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  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 21:10

Que l'armée française délivre Tombouctou, ville savante et trésor du soufisme, des fous d'AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) et de leurs alliés d'Ansar Dine, ce sera une excellente chose. Les questions délicates vont se poser après. Elles ne seront pas tant militaires que politiques. Quelle est vraiment et quelle sera la position du gouvernement français ? Sera-t-elle juste ? L'ancien Soudan français va-t-il redevenir par force un seul pays, le Mali, au détriment des Touaregs ?

Au printemps 2012, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) avait pris le contrôle de tout le Nord du Mali et proclamé le 6 avril 2012 l'indépendance du pays touareg, espérée depuis des décennies par ces populations semi-nomades victimes des exactions de l'armée malienne et abandonnées à leur sort. Las, ce nouveau pays n'a été reconnu ni par la France, ni par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) que l'ONU souhaite voir intervenir au Mali, ni par la prétendue "communauté internationale". Il n'est reconnu que par Géopolis !

Il suffit pourtant d'examiner la géographie historique et humaine pour saisir le problème.

En novembre 2012, Bilal Ag Acherif, président du Conseil transitoire de l'État Azawad (www.mnlamov.net), demandait le soutien de la France pour lutter contre les infiltrations d'AQMI et de ses suppôts en territoire touareg. Pourtant, ce n'est pas aux côtés des Touaregs, mais de l'armée malienne que la France intervient aujourd'hui. Est-ce pour lui livrer à nouveau ces territoires, alors même que l'on signale déjà des exactions et exécutions sommaires contre les Touaregs ? Je cite la lettre de Human Rights Watch au président François Hollande :

"En ce qui concerne le soutien apporté à l’armée malienne pour regagner le contrôle de son territoire nationale, nous vous exhortons également à assurer et à déclarer publiquement que la France ne soutiendra pas les éléments de l’armée malienne responsables d’abus, dont en particulier le leader du coup d’Etat, devenu chef de la réforme du secteur de la sécurité, le capitaine Sanogo. Les troupes sous son autorité ont été impliquées dans des exécutions extrajudiciaires, des cas de torture et des disparitions forcées, et ne devraient pas être autorisées à commettre de nouveaux abus.

[...] Plus spécifiquement, les obligations de la France en matière de droits humains interdiraient à ses forces armées de remettre des détenus aux autorités maliennes ou à d’autres Etats en cas de risque réel de soumission à la torture, à la peine de mort ou à des traitements inhumains et dégradants. Les accords de la France avec le Mali concernant les opérations de ses forces armées doivent refléter ces obligations en matière de droits humains.

Nous nous sentons également dans le devoir de vous prévenir que lorsque l’armée malienne regagnera le contrôle du territoire au nord, si tel est le cas, des représailles et des assassinats généralisés à l’encontre des civils perçus comme étant opposés au gouvernement risquent d’avoir lieu. Les tensions ethniques sont très fortes et les milices pro-gouvernementales, ainsi que des groupes de jeunes, ont rassemblé des listes de personnes qu’elles soupçonnent d’avoir soutenu les groupes islamistes et le MNLA et dont elles cherchent à se venger. Plusieurs de ces miliciens et leurs chefs nous ont confié que ces listes avaient été remises à l’armée malienne." (Lettre de HRW au président de la République française, le 21 janvier 2013)

Mais quel poids ont les Touaregs face aux intérêts d'AREVA dans le Niger voisin ? cf.  Les ordures d'AREVA Nos intentions sont-elles si pures ? Et question subsidiaire : Qui dirige le Mali aujourd'hui, un gouvernement fantoche ou une junte militaire ?

