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  • : Géopolis
  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 23:58

Jeudi 23 novembre 2006. Il est 23h passées. Place de la Porte de Saint-Cloud, non loin du Parc des Princes, sur le trottoir de Paris, un jeune homme agonise. Il se nomme Julien Quemener. Il n'a que 25 ans. Il vient de prendre une balle en plein cœur.

Portrait en guise de requiem

Tranquille, amical, serviable et travailleur, Julien est un jeune homme sans histoires. Originaire de Dinard en Bretagne par ses grands-parents paternels, il vit en banlieue sud, à Savigny-sur-Orge, avec son père menuisier, sa mère, employée à la fac d'Orsay, son jeune frère et une cousine de Marseille. Il aime la voile et le foot, mais surtout depuis quatre ans il est amoureux d'Emilie, une frêle eurasienne de 19 ans. Ils ont prévu de s'installer ensemble dans un petit appartement que le père de Julien finit de retaper pour eux. Une vie simple.

Depuis tout petit, comme Antoine, son ami d'enfance, le jeune homme est fan du PSG : "On voulait supporter le PSG, mais on ne savait pas dans quelle tribune, Auteuil ou Boulogne ? dira Antoine à des journalistes de Paris Match [n° 3002, 29 novembre 2006]. On a finalement choisi Boulogne pour l'ambiance festive. Et pour rien d'autre. Cornes de brume, écharpes, maquillages, drapeaux... Il n'y a qu'à venir au Parc pour voir que c'est là où l'on s'amuse le plus et où l'on chante le plus fort".

Mais voilà, la tribune Boulogne du Parc des Princes, c'est ça :

Hooligans du KOB au Parc des Princes

Vous aurez remarqué les couleurs bleu-blanc-rouge qui montrent bien que ces hooligans sont de dangereux nationalistes... très différents des supporters "normaux" comme ceux-ci qu'on nous montrait il y a quelques mois :

Supporters français lors de la Coupe du Monde 2006

Et, bien entendu, ceci...
Supporters du PSG (racistes)

...n'a rien à voir avec cela :
Scène de liesse après une victoire des Bleus
 lors de la Coupe du Monde (Montpellier, juin 2006)

Julien ne faisait pas de politique. Il n'avait jamais voté et n'avait d'ailleurs même pas de carte d'électeur. Il n'était pas un délinquant. Il n'était pas non plus un extrémiste, de quelque espèce que ce soit. Encore moins un "fasciste". Pourtant le soir du drame, il est à peine mort que la curée commence...

