Parlons chiffons ! Du 13 au 16 octobre 2006 se tenait à Paris la 3e édition du Salon de la mode éthique (cf.
www.ethicalfashionshow.com). Pour qui en serait resté au pull informe façon éleveurs de chèvres du Larzac, associé au refus de la féminité, à la consommation de drogues et autres idées folles, la "mode écolo" ce n'est plus du tout ça ! Mais plutôt ceci :
Trois domaines, parfois combinés, étaient mis en valeur : la production textile écologique, le "développement durable" et les matériaux recyclés. Si les stands africains, qui donnaient presque tous dans l'ethno-folklorique, étaient plutôt désertés des visiteurs, les créateurs d'Asie par contre ont rencontré un vif succès. Non pas la Chine, puissance textile certes, mais, comme on sait, peu versée dans l'écologie et qui n'était que médiocrement représentée, mais l'Inde et les pays d'Asie du Sud-Est. L'association thaïlandaise SoiWat présentait les jeunes créateurs de Bangkok dont des pièces uniques d'un des grands noms de la mode de demain... dont j'ai malheureusement oublié le nom !
L'Asie Centrale était représentée par les manteaux traditionnels en soie brochée de la marque mongole Torgo, et là je dois dire que j'ai craqué - le petit manteau noir élégamment porté par une belle des steppes longiligne, sur moi ce n'était pas mal non plus... Où l'on apprend aussi qu'en Mongolie, la fleur de lys est un motif ornemental très prisé. Les vestes modernes coupées dans de la soie de kimono de la marque franco-japonaise Aoi étaient encore plus remarquables, mais là on atteint la haute-couture et les prix qui vont avec.
Côté Occident, les modèles en coton biologique, chanvre ou fibres de bambou de la sympathique Grace Trance sont la meilleure illustration de l'alliance retrouvée entre écologie et féminité (voir ci-dessus). Ils ne sont encore disponibles qu'aux USA et c'est bien dommage. Sympathique aussi, le tour du cou en vison blanc doublé de tissu pied-de-coq de Rachel Fortin, spécialiste en fourrures recyclées (non, je n'ai pas craqué !). Dans notre monde de consommation effrénée et du tout jetable, le recyclage ou récupération de matériaux usés a encore bien du chemin à faire pour s'imposer, mais s'il est un domaine où l'idée passe bien c'est celui de la fourrure. Et Rachel Fortin sait faire du neuf avec du vieux et vous transforme votre manteau de fourrure défraîchi en quelquechose de beaucoup mieux. Il suffit d'aller à Montréal... (cf.
www.rachelf.ca)
Enfin une mention spéciale pour Seyes, une jeune marque française de pulls en coton pour hommes et pour femmes à porter tous les jours : culture biologique, commerce équitable et projet de développement durable en Inde (région du Madhya Pradesh), teinture sans métaux lourds et confection "Made in France" avec toutes les garanties et la qualité qui en découlent et, très important aussi, les créations d'emplois, bref l'anti-délocalisation... Et ça marche ! (cf.
www.seyes.fr)