Pour mieux comprendre, un très intéressant reportage d'Olivier Joulie et Laurent Hamida, diffusé sur la chaîne ARTE le 29 juin 2012 :

La décolonisation, c'est aussi savoir enfin s'affranchir des frontières arbitraires décidées par le colonisateur.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 23:04

Devinez qui ?  Le nom du peintre : Saïf al-Islam Khadafi, né le 25 juin 1972 - ce qui en fait mon frère de signe !, - fils du dictateur libyen Mouammar Khadafi. Qui est Saïf al-Islam ? Un noceur habitué de la jet-set, un artiste dilettante, mais aussi, peut-être, l'homme de la situation. C'est du moins ce que pense, comme moi, Benjamin Barber du "thinktank" américain Demos. Je traduis ci-après son article publié dans The Guardian le 13 avril 2011 sous le titre : "Oui, Saïf est un Khadafi. Mais il y a encore un vrai réformateur en lui". Pour le début des événements :  Joyeux bombardements sur Tripoli !

Atenda

Sous la tente

Le fils du dictateur est écartelé entre sa famille et la démocratie. Pour le bien de la Libye, nous devons faire confiance à sa meilleure part. (Benjamin Barber)

Les attaques, compréhensibles quoique outrées, portées contre Saïf Khadafi après qu'il ait proclamé son adhésion à son père, à son clan et au régime de Tripoli dès le début de l'insurrection, ont compliqué considérablement la voie diplomatique en Libye. Ceux d'entre nous qui disaient il y a six semaines que Mouammar Khadafi serait dur à renverser, que le résultat le plus probable du soulèvement serait une longue guerre civile et tribale et une impasse coûteuse en vies humaines n'étaient pas écoutés car soupçonnés de vouloir ce qu'ils prédisaient. Pourtant nos prédictions se sont révélées bien plus pertinentes que celles des naïfs exubérants qui prétendaient que Tripoli était un nouveau Caire et que la démocratie était à portée de main.

Maintenant que les espoirs fantasques se sont dissipés, et qu'il est devenu clair qu'il y a des fissures au sein du clan Khadafi lui-même, tandis que le président sud-africain Zuma recherche une issue pacifique et que le parti français de la guerre commence à se calmer, il y a une ouverture. Mais elle implique de recourir à Saïf Khadafi, tout en reconnaissant qu'il n'y aura pas de solution militaire au conflit et qu'un retour à une partition de la Libye entre Cyrénaïque et Tripolitaine d'avant 1934 n'est ni possible, ni souhaitable.

Odesafio.jpg

Le défi

Mais peut-on faire confiance à Saïf ? Les médias préfèrent les héros ou les méchants, mais Saïf tient des deux à la fois, et donc n'est ni l'un ni l'autre. Comme la plupart des protagonistes de moments historiques décisifs, c'est un homme partagé, écartelé entre ses années de travail au service d'une réforme authentique, pour laquelle il a parfois pris des risques, et les attaches du clan et les loyautés familiales qui le lient à une famille que caractérisent la tyrannie politique et la loi d'un chef et père autocratique.

Il y a tout juste six ans, Saïf terminait son manifeste - publié aux Oxford University Press - appelant de ses vœux une société civile et une démocratie participative en Libye. Il exprimait l'engagement d'abandonner "le gouvernement héréditaire, les coutumes familiales, la loi martiale, la culture tribale, l'absence de constitution et d'état de droit" au profit d'une Libye définie par "des institutions politiques stables et un code de lois établi". Il citait non sans audace l'insurgé anglais John Bradshaw qui proclamait au XVIIe siècle : "Se rebeller contre les tyrans c'est obéir à Dieu", ajoutant de lui-même : "Je crois du devoir des peuples de se rebeller contre la tyrannie".

Cela résonne aujourd'hui comme une grossière hypocrisie compte tenu de ce qui vient d'arriver en Libye à ceux qui se sont soulevés contre la tyrannie. Pourtant, les prétentions de Saïf à être un réformateur ne se fondent pas que sur ses écrits. Car il a autrefois joué en rôle dans l'entrée au gouvernement de deux hommes qui sont aujourd'hui des figures éminentes de l'opposition. Mahmoud Gibril a rejoint l'équipe de Saïf travaillant sur le développement économique, avant de devenir l'un des ministres de Khadafi, tandis que Abdul Jalil, de Baïda à l'Est (où la mère de Saïf a vécu), a rejoint le gouvernement en tant que ministre de la justice honnête et indépendant, en partie sur recommandation de Saïf.

