Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
J'essaie ici de résumer la discussion. Longtemps Marie pour les filles et Jean pour les garçons ont été les prénoms les plus donnés en France.
Les prénoms d'aujourd'hui témoignent des changements de civilisation en cours. Parmi les facteurs qui semblent influencer le choix d'un prénom particulier par les parents et les modes onomastiques générales, les plus importants semblent : la déchristianisation, l'influence de la télévision et notamment celle des séries américaines, les changements de population et les phénomènes migratoires.
Le goût des voyages et de l'exotisme peut jouer aussi un rôle, de même que la notoriété de tel ou tel acteur ou telle ou telle mannequin.
Le prénom est en outre révélateur d'une volonté d'intégration sociale ou au contraire d'une affirmation identitaire. Prenons le cas d'Inès. Très rare en France et réservé à une élite aristocratique qui lisait les Lusiades ou Montherlant (1), il s'est répandu avec les familles lusophones et hispanophones puisque ce prénom est la forme ibérique de Agnès (2). La célébrité d'Inès de la Fressange lorsqu'elle était mannequin pour la maison Chanel (qui relève d'abord du cas n° 1), assure ensuite sa diffusion dans la bonne bourgeoisie (3). Aujourd'hui c'est le prénom que choisissent le plus volontiers pour leurs filles les ressortissants du Maghreb (4) et par conséquent... il est le plus donné en France !
Il s'agit en fait de deux racines linguistiques différentes sans rapport entre elles si ce n'est qu'elles se prononcent pareil, l'une indo-européenne et chrétienne : Inès / Agnès, l'autre arabe mais qui, transcrite en caractères latins avec restitution des voyelles, s'écrit aussi Inès.