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  • : Géopolis
  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 22:26
Cochons volants, Tamiflu et fermes industrielles : L'OMS s'inspire d'un roman de science-fiction !
par F. William Engdahl - voir La grippe du cochon volant (1)

Plus c'est absurde, mieux ça marche ! Les agences internationales chargées de prévenir les menaces de nouvelles pandémies mondiales, l'OMS et les CDC (Centers for Disease Control américains) se conduisent comme les directeurs d'un film de série B hollywoodien ou les auteurs d'un plagiat de La variété Andromède de Michael Crichton [auteur de SF - sur le thème des ravages d'une mystérieuse bactérie mutante venue de l'espace]. La panique générale autour de l'arrivée d'une nouvelle pandémie, une grippe du cochon transmissible à l'homme, ressemble de plus en plus  à une opération de sidération psychologique dont les seuls bénéficiaires seront les quelques multinationales pharmaceutiques spécialisées dans la production d'antiviraux, Roche, SmithKlineGlaxo et Novavax principalement. Les perdants ce sont tous les autres, nous tous.

Les déclarations en provenance du siège de l'OMS à Genève et de celui des CDC à Atlanta méritent attention. Le 30 avril, l'agence d'Atlanta rendait public un rapport au titre alarmant : "Grippe d'origine porcine (H1N1) : infections virales dans une école de New York". Le rapport décrit en détail le cas de cette école new-yorkaise où "au 28 avril, près de la moitié (45) des infections par le virus aux USA avaient été confirmées parmi les étudiants et membres du personnel". Le CDC déclare ces cas d'infection "génétiquement similaires aux virus isolés par la suite sur des patients au Mexique". On ne nous dit pas ce que signifie en termes scientifiques "génétiquement similaires", mais cela sonne assurément très inquiétant.

A ce stade, les CDC annonçaient 109 victimes avérées de la grippe du cochon aux USA, 45 sur les 109 provenant de cette école de New York. Les chaînes de télévision étaient inondées de messages alarmants sur la propagation incontrôlée de la grippe. Le lendemain 29 avril, le directeur général de l'OMS, le docteur Margaret Chan, relevait l'alerte à la pandémie de grippe du cochon du niveau 4 au niveau 5, dernière étape avant l'alerte générale à la pandémie.

Selon l'OMS, le niveau 5 correspond à des preuves de propagation inter-humaine du virus dans au moins 2 pays d'une zone donnée. Le niveau 6, celui d'une pandémie, correspondrait à une fréquence accrue des cas de transmission dans la population mondiale. En annonçant le relèvement du niveau d'alerte, le docteur Chan a ajouté un commentaire malencontreux de nature à susciter la panique, qui, comme c'était prévisible, n'a pas manqué d'être repris par CNN et les médias mondiaux : "Lors d'une pandémie, c'est vraiment l'humanité toute entière qui est menacée", et cela bien que le directeur-général de l'OMS n'ait pas lancé d'alerte de niveau 6.

Un communiqué de presse du CDC d'Atlanta indiquait que le déploiement de 25% des réserves US d'antiviraux serait achevé le 3 mai. Ces réserves de médicaments sont destinées à aider les états et territoires US à répondre à la pandémie. De plus, le Gouvernement fédéral et les industriels ont lancé la recherche d'un vaccin contre le nouveau type de virus grippal H1N1. L'arsenal anti-pandémie commençait à tourner à plein régime.

Des 45 enfants de l'école new-yorkaise dont le CDC avait solennellement annoncé qu'ils étaient des cas confirmés d'infection par le virus H1N1 d'origine porcine, 95% présentaient des symptômes tels que fièvre avec toux et / ou maux de gorge, correspondant à la grippe selon la définition du CDC.

Très bien. Mieux vaut être prudent lorsqu'on traite d'une nouvelle forme de "variété Andromède". Mais toux, maux de gorge, fièvre ? Ne sont-ce pas là des symptomes ordinaires des plus vagues ? Pas pour le CDC apparemment. Ces 45 gosses furent aussitôt ajoutés aux statistiques en hausse de cas confirmés, justifiant les réponses d'urgence, les déclarations du président des USA, une catastrophe économique pour la fragile économie mexicaine du fait du tarissement soudain du tourisme, et dans le monde la peur d'une nouvelle Peste Noire ou du moins d'une nouvelle version de la grippe espagnole de 1918.

Le CDC s'est empressé d'ajouter cette précision : "Les symptômes chez ces patients apparaissent similaires à ceux d'une grippe saisonnière". Ceux assez courageux pour parcourir les pages du rapport du CDC de New York liront vers la fin que "au 27 avril, 37 patients (84%) ont signalé que leurs symptômes étaient stables ou en voie d'amélioration, 3 (7%) ont présenté une aggravation des symptômes (dont deux ont par la suite montré des signes d'amélioration) et 4 (9%) sont arrivés à complète guérison". Un seul patient avait dû être hospitalisé pour une syncope et était ressorti de l'hôpital après une nuit passée en observation. Et le CDC d'ajouter : "A ce jour, cette épidémie en milieu scolaire est la plus grande concentration de cas de grippe du cochon signalée aux USA".

Outre les 109 "cas confirmés" des USA, incluant le décès d'un enfant mexicain au Texas, le CDC ajoutait au 29 avril un total de 57 cas confirmés dans le monde dont 7 morts (au Mexique). La répartition par pays est la suivante : Mexique 26, Canada 13, Royaume Uni 5, Espagne 4, Allemagne et Nouvelle Zélande 3 chacun, Israël 2, Autriche 1. Est-ce un nouvel exemple de "Chicken Little" criant que le ciel va tomber ?

[Allusion au dessin animé américain "Chicken Little", sorti en 2005 : Chicken Little est un petit poulet dont la ténacité dépasse de loin sa taille minuscule. Il essaie désespérément de faire oublier à la population du village sa grande humiliation : il y a deux ans, un gland lui est tombé dessus et, persuadé qu'il s'agissait d'un morceau de ciel, Chicken Little a couru donner l'alerte en hurlant "Le ciel s'écroule ! Le ciel s'écroule !". La panique s'est emparée des habitants et leur affolement a failli détruire le village, attirant l'attention des médias...]

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Published by Mélusine - dans International
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commentaires

walkmindz 06/05/2009 23:34


Une contagion inconnue passionne davantage les foules qu’une maladie maîtrisable.
Le nombre de morts configure la couverture médiatique.
Plus la problématique est globale, plus elle est déclinable, plus elle est universelle.
Flash info publicitaires et épileptiques, reporters spéciaux concernés et consternants, analyses des causes prévisibles ou prémonitoires et des conséquences envisageables ou inéluctables.
Quand le chantage moral ne se distingue plus du droit de savoir, on peut avoir peur, cette fois-ci.
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/04/27/bloc-note-psychose-mediatique/

Mélusine 06/05/2009 23:46


Oui, et les mots perdent leur sens. Par exemple, "pandémie" serait mieux employé pour désigner la grippe hivernale commune qui chaque année tue entre 200.000 et 500.000 personnes de par le monde.
On est encore loin du compte.