Luzdistante.jpg

Lumière lointaine

Et puis il y a la fondation de Saïf à la direction internationale de laquelle j'ai travaillé avant de donner ma démission en guise de protestation au début du soulèvement. La fondation a fait du travail sérieux sur la question des droits de l'homme, la liberté des médias et d'Internet, la société civile, et pour la réhabilitation des combattants islamistes détenus dans les prisons libyenne. Sa nécessité avait été clairement exposée par Saïf lui-même au cours d'un remarquable exposé devant le Congrès national libyen de la jeunesse en 2006, où il déclara : "Nous n'avons pas de liberté de la presse. Nous n'avons pas de presse du tout en Libye. Nous nous mentons à nous-mêmes quand nous prétendons le contraire. La Libye a-t-elle vraiment une autorité populaire et la démocratie directe ? Chacun de vous sait que le système démocratique de nos rêves n'existe pas au royaume du réel." Du mauvais côté de la liberté désormais, Saïf continue pourtant à travailler à la libération de journalistes emprisonnés et à tempérer la violence de ses frères engagés, Mutassim, chef de la Sécurité, et Khamis, à la tête de brigades de la mort.

L'année dernière encore la Fondation Carnegie pour la paix internationale écrivait : "Durant la majeure part de la dernière décennie, le fils de Khadafi, Saïf, le visage public de la réforme en faveur des droits de l'homme en Libye et la Fondation Khadafi, la seule adresse où adresser les plaintes pour torture, détention arbitraire et disparitions".

Rien de tout cela n'excuse les actions abominables de Saïf dans la crise actuelle, mais cela suggère qu'il vaut la peine de poursuivre une action diplomatique discrète à la recherche d'une voie de sortie à la violence et à la guerre civile d'aujourd'hui. Après tout, Saïf a bien décliné un poste à responsabilités dans le gouvernement, disant qu'il n'accepterait jamais une fonction non sanctionnée par des élections libres. Tout rôle maintenant serait transitoire, pour assurer une transition le temps que son père se retire et que les précédentes réformes constitutionnelles de Saïf puissent se poursuivre vers des élections libres. En l'absence d'un rôle pour Saïf, ni lui ni sa famille n'ont d'autre issue - comme Saïf l'a dit si solennellement il y a quelques semaines - que de "vivre ou mourir en Libye", en combattant pour conserver l'hégémonie tribale de la famille.

Saïf a perdu la faveur et la confiance qu'il avait acquises ces cinq dernières années. La seule façon dont il puisse prouver sa bonne foi est de mettre fin à cette violente guerre civile et de superviser une transition pacifique et démocratique qui serait marquée par un retrait par le retrait de son père de toute activité dans le gouvernement du pays. Je persiste à croire que parmi les voix contradictoires qui se disputent l'esprit torturé de Saïf, il y a celle d'un authentique démocrate et d'un patriote libyen. Mais d'autres doivent ouvrir une issue pour que Saïf puisse, s'il le veut bien, l'emprunter et redevenir le réformateur qu'il a cessé d'être avec les conséquences terribles que l'on sait pour lui-même et pour son pays.

*

Aux propos de Monsieur Barber, j'ajouterai que Saïf appartient par sa mère à la tribu des Barasa, cf. Bernard Lugan : L'alchimie tribale libyenne, qui est au cœur de l'insurrection anti-Khadafi, ce qui là encore fait de lui un intermédiaire idéal. Si Dieu lui prête vie.

Lembrancasdosmateriais.jpg

Souvenirs de la matière

Les illustrations sont des œuvres de Saïf al-Islam soi-même présentées à l'exposition "Le désert n'est pas silence" à Sao Paulo au Brésil en 2010 (après Moscou, Londres et Paris - Institut du Monde arabe en 2002) et, ma foi, n'ont rien à envier à certains grands noms de l'art contemporain, dans un style qu'on pourrait définir comme un surréalisme du désert...

