mère, des oncles et tantes, des cousins. Une famille englobante, liante et protectrice aussi. L’adoption à l’occidentale est contraire aux traditions du pays, choquante sans doute, ou peut-être signe d’acculturation.

Acte 3 : L’arrivée en masse en avions spéciaux de petits haïtiens par centaines. Je caricature à peine.

Comprenez-vous, malheureux Haïtiens, vous êtes pauvres, miséreux, minables, pathétiques, pitoyables, dans un pays pourri. Pauvres, vous êtes. PAUVRES. Vos enfants seront bien mieux avec nous, Français, parce que nous avons la télé, le lave-linge, la console de jeux... « Une aire de jeu a été aménagée pour les enfants dans une zone du terminal T2 de Roissy »... Voilà ce que nous montraient les télés dégoulinantes de bons sentiments. Du fric, quoi. Des jouets et des peluches, ça ne remplace pas les chiens et les poussins dans la basse-cour.

Ils ont l’air si tristes, égarés sur les photos. Les voilà traumatisés par l’arrachement à leur grande famille, aux cousins, aux ribambelles d’enfants, à la vie, leur vie. Traumatisés à vie par le bouleversement brutal de leur environnement, l’arrachement à leur culture, à leur terre natale et le froid. Oui, le froid, ça n’a l’air de rien. Il suffit de vêtements chauds, non ? Eh bien, non. Trente degrés de moins d’un coup, c’est un choc. Pour l’avoir vécu, j’en sais quelque chose.

Qu’on adopte l’enfant malheureux placé là par la Providence, oui certainement, mais pas celui qu’on va prélever à l’autre bout du monde. Il n’y a pas de « droit à l’enfant ». Aucun. Et quand j’entends ces nouveaux parents adoptifs dire qu’ils vont se mettre à la culture haïtienne... Vraiment ? Ils vont se mettre au Vaudou, sacrifier des poulets ?

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 20:43

Le réalisateur Janus Metz, plus connu pour ses documentaires sur l'immigration (de même que son premier film, Ticket to Paradise en 2008), a suivi un groupe de soldats de l'armée danoise au cours de leur première mission en Afghanistan. Le résultat, un film qui a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique au festival de Cannes en mai 2010, semble assez saisissant. Je dis 'semble', car Armadillo, censé être sorti sur les écrans le 15 décembre dernier, n'est à l'affiche... nulle part !

 

 

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 20:40

Le 8 décembre 2008, piquée par une mouche peu avouable, l'Union européenne (UE) décrétait l'interdiction d'ici 2012 des bonnes vieilles ampoules à incandescence. Motif avancé : l'écologie !!! Leur remplacement par d'autres types d'éclairage allait permettre, nous disait-on, d'économiser l'énergie et de réduire les émissions de dioxyde de carbone... Diable ! Sauver la planète, rien que ça ! Le gouvernement français, en bon petit trottin, a même anticipé en décidant leur retrait du marché dès 2010, résultat malencontreux de cette vaste fumisterie que fut le "Grenelle de l'environnement".

 

Pourquoi malencontreux ? Tout simplement parce que les ampoules traditionnelles à filament mises au point par Thomas Edison en 1880 étaient simples d'utilisation, efficaces, sûres et très peu chères. Sûres et très peu chères, mais maintenant interdites ! Alors que les alternatives proposées sont tout le contraire.

 

Ces alternatives sont au nombre de trois et vont être promues successivement afin de renouveler le marché à chaque fois, pour le plus grand bénéfice du groupe néerlandais Philips et de quelques autres.

 

- ampoules fluo-compactes

 

Les ampoules fluo-compactes et les tubes néons de même type contiennent... du mercure à l'état gazeux. Il est donc interdit de les casser sous peine d'intoxication grave. Le législateur européen a simplement oublié que les ampoules se cassent aussi par accident. Mais ce n'est pas tout. Ces ampoules présentent un fort rayonnement électromagnétique haute et basse fréquence qui, en deça de 30 centimètres de distance, dépasse largement les valeurs limites, comme le signale une récente étude suisse de la Foundation for Research on Information Technologies in Society. De même, en 2007, le Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques avait relevé des émissions de champs électromagnétiques très élevés, dans la gamme des radiofréquences, jusqu'à 300 V/m à l'allumage.

 

Bref, après avoir été promues à grand renfort de publicité gouvernementale, les ampoules fluo-compactes sont déjà en train d'être retirées du marché...

 

- ampoules halogènes

 

Les ampoules halogènes émettent un rayonnement ultra-violet susceptible d'entraîner les mêmes effets qu'une exposition prolongée au soleil sans protection, à savoir vieillissement prématuré et cancer de la peau. En laboratoire, les souris exposées développent des lésions au bout de 3 mois... Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) précise pudiquement : "Il n'est pas impossible que des expositions dans l'enfance [aux lampes tungstène halogène domestiques] entraînent un cancer à l'âge adulte"...

