La guerre est lointaine quand on ne la subit pas. Le 9 octobre dernier, après des semaines sans nouvelles, j'ai reçu la lettre qui suit d'une amie libanaise. Soudain, un choc. En peu de mots, avec pudeur, elle dit beaucoup...
"Chère Mélusine,
Vous m'excuserez pour ce retard à vous écrire mais nous avons passé par des moments très difficiles et je n'avais pas l'esprit à écrire. Malheureusement, j'ai perdu beaucoup d'amis dans cette guerre infernale, et maintenant je reprend ma vie normale. Toute la famille va bien grâce à Dieu, mais c'était très dur. Même deux mois après, les routes et les immeubles en ruines nous entourent comme un cauchemar. Je ne sais pas quoi vous dire, je suis toujours sous le choc, car le Liban est vraiment détruit que ce soit la pierre, les gens ou l'économie, et les gens sont inquiets car on parle ici d'une nouvelle guerre qui sera plus féroce que la dernière. Bizarrement les Libanais croient toujours que, un jour, nous vivrons comme tous les peuples en paix. Merci à vous tous qui avez pensé à nous. Vous me manquez beaucoup.
Nada"