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 00:07

Une rose pour la paix :

Belarosa.jpg

L'auteur de "La belle rose", s'il est encore en vie, est dans le feu de l'actualité militaire de ces derniers mois... Mais bien peu en France connaissent son œuvre peint. Devinez qui ? La réponse ici :  Les meilleures guerres ont une fin

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 20:38

Magnifique, c'est la guerre ! Nos présentateurs télé ne cachent plus leur alacrité. La virilité des bombes. C'est beau comme un missile Tomahawk. Ah, vous ne saviez pas ? Ce sont essentiellement des missiles de croisière US qui pleuvent sur la côté cyrénaïque depuis la nuit du 19 mars. Les sources oublient de préciser si leur fuselage est fait de déchets radioactifs ou bien de tungstène, et s'ils portent une charge de 300 kg ou bien des bombes à fragmentation (cf. Du bon usage des bombes ), mais ça promet pour les Libyens !

Petit retour sur les événements que j'ai suivis de loin, distraitement et d'un œil. Il semble que le déclencheur premier des révoltes arabes amorcées en décembre 2010 en Tunisie soit la hausse des prix. Les régimes autoritaires de la région, usés par la corruption, y résistent plus ou moins bien selon qu'ils sont soutenus (Bahreïn, Arabie séoudite, Yémen) ou lâchés par leurs alliés occidentaux. Selon aussi les conditions socio-politiques et religieuses locales. Classique jusqu'ici.

En Libye, les manifestations prennent de l'ampleur mi-février. Les insurgés - dont les services US disent ne pas bien savoir qui ils sont mais sans doute issus de la tribu monarchiste des Warfallah - tiennent Benghazi, capitale de la province de Cyrénaïque et deuxième ville du pays. Et le colonel Khadafi allait tomber comme un fruit mûr, croyaient déjà ses bons amis d'hier. Qui se souvient maintenant de l'élection triomphale de la Libye au Conseil de sécurité de l'ONU (cf. La Libye, membre du Conseil de sécurité ), de nos accords de coopération en matière de défense et de nucléaire civil, signés dans la foulée, et de la visite exotique du président libyen à Paris en décembre 2007, avec sa tente bédouine plantée dans les jardins de l'hôtel Marigny ? Sans compter le financement illicite des dernières présidentielles...

Las, non seulement Khadafi n'est pas tombé, mais ses troupes sont sur le point de gagner la partie, et revoici les USA en proie à leur tentation de toujours : s'en mêler ou pas ? Ils n'ont pas hésité bien longtemps et la décision était prise la semaine dernière. Encore fallait-il obtenir le soutien de la Ligue arabe (contre un de ses membres), pour ne pas trop paraître islamophobes, et celui du Conseil de sécurité de l'ONU (contre un de ses anciens membres) pour la légitimité "démocratique". Ce fut le travail des conseillères de choc : la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, que l'on ne présente plus, et Susan Rice, ambassadeur US auprès de l'ONU. Moyennant des pressions "amicales" sur quelques pays d'Afrique noire jusque là réticents, la résolution voulue fut accordée par le Conseil de sécurité, malgré l'abstention de l'Allemagne, du Brésil, de la Chine, de l'Inde et de la Russie.

Et la France me direz-vous ? Eh bien, comme d'habitude le président suit les instructions de Washington, tout en cherchant à se faire passer pour un grand chef militaire auprès de l'opinion publique nationale, avec la complicité de nos médias tellement libres et indépendants. Rappelons que les quelques forces françaises engagées sont placées sous le commandement du général Carter Ham, chef du Commandement unifié des USA pour l'Afrique ou AFRICOM, secondé par le général Samuel J. Locklear, commandant des Forces navales US pour l'Europe - les USA, vous savez ce pays prétendument réticent à intervenir auquel notre bon président et son inséparable BHL auraient forcé la main... ! Mais de tout ceci, on escompte bien sûr des retombées électorales.

Rien de tel que la guerre pour faire oublier le reste.

Voir aussi les actualités sur le blog de l'historien africaniste Bernard Lugan : L'Afrique réelle - mars 2011 et La crise libyenne, aspiration démocratique ou éclatement des alliances tribales ?.

