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  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 19:54
Curieusement, le plus grand succès de ce blog, l'article le plus lu de Géopolis, champion toutes catégories depuis sa mise en ligne en avril 2007, n'est pas un article de géopolitique à proprement parler.

Sous le titre de Pervers narcissique à tendance paranoïaque , il s'agissait d'une analyse en creux de la personnalité d'un certain... Nicolas Sarközy, qui à l'époque n'était pas encore président de la République française.

Le pervers narcissique, manipulateur, comédien et généralement bien intégré en société, est beaucoup plus difficilement repérable que d'autres "cas" psychopathologiques. Et pourtant sa fréquentation peut se révéler particulièrement destructrice pour ses victimes, tant dans le cadre professionnel que dans celui de la vie privée, comme l'ont révélé au profane les ouvrages de la psychiatre Marie-France Hirigoyen sur le harcèlement moral.

Une de nos lectrices, psychothérapeute confirmée, consacre au sujet trois sites plus spécialement destinés à venir en aide aux victimes de manipulation. Il s'agit de http://manipulateurs.wordpress.com/, http://pervers-narcissiques.fr/ et http://baboline.unblog.fr/. Ces sites sont d'autant plus utiles, sensibles et informés que leur auteur a elle-même été victime d'un pervers narcissique.

Las ! Celui-ci, bien qu'il ne soit nommé nulle part, s'est reconnu dans les descriptions de pervers narcissiques qui y sont données... Sans bien mesurer que les symptômes décrits n'ont pas de caractère subjectif mais se trouvent caractérisés dans tout Manuel diagnostique de psychiatrie, et que par conséquent le fait qu'il croit s'y reconnaître fait effectivement de lui un pervers narcissique auquel s'ajoute ipso facto la tendance paranoïaque (il se croit visé), l'énergumène a porté plainte pour... atteinte à son image ! Il en faut de l'impudence pour demander en justice l'interdiction de sites et blogs comme ceux susdits, qui sont pourtant essentiels pour l'aide aux victimes... Mais a-t-on jamais vu un pervers narcissique se soucier des victimes ?

Je remets ici un extrait du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : "Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à voir l'autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l'asservir et à l'humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime chosifier l'autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en sortir, ne serait-ce que pour l'empêcher de témoigner contre lui." Nous y sommes !

Pour mémoire, voici une liste de traits propres à la personnalité manipulatrice empruntée à la psychologue Laetitia Boutry dont la vidéo est en lien sur le blog de Baboline :

- le pouvoir : le manipulateur se situe systématiquement dans un rapport de force avec l'autre,

- la séduction : il est souvent charmant, séduisant, a du bagou et utilise son charisme pour parvenir à ses fins, obtenir ce qu'il veut de l'autre,

- la domination : employant volontiers l'ironie, il a besoin d'humilier et de dévaloriser l'autre pour se sentir fort,

- la culpabilisation : fin psychologue, il s'appuie sur les failles de l'autre, pointe ses défauts en en rajoutant et y insistant à plaisir,

- le refus d'endosser ses responsabilités : rien n'est jamais de sa faute, il ne se remet jamais en cause,

- la capacité à mentir sans vergogne dès qu'il est pris sur le fait,

- la confusion : il revient sur ses dires quand ça l'arrange, rétablit les choses à sa manière et sème le trouble dans l'esprit d'autrui en le faisant douter de ce qui s'est vraiment dit ou fait...

Tiens, tiens... mais c'est que ça me rappelle quelqu'un tout ça... Toute ressemblance n'est pas du tout fortuite !
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 21:37
Fidèle aux idées du socialiste Jacques Attali***, notre bon gouvernement semble partisan des solutions finales : pour réduire le trou de la Sécu et autres gouffres des politiques publiques de ces 30 dernières années, éliminons les vieux !

Il y a plusieurs moyens de tuer les vieilles gens. Le plus simple, c’est la crise cardiaque. Suffit de les mettre bien en condition.

Mise en application (exemple tiré des actualités du 25 novembre) :

Morbihan, France - Un homme de plus de 70 ans a reçu une contravention pour avoir roulé à 127 km/h sur une route qu'il n'emprunte jamais et alors que sa voiture ne peut pas dépasser les 50 km/h.

En tout, l'homme a été verbalisé trois fois en trois mois depuis cette première amende en septembre, pour un excès de vitesse sur une quatre voies entre Lorient (Morbihan) et Quimper (Finistère). Cet habitant de Perros-Guirrec (Côtes d’Armor) n'utilise pourtant sa voiturette que pour rendre visite à son kinésithérapeute, lequel se trouve à 1,5 kilomètre de chez lui.

L'explication la plus plausible est une usurpation de plaques d'immatriculation, mais comme les gendarmes l’ont expliqué au supposé contrevenant, ils ne peuvent rien faire depuis que tout est informatisé... Le pauvre vieux s’est vu contraint d’acquitter l’amende contre promesse de remboursement.

J’espère qu’il en a au moins la preuve écrite, parce que les promesses de l’Administration...

Voilà, Monsieur Attali, vous pouvez préparer la fosse. Et à défaut de l’euthanasier, ce sera toujours un vieux de plumé !


***Pour mémoire :
Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société... En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement, plutôt qu’elle ne se détériore progressivement.

On pourrait accepter l’idée d’allongement de l’espérance de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché. Je suis, pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie parce que c’est un leurre, un faux problème.

Je crois que, dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir.

L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure... L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement.


Extraits de Jacques Attali - 64 ans (à quand l’euthanasie ?), - L’homme nomade, 2003.
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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 00:25
Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.

Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.

Victor Hugo, Napoléon le Petit (1852)

Vous pensiez peut être à quelqu'un d'autre ?

(Merci à Dominique pour ce morceau de littérature d'anticipation du père Hugo)
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 00:48
L'âne couronné troublera le royaume... Il serait malhonnête de dire que je ne vise personne !

Il y a sous le soleil un mal que je vois,
une erreur de qui gouverne :
Le fou occupe les plus hautes fonctions,
les hommes de valeur croupissent dans des emplois inférieurs.
Je vois des esclaves aller à cheval,
et des princes à pied comme des esclaves.
L'Ecclésiaste 10,5                                                                                                     
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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 22:25
Je relaie un courrier de Philippe Schmitt, père de cette jeune fille, Anne-Lorraine, tuée dans le RER D par un violeur récidiviste d'origine turque, Thierry Dève-Oglou, le 25 novembre 2007. Le colonel Schmitt a rejoint l'Institut pour la Justice, une association indépendante fondée en avril 2007 pour promouvoir une réforme du système judiciaire français, qui en a bien besoin, cf. Justice : Qui nettoiera les écuries d'Augias ? . Pour ce faire, l'Institut pour la Justice lance un référendum auquel on peut participer à partir du site www.institutpourlajustice.com. Je souligne tout particulièrement la question 5 : "Pensez-vous que la responsabilité d'un magistrat qui relâche un criminel doit pouvoir être engagée, quand sa décision a eu pour effet la mise en danger d'autrui ?". En termes plus généraux : un magistrat devrait-il payer pour ses fautes graves ? Actuellement, ils ne paient même pas pour leurs délits et leurs crimes ! Le devraient-ils ? Oui, bien sûr.

Voici le message :

"Paris, le 6 octobre 2008

Le matin du 25 novembre dernier, j'attendais ma fille Anne-Lorraine sur le pont qui surplombe les voies à la gare de la Borne Blanche, dans l'Oise. J'étais impatient de la retrouver parce que je ne l'avais pas vue depuis trois semaines. Mais quand le train de 10h30 est arrivé, Anne-Lorraine n'est pas descendue.

Ce souvenir me hantera jusqu'à ma mort. Car j'ai appris plus tard que ma fille était bien dans le premier wagon, mourante, incapable de crier au secours. Elle avait reçu trente-quatre coups de couteau d'un homme qui sortait de prison, pour avoir commis un viol quasiment au même endroit en 1995.

En tant que parent ou grand-parent, vous pouvez imaginer le nombre de nuits où ma femme Elisabeth et moi avons revécu, en cauchemar, la scène qui a eu lieu dans ce train, ce jour-là.

Anne-Lorraine était l'aînée de nos cinq enfants. C'était une vraie battante. Elle voulait devenir journaliste et s'était donné tous les moyens pour réaliser son rêve. Elle ne se plaignait jamais, elle était toujours riante, toujours de bonne humeur. Sa perte est irréparable.

Mais le jour de son enterrement, Elisabeth et moi nous sommes engagés à ce que son sacrifice ne soit pas vain.

Dix mois se sont écoulés. Nous avons étudié la question en profondeur et nous sommes aujourd'hui certains que les pouvoirs publics pourraient prendre des mesures pour empêcher que des centaines d'autres femmes et enfants subissent le même martyre.

Mais encore faut-il qu'une forte demande se manifeste de la part des citoyens comme vous.

C'est pourquoi je vous écris cette lettre. Elisabeth et moi vous demandons de participer au Référendum sur la Justice.

Il faut que vous sachiez que, pour les parents des victimes de criminels, l'horreur ne s'arrête pas le jour de l'enterrement. Le véritable calvaire commence quand vous réalisez que justice ne pourra que très difficilement être rendue.

Quels que soient les souffrances, les tortures, les actes de barbarie que votre enfant a subis, notre système judiciaire ne permet quasiment plus de donner une juste peine au coupable.

Comprenez-moi bien : je n'éprouve aucune haine à l'égard du meurtrier de ma fille. Je l'ai dit à l'époque et je le répète aujourd'hui. Je ne suis animé par aucun esprit de vengeance.

Mais les faits sont là :

Cet homme avait déjà été condamné pour viol avec arme, dans les mêmes circonstances, ce qui lui avait valu d'être condamné à cinq ans de prison en 1996. Mais il avait été relâché après deux ans seulement. Il était revenu vivre à deux pas de sa première victime, sans que celle-ci soit jamais avertie. On lui a laissé toute liberté de décider, un matin, de recommencer.

Aujourd'hui, il a été de nouveau arrêté mais, d'après les lois actuelles, il sera libéré dans à peine quelques années !

A ce moment-là, il reviendra vivre près de chez nous. Rien n'obligera les magistrats à nous prévenir, ce jour-là. Et il croisera peut-être une autre de mes filles dans le RER.

C'est l'effrayant résultat de l'évolution de notre système pénal ces trente dernières années.

Pierre Bodein, condamné à 30 ans de réclusion criminelle en 1994, s'est ainsi retrouvé en liberté dès 2004, ce qui lui a permis de torturer et d'assassiner Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, Julie Scharsch, 14 ans, et Hedwige Vallée, avant d'être rattrapé.

Guy Georges n'a été condamné qu'à une année de prison, après une agression sanglante au couteau sur une jeune femme, alors qu'il avait déjà quatre tentatives de meurtre derrière lui. A sa sortie, il a donc pu recommencer, violer et assassiner sept jeunes filles.

