Des sept émirats qui composent les Emirats arabes unis, Dubaï est sans doute celui qui fait le plus de réclame pour attirer les Occidentaux. Les réserves de pétrole à l'origine de leur fortune arrivant à épuisement (seulement 5% du PIB aujourd'hui), les Emiratis ont en effet décidé d'investir massivement dans le tourisme. Après tout, ils ont le soleil (50°C à l'ombre en été), les plages (mais il est plus que recommandé d'éviter le dénudé...) et la mer (avec requins). De quoi transformer tout ça en vrai paradis à touristes, en paradis du consumérisme surtout, puisque le but est de vous délester un maximum de vos sous-sous. Alors, comme ils ont les moyens, ils ne lésinent pas. C'est ainsi qu'en quelques années, on a vu surgir des sables aéroports, autoroutes, métro, centre commerciaux, parcs d'attractions et parcs aquatiques, pistes de ski (!), marinas, hôtels et palaces, pour transporter, distraire et loger les futurs hôtes, et tant pis pour le développement durable ! Mais il faut croire que ça marche : 5 millions de touristes l'an en 2003, près de 10 aujourd'hui et 15 millions attendus en 2010... Dubaï est donc bien parti pour devenir le premier centre mondial du luxe et une des premières destinations au monde pour le tourisme familial, selon l'ambition affichée.
Le gigantisme et le futurisme des grands travaux de l'émirat ont eu tôt fait d'attirer l'attention et d'asseoir sa réputation toute nouvelle de lieu de vacances désirable. Pensez donc : des gratte-ciel en plein désert ! Seulement voilà, comme tous les émirats du Golfe persique, Dubaï connaît un système de discrimination totale : les Emiratis jouissent de tous les privilèges, les étrangers... n'ont aucun droit ! Cela vaut pour les ouvriers pakistanais, indiens, chinois, philippins… employés à construire ce nouvel Eldorado dans des conditions inhumaines, main d'œuvre esclave souvent renvoyée chez elle sans salaire..., mais aussi, on le sait moins, pour le nigaud d'Occidental. Exemple : Vous êtes dans un taxi. Un fils de Chioukh (le nom que l'on donne aux Emiratis de bonne famille à qui tout est permis) passe par là. Tout d'un coup, le Chioukh décide qu'il est pressé, ou peut-être ne l'est-il pas, mais cela n'y change rien. Il hèle le taxi qui aussitôt obtempère, s'arrête, vous fait descendre, et lui de prendre votre place. L'expérience vous tente ? Allez à Dubaï !

Les zizis flottants ou Dubaï Towers™
Projet de complexe commercial, résidentiel, hôtelier et de bureaux
dont l'achèvement est prévu pour 2010
Mais si ce n'était que ça... En 2003, une Marocaine de nationalité française de 39 ans, Touria Tiouli, en voyage d'affaires à Dubaï, était kidnappée par trois Chioukh en voiture, conduite dans le désert et violée. Voulant porter plainte, elle se rend au commissariat... et est incarcérée pour adultère ! (source :
www.maroc-hebdo.press.ma). La presse française ne semble pas en avoir parlé. Il faut dire que les relations officielles avec les Emirats sont excellentes et fructueuses, dixit le Quai d'Orsay, et que le gouvernement français entend apporter une large contribution au développement du tourisme chez l'un de nos principaux concurrents en cette matière... Une nouvelle façon de délocaliser, je suppose. Cf.
http://geopolis.over-blog.net/article-6450580.html. Pourtant le cas de Touria T. n'est pas isolé, loin de là. La même mésaventure sordide est arrivée à une hôtesse de l'air française, cf. son témoignage ici :
http://club-acacia.over-blog.com/article-13645637.html. Extraits :
"Ce qui m'est arrivé, est arrivé à beaucoup de femmes, mais les hommes ne sont pas épargnés. La loi ne protège pas les étrangers qui viennent en vacances ou qui habitent là-bas. Ces crimes sont commis par des locaux. Ils ont tous les droits et ils en abusent... Je sais de source sûre que les victimes sont de plus en plus nombreuses à Dubaï... Les ressortissants étrangers se taisent de peur des représailles... On peut être victime d'un viol ou d'un crime n'importe où. La différence c'est qu'il y a des pays qui condamnent ces crimes et d'autres non."
La jeune femme ajoute : "J'ai porté plainte et je me suis battue pendant quatre longs mois pour que les deux coupables soient jugés. Au lieu de cela, c'est moi qu'on a jugée, et eux s'en sont sortis comme si de rien n'était. Le consulat français n'a rien fait pour moi. Je n'ai eu droit à aucun soin médical, ni psychologique, la police m'a traitée comme un vulgaire déchet. Le consul m'a dit lui-même que je n'étais pas la première ni dernière, comme si c'était quelque chose de banal."
Mais le dernier cas signalé n'a pas pu être passé sous silence. Il s'agit de l'agression dont a été victime un jeune franco-suisse de 15 ans, Alexandre R., dont les parents vivaient expatriés à Dubaï. Le 14 juillet dernier, attiré par un de ses camarades de lycée dans un guet-apens, le malheureux a été conduit dans le désert (toujours la même méthode), violé par deux Emiratis et abandonné sur le bord d'une route. Depuis, ses parents se battent pour obtenir justice. Mais cela se passe à Dubaï, n'est-ce pas ? A Dubaï, où le crime de viol sur un individu de sexe masculin n’existe pas dans la loi. Dites, vous êtes sûrs de vouloir passer vos vacances dans les Emirats ?