P.S. Le nom donné par les Etats-Uniens à cette campagne de bombardements, Odyssey Dawn (traduire "Le matin d'Ulysse"), qui vient peut-être d'un article qui traîne sur Internet sous le titre "Free Essays on Homer's Odyssey : The Metaphor of the Dawn" à moins qu'il ne s'agisse d'un emprunt à l'Ulysse de Joyce, est pour le moins alambiqué. Les Français proposaient "Opération Harmattan", du nom d'un vent de sables saharien, mais ce n'est pas nous qui menons le bal. Moi je propose "Opération Lotophages"...

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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 21:42
Est-ce vraiment un hasard ? La Libye vient d'être élue membre du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle a été élue par l'assemblée générale dès le premier tour, de même que le Vietnam et le Burkina Faso, rejoints au deuxième tour de scrutin par la Croatie et le Costa Rica. L'élection se fait aux deux-tiers des votants, soit un minimum de 128 voix sur 192...

Bien joué, Monsieur Khadafi ! Ça valait quand même la peine de faire torturer des infirmières bulgares.

Kadhafi.jpgMouammar Kadhafi arborant son nouveau pin's africain

Il s'agit bien sûr des 5 nouveaux membres non permanents du Conseil pour les années 2008-2009, qui rejoignent les 5 membres permanents (USA*, Russie, Chine, Royaume-Uni, France) et les 5 autres membres non permanents élus pour 2007-2008 (Afrique du Sud, Belgique, Indonésie, Italie, Panama).

*http://geopolis.over-blog.net/article-3399117.html
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 20:49
Selon le quotidien El Pais, les services de sécurité espagnols ont récemment prévenu leur gouvernement du risque accru d'attentats en France et en Espagne depuis que l'ancien GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) s'est affilié à la nébuleuse Al-Qaïda et s'est rebaptisé "Al-Qaïda Maghreb" : "Cette organisation dispose d'un réseau de militants sur le territoire espagnol, où ils sont de plus en plus actifs et de plus en plus dangereux" (El Pais, 22 avril 2007). Le journal ajoute que "la France et l'Espagne sont les deux pays les plus menacés et les plus pénétrés par ce groupe" dont le regain d'activité s'est déjà traduit par plusieurs attentats en Afrique du Nord (le dernier en date à Alger, le 11 avril dernier, a fait 33 morts et 200 blessés).

La radio espagnole Cadena Ser, se fondant sur les conclusions d'un rapport des services secrets, précisait le 23 avril que le réseau terroriste pourrait être tenté de passer à l'action en France avant le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 6 mai. En janvier 2007, Abdel Kader Droukdel, alias Abou Moussab Abdelouadoud, chef de l'ex-GSPC, proférait déjà des menaces directes à l'encontre de la France et invitait les Algériens à s'en prendre aux Français...

Voici l'animal ! (à droite)

On se souvient que le terrorisme algérien est responsable des deux séries d'attentats qui avaient ensanglanté Paris en septembre 1986 (culminant avec celui perpétré rue de Rennes devant le magasin Tati) et en juillet et octobre 1995 (dans les stations du RER Saint-Michel et Orsay). D'où l'idée saugrenue d'une note "donnant la conduite à tenir en cas d'alerte à la bombe" qui a germé un beau matin de juin 1999 au sein d'un grand établissement public français. Je vous la livre tel quel et je peux vous garantir que l'exemplaire qu'on m'en a remis il y a quelques jours est parfaitement authentique...

*****
Alerte à la bombe

...La sécurité n'incombe pas seulement aux forces de l'ordre, elle est également l'affaire de tous. Mais loin de céder à la psychose, chacun d'entre nous doit se sentir pleinement investi d'une responsabilité personnelle pour répondre à cette menace.

Gardons en mémoire que la menace la plus grave ne fera jamais l'objet d'un avertissement préalable car pour les réseaux terroristes les plus durs, le but étant d'obtenir le résultat le plus calamiteux, mieux vaut que personne n'en sache rien avant.

Si la menace s'exprime, elle relève soit d'une possibilité réelle, soit d'une origine trouvant ses sources dans la débilité de son auteur : la difficulté étant de faire la différence.