Michel Fourniret a été condamné à cinq ans de prison pour une dizaine de viols sur mineurs. Sorti après 3 ans seulement, il a pu commettre huit viols et assassinats supplémentaires.

Francis Heaulme a également eu maille à partir des dizaines de fois avec la Police et la Justice, avant que son cas ne soit considérer comme assez grave pour mériter 30 ans de prison. Mais entre temps, il avait commis neuf meurtres.

Francis Evrard, condamné trois fois pour pédophilie, a été relâché en juillet 2007, ce qui lui a permis presque immédiatement d'enlever Enis, un petit garçon de 5 ans. Il a ensuite évoqué "une quarantaine d'enfants". Mais le magistrat qui l'avait libéré avait lui aussi agi en toute légalité.

Prison avec sursis, remises de peine, libération conditionnelle, semi-liberté, amnisties, liberté surveillée, et, depuis peu, bracelet électronique et même "prison hors les murs" (!!!), tout est fait pour diminuer les peines d'emprisonnement.

Malgré la récente loi sur la "rétention de sûreté", le nombre de remises de peine et de libérations anticipées a augmenté de 34% entre 2007 et 2008.

Poutant, n'y a-t-il pas au moins une certaine catégorie de criminels que l'on pourrait définitivement écarter de la société ?

Qui a intérêt à ce qu'on relâche les violeurs et les assassins, quand on sait que le nombre de viols et de meurtres avec actes de barbarie a déjà augmenté de 200% depuis 1981 ?

Mais regardons les choses en face : les citoyens concernés comme vous et moi ont-ils fait tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher les pouvoirs publics de relâcher des criminels dangereux ?

Quand leur avons-nous exprimé concrètement notre révolte pour la dernière fois ?

Ce qui m'amène à vous poser la question : êtes-vous prêt à faire un geste aujourd'hui pour faire évoluer notre société vers une meilleure protection des citoyens innocents ?

Il est impossible à un homme et une femme seuls comme mon épouse et moi de changer le système judiciaire. Mais si vous nous aidez, nous le pouvons.

C'est pourquoi Elisabeth et moi comptons sur vous pour participer au "Référendum sur la Justice" organisé par l'Institut pour la Justice.

C'est le meilleur, peut-être le seul moyen de mettre fin à la manière irresponsable dont on traite aujourd'hui les criminels dans notre pays.

Vous trouverez sur ce Référendum neuf questions sur des réformes qui pourraient passer immédiatement et épargner de nombreuses vies innocentes.

Ces réponses seront adressées aux médias, aux parlementaires, et à Nicolas Sarkozy. Il nous a déjà reçus, mais nous voulons pouvoir revenir avec 500.000, 1.000.000 ou même, si c'est possible, 5.000.000 de référendums.

Si vous le pouvez, nous vous demandons d'aider financièrement l'Institut pour la Justice, car c'est une association qui n'a aucune ressource pour poursuivre son action autre que les dons que vous allez envoyer. Tout va dépendre de vous.

Avec votre aide, l'Institut pour la Justice pourra diffuser ce Référendum à des millions d'exemplaires, dans toute la France. Nous déclencherons un soulèvement qui obligera les pouvoirs publics à réagir.

D'avance, je vous remercie de tout ce que vous pourrez faire pour soutenir notre mouvement. Faites-le pour ma fille Anne-Lorraine, pour toutes les jeunes filles qui se sont fait assassiner comme elle et, plus important encore, pour toutes les futures victimes que nous protégerons grâce à notre action.

Philippe Schmitt"
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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 21:45
Richard Labévière, rédacteur en chef à Radio France Internationale et responsable de l'émission "Géopolitique, le débat" du samedi, a été licencié pour faute grave le 12 août dernier dans une indifférence médiatique générale. La faute ? : ne pas avoir informé la direction de la radio* de l’interview du président syrien Bachar El Assad qu’il avait réalisée à Damas le 8 juillet (diffusée le 9 juillet par TV5 et le 10 par RFI), à la veille de la venue officielle d’Assad à Paris sur invitation du président Sarkozy. Faire des interviews est pourtant la mission première du journaliste... mais comme chacun sait, la France est le pays de la liberté.

*La direction de RFI, id est Christine Ockrent, id est l'épouse de Bernard Kouchner, id est le ministre des Affaires étrangères de Sarkozy.


Les électeurs de Sarkozy s'imaginaient sans doute que leur vote serait sans conséquences. Erreur, grave erreur ! J'avais pourtant prévenu : Nicolas Sarkozy, façon 1933
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 00:32
Il ne s'agit pas ici du fier corsaire de Dunkerque, ni de la frégate du même nom, qui soit dit en passant semble avoir aussi connu un incendie il y a quelques années, mais d'un modeste et sympathique bar-tabac dans le centre de Paris qui a brûlé il y a quelques semaines (bizarre, bizarre...). Les pompiers, intervenus très vite, ont limité les dégâts, les gérants ne demandent pas mieux que de reprendre leur travail, l'assurance est prête à couvrir les frais de remise en état, du moins si on le lui demande..., et tout aurait donc pu rentrer dans l'ordre bien vite, mais, mais, mais le propriétaire-bailleur-fond de pension refuse les sous de l'assurance ! Bizarre, bizarre... Il semblerait qu'il veuille récupérer les lieux pour y installer, voyons, un marchand de téléphonie mobile, indispensable dans une rue où il y en a déjà trois ou quatre ! Mais c'est jugé beaucoup plus rentable par nos amis les pensionnés d'Outre-Atlantique, moyennant bien sûr une forte augmentation du loyer. Et c'est comme ça qu'une famille française se trouve littéralement à la rue, campant devant le bar avec matelas et couvertures de survie.

N'hésitez pas à vous arrêter au restaurant attenant et à venir signer la pétition. Quelques commentaires élogieux trouvés sur Internet mettront le visiteur en bouche : "A Paris on trouve parfois ces perles, des restaurants assez bons de cuisine traditionnelle et super bon marché... Voici ma meilleure adresse de ce genre de trouvailles : Le Jean Bart à Saint Paul, ou plutôt, son « antenne », un petit restaurant collé à lui et dont le service est assuré par les employés du Jean Bart. Outre les plats typiques, bavette à l’échalote, steak-frites, omelettes… vous y trouverez également d’excellentes crêpes et galettes au sarrasin. Les prix « bretons » dépassent rarement les 5€ ! Si vous êtes convaincus, commandez du cidre et mangez à l’intérieur parce que, l’ambiance y est : une dizaine de tableaux de bateaux bravant la mer… en plus, c’est encore moins cher qu’en terrasse." Ou encore : "La carte est labyrinthique et propose des plats allant du steak frites aux moules marinières, spécialité de la maison. La soupe de poisson est délicieuse, les salades copieuses...".

JeanBart1.jpgLe Jean Bart
86, rue Saint Antoine 75004 Paris
Photo avant l'incendie par Jessica (c'est marqué dessus), trouvée sur un site... chinois !
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 20:04
Retour d'Alsace.
Brume4.JPGBrume3.JPGBrume10-copie-1.JPG27 décembre 2007, six heures du soir
Le fog avale la ville
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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 18:27
Donc voici la suite du tract (la première partie ici : http://geopolis.over-blog.net/article-14641411.html).

*

Il est donc peu surprenant que la période d'exercice de la CNIL ait coïncidé avec un développement accéléré du gouvernement numérique, comme l'illustre cet inventaire de procédures officiellement déclarées "compatibles avec la liberté" par la CNIL :
- le passe Navigo [qui va remplacer la carte orange dans le métro parisien] (décembre 2004),
- les spams "dans le cadre professionnel" (mars 2005),
- Microsoft et Vivendi autorisés à utiliser des logiciels espions pour dénoncer les internautes usagers du peer-to-peer (avril 2005),
- la carte de fidélité biométrique (avril 2005),
- les assureurs médicaux autorisés à constituer des fichiers de prescription de leurs assurés (AXA en 2004, Groupama et SwissLife en 2005),
- la biométrie dans les cantines scolaires (janvier 2006),
- les entreprises de location de voitures autorisées à ficher les conducteurs auteurs d'infractions (juillet 2006),
- le passeport biométrique,
- la biométrie faciale (reconnaissance automatique des visages par les caméras) autorisée "à des fins de recherche" (février 2007),
- le dossier médical personnalisé, c'est-à-dire informatisé (mai 2007),
- les compagnies d'assurances autorisées à mettre des mouchards électroniques dans les véhicules de leurs assurés (septembre 2007).
Orwell4.jpg
[...] La CNIL est donc directement impliquée dans la mise en place de la société numérique, qu'elle a pour tâche de rendre à lafois potentiellement menaçante et objectivement acceptable. C'est pourquoi la CNIL relève moins de la simple fumisterie que d'une excellente agence de développement du monde numérique.

En somme, le travail de l'institution se résume à trois choses :
1° Mettre en place de façon provisoire, là où de nouvelles formes de surveillance numérique sont créées, des contrepoids aussi futiles qu'elle-même.
2° Piloter en amont des projets industriels indéfendables, de façon à les rendre compatibles avec le niveau de servitude médiatiquement annoncé comme acceptable*.
3° Enfermer la question de la liberté dans une expertise incompréhensible, de façon à désarmer toute opposition aux technologies informatiques.

*Un exemple parmi d'autres : Après avoir recalé le projet de la MAAF consistant à placer des mouchards électroniques dans les voitures de ses assurés, la CNIL a publié une norme simplifiée pour aider les assureurs à placer leurs mouchards sans être dans l'illégalité (mars 2006). Elle a en outre travaillé en partenariat avec la société AXA sur le même projet d'"adaptation de la prime d'assurance à l'usage réel du véhicule", aidant ainsi la compagnie d'assurance à contourner la loi (septembre 2007).

Votre liberté, les experts s'en chargent (c'est trop compliqué pour vous)

Des écrans partout. Des ondes électromagnétiques dont on ne sait rien, sinon qu'elles sont nocives. Des métiers qui se transforment ; certains qui disparaissent. Des publicités qui surgissent de nulle part et s'individualisent. Des machines qu'il faut acheter pour travailler et "être à jour", et ensuite jeter, sans avoir jamais compris comment elles marchaient... Qui l'a vraiment choisi ? Qui l'a vraiment voulu ?

Au nom de quoi et de qui la CNIL décide-t-elle que ces transformations de nos modes de vie sont compatibles avec la liberté ?

L'existence d'une Commission informatique et libertés a pour principale fonction de faire en sorte que la population apprenne à ne plus juger. Car les experts ès libertés qui la composent sont devenus les seuls dépositaires de la bonne critique. La biométrie, c'est bien ou c'est pas bien ? Ça va, la CNIL l'a autorisée.