 

Or, les ampoules qu'on trouve dans le commerce sont souvent dépourvues de filtre et leur étiquettage est très mal fait ou inexistant. J'ai sous la main un emballage d'ampoule Philips "EcoClassic" à fond vert (!) qui n'est signalé comme halogène qu'au dos, dans une police de caractères qui fait moins d'un millimètre de haut. Les composants ne sont pas indiqués et le reste des mentions et mises en garde est écrit tout aussi petit et... en russe !

 

- ampoules à LED

 

Les lampes à diodes électroluminescentes ou LED en sigle anglais, présentées comme la solution écologique, ne valent en fait guère mieux, outre qu'elles éclairent mal. Au point que les autorités sanitaires françaises, qui viennent seulement de réaliser la première expertise sur les effets des éclairages à LED pour la santé (il était peut-être temps !), demandent aux industriels de restreindre leur mise sur le marché... L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) signale en effet que certains éclairages à diodes électroluminescentes peuvent entraîner des dégâts moléculaires sur la rétine. Seraient concernées au moins 30% des ampoules à LED... La lumière bleue qu'ils dégagent expose à une dégradation de la rétine sous l’effet des courtes longueurs d’ondes, avec risque de dégénérescence maculaire et de cataracte.

 

Et tout ceci avec beaucoup de plastique et autres produits non recyclés. Bref l'UE décide de tout et nous, il ne nous reste plus qu'à choisir entre plusieurs maux le moins pire. Le tout bien sûr entre 3 et 30 fois plus cher qu'une inoffensive ampoule classique.

 

Rendez-nous les ampoules d'Edison !

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 21:41

Après plusieurs années d'existence la société des Buveurs d'eau s'est dissoute naturellement par la mort de tous ses membres, sans que le nom d'aucun soit resté attaché à une œuvre qui pût attester de leur existence.


Henry Murger, Scènes de la vie de bohème, 1851.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:23

Le 30 novembre 2009, l'Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé - AFSSAPS suspendait l'autorisation de mise sur le marché d'un antidiabétique, le Médiator, ainsi que de ses deux génériques (Benfluorex Mylan et Qualimed), en raison d'un risque avéré de maladies cardiaques graves et d'hypertension artérielle pulmonaire pouvant entraîner la mort. L'AFSSAPS évoque le chiffre de 500 décès... Produit par le laboratoire Servier depuis une trentaine d'années, le Mediator était soupçonné de toxicité dès les années 1990 et ce d'autant plus qu'il est de composition chimique apparentée à l'Isoméride, un coupe-faim des laboratoires Servier, interdit en 1997 pour les mêmes raisons. Le Mediator - détourné lui aussi en coupe-faim - était encore au palmarès des médicaments les plus vendus en France juste avant son retrait tardif (il rapportait 3,6 millions l'an). Que ne fait-on pour maigrir sans effort...

L'enquête qui a révélé la toxicité du produit est partie du Centre Hospitalier Universitaire de Brest. Le docteur Irène Frachon, qui y exerce en pneumologie, vient de faire paraître en juin 2010 un livre relatant l'affaire, Mediator 150 mg, sous-titré Combien de morts ? (Editions-Dialogues, 152 p., 15€90). Las, le livre a déplu au laboratoire qui a aussitôt porté plainte, et le juge des référés du Tribunal de Brest de lui donner raison en ordonnant la suppression du sous-titre au prétexte qu'un retour sur le marché était toujours possible et qu'en ce cas "le dénigrement provoqué par la mention litigieuse se révélerait grandement source de discrédit". Juridiquement, c'est un peu curieux de condamner sur la base d'un préjudice qui n'est pas encore constitué...

Fondé en 1948 par le médecin Jacques Servier, le laboratoire qu'il dirige toujours à plus de 88 ans est le second groupe pharmaceutique français avec un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros. Il a son siège à Neuilly-sur-Seine, d'où sans doute ses bonnes relations avec le président Sarközy, et est aussi lié à d'autres hommes politiques comme Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé, ou Henri Nallet, ancien ministre socialiste de l’agriculture. Mais cela ne justifie pas l'entêtement du PDG à ne voir en l'affaire qu'une machination, pour "embêter le gouvernement" soupçonne-t-il. Un entêtement qui fait peu de cas des malades.

De quoi donner matière à réfléchir sur l'usage des médicaments et ses abus.

