Alors que nos sociétés se sont battues pour abolir l'esclavage et que beaucoup le croient aboli, l'esclavage moderne a représenté au cours de ces dix dernières années un trafic supérieur à celui de la traite des esclaves africains en quatre siècles, soit 30 millions de victimes depuis 1995. (J.S. Mallet, représentant de la Fondation Scelles, contre la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle)
La traite des êtres humains est un crime. Un crime actuel dont les pratiques avilissantes et traumatisantes dépassent les horreurs connues au temps de la traite des Noirs et des Blanches... Ce n'est pas moi qui le dit, mais le n° 617 du mensuel
Messages du Secours catholique qui vient de me tomber sous la main (octobre 2007). Le dossier à la une titre
Traite des êtres humains : L'homme, un morceau de choix.
Le phénomène recouvre plusieurs formes : travail forcé, prostitution, esclavage domestique, traite des jeunes sportifs, trafic d'enfants, mendicité forcée, prélèvement d'organes... Il a pris les proportions d'une épidémie, s'industrialise, se mondialise, se banalise aussi*. Rien qu'en 2006, plus de 500.000 femmes auraient été importées en Europe occidentale par les réseaux mafieux. En France, 80% des personnes réduites à la prostitution sont d'origine étrangère.
Les routes de la traite sont intrinsèquement liées à l'immigration clandestine. Elles passent le plus souvent par le Maghreb ou par les Balkans. Rapportant plus de 27 milliards d'euros par an, le marché mondial de l'humain est en pleine expansion. La traite se place ainsi en 3e place dans la liste des trafics criminels, après la drogue et les armes : "Il est beaucoup plus facile de faire traverser les frontières à des enfants et à des femmes que de passer de la drogue ou des armes ; c'est très rentable, cela demande peu de moyens et est tout de même moins risqué", selon A. Coqblin du Secours catholique.
"Les élargissements successifs de l'Union européenne ont eu, sans conteste, un impact sur le développement de la traite des êtres humains"... et on pourrait ajouter, l'affaire du Kosovo aussi. Je ne sais pas trop ce que valent les conventions, mais toujours est-il que la France n'a toujours pas ratifié celle du Conseil de l'Europe relative à la lutte contre la traite, au contraire de l'Albanie, l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Géorgie, la Moldavie, la Roumanie, la Slovaquie, et tout récemment le Danemark, ce qui retarde son entrée en vigueur. Il semblerait que le gouvernement français ait pris des "initiatives" pour lutter contre "l'aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irrégulier liée au trafic illicite de migrants", mais on se demande bien lesquelles vu que certains de ces trafics se font sur la place publique, pour ne citer que le réseau des revendeurs de camelote portant, pour attirer l'attention, de petits chapeaux en forme de parapluie coloré, que l'on croise sur le parvis de la cathédrale de Strasbourg comme devant les grilles du château de Versailles.
www.coatnet.org http://www.coe.int/ www.fondationscelles.org/index.php
www.contrelatraite.org (à partir du 18 octobre)
Voir aussi ici même :
http://geopolis.over-blog.net/article-3465258.html
http://geopolis.over-blog.net/article-3132242.html
*Humiliations et violences sexuelles sont devenues des arguments publicitaires courants, du style "
Je la lie, je la fouette et parfois elle passe à la casserole" (pour une crème fraîche), "Vous avez beau dire non, on entend oui" (avec une photo de mannequin noire toute nue, pour un chocolat), "A-t-elle les reins solides ? Vérifiez la solidité de votre entreprise !" (avec des fesses de femme, pour un serveur), et toute la vogue du "chic porn" dans les défilés et les affiches de mode, les affiches de D&G notamment qui sont des mises en scène de viol collectif.