Paroles de haine

Pour la classe politique, les principaux médias, les hautes autorités de l'administration et les associations officielles, le scandale du 23 novembre Porte de Saint-Cloud, ce n'est pas la mort d'un gentil jeune homme de 25 ans. Non, le scandale, la tragédie, ce sont les propos racistes attribués aux supporteurs du PSG. Qu'on en juge par les extraits qui suivent (empruntés au site du Nouvel Observateur), ad nauseam :
  • "Cet événement m'inspire un sentiment non seulement de condamnation, non seulement de stupéfaction mais aussi d'horreur. Ces violences sont scandaleuses, les propos racistes, quelle que soit leur nature sont honteux et indignes et doivent être condamnés, et bien entendu je les condamne avec la plus grande fermeté." (Jacques Chirac, président de la République française, 24 novembre 2006)
  • "C'est un drame qui montre à quel point ces violences sont inacceptables. Nous nous sommes mobilisés au fil des dernières années avec Nicolas Sarkozy pour apporter les justes réponses et en particulier permettre des actions préventives d'interdiction de stades. Nous le voyons, il faut prendre des dispositions nouvelles. Il faut s'assurer que la répression pour tous ceux qui usent des violences dans les stades soit exemplaire." (Dominique de Villepin, premier ministre, 24 novembre 2006)
  • "Ces tensions et ces violences dont les conséquences peuvent être dramatiques, à l'image de ce qui s'est produit hier soir à l'occasion du match PSG - Hapoël Tel-Aviv, sont inacceptables et ternissent l'image du sport". (Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse et des sports, 24 novembre 2006)
  • "Je crois qu'il y a une solution radicale et efficace, qui est de fermer les tribunes où se passent les phénomènes de violences. Sans doute ce n'est pas fait pour des problèmes financiers, mais lorsqu'on met en face à face les recettes contre ce qui se passe, je pense qu'aujourd'hui il faut arrêter de lésiner et il faut fermer les tribunes où se passent ce type de violence. C'est quand même incroyable ce fonctionnement de l'ordre public, qui sait parfaitement lorsque les supporters entrent dans les stades ce qui va se passer, et qui laisse entrer ces supporters. Il faut que le club prenne ses responsabilités, qu'il ferme les tribunes où se passent ces déclenchements insupportables de violence, de racisme et d'antisémitisme." (Ségolène Royal, candidate du Parti Socialiste à la présidence de la République, 25 novembre 2006)
  • "En tout état de cause la gravité de cet évènement vient de confirmer la nécessité absolue de combattre le racisme et l'antisémitisme dans l'environnement des supporters du PSG". "J'entends que désormais l'image et les valeurs de Paris soient respectées en toute circonstances : elles ne peuvent s'accommoder de la moindre forme d'intolérance. C'est pourquoi des actes significatifs doivent être posés". (Bertrand Delanoë, maire de Paris, 24 novembre 2006)
  • "Les bandes de voyous qui se nomment supporteurs ne doivent plus avoir leur place dans l'enceinte du Parc des Princes et ailleurs". "Ces manifestations de violence inqualifiables et sans doute teintées de racisme doivent être sanctionnées avec la plus grande fermeté". (Claude Goasguen, député UMP du XVI arrondissement de Paris, 24 novembre 2006)
  • "Il faut nettoyer la tribune Boulogne. Je pense que les dirigeants du Paris Saint-Germain doivent réfléchir à la question de savoir s'il ne faut pas maintenant faire venir à la tribune Boulogne un public qui correspond à ce qu'est le reste du public au Parc des princes, qui n'est pas raciste et qui n'est pas violent. Je pense que le PSG doit se poser la question dans un premier de temps de savoir s'il ne faut pas d'ici le reste de la saison jouer devant la tribune Boulogne vide. Et à ce moment il faut qu'il y ait le concours des forces de l'ordre parce que ce sera un bras de fer." (Pascal Cherki, adjoint au maire de Paris, chargé des sports, 25 novembre 2006 sur RTL)
  • "Ces ultra-violents, on les connaît. Ils sont tous répertoriés et pourtant, ils continuent à aller au stade." "Le ministre de l'Intérieur doit arrêter de brasser du vent. Nous demandons que les gens classés en catégorie C soient interdits définitivement de stade. Ceux classés en catégorie B doivent se voir interdire de stade à titre temporaire." (Didier Bariani, président du groupe UDF au Conseil de Paris)
  • "C'est une agression à caractère antisémite, c'est vraiment ça venant du Kop Boulogne, c'est toujours ça". "A l'issue du match, au moment de la dispersion des supporteurs, il y [avait] à peu près 200 supporteurs du Kop Boulogne du PSG". "Ce sont des gens extrêmement violents, extrêmement dangereux, animés par une idéologie d'extrême droite". (un porte-parole du syndicat Synergie-officiers, 24 novembre 2006 sur RTL)
  • "Je déplore qu'il y ait eu un mort du côté des supporters du PSG, mais ce sont quand même des gens qui sont racistes". "Il faut quand même savoir que le 'kop' de Boulogne [...] c'est à peu près 150 personnes [...], des sauvages, des voyous". (Joaquim Masanet, secrétaire général de l'UNSA-police, 24 novembre 2006, sur France Info)
  • "Tout ça est terrible. Dans cette affaire, le racisme et l'antisémitisme se mélangent comme d'habitude, […] c'est la violence banale, banalisée. Toute la société doit se mobiliser, les parents, les enseignants, tout le monde, pour qu'on apprenne à vivre ensemble en France. Ce qui se passe est grave pour la société française." (Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France - CRIF, 24 novembre 2006)
  • Et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme - LICRA "constate, depuis le début de la saison, un réel durcissement des agressions racistes au Paris SG, dans des circonstances de plus en plus violentes", et "condamne avec fermeté" les violences survenues jeudi soir. Elle rappelle qu'elle "dénonce, et ce depuis plusieurs années, le climat d'insécurité et de terreur (violences racistes et antisémites, ratonnades, lynchages) qui règne à chaque match dans les allées du Parc des Princes". (24 novembre 2006)
  • "Un mort à la fin d'un match: ça devait arriver. Ce qu'il s'est passé est extrêmement grave et résulte d'un climat de violence et de racisme présent dans et autour de trop nombreux stades. Cet état de violence est dénoncé depuis plusieurs années par tous ceux qui aiment le football..." (SOS-Racisme, 24 novembre 2006)
  • "Ces faits inacceptables, même s'ils émanent d'une minorité, prouvent malheureusement que les actions déjà mises en œuvre par la Fédération française de football et la Ligue de football professionnel, en liaison avec les pouvoirs publics, pour lutter contre la violence et le racisme doivent être poursuivies et intensifiées pour éradiquer ce fléau qui détruit les valeurs du sport". (Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football, 24 novembre 2006)
Personne ne savait encore ce qui s'était exactement passé ce soir-là, si ce n'est qu'un jeune homme encore inconnu de tous était mort. Mais des déclarations unanimes complaisamment diffusées dans la presse, il ressortait bien que Julien Quemener ne pouvait être qu'un sale raciste. Qu'il crève ! Un seul montrera un peu d'humanité pour la famille du jeune homme, Alain Cayzac, président du club Paris Saint-Germain : "C'est un événement dramatique. Avant d'être président, j'ai été dirigeant historique et je suis bouleversé car c'est la première fois dans l'histoire du club qu'il y a un mort. Tout le reste est secondaire par rapport à ce drame. [...] le reste ne sont que des mots." Mais pour avoir fait part de "sa profonde compassion à la famille du supporteur décédé", il sera aussitôt dénoncé par SOS-Racisme et l'Union des étudiants juifs de France !