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 19:55

On se souvient de l'escroc Bernard Madoff, cet ancien directeur du NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotations ou marché électronique d'actions US), condamné en 2009 à la prison à vie et au-delà pour le détournement de 65 milliards de dollars à travers une vaste entreprise de vente pyramidale de produits financiers montée à partir des années 1980 selon le principe de la "pyramide de Ponzi", autrement dite carambouille.
Madoff prétendait avoir agi seul, ce qui était fort peu crédible. Mais l'enquête qui se poursuit révèle toutes sortes de ramifications. La banquière juive autrichienne Sonja Kohn, de Medici Enterprise, par exemple, était sa rabatteuse, de même que... Liliane Bettencourt - à travers les fonds privés Oréades et Luxalpha. Et les banques JPMorgan et HSBC ses principaux complices. HSBC, vous savez, la banque qui fait dans les aréoports des publicités d'autant plus réussies qu'elles n'ont aucun rapport avec ses activités...
Parmi les membres de la famille Madoff impliqués figurait aussi son fils Mark, notamment accusé d'avoir puisé 66 millions de dollars de ce Pactole pour s'acheter des maisons de luxe. Figurait, car Mark Madoff vient d'être retrouvé pendu dans son appartement new-yorkais.
En octobre déjà, un ancien associé de Madoff, Jeffry Picower était trouvé mort dans la piscine de sa maison de Floride...
Sans oublier les plus de 3.000 clients, particuliers, associations et institutions, bernés par des promesses de rendement à 17%...

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 22:48

Retour sur mon blog. En feuilletant un prospectus que je m'apprêtais à jeter, je tombe sur une page d'intérêt général signée du journaliste et philosophe Roger Lenglet (Trait d'union, n° 103, novembre 2010). Le texte, que je vous livre, est un extrait de son livre Lobbying & santé : Comment certains industriels font pression contre l'intérêt général (éditions Pascal - Mutualité française, 2009). Les précédents titres de l'auteur sont toujours d'actualité (Profession corrupteur : La France de la corruption en 2007...).

*

Tabac et manipulation

 

Faire grimper la consommation

 

Les cigarettiers ont toujours soigné les vedettes. Dès que le cinéma est devenu un art de masse, ils ont compris que les stars qui fument à l'écran font grimper la consommation. L'agence Lord and Thomas enrôle l'acteur et chanteur Al Jolson, le célèbre interprète du Chanteur de jazz, le premier film parlant de l'histoire du cinéma, pour mettre en valeur les produits de l'American Tobacco en répétant dans les médias : "Les films palants exigent une voix très claire. La torréfaction du tabac élimine tous les éléments irritants et ma voix est claire à chaque scène".

 

Les films hollywoodiens deviennent un vecteur fabuleux. Ils donneront envie de fumer à tous les spectateurs et rassureront la plupart de ceux qui s'inquiètent. Soixante-dix ans plus tard, en 2008, une équipe de recherche trouvera les contrats passés entre les producteurs de tabac et les stars de cinéma depuis la fin des années 20 jusqu'au début des années 50. On y apprend qu'en 1937 et en 1938, American Tobacco a versé 3,2 millions de dollars à des acteurs de premier plan. Le grand Gary Cooper touche ces deux années-là l'équivalent de 140 000 dollars pour fumer des Lucky Strike. Les non moins séduisants Clarck Gable et Robert Taylor reçoivent des versements similaires. Parmi les stars se prêtant également au jeu figurent en bonne place Joan Crawford, Bette Davis, Henri Fonda, Bob Hope, Cary Grant, Edward Robinson, Spencer Tracy, John Wayne, Charlton Eston.

 

Paramount et Warner Bros s'entendent régulièrement avec American Tobacco, puis Ligget & Myers à partir de 1946, pour montrer les Lucky Strike, les Old Gold, les Chesterfield, les Camel... En 1939, Gary Cooper annonce la sortie de son film Ames à la mer dans le cadre même d'une campagne d'American Tobacco. Les acteurs apparaissent souvent dans des spots publicitaires pour inciter non seulement à fumer mais à s'y adonner assidûment. John Wayne, par exemple, qui déclare : "Pour découvrir le plaisir de la cigarette, faites comme moi, fumez des Camel tous les jours...".

 

Acteurs, actrices, télévision

 

Les centaines d'acteurs habitués aux rôles secondaires sympathiques intéressent aussi les lobbyistes qui comprennent vite leur efficacité "subliminale"... L'âge d'or du cinéma sera aussi celui du tabac... La cigarette devient le modèle de millionsde spectateurs désireux d'accentuer leur sensualité. Les stars féminines font rêver le monde entier avec leurs gestes de fumeuses lascives ou provocantes. Lauren Bacall, mais aussi Claudette Colbert, Marlène Dietrich, Betty Grable, Carole Lombard, Myrna Loy, Barbara Stanwyck et des légions d'autres actrices incarnant souvent le type de la femme indépendante et déterminée, feront de la cigarette l'objet de toutes les promesses érotiques et sociales.

 

En 1949, le journal télévisé le plus regardé aux Etats-Unis est présenté par la marque de cigarettes Camel, sur NBC, qui ouvre le générique en annonçant : "Camel vous présente les nouvelles du jour !". Alors que la mise en cause du tabac dans la multiplication des affections pulmonaires mortelles prend de l'ampleur, les marques n'hésitent pas à diffuser sur le petit écran de faux messages médicaux. Par exemple : "Les oreilles, le nez, la gorge ni aucun organe de mes patients n'ont été affectés durant les six mois où ils ont fumé ces cigarettes... Souvenez-vous de ce rapport et achetez des Chesterfield".