Bien évidemment, la "bonne critique" selon la CNIL - c'est-à-dire selon l'Etat - est une critique ouverte sur l'avenir, constructive, responsable. Une critique qui ne refuse pas en bloc les innovations, mais qui les accepte en posant des garde-fous dont il est pourtant évident qu'ils tomberont d'eux-mêmes une fois le système mis en place. Vous connaissez beaucoup de gens qui portent plainte quand ils reçoivent des spams non désirés ? Vous pensez vraiment que les patrons ne se serviront pas de la biométrie et du GPS pour fliquer les employés, maintenant qu'ils sont autorisés "sous conditions" ?

Et si, s'apercevant que ces technologies servent uniquement les intérêts des pouvoirs, on ne voulait pas de biométrie du tout ? Pas de RFID du tout ? Pas de tests ADN du tout ? Allons... ce n'est pas responsable.

L'expertise en matière de liberté sert tout simplement à adapter nos critères de jugement et nos valeurs à la société voulue par les dirigeants. Evacuant tout questionnement d'ensemble, toute révolte sensible, les experts ès libertés élaborent purement et simplement une éthique de robots. La transformation des modes de vie de toute la population est ainsi soumise à des questionnements purement techniques, d'une complexité digne des controverses théologiques. La CNIL ne demande pas, à propos des RFID : "Pourquoi gérer les personnes comme des produits de supermarché ?". Elle considère que "le stockage des données dans le système informatique relié au dispositif doit être à durée limitée". Elle ne dit pas, à propos de la biométrie : "Les gens ne sont pas des codes-barre", mais : "Le degré d'intrusion du système biométrique en vigueur doit être proportionné à la finalité poursuivie".

La CNIL ne se préoccupe pas de dignité, parce qu'elle considère a priori normal que nous soyons gérés comme des marchandises. Peu à peu, tout le monde s'habitue à penser dans la novlangue "Informatique et libertés", et la liberté en vient à signifier le contrôle des flux informatiques émis par le troupeau humain.

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[...] Les illusions de la CNIL (comment s'en débarrasser)

Illusion 1 : La CNIL est indépendante
La CNIL est si proche des pouvoirs qu'elle est presque complètement indépendante de la société française. [Voir plus haut les cas de Alex Türk, son président, et de Philippe Lemoine, commissaire à la CNIL et directeur d'une société informatique spécialisée dans le RFID (paiement sans contact)]

Illusion 2 : La CNIL permet de faire respecter ses droits
La CNIL, en théorie, permet de faire valoir le peu de droits qu'il nous reste vis-à-vis du déferlement numérique, la dérisoire "connaissance et rectification après coup de nos données personnelles". Un journaliste du Monde a calculé qu'au rythme actuel, il faudrait 7.000 ans pour que les personnes figurant sur le STIC* aient accès à leur fiche et puissent la corriger... C’est en effet à la CNIL qu’il faut s’adresser pour savoir si l’on figure dans tel fichier, et rectifier, le cas échéant, les informations qui s’y trouvent. Largesse policière qui permet aux espionnés de concourir à leur espionnage.

Illusion 3 : La CNIL protège nos libertés
Selon la CNIL, le seul problème que pose l'informatique pour la liberté est celui des conditions de gestion des données personnelles, chose sur laquelle elle n'a concrètement aucun pouvoir. Les conséquences néfastes de la "révolution numérique" qui nous a été imposée n'ont jamais posé problème à la CNIL : fichage systématique, dépendance au quotidien, perte d'autonomie et de savoir-faire techniques dans les métiers, désastre écologique, restructurations perpétuelles.

* Le STIC (Système de traitement des infractions constatées) est un gigantesque fichier devant recenser toutes les informations concernant les personnes mises en cause dans des procédures judiciaires, ainsi que leurs victimes. Le traitement vise les enquêtes ouvertes pour les crimes, les délits et les six catégories de contraventions de classe 5 :
- destruction ou dégradation volontaire d'un bien appartenant à autrui avec dommage léger,
- port ou exhibition d'uniformes, d'insignes ou d'emblèmes rappelant ceux d'organisations ou de personnes responsables de crimes contre l'humanité,
- provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale,
- intrusion dans les établissements scolaires,
- violences volontaires avec incapacité totale de travail inférieure ou égale à 8 jours,
- racolage.

Outre l'identité (nom, adresse, filiation, nationalité) le signalement et la photographie, les faits et les modes opératoires observés pendant la procédure seront enregistrés.

[Il apparaît donc que ce système fiche autant les victimes que les criminels, autant les crimes que les délits d'opinion.]

En pratique, le travail de la CNIL a consisté, d'une part, à donner une légitimité à des projets industriels manifestement hostiles aux libertés ; et d'autre part, à construire à notre place, de toutes pièces, une définition restrictive de la liberté, pour complaire aux industriels et aux dirigeants.

Et le plus incroyable, c’est de voir les tenanciers de la conscience civique (journalistes, avocats, universitaires) faire mine de prendre au sérieux la fonction protectrice de la CNIL, déplorer la faiblesse de son budget, de ses effectifs, de ses pouvoirs. Comme si cet organe administratif, avec ses 17 membres choisis parmi les grands commis de l’Etat, placé sous l’autorité du gouvernement, n’était pas celui-là même qui préfigure le mieux la société de surveillance.

A nous de protéger notre liberté.
 
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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 23:34
Les activistes d'extrême-gauche sont rarement bien inspirés (litote !). N'ont-ils pas amplement contribué à l'élection d'un certain Nicolas Sarközy, qu'ils n'ont eu de cesse de faire passer pour un homme de la droite dure - ce qu'évidemment il ne saurait être - aux yeux d'un électorat qui aspirait au retour à l'ordre ? Si le but n'était autre que de le faire élire, ils ont finement joué... Les opérations d'agit-prop', telles qu'occupations d'universités avec vols d'ordinateurs et livres jetés par les fenêtres, laissent aussi plus que dubitatif sur l'intelligence politique de ces énergumènes.

Mais il arrive, une fois n'est pas coutume, qu'ils visent juste. Pas plus tard qu'hier, quelques dizaines d'entre eux s'étaient donné rendez-vous devant les bureaux de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL), 8 rue Vivienne à Paris. Leur but : occuper les locaux jusqu'à la suppression de ladite CNIL. En apercevant l'une des deux banderoles déployées sur la façade, je crus d'abord à une heureuse nouvelle : "La CNIL 1978 - 2007 : dissolution", et pensai assister à une grève du personnel malheureux d'être viré après quelque saine décision gouvernementale de se passer d'un organisme inutile. Las ! Il n'en était rien, et la manifestation anti-CNIL fut rapidement dispersée avec l'arrivée de cinq cars de CRS sur les lieux (c'est peut-être un peu beaucoup cinq cars, non ?).

Cependant, un de mes informateurs (dont je ne donnerai pas le nom à la DST), me fit passer le tract de 4 pages portant les revendications du groupe sous le titre "Dissolution de la CNIL : le temps des marchands de sable est passé". En voici le texte, du moins les passages auxquels je souscris plus ou moins, le reliquat étant passé à la trappe pour cause de censure mélusinienne.

Dernière chose, le tract est signé par six mouvements, aux noms quelque peu folkloriques : "Groupe Oblomoff" (vu qu'Oblomov, dans le roman éponyme d'Ivan Gontcharov, est le type même de l'inaction, les actions d'Oblomov, c'est tout un programme !), "Pièces et main d'œuvre", "Mouvement pour l'abolition de la carte d'identité (MACI)", "Halte aux puces !", "Coordination contre la biométrie", "Souriez, vous êtes filmés", et compagnie, dit le tract. Ah, ces gauchistes ! Chacun est un mouvement politique à lui tout seul ! Bref, ces mouvements qui n'en sont qu'un seul, sont en fait les avatars du tout nouveau "Collectif George Orwell", cf. http://1984.over-blog.com/. Et puis ils ne sont peut-être pas si extrême-gauche que ça, malgré le référencement sur Bellaciao, car ça fait plutôt situationniste tout ça. L'intervention du Groupe Oblomoff contre Jean-Pierre Changeux au Collège de France en 2006 ne manquait d'ailleurs pas de sel :
http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/archive/2006/11/30/le-fascisme-applaudi-au-college-de-france.html

*

Depuis sa création en 1978, la Commission Nationale Informatique et Libertés n'a jamais cessé de justifier et de faciliter l'exploitation politique de nos vies. Main dans la main avec les gouvernements et les industriels, elle a concrètement travaillé à ce que l'inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté (par ?) le contrôle des flux informatiques.

Sa mission a consisté à endormir toute critique et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pouvait porter le nom de liberté. Le marchand de sable a bien travaillé : en vingt ans, les pires anticipations de la science-fiction se sont matérialisées [pas encore, pas encore] dans l'impuissance générale [ça c'est un peu grandiloquent].

C'est pourquoi nous proclamons aujourd'hui la dissolution officielle de la CNIL

Ainsi la "révolution numérique" cessera-t-elle d'apparaître comme une nécessité inéluctable porteuse de dérives, mais bel et bien comme une pathétique contre-révolution imposée par les industriels et les gouvernants. C'est désormais à nous tous qu'il revient de juger de ce qui est, ou non, compatible avec la liberté.

Aujourd'hui, vendredi 14 septembre, nous sommes venus de toute la France [et surtout de Grenoble] occuper les locaux de l'institution défunte. Nous pensons nous y établir quelque temps [ce fut bref] afin de concrétiser les objectifs suivants, conditions minimales de notre remise en liberté :
- Le banissement de la biométrie et des puces RFID (Radio Frequency Identification Device)
- L'abolition de la vidéosurveillance sous toutes ses formes
[la suite on va censurer]

Expliquons-nous

Contrôle, surveillance et traçabilité sont désormais un mode de vie. C'est le fichage systématique : STIC (Système de traitement des infractions constatées), VELIB' ou NAVIGO. C'est l'accompagnement permanent : téléphone portable ou GPS. C'est le regard perpétuel : vidéosurveillance ou cookies. Ces nouvelles technologies, en pénétrant toutes les activités humaines, ont rendu l'anonymat obsolète.

[...] Bien peu réalisent que cette sécurité totale - et totalement fantasmée - contre le temps perdu et les événements fortement improbables, se paie d'une vulnérabilité inédite à l'égard de l'Etat et des entreprises.

La France d'aujourd'hui, c'est pour certains une grande prison, pour d'autres une vaste garderie ; c'est en tout cas un traitement continu de la population, tantôt bien traitée, tantôt maltraitée, mais toujours "gérée". Nous ne sommes plus que des chiffres dans des graphiques dressés par des imbéciles.

Les industriels et l'Etat ont fait de nous les jouets de la marchandise numérique, devenue un mode de vie incontournable. Incontournables ainsi, ses effets dévastateurs sur la santé et l'environnement, depuis les ondes électromagnétiques jusqu'à la pollution inédite générée par ces milliards de gadgets. Inévitables, ses effets délétères sur les relations humaines, disloquées par les sollicitations permanentes des machines, et prisonnières d'une tyrannie de la nouveauté qui rend nos grands-parents, et parfois nos parents, complètement hors du coup.

