Curieux, cette propension des hommes politiques à tout réduire à leur petit entendement. Voilà des lustres que les vrais écologistes (je ne parle pas des Verts) sonnent l'alarme sans émouvoir grand monde, et tout d'un coup, par la lubie d'un certain Albert Gore, on ne parle plus que de réchauffement climatique, au point que c'en devient caricatural. Comme s'il n'y avait que cela. Mais peut-être est-ce le but ? Focaliser sur un seul danger, celui précisément sur lequel le simple particulier a très peu prise, et lui faire oublier tous les autres ? Il vient pourtant d'y avoir deux catastrophes écologiques majeures en moins d'un mois, sans rapport direct avec l'histoire du réchauffement climatique, et dont on a assez peu parlé.

Pauvre oiseau de la mer Noire
Le 11 novembre dernier, une violente tempête en mer Noire et en mer d'Azov a provoqué le naufrage de plusieurs bateaux dont deux pétroliers et trois cargots transportant du soufre. Les jours suivants, dans le détroit de Kertch, qui sépare les deux mers, 30.000 oiseaux avaient déjà trouvé la mort, englués dans le fioul lourd, et 10.000 poissons également, probablement tués par l'acidification des eaux par le soufre. La côte, où se posent les oiseaux migrateurs en provenance de Sibérie, est polluée sur 50 km. Le fragile écosystème de la mer d'Azov est menacé et on évoque le risque de pluies acides. La catastrophe écologique - l'expression n'est pas de moi mais du gouverneur de la région russe de Krasnodar - a fait d'autres victimes encore puisque plusieurs dauphins de la mer Noire ont péri. Ces dauphins tursiops sont une espèce rare aujourd'hui menacée d'extinction, mais célèbre du temps de la marine soviétique, qui avait constitué un corps d'élite de 70 dauphins formés à dénicher les mines sous-marines ou à en poser, à détecter les hommes-grenouilles ennemis, voire, selon certains, à les mettre à mort sans sommation.
Vagues noires sur les plages de Mallipo (Corée du Sud)
Le 7 décembre en Corée du Sud, ce sont quelque 10.500 tonnes de fioul lourd échappées d'un pétrolier entré en collision avec une barge qui sont venues souiller 50 km d'une fort jolie côte, y compris une réserve naturelle qui sert d'étape sur la route des oiseaux migrateurs. Les pêcheurs et les ostréiculteurs sont directement affectés et il s'agit à nouveau d'une catastrophe considérable à tous points de vue. En 1989, celle provoquée par l'Exxon Valdez en Alaska, la plus grande survenue jusqu'ici et qui faisait 3 fois celle-ci par les quantités de pétrole déversées, avait tué 250.000 à 500.000 oiseaux... Etrange gaspillage d'un pétrole dont on dit tant manquer et que l'on promène pourtant sur les mers du globe dans des bateaux qui ne tiennent pas la mer ! Les marées noires se succèdent et se ressemblent. (Que fait Al Gore ?)
Eaux de pêche irisées d'hydrocarbures
Pauvre oiseau de Corée
Vous avez vu ce qu'ils lui ont fait ! Salauds !
Photos : Reuters