 

Les acteurs se repasseront le flambeau malgré les preuves de plus en plus accablantes des décès massifs et les messages d'avertissements sanitaires que les autorités américaines diffusent sur les chaînes de télévision à partir de 1967. omment en sont-ils arrivés là ? Par inconscience ou cynisme ? La première génération d'acteurs et de réalisateurs a sans nul doute ignoré ou sous-estimé les méfaits du tabac. On peut certes leur reprocher d'avoir accepté d'influencer les spectateurs pour de l'argent, ce qui ne reflète pas une conscience très aiguë des risques liés au développement des techniques de manipulation de masses. Par contre, on est en droit de s'interroger plus gravement sur l'attitude des comédiens contemporains.

 

*

Notez bien :

 

L'American Tobacco Company s'appelle aujourd'hui Fortune Brands (vins et spiritueux). Les activités tabac sont passées à la British American Tobacco, dirigée par Richard Burrows, qui détient les marques Lucky Strike et Pall Mall (http://www.batfrance.com/). L'Irlandais Richard Burrows, ancien de chez Pernod Ricard, a été gouverneur de la Banque d'Irlande de 2005 à 2009. II est membre de la Trilatérale.

 

Ligget & Myers a récemment vendu les marques L&M, Chesterfield et Lark à la compagnie Philip Morris, dirigée par Michael E. Szymanczyk (Altria Group), qui détient une quarantaine de marques de cigarettes dont Marlboro. Michael Szymanczyk a fait toute sa carrière chez Philip Morris.

 

Et maintenant, un peu de pub...

Sur la petite vingtaine d'acteurs cités : Charlton Eston, cancer, Myrna Loy, cancers à répétition, Spencer Tracy, emphysème pulmonaire, Gary Cooper, Joan Crawford, Edward G. Robinson, John Wayne morts d’un cancer, Betty Grable, Robert Taylor morts d'un cancer du poumon. Joli pourcentage !

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 22:57

Début août, quelque part en Israëlo-Palestine :

Eden.jpg

La soldate Eden Abergil prenant une pose "de charme" près d'un palestinien ligoté.

Tout est malsain dans cette photo postée "en toute innocence" sur Facebook.

La haine rend fou et les nouveaux "réseaux sociaux" exhibitionniste.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 20:59

Je délaisse mon petit blog... Fâchée aussi de ne plus pouvoir ajouter de photos...

En attendant de retrouver le temps, voici un entretien accordé à La Tribune de Genève le 19 mai 2010 par un analyste financier réputé, qui a attiré mon attention. Bonne lecture !

Et tendres pensées à xxxxxx, mon trader préféré (qui ne me lit pas)

 

*

  Un trader romand mise sur la fin de l'euro

 

Alexandre Wohlwend, patron d'Arabesque Wealth Management, en est convaincu : la monnaie européenne ne survivra pas à la crise en cours - Interview par Emmanuel Barraud

 

Pessimisme ou réalisme ? Lors du dernier "concours de prévision de taux de change" organisé à Genève par le courtier en ligne Dukascopy, Alexandre Wohlwend avait prédit un euro à 1,28 dollar, quand les autres - dont les spécialistes des grandes banques - l'attendaient entre 1,32 et 1,42. Ce jour-là, le 16 avril, il a plongé à 1,24. Un résultat dont ce gestionnaire de fortune spécialisé dans l'échange des devises (forex) n'entend pas tirer une gloire facile. "Mais certains ont pu se dire à cette occasion que, seul contre tous, je n'avais peut-être pas tout tort".

 

Tout le monde ou presque pense que la disparition de l'euro est impossible. Vous estimez au contraire qu'elle est inéluctable. Pourquoi ?

Je considère que la constitution de l’Europe autour de la monnaie unique est un non-sens politique, économique et culturel. L’Histoire a montré que toute monnaie plurinationale est vouée a exploser s’il y a des déséquilibres dans les économies qui la partagent, ce que Robert Mundell, Prix Noble d'économie en 1988, appelle le "choc asymétrique". L’euro n’échappera pas à la règle car les différences culturelles et économiques en Europe sont énormes. La crise grecque n’est que le premier symptôme.

 

Combien de temps survivra-t-il ?
Je ne veux pas me hasarder dans un pronostic chiffré, mais cela pourrait être assez rapide. J’estime qu’avant cinq ans les pays européens auront largement commencé à se retirer de la zone euro pour revenir à leur monnaie nationale.

 

Le plan de sauvetage à 750 milliards d'euros ne servira-t-il donc à rien ?
C'est une fuite en avant. On le voit à la réaction des Bourses : en ce moment l’Europe est euphorique parce qu'elle est droguée à l'endettement. Or, cette "solution" ne fait qu’augmenter la dose de drogue en créant encore plus de dettes ! Tout cet argent sera finalement ponctionné auprès des contribuables, ce qui risque d’entraîner une crise sociale importante.