De 1978 à nos jours, la CNIL a été l'instrument privilégié de cette progressive réduction en esclavage, qu'elle facilita considérablement, en la présentant comme "nécessaire" et "conforme à la liberté".

Orwell3.jpg
Brève histoire de la CNIL

La CNIL fut créée en janvier 1978 par des bureaucrates, et dissoute en décembre 2007 par une partie du peuple [20 personnes ? On aimerait y croire, mais il m'est avis qu'elle sera encore là en 2008...].

Sa création coïncide avec le scandale provoqué par le premier grand projet de fichage informatique par l'Etat, le projet Safari (Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus) de 1974 qui prévoyait l'interconnexion du numéro de sécurité sociale avec les autres fichiers administratifs. Il devint clair à ce moment-là que l'informatique donnait à l'Etat des moyens de contrôle sans commune mesure avec ceux du passé, l'interconnexion des fichiers facilitant l'organisation de rafles et de persécutions diverses. La CNIL servit donc d'emblée à endormir les citoyens : vous aurez le fichage informatique, mais vous pourrez connaître et rectifier ces données grâce à la CNIL. Ce qui s'est rapidement révélé aussi absurde qu'impraticable.

En tant qu'émanation de l'Etat, il allait de soi que la CNIL ne s'opposerait pas au développement croissant des pouvoirs de l'Etat grâce à l'informatique. Il allait aussi de soi qu'elle ne voudrait pas brider le formidable développement industriel offert par la gadgetterie électronique, vecteur d'une croissance [prétendue] illimitée.

Les 17 commissaires de la CNIL, tous grands commis de l'Etat, se sont presque toujours distingués par leur complaisance à l'égard des diktats du marché et des gouvernements. Plus encore, certains ont joué un rôle remarquable dans la mise en place de la surveillance automatisée et des gadgets numériques.

Philippe Lemoine, en cumulant illégalement les fonctions de commissaire à la CNIL et de vice-président de la chaîne de distribution Galeries Lafayette et PDG de sa filiale informatique Laser (filiale de Cételem-BNP-Paribas), ainsi que PDG de Cofinoga, est en bonne position pour arbitrer équitablement le brûlant conflit d'intérêts qui oppose les industriels aux défenseurs des libertés ! Dès 2005, à Caen, la société Laser, qu'il dirige, teste le paiement automatisé par le téléphone portable. Fin 2006, Laser met en place aux Galeries Lafayette le paiement à distance grâce à la technologie RFID des puces sans contact... qui, en matières de licenciements, ouvre des perspectives très alléchantes.

Alex Türk, président de la CNIL à partir de 2004 et sénateur du Nord [non-inscrit], se décrédibilise en rendant la CNIL juridiquement impuissante face aux fichiers concernant la sûreté de l'Etat (Défense, sécurité publique), ce pour quoi elle avait été initialement créée. Il est en effet rapporteur au Sénat de la refonte de la loi informatique et libertés de 2004, qui ôte à la CNIL ses pouvoirs contraignants et légalise tous les fichiers de police jusque-là hors la loi.

En 1995, la CNIL avalise la généralisation de la vidéosurveillance. Le 9 juillet 2007, Alex Türk déclare publiquement que la CNIL "n'est pas contre la mise en place de réseaux de vidéosurveillance par principe". En 2005, la CNIL déclare que "les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective" et approuve de nouvelles mesures sécuritaires au nom de la lutte anti-terroriste.

Orwell1.jpg
[Je vous avais dit que c'était long. La suite plus tard.]
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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 20:46
Le journaliste d'investigation Guillaume Dasquié, par aileurs directeur de recherches à l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), a été inculpé hier 6 décembre 2007 pour détention et divulgation de renseignements classés "secret défense". Au-delà du secret nécessaire au travail des services de renseignement et à la préservation des intérêts vitaux de l'Etat, on peut souvent s'interroger sur la tentation des dirigeants ou des services d'étendre la chape de secret à la défense d'intérêts particuliers, voire de pratiques délictueuses qui, loin de garantir la sécurité de la France et des Français, risquent plutôt de la compromettre ; quand il n'est pas tout simplement question de rendre service à des personnalités un tantinet corrompues. J'ai moi-même souvenir d'avoir assisté il y a quelques années du côté de Toulon à une réunion "secret défense" assez surréaliste : cette classification, comme la cautèle et les mines de comploteurs qui allaient avec, étaient pourtant ridicules et déplacées. Mais avec les vacances des Chirac...

On sait que le "secret défense" a jusqu'ici empêché l'élucidation de l'assassinat du juge Bernard Borrel, tué à Djibouti le 19 octobre 1995, ainsi qu'une autre affaire qui lui est liée, l'attentat commis le 27 septembre 1990 contre un café de Djibouti fréquenté par des ressortissants français, attentat qui avait coûté la vie à un enfant de 6 ans et blessé 17 personnes. Les autorités politiques et militaires ont tout fait pour éloigner les soupçons qui pèsent sur le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. Et les autorités judiciaires n'ont pas brillé davantage dans la recherche de la vérité, cf. http://geopolis.over-blog.net/article-13866315.html. Or, c'est précisément pour avoir mis au jour des notes du parquet de Paris relatives à cet attentat que M. Dasquié a été interrogé ces derniers jours par ses amis de la DST (40 heures de garde à vue tout de même).

Dilemme : Les affaires de Djibouti relèvent-elles du secret défense à juste titre, ou non ? Eh bien, malheureusement pour les familles endeuillées, la réponse est plutôt oui. L'ancienne Côte française des Somalis, indépendante depuis 1977, occupe une position stratégique au débouché de la mer Rouge sur l'océan Indien. Elle permet de contrôler tout le trafic maritime qui descend ou remonte vers le canal de Suez, et passe nécessairement par le détroit de Bab el Mandeb, où la côte de Djibouti n'est plus qu'à une 30aine de km de celle du Yémen. Les USA y ont donc pris position et la France y conserve plusieurs bases militaires (Légion étrangère, commandos de marine, Régiment inter-armes d'outre-mer, escadron de chasse et base de Mirages 2000). Mais faut-il pour autant fermer les yeux sur les turpitudes du président Guelleh et faire passer la vie de Français par pertes et profits ?

On reproche aussi à M. Dasquié d'avoir publié le 18 avril 2007 une note de la DGSE du 5 janvier 2001 intitulée "Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux", alors transmise au chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray. La note révélait que des membres de l'organisation d'Oussama Ben Laden, associés aux talibans et à des groupes tchétchènes avaient depuis le début de l'année 2000 un projet de détournement d'avion qui s'est finalement réalisé sous une forme un peu différente le 11 septembre (2001). Il est toujours désagréable de retrouver ses notes confidentielles sur la place publique et le Ministère de la Défense a donc porté plainte. Cependant, on ne peut pas dire qu'en soi cette révélation constitue une franche nouveauté, pas même un scoop, puisque le fait que les services français aient informé leurs homologues américains d'un projet terroriste de détournement d'avion avant l'attentat du World Trade Center a été connu peu après, dès la fin 2001 si je me souviens bien. Il me semble même que les autorités françaises s'en étaient vantées, à l'heure où les services US étaient taxés d'incompétence pour n'avoir pas vu venir le coup... Bref, tout ceci me semble un peu abusif. En revanche, mentionner que les renseignements provenaient des services ouzbeks n'était sans doute pas très judicieux. Tiens, tiens, je me demande ce qu'en pense le général Dostom...

http://www.geopolitique.com/accueil/
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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 20:42
Depuis une dizaine d'années, nous sommes, paraît-il, devenus les plus grands consommateurs au monde de drogues psychotropes : selon les statistiques, un quart des Français serait sous antidépresseurs (10%) ou sous calmants (17%) et abuserait des somnifères. Un quart, c'est énorme. A se demander si nous ne faisons pas une dépression collective.

Mais ne voilà-t-il pas que nos pouvoirs publics viennent de lancer, à renfort d'affiches et de messages radiodiffusés (télé aussi, sans doute, mais je n'ai pas c'te chose) une grande campagne promotionnelle en faveur de la dépression ! Vous manquez d'énergie ? Vous êtes mélancolique ? Soucieux ? La dépression, on vous dit ! Manque d'appétit ? Troubles digestifs ? Dépression, bien sûr ! La vie n'est pas rose ? Mais c'est que vous êtes un dépressif qui s'ignore ! Il est urgent de consulter !!! De quoi réveiller le malade imaginaire qui dort en chacun de nous. Je n'invente pas, c'est ici : http://www.info-depression.fr/

En l'an 2000, les Français engloutissaient déjà 150 millions de boîtes de ces petites pilules. Cela n'a cessé d'augmenter depuis, et on voudrait nous en faire avaler davantage encore ?! Sûr que les multinationales pharmaceutiques y trouvent leur compte. Il faut dire que tout ça est remboursé par la Sécu, alors... 932 millions d'euros de remboursements en antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques et autres neuroleptiques (chiffres de 2002). Un déficit, dites-vous ? Non, pas possible ! Dans les pays nordiques, l'hiver venu, quand il fait froid et sombre, quand le vent mauvais souffle et l'ennui guette, on se contente de noyer ses états d'âmes dans un verre de gnôle. Au moins, ne se raconte-t-on pas d'histoires sur la qualité de la médecine.

Mais les gélules, les pilules, les cachets, ce sont des médicaments, ça. Des vrais. Pas de la camelote, de la gnognote, pas pour rire, hein ? Jugez un peu de leurs effets collatéraux : somnolence, perte d'appétit, troubles digestifs, vertiges, agressivité, attaques de panique, hallucinations, j'en passe et des meilleures. Alors, bien sûr, il y a de vrais dépressifs parmi les consommateurs (moins de la moitié, nous dit-on, et cela semble encore généreux), mais les autres ? Sauf cas de dépression avérée, mieux vaudrait s'abstenir, ne croyez-vous pas ? Avant de vous mettre au Prozac®, Deroxat® (antidépresseurs), Xanax® ou Temesta® (anxiolytiques), avant de vous faire prescrire de l'Imovane®, du Lexomil® ou du Stilnox® (somnifères), et tutti quanti, bref avant de vous assommer de médicaments violents qui causent autant de troubles qu'ils en soignent, dérèglent le fonctionnement cérébral et créent une addiction dont vous serez bien en peine de vous défaire, commencez donc par combler vos carences en vitamines C, B6, B9 et B12 et en magnésium. Ajoutez du ginseng et une bonne bière au houblon. Ça ne peut pas faire de mal, et ça peut même faire du bien !

Il faut que la France d'aujourd'hui soit bien malade, que la démocratie tant vantée récèle de sourdes violences,  que la société de consommation festiviste soit décidément une triste farce, pour que tant d'entre nous n'y puissent survivre sans béquilles chimiques. Alors quand les autorités donnent dans la surenchère, on peut se poser quelques questions. Voyons un peu : vous êtes payé des clopinettes, votre entreprise délocalise en Chine, vous risquez le chômage, vous subissez des violences au travail ou dans la rue, la police vous a mis à l'amende pour rien, le gouvernement vous em... ? Vous choisissez le Prozac ou la révolte ?

