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  • : Géopolis
  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 00:17
La guerre rend fou, pas seulement les chiens de guerre, pas seulement les victimes, mais ceux qui la font, qui la vivent, qui la voient. En 1939, il y avait encore deux cent mille vétérans de 1914-18 dans les hôpitaux psychiatriques d'Angleterre... Après la guerre du Vietnam, sur trois millions de GI's mobilisés, sept cent mille ont souffert de profonds troubles mentaux... Et beaucoup de militaires français, retour du Rwanda, ne vont pas tellement mieux.

Nés d'une vision d'horreur même fugace, mais qui semble s'être imprimée irrémédiablement dans la mémoire, les troubles post-traumatiques - pensées fixes, cauchemars, nuits d'insomnie, peur panique, phobies et déchéance, parfois jusqu'au suicide, - sont bien plus répandus qu'on n'imagine. Peut-être un soldat sur trois ou quatre en sera atteint, comme le laisse entendre Jean-Paul Mari, grand reporter pour le Nouvel Observateur, qui vient de consacrer un livre au sujet et à sa propre expérience.

C'était déjà le thème de Danse avec Bachir. Soit dit en passant, les films d'horreur jouent des mêmes ressorts et je ne serais guère surprise qu'ils provoquent les mêmes effets sur le spectateur, même si en théorie ils permettent encore tant bien que mal une mise à distance, parce que "ce n'est pas réel". Mais lorsque c'est réel...



Jean-Paul Mari, Sans blessures apparentes, Paris (Robert Laffont), 2008.
http://sansblessuresapparentes.blogspot.com (le site internet ne semble pas fonctionner très bien)

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Published by Mélusine - dans International
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Elizabeta 12/01/2009 12:23

Merci de m'avoir appris l'existence de ce livre. Un de mes meilleurs amis, journaliste,  s'est suicidé après avoir couvert plusieurs années la guerre en Bosnie. Sa mort me hante depuis: ne l'avons nous pas laissé, nous ses proches,  seul et sans secours affronter ces images qui l'ont tué.  

Mélusine 13/01/2009 22:38



Merci à vous, mais tout le mérite revient à M. Jean-Paul Mari. C'est un grand courage qu'il a eu d'aborder un sujet qu'en général on passe sous silence.

Votre témoignage est très touchant. Le problème est justement que le mal-être des témoins de guerre est "sans blessures apparentes" et difficile à soigner. L'entourage n'est pas toujours en
mesure de se rendre compte que quelque chose ne va pas, puis est vite démuni. Il y a des traitements, en particulier en homéopathie et aussi celui dont parlait Dominique ci-dessus, qui peuvent
être très efficaces, mais encore faut-il le savoir ou être bien orienté. Visiblement, ce n'est pas uniquement une question d'écoute. L'expérience de la guerre est traumatisante. Le suicide d'un
être proche l'est aussi.



Dominique 20/12/2008 21:54

Chère Mélusine,Les traumatismes de guerre (ou d'attentat, de meurtre collectif etc...) ont été décrit il y a déjà longtemps et Freud lui-même avait très bien perçu le problème après la Grande-Guerre. La seule parade jusqu'à ces dernières années : une psychothérapie rapide et intense le plus tôt après les faits pour éviter que ceux-ci ne se gravent chimiquement (mais aussi solidement que sur un CD-rom) dans les cellules mémorielles du cerveau. Cela ratait dans un certains nombre de cas, sans parler de tous les gens qui n'étaient pas pris en compte à tant !Désormais, il y a une nouvelle voie vraiment très prometteuse : l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR), qui réinscrit les cellules mémorielles en sollicitant les souvenirs affreux tout en faisant certains mouvements oculaires précis (probablement les mêmes que ceux qui se font spontanément dans le sommeil paradoxal). Il y a là un progrès qui peut être vraiment important et qui se fait hors de la voie de la chimie !! 

Mélusine 30/12/2008 15:08


Intéressant, en effet.