 

A quoi ressemblera cette chute ?

Je prévois que celle-ci s'effectuera par paliers. L'euro restera un certain temps entre 1,20 et 1,26 dollar, puis viendra une période où il s'échangera entre 1,12 et 1,14. Enfin, si la "ligne de flottaison" historique à 1,08 dollar est rompue, alors ce sera le plongeon final. Ce qui fera le jeu des Etats-Unis.

 

Comment cela ?

Ce sont eux qui ont planifié et souhaité la création de l’euro, avec la complicité de la Communauté européenne, pour "contaminer" l’Europe avec leur concept de mondialisation et de profit maximum à court terme. Le problème, c’est qu’ils ont créé un endettement abyssal et démantelé leur industrie, rapidement imités en cela par les États européens. En outre, depuis qu’ils ont séparé le dollar de l’étalon-d’or, ils ont créé de la monnaie à tout va, jusqu’à faire baisser de 98% la valeur du billet vert par rapport à l’once d’or ! Bref le dollar est lui aussi moribond et la disparition de l’euro lui profitera en lui permettant de rester momentanément en vie.

 

Après l'euro, le dollar... Et ensuite ?
Le danger vient de Chine. Avec les 2.200 milliards de dollars que ce pays détient en bons du Trésor américain, chaque Chinois possède une créance virtuelle de 15.000 dollars envers les États-Unis... Pour l’instant, il n’est pas dans l’intérêt de la Chine de voir chuter la monnaie américaine ; elle continuera donc à augmenter ses réserves en bons du Trésor, qu’elle finira par utiliser pour acheter des pans entiers de l’industrie américaine. Et fera vraisemblablement de même, dans la foulée, avec les pays occidentaux si ces derniers ne se protègent pas par un retour à leur souveraineté monétaire et territoriale, visant à la reconstruction d’un tissu industriel, seul garant d’une stabilité économique à long terme.

Et la Suisse dans tout ça ?

On le voit déjà aujourd'hui : les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux qui, comme le nôtre, ont conservé leur monnaie. Pour l'instant, je conseille donc aux investisseurs européens qui sont en Suisse d'y rester bien au chaud, et de parier avec nous sur la baisse - notamment - de l'euro. Les Bourses devraient beaucoup souffrir de la crise actuelle. Or, même en temps de crise, il est possible de faire fructifier son argent en se tournant vers le marché des changes, ce que nous proposons à nos clients.

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:14
Sans doute aviez-vous déjà noté la quasi absence de publicité sur Géopolis. Oh, on avait bien fait la réclame d'un scooter Peugeot (Géopolis contre-attaque : A bas les scooters Peugeot !), mais une rubrique "Pub", voilà qui nous manquait ! Qu'à cela ne tienne, la voici, avec pour commencer :

bottle

L'eau de B'eau Pal, qui nous vient du cœur de l'Inde, est pleine de propriétés intéressantes qui vont vous la rendre indispensable. Embouteillée à la source, elle tire ses qualités uniques de 25 ans d'infiltration lente de toxines sur le site de la plus grave catastrophe industrielle de tous les temps...

Déjà proposée gratuitement en Angleterre par l'Association Yes Men, spécialiste ès canulars, l’eau de B’eau Pal n'a curieusement rencontré aucun succès auprès des Londoniens... Mais l’opération a permis d’attirer l’attention sur les conséquences de l’explosion de l’usine de pesticides de l'entreprise US Union Carbide à Bhopal (Inde) dont les victimes n'ont toujours pas été indemnisées. L'explosion, survenue dans la nuit du 3 décembre 1984 dans un bidonville de la capitale de l'Etat du Madhya Pradesh, avait provoqué le dégagement dans l'atmosphère et dans l'eau de 40 tonnes d'isocyanate de méthyle, causant la mort d'environ 25.000 personnes en quelques heures. Il y aurait en outre plus de 100.000 personnes atteintes de maladies chroniques (cancers, maladies respiratoires, problèmes de reins, problèmes oculaires, ménopauses précoces, enfants difformes...) liées à la contamination par divers polluants tel l'isocyanate de méthyle, mais aussi le dichlorométhane, le tétrachlorure de méthane et le chloroforme. Selon Courrier international (2 décembre 2009), un rapport d'une organisation caritative locale signale qu'aujourd'hui encore à Bhopal les nappes phréatiques, les légumes et le lait maternel sont contaminés par des quantités toxiques de nickel, de chrome, de mercure, de plomb et d'autres substances organiques volatiles.