Au fond, la grande erreur de Louis XVI en 1789, c'est de ne pas avoir fait distribuer des antidépresseurs à la population. Vous reprendrez bien une petite pilule ?

Et avec ça, adieu Verlaine, adieu le Spleen et la Mélancolie, fini les poètes !
(Dans la même veine : http://geopolis.over-blog.net/article-6687584.html)
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 16:14
Je vais dire du bien de Rachida Dati. Visiblement, le nouveau Garde des sceaux méprise les magistrats et le système judiciaire français. Moi aussi. Cela fait longtemps que je me promets d'écrire là-dessus, en fait depuis que j'ai vu les deux vidéos que je citerai plus loin. J'avais donc annoncé ce texte un peu trop tôt :
http://geopolis.over-blog.net/article-12417022.html
, puis le temps qui passe, l'écœurement...

De quoi s'agit-il ? De réfugiés. Non, pas du Darfour, des réfugiés français. Des Français contraints de trouver refuge à l'étranger, et en particulier des enfants français réfugiés à l'étranger parce que leur vie ici en France est menacée. Incroyable ? Et pourtant, il y a depuis une dizaine d'années plusieurs enfants français et leurs proches auxquels des pays réputés civilisés comme les USA ou la Suisse ont accordé l'asile politique, parce que s'ils restent en France ils n'échapperont pas aux viols, aux tortures et à la mort...

Le premier cas dont je me souviens est celui de la petite Lauriane Kamal, 4 ans lorsque l'affaire débute à Nice en 1993. Lauriane se plaint à son père des sévices qu'on lui fait subir lors de soirées très particulières dans les back-rooms des clubs échangistes où la traîne sa mère divorcée. Parmi les bourreaux qui abusent d'elle et d'autres enfants, elle cite des magistrats dont un certain "juge Renard"... Les expertises médicales accréditent ses propos. Le père porte plainte. Et c'est là que tout se complique. Un juge ne saurait instruire un dossier dans lequel son nom risque d’apparaître, nous dit-on.  C'est pourtant le juge Jean-Paul Renard, doyen de l'instruction au tribunal de Nice, qui va instruire celui-ci et mettre tout en œuvre pour que l'enquête n'aboutisse jamais, avec la complicité de plusieurs de ses collègues. Menacé, harcelé et privé de son avocat, Karim Kamal emmène sa fille aux USA en avril 1994 et demande l'asile politique, qu'il obtiendra de la justice fédérale américaine en 2001. Mais entretemps, Lauriane a été ramenée de force par la diplomatie française, qui s'est démenée comme s'il s'agissait d'une affaire d'Etat, et on ne sait pas trop ce que la fillette - jeune fille aujourd'hui - est devenue. "Je reste fasciné par la débauche de moyens et d’énergie qui ont été utilisés pour étouffer l’affaire Kamal", disait son avocat, Me Grattirola, que les magistrats niçois étaient parvenus à faire suspendre.

En 2001 toujours, le procureur Eric de Montgolfier soulevait un pan de la chape qui recouvre cette affaire : "Je n’ai pas de conviction sur le fait qu’il y ait ou non des magistrats pédophiles. Mais les anomalies de procédure ont mis de l’eau au moulin de ceux qui voulaient répandre ce genre de rumeurs. Un avocat s’est vu intimer l’ordre de se dessaisir d’un dossier parce qu’il impliquait un magistrat. Un plaignant a été désigné comme suspect. Des accusés ont été traités comme des victimes. Une déchéance d’autorité parentale [celle du père] a été décidée dans des conditions étonnantes. Ce dossier est ce qu’il y a de plus exemplaire dans ce qu’on a pu appeler les dysfonctionnements au sein du tribunal de Nice". Et d'ajouter : "Il faut que nous sachions : y a-t-il oui ou non des pédophiles au sein du tribunal de Nice ?", mais il en est resté là. Depuis, rien.

Le juge Renard a bien été jugé et condamné par la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris en 2006, mais juste pour violation du secret professionnel dans une autre affaire impliquant sa loge maçonnique, la GLNF. Une mise à la retraite anticipée en 2004, suivie de 5.000 euros d'amende, ce n'est pas cher payé pour une pareille raclure, impliquée dans moult affaires du milieu niçois. Et une retraite de doyen des juges, ça lui permet de passer ses vacances en Thaïlande peinard.

DaumierLaCourDAppel.jpgHonoré Daumier, Les gens de justice
Lithographies parues dans Le Charivari entre 1845 et 1848
 
L'affaire Kamal n'est pas la seule de ce genre que la magistrature aura tout fait pour étouffer. En août 1994, de retour d'un week-end chez leur père, le petit P., 5 ans, et sa sœur M., 8 ans, présentent un comportement étrange qui, pour tout observateur un peu averti en psychologie, ne laisse pas de doute sur ce qu'ils viennent de subir. Le garçonnet involue et se met à ramper comme un bébé. Sa sœur court s'enfermer dans la salle de bain et passe des heures à se laver et se relaver... Suivront cauchemars, crises de larmes et autres troubles. La fillette refuse dès lors catégoriquement de retourner chez son père. Son frère, trop jeune, n'a pas encore cette force. Mais chaque fois qu'il rentre de ces "week-ends diaboliques", comme les appelle un de leurs bourreaux, son corps est couvert de bleus. Peu à peu, les enfants parviennent à parler. Leurs témoignages font froid dans le dos, à défaut d'émouvoir la justice qui, comme on verra, n'en a cure. Un reportage a été consacré à l'affaire sur France 3, en vain pour l'instant, "Viols d'enfants : la fin du silence ?" (Envoyé spécial, mars 1999), que l'on peut revoir ici :
http://www.dailymotion.com/video/xxhsj_reportage-complet
.

Les enfants décrivent des viols collectifs, des simulations de mutilation et d'exécution (sur eux-mêmes) et des meurtres effectifs (sur de petits maghrébins), des mains coupées dans des bocaux, des têtes décapitées plantées sur des piques servant de torchères, et tout un cérémonial costumé mélangeant ésotérisme, soucoupisme et inversion des symboles chrétiens, autrement dit satanisme... qui n'est pas sans rappeler le salmigondis de doctrines des francs-maçons. Le père, un ostéopathe parisien, et son avocate, Me Monique Smadja-Epstein, que je préfère ne pas qualifier, prétendent que tout ça c'est la lecture de Tintin ! On entend tout de même le parâtre avouer à mots à peine couverts : "Je pense avoir une personnalité complexe..., fascinée par le sordide..., par la puissance de ça... Je deviens échauffé quand je parle de ça... Ce qu'il est possible de faire avec un enfant, j'en sais quelque chose." Et plus loin : "L'inceste est une pulsion qui remue chacun de nous-mêmes". (sic)

Et que fait la justice ? Eh bien la commissaire divisionnaire Nicole Tricard, qui dirige la Brigade de protection des mineurs de Paris, a mieux à faire que d'ordonner des filatures. Le parâtre est opportunément informé de sa mise sur écoute. Et la juge d'instruction... Ah, la juge d'instruction ! Son nom n'est pas donné dans le reportage, mais ce doit être Marie-Paule Moracchini, 1ère juge d'instruction au tribunal de Paris, déjà célèbre pour sa prestation dans l'affaire de l'assassinat du juge Borrel et pour avoir fait durer 17 (dix-sept) ans l'instruction d'une plainte pour escroquerie et exercice illégal de la médecine visant la Scientologie. Dans cette dernière, elle a perdu, dit-elle, plusieurs liasses du dossier que la chambre d'accusation lui demandait de transmettre et, au mépris du code de procédure pénale, prétend n'en avoir conservé aucun double...

L'instruction qui nous occupe ici aura été du même acabit. Sous prétexte d'une reconstitution des faits, la jugesse convoque la petite M.  dans son bureau, sans avocat. Là, elle force la fillette à s'agenouiller devant son parâtre et à mimer une fellation... Sans commentaire. Ce ne sont pas les aberrations de procédure qui ont manqué. Ainsi en mars 1997, le père est inculpé de viol sur mineurs, mais un mois plus tard la justice l'autorise à reprendre ses enfants. En avril 1998, nouvelle confrontation devant la juge. L'avocate qui défend les enfants n'est pas conviée, mais à sa place entre en scène Me Patricia Guertzon-Blimbaum, du barreau de Paris, qui, pour tout conseil, va suggérer à M. de la boucler !

Daumier9.jpgMaître Chapotard lisant dans un journal judiciaire l'éloge de lui-même par lui-même

Une autre affaire, qui a surgi en 1997, concerne une petite alsacienne de 4 ans, S., que ses père, grand-père et grand-mère indignes conduisaient régulièrement à Paris pour des soirées du même genre que celles évoquées ci-dessus, et non seulement du même genre, mais sans doute les mêmes qu'ont vécu P. et M. puisque les lieux décrits se sont révélés identiques et que les enfants ont depuis reconnu sur photos leurs abuseurs respectifs. S. dessine elle-aussi des meurtres d'enfants ("Ils ont tué Marguerite") et a une peur panique de tout ce qui ressemble à un homme... 6 mai 1999 : Le palais de justice de Paris refuse de lier les deux affaires.

Pire. La garde de ses deux fillettes est retirée à la mère de S. Elles se sont depuis réfugiées à l'étranger. Même chose pour la mère de P. et M. : contrainte par la justice de confier à nouveau ses enfants pour des week-ends pédophiles, elle a préféré quitter la France. Cela, c'était il y a sept ans. Et depuis, rien.

Daumier10.jpgVous avez perdu votre Procès...

On peut rapprocher l'inertie, pour ne pas dire la forfaiture, dont la justice a fait montre dans ces affaires, d'autres faits. Par exemple, le maintien dans ses fonctions du juge Philippe Zamour, pourtant surpris à se masturber en pleine audience au tribunal d'Angoulême. Ou encore le juge d'application des peines de Colmar Alain Hahn qui, en 2003 et 2004 successivement, malgré l’avis formel des experts psychiatres, avait fait libérer les violeurs et tueurs multi-récidivistes Patrick Gateau et Pierre Bodein, pour leur permettre de violer et éventrer à leur guise. Sarközy avait promis des sanctions. On attend toujours.

Cas isolés ? Que dire pourtant du témoignage des enfants du juge Pierre Roche, dont le père, une parfaite crapule, entre autres crimes et dépravations, se plaisait à brûler à la cigarette une prostituée qui s'avère être le principal témoin de l'affaire Alègre à Toulouse ? Avant d'être assassiné, ledit juge n'avait-il pas évoqué sa propre participation à des viols et sacrifices d'enfants... Cf.  http://www.dailymotion.com/video/xoxv6_magistrat-assassine.
C'est tellement énorme qu'on préfère ne pas y croire. Mais, dira-t-on, le risque d'erreur judiciaire... Outreau, tout ça.