Le dimanche 26 novembre, le PSG était en déplacement à Nantes pour son premier match après le drame. Ces supporters, que l'on présente comme des brutes épaisses, surent se montrer bien plus dignes que beaucoup de nos messieurs les importants. Ils avaient souhaité, en accord avec les dirigeants du club, que soit observée avant la rencontre une minute de silence en mémoire de Julien. C'était la moindre des choses. La Ligue de football y opposa un refus catégorique. Solidaires des parisiens, les supporters nantais avaient apporté une gerbe de fleurs pour la déposer sur la pelouse du stade. Le préfet s'y opposa !

Que s'était-il donc passé le soir du 23 novembre pour que l'on insulte aussi ouvertement la mémoire d'un mort ?

A suivre...

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Published by Mélusine - dans France
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commentaires

dan 07/01/2007 16:18


SILENCE ON TUE…
 

Le Front National Jeune d’Ille et vilaine rend hommage à la famille de Julien Quemener et à ses amis affectés par la douleur.

 
Jeudi 23 novembre 2006 , sortie du Parc des Princes, alors que vient de se dérouler le match Paris Saint Germain - Hapoel Tel Aviv , Julien Quemener 24 ans d’origine Bretonne supporter des Boulogne-Boys est abattu . Tué par balle par un policier des transports.
 