Voir aussi (âmes sensibles s'abstenir) : International Campaign for Justice in Bhopal (ICJB).
Et surtout, exigez l'eau de B'eau Pal !
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 17:09
Les Russes, vous savez, sont des humains très étranges. Leurs missiles aussi sont très étranges. Dans les états-majors, on ne parle plus que de ça - non, pas la grippe du cochon !, mais... - le nouveau missile russe. Il s'est manifesté dans le ciel de Norvège dans la nuit du 9 au 10 décembre, laissant les spectateurs babas.

http://img.maxisciences.com/spirale/le-phenomene-lumineux_9548_w460.jpgTrès joli !

Et au bout de 2 minutes, ça s'est transformé en Lune noire :
http://img.maxisciences.com/spirale/la-spirale-lumineuse-s-est-attenuee-au-bout-d-environ-2-minutes_9549_w460.jpg
Devinette : Qu'est-ce que c'est ?

Réponse 1. - Damavoï, le tout nouveau missile russe.

Réponse 2. - Une soucoupe volante, pleine de Martiens.

Réponse 3. - Une mystérieuse spirale lumineuse.

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 19:40
La Kunsthalle de Francfort expose jusqu'au 3 janvier 2010 une œuvre phare de l'art socialiste "réaliste" dans sa version chinoise (Kunst für Millionen : 100 Skulpturen der Mao-Zeit - "L'Art pour les foules : 100 sculptures du temps de Mao"). Cela a beau être pure propagande, cet ensemble de sculptures grandeur nature est assez étonnant et vaut le détour. Créé en 1965 par un collectif d'artistes - ah ça, les collectifs, les Maos adorent ! - un collectif donc issu de l'Institut des Beaux-Arts du Sichuan, il comprend une centaine de statues en bronze regroupées en tableaux qui se déploient en une vaste fresque de 70m de long emblématique de la Chine d'Ancien Régime - du moins dans l'esprit de ses auteurs et du nouveau régime, le Paradis sur terre comme chacun sait ! L'histoire, bien sûr, est larmoyante à souhait. Le tout n'en demeure pas moins saisissant par le réalisme de son style et l'ampleur du programme sculpté.

Les paysans laborieux apportent leur redevance de grains à un grand propriétaire terrien. Ils sont maltraités par le régisseur et ses sbires...
Les malheureux(ses) qui ne peuvent payer sont réduits en esclavage...

Mais un groupe de jeunes paysans courageux, déterminés (et musclés), se prépare à la révolte...
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:08
Sans doute avez-vous déjà entendu parler de ce semencier industriel US qui ne jure que par les OGM, les pesticides... et les gaz de combat !, le mal nommé Monsanto, qui devrait plutôt s'appeler Monsatan en tant que grand pourrisseur de l'humanité. A ce propos, on lira le livre éclairant de la journaliste d'investigation Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto : De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Paris (La Découverte), 2009.


Voilà que cette entreprise totalitaire s'en prend aux potagers américains, comme nous l'apprend un petit article paru dans FEE (France Ecologie Environnement), n° 22, automne 2009, p. 12, que je reprends :

USA : Monsanto propose une loi pour interdire les potagers

De petites fermes ou des particuliers faisant pousser leurs légumes pourraient être placés sous la supervision directe du gouvernement fédéral [US] grâce à une nouvelle législation présentée au Congrès.

La Résolution 875 a été présentée à la Chambre sous le nom de "Acte de Modernisation de la Sécurité Alimentaire 2009" en février par Rosa DeLauro dont le mari, Stanley Greenburg, dirige les recherches pour la firme Monsanto - le leader mondial de la production d'herbicides et de semences génétiquement modifiées.

La nouvelle loi viserait à réduire les risques de contamination via la nourriture par bactéries, produits chimiques, toxines naturelles ou artificielles, virus, parasites, prions et autres agents pathogènes pour l'homme.

Elle concernerait les établissements qui produisent, stockent, font transiter ou vendent toute catégorie de nourriture. Fermes agricoles et aquacoles, ranchs, vignobles seraient soumis à une stricte régulation gouvernementale.

Des "experts" de l'industrie alimentaire, mandatés par le gouvernement, pourraient venir demander de mettre aux normes de petites exploitations, causant des mises en faillite nombreuses...

*
Il n'y aurait pas que des faillites à craindre, bien sûr, mais encore la disparition de toute forme de culture naturelle. Et quand les USA s'y mettent, l'Union Européenne ne tarde pas à suivre...

Dracula, alias Hugh Grant, patron de Monsanto...
bientôt dans votre jardin !