Outreau, parlons-en. Voici un juge, Fabrice Burgaud, qui s'acoquine avec une incestueuse mythomane pour l'inciter à mouiller le plus de monde possible. Voici un juge qui, dans le cadre de cette affaire de pédophilie d'Outreau, fait arrêter et incarcérer des personnes qui n'habitent pas Outreau, n'y ont jamais mis les pieds, n'ont pas été nommées par les enfants, ni même par la mythomane en question et ont tous les alibis du monde, comme l'huissier de Samer en Pas-de-Calais et son épouse. Pourquoi ? Excès de zèle ? Certainement pas. Pour qu'il y ait du zèle, il faudrait au moins un soupçon de début de commencement de preuve à charge. Ce n'était pas le cas. Alors ? Souvenez-vous. En 2001, on est en pleine affaire Dutroux en Belgique et la question de réseaux pédophiles est sur la place publique. C'est ce qu'on dit pour excuser le juge. Cela n'excuse rien ; ça l'accable. Pourquoi mettre en prison sous l'accusation de pédophilie des gens que l'on sait innocents ? Pourquoi après ce premier scandale médiatique, les innocenter avec fracas, tambours, trompettes, grands discours et séances cathartiques télévisées, quand on sait la justice d'ordinaire si peu encline à avouer ses fautes les plus criantes ? Pourquoi, sinon pour paralyser et terrifier le simple quidam à l'idée qu'il aurait pu être l'un de ces innocents salis, jetés au cachot... Mais après tout cela, a-t-on réformé la justice ? L'a-t-on purgée de tous ses juges véreux ? Non. Alors, de quelle souris a finalement accouché cette montagne ? Je n'ai même pas vu de souris, juste la réaffirmation que les juges, quoiqu'ils fassent, sont au-dessus des lois.

Si la Rachida veut faire tomber des têtes, qu'elle ne s'en prive pas !

Daumier11.jpgGrand escalier du Palais de justice
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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 21:39
Je ne sais ce qui se passe, mais, depuis environ le mois de mai, on voit passer des avions dans le ciel de Paris et surtout on les entend, des avions qui traversent la ville de part en part et à faible altitude, notamment en plein nuit. Je croyais pourtant que le survol de la capitale était interdit aux avions de ligne. Et 2h du matin, cela ne semble pas une heure de circulation habituelle vers Roissy ou Orly... Alors, qu'est-ce ? Des avions militaires ? Des avions de ligne retardés attendant l'autorisation d'atterrir ? Des jets privés ? Ou Monsieur 206% qui s'agite (oui, son augmentation a encore augmenté) ? Non, pas des OVNI ! Je serai bien curieuse de le savoir. Et tant qu'à faire, vous, les coupables, ça vous ennuierait d'arrêter de faire trembler mes fenêtres et me réveiller à des heures pareilles ? Le lance-croquettes n'est pas loin !
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 15:37
J'avais fait la réclame ici même d'une petite entreprise française qui alliait écologie, commerce équitable et emplois en France, et qui marchait très bien, cf. http://geopolis.over-blog.net/article-4341927.html Mais voilà que je reçois hier le courrier que voici :

« Vous êtes nombreux à nous suivre depuis plus de deux ans et vous avez constaté que, désormais, les pulls n'étaient plus présents au sein de notre collection. En effet, notre fabricant de pulls français, subissant l'impact des délocalisations, a malheureusement cessé son activité, rendant ainsi impossibles le tricotage, la confection et les finitions nécessaires pour atteindre le rapport qualité / prix que nous offrions sur les pulls.

Le futur de Seyes et de notre projet de vie étaient donc compromis. Et suite à d'intenses discussions, de profondes remises en question, et toujours attachés à l'humble histoire de notre projet, nous avons décidé de continuer à faire vivre Seyes. Mais nous étions contraints de repenser nos produits afin de toujours soutenir l'industrie textile française en difficulté en collaborant avec un nouveau fabricant. L'association de nos savoir-faire permet aujourd'hui à Seyes de proposer une gamme de plus de 30 écharpes dont le style très actuel rappelle discrètement la collection 2006. Autres avantages : moins de couture, pas de tailles, un article plus rapide à fabriquer... ce qui fait de l'écharpe Seyes un accessoire luxueux accessible à tous.

C'est donc avec une nouvelle offre, une nouvelle identité, un nouveau logo, des nouveaux distributeurs mais avec une motivation inchangée que nous nous attacherons à faire de Seyes une marque toujours autant engagée qu'innovante. Et nous ne pouvons oublier de vous remercier pour votre fidélité depuis le lancement de Seyes. Les nombreux signes de soutien et de reconnaissance que nous avons reçu avec plaisir et fierté nous ont confirmé que vous nous accompagnerez à nouveau pour écrire cette nouvelle page.

Nous restons bien sûr à votre disposition pour répondre à vos questions.

Hervé Guétin & Stéphane Martin
Co-Fondateurs »

Dommage... Leurs pulls et cardigans étaient si bien. Moi qui comptais faire mes provisions pour l'hiver...

Restent les écharpes, très sympa aussi, et volontiers portées si j'en juge à celle que j'ai offerte à mon frère.
Voir ici : http://www.seyes.fr/boutique/index.cfm

La très perspicace Union européenne qui nous protège du Mal et des méchants - qu'elle en soit louée pour toujours - a judicieusement ouvert grand ses portes au textile chinois. Quelle riche idée ! Entre travail quasi esclave, cadences infernales, absence de droits et matières bas de gamme, la concurrence est tellement déloyale qu'il aura suffit de quelques années pour que toute l'industrie textile française s'effondre et que les industriels qui en avaient les moyens se barrent en Chine : travail quasi esclave, cadences infernales, absence de droits et matières bas de gamme, c'est tellement mieux. Et les Français, alors ? Licenciez-les tous !

Acheter chinois, bientôt nous n'aurons d'autre alternative. Et comme il faut bien se rendre à l'évidence qu'en dehors des soieries traditionnelles et de quelques cotonnades tissées par des populations non-Han, les vêtements "made in China" sont d'une qualité parfaitement merdique, eh bien nous nous vêtirons merdiquement. Et nous pourrons encore nous estimer heureux que les Chinois daignent nous habiller. Parce que le jour où il leur plaira de n'en plus rien faire... nous serons tout nus !
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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 19:13
Augias, roi d'Élis, était de tous les hommes, le plus riche en troupeaux, mais ses écuries, jamais nettoyées, dégageaient une pestilence telle qu'elle infectait tout le Péloponnèse. C'est alors que mission fut confiée à Hercule de les nettoyer...

A suivre ! Ici : http://geopolis.over-blog.net/article-13866315.html
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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 22:58
Et aujourd'hui, Mesdames et Messieurs, l'abominable homme des neiges !

Si quelqu'un sait plus précisément de quoi il s'agit...

La photo semble provenir de "Mission Spéciale Productions", même si je ne l'ai pas retrouvée sur leur site :
http://www.missionspeciale.com/index.adml?r=0

Eh bien, non, ce n'était pas un yéti, mais probablement un membre en tenue neige du 13e régiment de Dragons Parachutistes, unité d'élite de l'armée française spécialisée dans le renseignement et les "missions spéciales". Probablement..., parce que s'il est en tenue de camouflage, c'est justement pour ne pas être reconnu !
Cf. http://le.cos.free.fr/13rdp.htm
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 23:01
Du gouvernement français nouvellement constitué, je ne retiendrai ici qu'un nom, celui de Bernard Kouchner au Ministère des Affaires étrangères. Curieux d'ailleurs pour quelqu'un qui disait vouloir rompre avec mai 68 (je veux parler de N. Sarkozy), de nommer un soixante-huitard notoire à ce poste-clef. Kouchner a en effet été un des chefs du mouvement estudiantin du côté des carabins... Ce socialiste de 67 ans, très introduit dans les médias et que l'on nous dit populaire* - cela revient à peu près au même, - semble pourtant avoir plutôt mauvaise réputation parmi les diplomates, ceux en poste dans les Balkans notamment, depuis qu'il a été Haut représentant de l'ONU au Kosovo (juillet 1999 à janvier 2001). A moins que je ne confonde avec BHL !!! Enfin, c'est un peu le même style !

Il partage un trait de caractère avec un autre grandissime philoplope, j'ai nommé André Gluksmann : l'état d'indignation permanente. Qu'il parle en faveur des enfants affamés du Biafra ou de la libéralisation du cannabis, c'est le même ton exalté ! Autoriser le cannabis, parce que lui en a déjà fumé ; autoriser l'euthanasie parce que lui l'a déjà pratiquée - sur des blessés de guerre, au Liban et au Vietnam (il faut croire que, dans ces pays, ça ne tombe pas sous le coup de la loi)... Voilà encore un spécimen de narcissique ! Kouchner est surtout connu pour être l'un des fondateurs en 1971 de l'organisation Médecins sans frontières, qu'il a quittée depuis, et plus récemment, en 2003, pour avoir soutenu, contre la position française, les bombardements américains sur l'Irak. Poussières d'uranium et mines anti-personnelles... la joie des médecins ! Moins diffusé, son rapport sur la Birmanie, rédigé pour le compte de TotalFinaElf en septembre 2003, qui minimise l'impact de la dictature et la pratique du travail forcé pour la construction du gazoduc...
Cf. http://web.radicalparty.org/pressreview/print_right.php?func=detail&par=7685

*Il a pourtant échoué chaque fois qu'il s'est présenté devant les électeurs : dans le Nord en 1988, en Moselle en 1994, à Gardanne (Bouches-du-Rhône) en 1996...

Autant dire que je n'aime pas l'énergumène. Je ne suis pas la seule, si on en croit le texte de l'écrivain Patrick Besson publié dans sa chronique du "plateau télé" au Figaro Magazine, sans doute en 2003, mais je n'ai plus la date exacte.

*
Bernard Kouchner, bombardier sans frontières
par Patrick Besson

Bernard Kouchner à "Mots croisés" (France 2). Il est venu expliquer sa position pro-guerre qui lui vaut désormais, dans les rédactions parisiennes, le surnom de "bombardier sans frontières".

Il en a plein la bouche des souffrances du peuple irakien, qui n'ont sans doute jamais été aussi grandes que depuis le début de cette seconde guerre du Golfe. Sa phrase récurrente, toujours accompagnée d'un lourd soupir : "Nous n'avons rien fait."

C'est le chagrin de Kouchner : on n'en a jamais fait assez, nous autres qui ne sommes pas Bernard Kouchner. Une seule personne en a fait assez : lui. Partout où il est passé. Au Biafra, au Vietnam, au Kosovo. Je me demande même si, depuis une trentaine d'années, tout ce qui a été fait de bien sur terre ne l'a pas été par Bernard Kouchner, et si tout ce qui a été fait de mal ne l'a pas été par nous, nous tous qui ne sommes pas Bernard Kouchner. Dans les rares cas où nous avons fait quelque chose à la place de rien !