Dans le cas d'une alerte à la bombe, l'appelant cherchera à toucher un décideur, un responsable pour exercer sur lui le chantage ou l'action psychologique choisie ; dans le second cas, le coup de téléphone sera très bref, passé "à n'importe qui" avec son auteur en position de spectateur curieux des conséquences.

Le rôle de celui qui va recevoir le coup de téléphone est donc fondamental à double titre :

1. C'est lui qui va permettre, de par son jeu, de soutirer le maximum d'informations sur l'appartenance probable de l'auteur au groupe des possibles ou au groupe des fantaisistes, pour tenter de localiser l'engin explosif et de déterminer sa nature, son volume, son emplacement, etc...

2. ...saisir aussitôt le Service de la Sûreté, au poste n° ..., pour traitement de l'affaire.

3. ...prévenir aussitôt M. ... ou, en cas d'empêchement de ce dernier, M. ..., responsable de la Sûreté, à charge pour ces derniers de prendre toutes les mesures qui s'imposeront et de prévenir les responsables du Service de la Sûreté...

Comment jouer ce rôle efficacement :

1. Suivant le type de l'appareil téléphonique, identifier l'origine de l'appel : interne ou externe.

2. Prendre des notes écrites au fur et à mesure et susciter si possible l'écoute d'un collègue ou l'enregistrement de la communication.

3. Apprécier le sexe de l'appelant, son niveau d'âge, son niveau social, noter l'accent d'origine (attention aux simulations), est-il seul ou en compagnie d'autres personnes ?

4. Noter tout autre signe utilisable : musique, bruit de fond, le lieu d'appel peut-il être défini : gare, cabine, magasin, aéroport.

5. Faire parler l'intéressé le plus longtemps possible. S'il ne répond pas, possibilité de message enregistré, s'il répond, recherche d'appartenance à une entité nationale ou ethnique et de comportement psychologique (psychopathes de tous genres) ou idéologique (appartenance à une mouvance terroriste).

6. Demander tous les détails possibles sur le lieu d'implantation de la bombe, ses caractéristiques techniques : poids, explosif, moment de l'explosion, le moyen de son entrée sur le site. Cela permet de faire hésiter l'appelant qui, pour la plupart de temps, reste une menace générale en fait non réalisée (opération bluff). (sic)

7. Interroger l'appelant sur lui-même : qui est-il, est-il marié, a-t-il des enfants, etc... Des fiches établies, archivées, permettront des comparaisons, dons (sic) d'établir ou non des liens de similitudes avec les différents appels dans le temps. Les notions de jours et d'heures sont significatives du type de l'appelant.

Dès la fin de l'appel, le Service de la Sûreté, en la personne du plus haut responsable sur place, sera obligatoirement saisi.

Décision d'évacuation :

Celui-ci informera le Directeur ... ou le Directeur de permanence en lui donnant sa position motivée en aide à la décision à prendre...

Si l'alerte est jugée sérieuse, voire plausible, il pourra être décidé d'évacuer les lieux. Dans ce cas, il conviendra :
- d'interdire toute nouvelle entrée, autre que de service,
- de fouiller les lieux après évacuation totale,
- de baliser les accès et itinéraires d'intervention éventuels...

*****

Application. Imaginons la situation. Vous vous appelez Zéphyrin Zébulon, fonctionnaire zélé. Le téléphone sonne...

Mohamed Bîn-Bîn, terroriste : P'tain, tu décroches ?
ZZ : Ministère de..., j'écoute.
MBB : Ouaih ! Au nom du groupe Allalah des excités du Jihad...
ZZ : Bonjour, Monsieur le terroriste.
MBB : ...j'revendique l'attentat...
ZZ : Certainement. Puis-je vous demander votre sexe ?
MBB : Quoi ? Qu'est-ce tu m'causes de sexe, toi, hé, bâtard !
ZZ : Euh... Au son de votre voix, je déduis que vous êtes de sexe masculin. Je le note.
MBB : Ouaih ! J'te revendique l'attentat là !
ZZ : Et, vous êtes marié ?
MBB : ???!!!
Bip, bip, bip...
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