J'en profite pour donner le sommaire de ce numéro de FEE :
  • C. Timmerman, "Productivisme agricole : Vers la fin d'un modèle ?"
  • R. Levasseur, "Ports de plaisance : Un test de la volonté écologiste du gouvernement"
  • ASPAS, "Utilisation ubuesque du budget de l'Ecologie : Borloo débourse 190.000 € pour... treize huttes de chasse !"
  • G. Lean (The Independent), "Un plan secret européen pour activer la production d'OGM"
  • C. Cassier, "Fermeture d'une école à cause de l'implantation d'une antenne relais"
  • "Différence entre beurre et margarine"
  • A. Richter, "164 secteurs industriels seront exemptés de taxe carbone"...
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:31
De nouveau une petite semaine en Allemagne , mais cette fois Francfort-sur-le-Main. Et la même tristesse qui vous prend qu'à Cologne, cet autre fleuron de l'art du Moyen Age rhénan rasé par les bombes en 1944. Mais à Francfort, on s'est acharné à reconstruire à l'identique, d'où cette impression étrange et émouvante d'un gothique tout neuf qui conserve tout de même à la ville beaucoup de son charme. Ajoutez à cela un quartier des affaires dont les gratte-ciel, d'une bien meilleure facture que ceux de la Défense, s'intègrent assez au paysage, des musées en veux-tu en voilà, et un magasin d'ours en peluche... Surtout les ours en peluche !

Domenico Quaglio, Vue de Francfort, 1831 (Städel)
J'étais devant... et dedans !

Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes,
Mais c'est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen...
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 20:28
« Des bombes tombent du ciel sur des villages sans défense dont les habitants n’ont plus qu’à fuir dans la campagne, où le bétail est passé à la mitraille, où les cabanes prennent feu sous les tirs de balles incendiaires : on appelle ceci pacification. »
George Orwell, Politics and the English Language, avril 1946.

Comme l'écrivait Orwell, de nos jours, discours et écrits politiques participent largement de la défense de l’indéfendable. Et les hommes politiques de recourir à l’euphémisme, à l’esquive et à la confusion brumeuse. Allons plus loin : au mensonge pur et simple avec la plus totale effronterie.

Tout ceci pour dire que je suis de retour !
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 15:37
De Glasgow aux Highlands, des terres du clan Campbell à la plaine de Stirling, une semaine dans les brumes d'Ecosse. Mission secrète, bien sûr. Et je ne bois plus que de la Guinness !

Ma photo grise
Eclaircie sur le Loch Lomond

Fougères, bruyères, ajoncs et sorbier des oiseleurs sur les Hautes Terres des ducs d'Argyll
Ajoutez-y fées et lutins, distilleries clandestines... comme un air de celtitude :
Où allez-vous camarades avec vos fusils chargés ?
- Nous tendons des embuscades. Viens rejoindre notre armée !
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 22:01
On nous parle beaucoup de la diffusion de l'Islam en France, parfois pour s'en inquiéter, plus souvent pour applaudir à cette supposée "religion de paix" et nous annoncer le début du ramadan à grand renfort de tambours médiatiques. La question est, bien entendu, le corollaire de celle plus large des vagues de migrations que connaît l'Occident depuis quelques décennies et des bouleversements culturels qui en résultent. Or, c'est réduire le multiculturalisme à l'Islam, qui n'est pourtant pas la seule religion nouvellement venue. D'autres, plus discrètement pour l'heure mais de façon non moins effective, prennent aussi pied chez nous.

Depuis 1985, le dieu hindou Ganesha a son temple à Paris, au 72 de la rue Philippe de Girard dans le 18e arrondissement. Aujourd'hui 30 août 2009 était sa fête (http://www.templeganesh.fr/fetegan.htm). Les Tamouls parisiens, une communauté nombreuse bien connue des restaurateurs qui les emploient en cuisines à bas prix quelque soit la spécialité du restaurant..., ont donc promené dans les rues pavoisées du quartier deux chars fleuris portant les statues cultuelles, entourés de danseurs, porteurs d'offrandes et musiciens, le tout dans un grand chamarrage de guirlandes et de femmes en leurs plus beaux saris. Ganesha est un dieu à tête d'éléphant fort sympathique qui porte chance et aime bien les friandises. Ma foi, s'il fallait vraiment se faire autres que nous sommes, je m'en ferais volontiers sectatrice, ce qui ne me changerait pas beaucoup d'ailleurs ! Comprenne qui pourra.

d'Amour et de Paix
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 22:49
La jeune femme est charmante. Pourtant, à lire son curriculum, on comprend qu'elle ait mis les turbans en ébullition ! Fille d'un ingénieur nucléaire, Rémi Reiss, qui serait cadre à Areva*, à 24 ans elle a déjà effectué des stages chez Framatome et/ou au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) et rédigé un mémoire intitulé "Comprendre la politique iranienne dans la crise nucléaire". Avec cela, diplômée de Sciences Po Lille. Par ailleurs, elle a appris le persan très jeune avec sa nounou, le parle parfaitement et se passionne pour l'Iran... Joli profil d'espionne !