Sa chaude voix vibre. Ses yeux mouillés tremblent. Sa blondeur bizarre - pour la teinture, Bernard, je vous conseille une meilleure adresse : Michel Caro, rue de Bourgogne, Paris VIIe - ondule. Il nous le dit et nous le redit : son principal souci, c'est le peuple irakien. Comme George Bush, il veut le libérer de Saddam Hussein. Et tant pis si pour ça il faut détruire la moitié de l'Irak et tuer des centaines de milliers d'Irakiens. Les catastrophes humanitaires, ça le connaît. Il sait que c'est gérable. Pour ça, il suffit d'un avion plein de médicaments et de quelques caméras de télé. Et lui, Bernard Kouchner, au milieu. Qui fait, une fois de plus, quelque chose. Alors que nous, une fois de plus, on ne fait rien !

Entre l'ambassadeur du Royaume-Uni et l'Américaine Danielle Pletka qui, de Washington, reprochait tout simplement aux Français d'exister, Bernard Kouchner buvait du petit lait. Partisan d'une guerre qui viole le droit international et où l'on voit le pays le plus puissant du monde écraser de bombes l'un des pays les plus pauvres du monde au nom d'une démocratie qui risque fort bien d'être introuvable pendant plusieurs dizaines d'années - où en est, à propos, la démocratie afghane ? Au niveau pavot ? -, le docteur Kouchner montrait une bonne fois pour toutes que dans le maudit secret de son cœur froid et de son âme défaite, il avait renoncé au serment d'Hippocrate pour le serment d'hypocrite.
*
La phrase favorite de Bernard Kouchner : "Nous n'avons rien fait." Enfin, sauf lui.

Sur sa politique serbe, voir aussi : http://geopolis.over-blog.net/article-1958752.html
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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 01:54
Nous n'en avons pas tout à fait fini avec le pervers narcissique. Voici quelques remarques supplémentaires pour compléter le tableau clinique.

Genèse de la maladie
  • Souvent, le pervers narcissique est quelqu'un qui n'a jamais été reconnu dans sa personnalité propre, qui a été victime d’investissement narcissique important de la part de ses parents et qui a été obligé de se construire un jeu de personnalités factices pour se donner l'illusion d'exister et être conforme à l’image narcissique voulue par les parents, en l'occurrence la mère.
  • Il a pu subir aussi, durant son enfance des blessures narcissiques plus ou moins importantes. Ces blessures le pousseront à satisfaire sans cesse un énorme désir de reconnaissance ou de revanche - en l'occurence sur le père. Il a alors un besoin énorme d'être aimé, reconnu, surévalué, surestimé par rapport à ce qu'il est réellement.
  • Il peut être l’enfant surprotégé, chouchouté, le petit dernier (à l’exemple du jeune Abdallâh, des albums de Tintin), statut dont il profite à fond... Ou simplement un de ces enfants gâtés, à qui ont n’a pas appris à résister à leurs désirs et leurs frustrations.
  • De fait, le pervers narcissique est sans cesse amer, frustré et accuse systématiquement les autres. A la moindre blessure narcissique, à la moindre frustration il bascule dans la haine et passe à l’acte.
Ruses, stratégies et tactiques du pervers narcissique
  • Le pervers narcissique cherche constamment à rehausser l’image qu’il a de lui-même. Il lui est pour cela nécessaire de trouver un être - ou beaucoup ! - qui l'admire et lui renvoie de lui-même une image prestigieuse. Mais, refusant d'admettre ce besoin de se sentir perpétuellement valorisé, il dénie l'attachement à son faire-valoir que pareil besoin induit, faire-valoir qu'il n'aura de cesse de détruire.
  • Séduction : Contrairement au pervers de caractère, qui irrite son entourage par ses revendications et nie radicalement l’autre, le pervers narcissique, lui, réussit à créer un élan positif envers lui. Comme toute personne manipulatrice, il sait se rendre aimable.
  • Il change de masque suivant les besoins, tantôt séducteur paré de toutes les qualités, tantôt victime faible et innocente. Il a un souci scrupuleux des apparences, donnant le plus souvent l’image, valorisante pour son ego, d’une personne parfaite, image qui cache son absence d’émotion, d’amour, de sincérité et d’intérêt pour tout ce qui n’est pas lui. Il ne s'intéresse pas à la réalité, tout est pour lui jeu d'apparences et de manipulation de l'autre. Il excelle à susciter, amplifier et faire alterner chez l'autre regrets et peurs.
  • Dissimulation : Le pervers agit à l’abri des regards. Les maltraitances sont rarement sous le feu des projecteurs, mais plutôt perpétrées dans le secret des alcôves. Les pervers sont les professionnels de la double vie et de la double personnalité.
  • Mimétisme : Ce sont de véritables caméléons, aptes à mimer les attitudes et les paroles de leur interlocuteur pour susciter chez lui l'illusion d'un accord parfait, d'une entente exceptionnelle qui ne cesse de s'approfondir.
  • S'attribuer les qualités d'un autre
  • Diviser pour régner : Par prudence, il divisera et cloisonnera ses relations, afin qu’on ne puisse pas recouper ses mensonges ou que ses victimes ne risquent pas de se s'allier contre lui. Sa technique, dans ce domaine, finit par être magistrale.
  • Calomnier et insulter
  • Se valoriser sans cesse et dévaloriser l’autre : Les narcisses cherchent à évoluer sous les feux de la rampe, à choisir des situations où d'autres pourront les admirer. Ils veulent capter l'attention de leurs semblables qu'ils considèrent, par ailleurs, comme de simples faire-valoir, victimes potentielles qu’ils n'hésiteront pas à critiquer en public, souvent insidieusement.
  • Mentir : Il entretient une confusion permanente entre la vérité et le mensonge.
  • L’induction : La grande force du pervers narcissique est l'art de l'induction. Il s'applique à provoquer chez l'autre des sentiments, des réactions, des actes, ou, au contraire, à les inhiber. Il fonctionne en quelque sorte comme un magicien maléfique, un hypnotiseur abusif, utilisant successivement injonctions et séduction.
  • Prendre le pouvoir : Il utilise son pouvoir de séduction, ses talents de comédien, son apparence de sérieux, toutes les facettes de ses " personnalités " pour s'imposer.
  • Inhiber la pensée critique de ses victimes
  • Contradictions et pirouettes : Un jour, relâchant sa vigilance, content et fier de son coup, le pervers narcissique pourra même se vanter auprès de tiers auxquels il prête ses propres pensées, de son succès : l'autre l'avait bien mérité, puisqu’il " n'avait qu'à ne pas être si bête et si naïf ".
  • Mais même quand les contradictions de son comportement éclatent, semant alors le doute sur sa personnalité, ses intentions ou sa sincérité, il parvient le plus souvent à rattraper ses erreurs et à restaurer la belle image de lui-même qu'il a laissée se fissurer par manque de prudence. Il affirmera alors, par exemple, qu’il a plaisanté et qu’il ne cherchait qu’à tester son interlocuteur.
  • La plupart du temps, on lui pardonnera malgré tout, parce qu’il a toujours une explication pour justifier un comportement soudain contradictoire. L’erreur " désastreuse " sera mise sur le compte d’une faiblesse momentanée, d'une fatigue, d’un surmenage, d’une maladie. Finalement, on se dira que toute personne " parfaite " est faillible.
  • Le pervers narcissique aime la controverse. Il est capable de soutenir un point de vue un jour et de défendre les idées inverses le lendemain. (d'après Hirigoyen)
  • Se poser lui-même en victime  : Voir l'affaire Clearstream.
Traitement
  • Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes. En général, on ne les considère pas comme complètement fous, car ils sont capables de maîtriser et de calculer leurs actes. Ils ne sont pas irresponsables en particulier sur le plan pénal. Toutefois la question n’est pas tranchée.
  • Le problème, c'est que le pervers narcissique refusant de considérer qu'il a un problème, les thérapies n'ont pas de prise sur lui.
  • Pour la plupart des témoins de leur comportement étrange, il est très difficile de comprendre les pervers narcissiques car la littérature psychiatrique ne décrit, le plus souvent, que les mécanismes mais pas leurs motivations profondes (ce qui les fait s'enfermer systématiquement dans le mensonge, ou sans cesse rebondir d’un mensonge à l’autre).
  • Le pervers narcissique peut-il remédier à son " vide ", à son absence d’intérêt pour les autres, cesser de projetter vers les autres une personnalité qui n’est pas la sienne?
  • En réalité, il est extrêmement rare qu’il change ou veuille changer d’attitude ou de valeurs morales. Car les gains que lui ont valu cette attitude sont souvent très importants et très gratifiants pour lui (admiration, célébrité, pouvoir…). On ne pourra pas changer un pervers narcissique par un " discours rationnel " car la quête perpétuelle de pouvoir est un moteur puissant et une source intarissable de plaisir, une véritable drogue dure.
  • Pour qu’il puisse changer, il faudrait qu’il subisse des chocs violents et des épreuves très importantes, susceptibles, par exemple, de déstabiliser la très haute conception qu'il a de lui-même, et surtout le convaincre qu'à la longue l'efficacité de ses mensonges et de ses tactiques s'est émoussée. C’est seulement ainsi qu’on pourrait espérer le voir, peut-être, un jour (?), évoluer favorablement. A vrai dire cela n’arrive presque jamais.
Parano ?
  • Nous sommes tous susceptibles d'être un peu "paranos" (au sens commun). Ceci nous permet de ne pas être complètement perméables aux opinions d'autrui, de construire notre propre personnalité, éventuellement de tenir tête et de développer une pensée originale. Mais nous gardons une capacité à modifier et à réviser notre jugement en fonction des apports des autres, de notre milieu ; en quelque sorte une capacité à transiger et à faire des compromis avec l'extérieur. Mais, au sens premier, la paranoïa est une maladie mentale chronique du groupe des psychoses.
  • La tendance actuelle dans les études de psychiatrie est de considérer qu'il existe un continuum allant de la normalité jusqu'aux formes graves de paranoïa, en passant par la personnalité paranoïaque. L'être humain normal peut, à certains moment, présenter de manière isolée de tels symptômes, qu'on pourra alors comprendre comme des défenses réactionnelles. Chez certaines personnes cependant, les traits de personnalité paranoïaque se rigidifient, s'installent de manière chronique. On parle de "trouble de la personnalité paranoïaque". Si un état délirant s'installe, il s'agit alors de paranoïa.
  • Le trouble de la personnalité paranoïaque constitue une forme a minima et un fond de développement de la paranoïa. On y trouve donc les formes atténuées des symptômes de celle-ci : hypertrophie du moi avec surestimation de soi, notamment. Peu affectif, le paranoïaque se veut rationnel. Toutefois, la fausseté du jugement est présente : absence d'autocritique, raisonnement se voulant logique mais s'appuyant sur des a priori partiaux, sortis de leur contexte global. On parle également de psychorigidité ou pensée psychorigide : le paranoïaque n'accepte aucun argument extérieur, qu'il soit positif ou négatif.
  • La paranoïa elle-même est une sorte de délire, mais un délire organisé, dans lequel le sujet a constamment l'impression d'être trahi, agressé ou mis en danger, voire manipulé. Le sujet se méfie donc, la plupart du temps inutilement, de tout le monde. Il va jusqu'à se méfier de son entourage. Il a l'impression que tous complotent contre lui. Le délire paranoïaque installé est alors imbriqué dans le caractère et la construction même de la personnalité.
Or, comme nous l'avons vu (http://geopolis.over-blog.net/article-6423695.html), la perversion narcissique comporte une composante paranoïaque. Les personnalités paranoïaques se caractérisent par quelques traits fondamentaux comme la surestimation pathologique de soi-même, la méfiance exagérée à l'égard des autres, une susceptibilité démesurée, la mise en doute arbitraire de la loyauté de ses proches ou de ses associés, des réactions de colère à tout ce qu'il perçoit comme atteintes à sa personne, des rancunes tenaces. Ce type de personnalité peut rester stable, mais constitue aussi un terrain favorable au développement de psychoses paranoïaques.
  • Pour protéger l'environnement et le malade, il est parfois nécessaire de recourir à une hospitalisation sous contrainte, ce qui permet à l'entourage ou à l'Etat (préfet) d'initier une prise en charge par le soin psychiatrique du patient... Bien sûr, compte tenu du déni des troubles qui accompagne cette affection, bon nombre de personnes qui en sont atteintes restent sans suivi.
L'Histoire a montré que des formes d'organisation paranoïaque, dites totalitaires, peuvent affecter des groupes humains entiers.