Fin de match : le PSG à perdu. Selon des témoins, ce soir la, un jeune Français Yanniv Hazout supporter du Hapoel Tel Aviv nargue les supporters Parisiens , drapeau Israélien à la main. De la foule présente sur les lieux;c’est a dire cent personnes, une quinzaine répondent à la provocation et s’avancent pour mettre en déroute l’arrogant supporter Israélien. A ce moment un policier des transports en tenue civile Antoine Granemort, 32 ans, Antillais , apparemment étranger au dispositif Policier du Parc, intervient . Seul il prend sous sa protection la retraite du supporter Israélien . D’après les témoignages toujours, il aspergera les supporters Parisiens avec sa bombe lacrymogène d’une main , gardant la seconde à l’intérieur de son blouson. Le tout sans brassard et sans avoir annoncé sa qualité de policier. Les supporters Parisiens s’approchent, le policier recule et sort une arme de poing afin de dissuader. Il trébuche, et tombe. En bloc les Parisiens s’avancent d’encore plus prés ne pensant pas avoir face a eux un homme réellement armé. Malheureusement, le policier panique et tire vers la foule, blessant Mounir Bouchaer 27 ans, la balle lui transpercera un poumon. Le projectile finira sa course dans le cœur de Julien se trouvant en arrière plan de la scène. Précisons que toujours selon les témoins, à aucun moment Julien n’a porté de coup ou proféré des insultes racistes.
Une fois la mort de Julien apprise, une frénésie s’empare des supporters. Ils suivent Antoine Granemort jusqu’à un Mac Donald ou il se retranche arme à la main. Ignorant toujours avoir affaire à un policier les supporters Parisiens dégradent le fast-food.
 
Le soir même, sans perdre de temps, la presse une fois de plus manipule cette tragédie afin de mettre a l’index le Président du Parti National Mr Le Pen . Ceci dans le but unique, qu’il apparaisse aux yeux de l’opinion publique responsable moralement de cet événement. Laissant penser au peuple Français qu’il est la source de tout cet agrégat de haine. Insistant sur le fait que Julien n’était qu’un « Hooligan, un néo-nazi, un Le Peniste assoiffé de sang  ». Méritant la mort que le policier de couleur lui a donné. Or Julien ne faisait pas de politique, sa passion était le foot-ball, et c‘est tout. Ces journalistes ont abjectement diabolisé l‘image de Julien, ne respectant pas la dignité de sa personne humaine, ne respectant pas sa famille, ses amis, bref la mort d’un homme. A ceci s’ajoute une déclaration du procureur de la république saisit de cette affaire, qui s’est empressé de dévoiler à la presse, oubliant son devoir de réserve, que les protagonistes hooligans scandés au moment des faits «  Le Pen Président  » horreur suprême pour le commun des mortels. Ceci est totalement faux pour le Président du Front National, Mr Le Pen, et pour tout ceux et celles qui on encore un minimum de lucidité aujourd’hui . Une plainte pour diffamation sera portée.
Une instruction est en court, le Policier Antoine Granemort, laissait libre, à été entendue en qualité de témoins assisté, ce qui a permis de diminuer sa responsabilité, et d’écarter sa mise en examen pour homicide.
 
Enfin n’oublions pas Mr SARKOZY , qui inquiet d’attirer le regard des électeurs et non des lecteurs, sur lui, à multiplié les annonces de mesures coercitives à l’encontre des Boulogne-Boys. Remarquons que ces mesures ont été matérialisées très rapidement alors que nous attendons toujours l’application de ses solutions, de ses bonnes paroles pour les banlieues, à savoir la karcherisation ...
 

 

 
Fnj35 Dan.

Mélusine 07/01/2007 16:53

Un silence assourdissant...Ceci étant, le résumé que vous donnez du déroulement des faits me paraît beaucoup trop dépendant des versions médiatiques les plus sujettes à caution. On en sait davantage aujourd'hui.Contrairement aux dires de Granomort, par exemple, son examen médical n'a décelé aucune trace de coups. Contrairement à ses dires aussi, l'expertise balistique a démontré qu'il n'était pas à terre lorsqu'il a tiré...