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Alors que l'implantation de l'armée américaine en Crimée donne lieu sur place à des mouvements de protestation, le président d'Ukraine Viktor Iouchtchenko exige maintenant l'expulsion des étrangers qui auraient participé à ces manifestations de protestation.
Je cite la dépêche : le président demande "au Service de sécurité, au ministère de l'Intérieur et à l'administration du Service de la frontière d'expulser immédiatement d'Ukraine les citoyens étrangers qui participent aux actions de protestation sur le territoire du pays". Ces personnes ne seront "plus jamais admises sur le territoire de l'Ukraine", d'après le décret.
Iouchtchenko a-t-il la mémoire courte ? Ou est-ce du cynisme ? Ne doit-il pas la Révolution orange qui l'a porté au pouvoir en décembre 2004 à la présence d'étrangers, journalistes, observateurs, conseillers politiques, les Serbes du mouvement Otpor et autres en assez grand nombre, sur le territoire de l'Ukraine ? Si son prédécesseur avait pris la décision d'expulser tous les étrangers qui s'activaient pour le parti de Iouchtchenko, il n'y aurait sans doute pas eu de Révolution orange.
Sur le fond comme dans sa forme outrée ("plus jamais admis"), le décret du président ukrainien est inquiétant. Comme en Géorgie, l'épisode démocratique garantissant la liberté d'expression, de manifestation et de protestation n'aura été qu'une parenthèse.