Arrêtée le 1er juillet 2009 à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle s'apprêtait à quitter le territoire, libérée sous caution le 16 août avec assignation à résidence à l'ambassade de France dans l'attente du verdict de la justice iranienne, elle est sous le coup d'une accusation d'espionnage**. Dans un entretien accordé au Parisien d'aujourd'hui 25 août 2009, l'ambassadeur de la République islamique d’Iran en France, Seyed Medhi Miraboutalebi, expose la position officielle de son pays sur cette affaire. Avec l'intelligence diplomatique qui le caractérise, Bernard Kouchner a encore raté une occasion de se taire, cf. Kouchner et les Yoghourts , qualifiant incontinent les propos de l'ambassadeur de fariboles et l'accusant ouvertement de mensonge : "Ce monsieur a parlé, il a tort de le faire d'ailleurs, parce que ce qu'il dit est faux". Pourtant ce que dit Monsieur Miraboutalebi, que ce soit fondé ou pas, n'est pas dénué d'intérêt, et la moindre des choses diplomatiques serait de rester courtois.

Si Monsieur l'ambassadeur veut bien transmettre, nous avons une proposition à faire à nos amis les mollahs. On vous échange notre apprentie espionne contre le nommé Bernard Kouchner. Gardez-le tant que vous voudrez !


Nouvelles précisions, de sources bien informées :
* Monsieur Reiss, employé par cette filiale du CEA, aurait rejoint en 2008 la structure européenne (EFDA-JET) qui travaille sur la fusion nucléaire magnétique (ITER).
** Il est possible que le parcours et les qualités de Clotilde Reiss aient attiré l'attention du VEVAK (Ministère iranien des renseignements et de la sécurité nationale) avant même son séjour en Iran et qu'elle ait fait l'objet d'une surveillance de la part des agents de renseignement du VEVAK postés en France...

*

 

Le Parisien : Qu’est-ce que l’Iran reproche à Clotilde Reiss ?
Medhi Miraboutalebi.
Mme Reiss a fait des études de géopolitique, elle s’intéresse à l’Iran, elle parle persan, mais elle n’est pas professeur de français. A partir de là, trois questions se posent. Pourquoi envoie-t-on une étudiante en géopolitique enseigner le français à la place d’un professeur de langue ? Pourquoi va-t-elle à Ispahan, la région où sont précisément installés nos centres d’enrichissement d’uranium ? Et enfin, pourquoi choisit-elle une université technologique où l’on n’étudie pas les sciences sociales, qui sont pourtant sa spécialité ?
 
Vous ne croyez donc pas qu’il s’agisse d’une simple étudiante ?
Cette jeune femme a effectué entre juin et septembre 2007 un stage sur les technologies nucléaires à la direction des applications militaires du CEA (Commissariat à l’énergie atomique). Elle a rédigé un mémoire intitulé : « Comprendre la politique iranienne dans la crise nucléaire ». Ce document justifie nos doutes à son égard.
 
Faites-vous une relation avec le fait que son père travaille au CEA ?
Nous étions au courant, mais nous ne prenons pas en compte cet élément.
 
Pour autant, vous ne disposez que de soupçons, vous n’avez rien de concret contre Clotilde Reiss…
Son dossier compte huit chefs d’accusation. Elle les a tous reconnus lors de son procès. Cette dame est partie en Iran avec un visa de trente jours pour enseigner le français. Sur place, elle a fait une demande de prolongation. Lorsque son visa a expiré une deuxième fois, elle aurait dû quitter le pays, mais elle a continué à séjourner illégalement. En apparence, elle est partie pour donner des cours de français à Ispahan. Alors pourquoi s’est-elle retrouvée pendant quinze jours dans les manifestations de Téhéran ?
 
Etait-elle surveillée en Iran ?
Oui, nous la surveillions dès lors qu’elle était sur le territoire iranien. Sinon, comment aurions-nous pu l’arrêter ?
 
Selon vous, c’est donc une espionne ?
C’est l’un des chefs d’accusation, mais personne ne peut se prononcer à la place du magistrat.
 
Vous affirmez qu’elle a tout avoué. En France, on pense qu’elle y a été forcée…
Ces pratiques n’existent pas en Iran pour une raison simple : nos croyances religieuses nous interdisent de mentir et de faire avouer sous la contrainte. L’ambassadeur de France a rendu visite à Mme Reiss et a pu constater que ses conditions de détention étaient tout à fait confortables.
 
Sait-on quand le jugement sera rendu ?
L’accusée a été interrogée et a pu être libérée sous caution (NDLR : 300 000 $, soit 213 000 €) en attendant le verdict, comme l’autorisent les lois iraniennes. A présent, c’est au juge de décider entre la prison, la liberté ou l’amende. Pour la date, je vous invite à lui poser vous-même la question. Ce qui est certain, c’est que ce sera moins long qu’en France.
 
Les relations entre la France et l’Iran sont extrêmement tendues…
Le ministre français des Affaires étrangères dit que la France n’a pas de relations avec les autorités iraniennes. Cela veut dire quoi ? N’est-ce pas justement de sa responsabilité ? Que fait la France pour améliorer les liens ? Depuis deux mois, je fais tout mon possible pour que le climat s’apaise et éviter que les choses ne dégénèrent. La France a choisi de s’ingérer dans les affaires iraniennes immédiatement après l’élection et diffuser ses messages de propagande à l’opinion publique.
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