NS ? : "Si les Français savaient vraiment qui il est, il n'y en a pas 5% qui voteraient pour lui". (Marianne, n° 521, p. 18).

A moins de vouloir absolument voter pour un fou !
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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 21:17
Un peu de psychiatrie. Comme dit hier, je recommande au lecteur de mettre en parallèle ce que nous rappelle Marianne au sujet d'un certain candidat à la présidence de la République (http://geopolis.over-blog.net/article-6414730.html) et quelques bonnes pages du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et autres classiques de la psychiatrie. Mais comme la culture psychiatrique n'est pas très répandue parmi nos concitoyens, j'ai rassemblé ci-après les passages les plus significatifs que l'encyclopédie libre Wikipédia consacre d'une part à ce que l'on appelle "pervers narcissique" et au trouble de la personnalité narcissique, de l'autre à la paranoïa et au trouble de la personnalité paranoïaque. Sauf mention contraire, les citations (en italique) viennent de Wiki.


Qu'est-ce qu'un pervers narcissique ?
  • L'expression pervers narcissique est utilisée en psychopathologie pour désigner les individus présentant une personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de perversion morale. L'individu atteint de perversion narcissique, à travers ses conduites et les modalités relationnelles particulières qu'il va mettre en place avec les autres, cherche à devenir le "maître" de la relation et à assujettir l'autre, ce qui a de graves conséquences pour ses victimes.
  • Cette expression fait appel à deux concepts psychanalytiques :
  • *    Le narcissisme, qui est l'amour de soi, est une composante normale de la personnalité. Cependant dans certains cas, le sujet peut se fixer affectivement sur lui-même : on parle alors de trouble de la personnalité narcissique. Le besoin d'être admiré est alors constant, associé à un manque d'empathie.
  • *    La perversion morale qui correspond à un type de personnalité particulier tendant vers la satisfaction de ses désirs et de ses besoins aux dépends des autres, qui vont être manipulés et dont les besoins sont niés.

Ce trouble psychiatrique tient à la fois du narcissisme et de la psychopathie. Le profil type comporte notamment les rubriques : egocentrisme, haine et agressivité, mensonge, extraversion, orgueil et combativité, sadisme, paranoïa, mesquinerie et narcissisme criminel. On notera toutefois que cette catégorie de trouble (de folie, en langage commun) et ses conséquences pour l'entourage ont jusqu'ici été surtout examinées dans la sphère privée et, sous le nom de harcèlement moral, dans les relations de travail.

Il faut savoir aussi que certaines des caractéristiques du pervers décrit ci-après, si elles apparaissent isolément chez une personne, ou bien sous une forme atténuée, sont juste des traits de caractère : égoïste, orgueilleux, mesquin, etc., qui n'en font pas pour autant un malade mental. Pas de panique, brave lecteur, tu n'es pas pervers ! C'est l'accumulation et l'exacerbation de ces traits qui constitue le trouble psychiatrique et peut conduire à l'internement.

Absence de scrupules

Le pervers narcissique est souvent un individu relativement intelligent et bon psychologue. Dépourvu de valeurs morales, il n'a ni états d'âme, ni remords ou problèmes de conscience. Ce manque absolu de scrupule déroute d'abord ses victimes - c'est à dire les personnes qu'il manipule - tant elles ont du mal à y croire.
  • En fait, il a un total mépris pour toute loi ou contrainte morale. Sa morale est, le plus souvent, celle de la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus retord. Il y a le plus souvent, dans son comportement, la banalisation du mal et une certaine " relativisation " de la morale, dans le cadre d’un nihilisme opérationnel, qui peut même être militant. Il n’a de respect que pour les gens plus forts que lui, ayant plus de pouvoir - G.W. Bush - et de richesse, ou plus combatifs que lui. Faire preuve d’humanité, de sensibilité est souvent vu par lui comme l’expression d’une forme de naïveté ou de sensiblerie qui n’a pas lieu d’être. Seuls les résultats comptent : " la fin justifie les moyens " - c'est aussi le principe de la scientologie...
"Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches... Tom Cruise" ! (Marianne, p. 19).
  • Le pervers narcissique n'éprouve aucun respect pour les autres, qu'il considère comme des objets utiles à ses besoins de pouvoir, d'autorité, ou servant ses intérêts. Il fait des promesses qu’il ne tiendra pas, sachant que " les promesses n’engagent que ceux qui y croient ". Pris sur le fait, il est capable de nier avec un aplomb hors du commun... - "jamais rencontré Azouz Begag" ! (Sarkozy, cité par Marianne, p. 15).
Egoïsme forcené
  • Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même. Son unique but et objectif est d’obtenir un bénéfice pour sa propre personne. Il essaye de profiter à chaque instant de toute opportunité, de toutes les situations, de toutes les personnes rencontrées - celles-ci étant autant que possible systématiquement instrumentalisées - pour en tirer avantage. Sa philosophie est toujours utilitariste. Et il sait ménager ceux dont il a besoin, son conjoint, une relation de travail…
  • Le pervers narcissique n'est courageux que quand il est sûr de gagner et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant de son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le premier à monter dans les canots de sauvetage, sous les prétextes les plus fallacieux, avant femmes et enfants... La notion d’honneur ou d’élégance morale lui est inaccessible.
  • Comme pour tous les narcissiques, tout lui est dû. Il n'admet aucune mise en cause et aucun reproche. Sa loi est celle de ses désirs immédiats, dans l'instant. Tout doit lui céder systématiquement. C’est comme s’il était demeuré, à l’âge adulte, un enfant gâté- "un enfant qui n'atteindra jamais l'âge adulte" dixit Marianne, p. 19... - Par exemple, un petit bobo chez lui prend de graves proportions, comme si c’était une maladie importante, devant alors inspirer la compassion de l’entourage.

Exemple de son mode de pensée : " Je suis génial, je suis fort, je suis au dessus des autres, dans le haut du panier "... - "le seul qui", "le premier à, "l'unique capable de", "le meilleur pour" (p. 21)... - ou encore : "Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres" (Nicolas Sarkozy, habitant de Neuilly, dans Le Figaro, mai 2005, cité par Marianne, p. 25).

Absence de compassion
  • Les pervers narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune humanité, aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculeurs, totalement indifférents à la souffrance d’autrui.
"C'est vrai, j'étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal... Mais j'ai changé !" (Nicolas Sarkozy, entretien avec sa biographe Catherine Nay, cité par Marianne, p. 17). Mais non, fripouille, tu n'as pas du tout changé !

Quand il arrive un problème à autrui, ainsi l'attentat contre le World Trade Center, il a de la peine pour lui-même, pas pour autrui.

"Il n'est vraiment totalement humain que quand il s'agit de lui-même" (Marianne, p. 19).
  • Mais tout en étant, le plus souvent, incapables d’avoir des sentiments humains, les pervers narcissiques simuleront le fait d’être totalement remplis, en apparence, de bons sentiments humains et d’une sincère empathie pour autrui.
  • Les pervers peuvent se passionner pour une personne, une activité ou une idée, mais ces flambées restent très superficielles. Ils sont en fait souvent vides d’intérêts, sauf pour leur intérêt immédiat. Ils ignorent les véritables sentiments, en particulier les sentiments de tristesse ou de deuil (pour les autres). Les déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche... Quand un pervers reçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas, comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une rancune inflexible, implacable, à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura de cesse d’assouvir son dessein de vengeance.
En 1994 : "Chirac est mort. Il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre" (Nicolas Sarkozy, cité par Marianne, p. 21).

Aux journalistes de France 3, pas assez lèche-cul à son goût : "Si je suis élu, je vous ferai tous virer !" (Marianne, p. 16).

"La critique équivaut pour lui [Sarko] à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l'achat ou la mort de l'adversaire" (p. 18).

Haine et agressivité
  • Le pervers narcissique a souvent besoin de haïr pour exister. C'est une des raisons pour lesquelles il n’est jamais satisfait par quoi que ce soit (les autres, les objets …). La haine peut être chez lui un moteur très puissant de son action et de son comportement. Étant incapable d'aimer, il essaie de détruire, par cynisme, la simplicité de toute relation naturelle et saine.
  • Prisonnier de son propre personnage et de l’image, le plus souvent factice, qu’il présente à la société, le pervers narcissique tente alors de détruire la liberté d’autrui et de lui imposer des contraintes décidées par lui. Il y a, chez lui, une mentalité agressive d’envie, de convoitise, d'irritation haineuse à la vue du bonheur, des avantages d'autrui.
  • Pour s'accepter et s’affirmer, le pervers narcissique doit triompher de quelqu'un d'autre, le détruire, jouissant alors de sa souffrance. Cette perception, de ce qu’il croit ne pas posséder, est subjective, elle peut même être délirante. Ce sentiment d'infériorité vis-à-vis de la personne enviée et haïe le pousse à chercher à posséder ce qui est convoité. Pour combler l'écart qui le sépare de l'objet de sa convoitise, il lui suffit alors de l'humilier, de l'avilir.
"Jamais, peut-être, un leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp, pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches" (cité par Marianne, p. 21). Ne me demandez pas ce que c'est qu'un chaouche, je ne sais pas.
  • Pour lui, rien ne va jamais. Il impose aux autres sa vision péjorative ou négative du monde et son insatisfaction chronique concernant la vie. Personne n’a vraiment grâce à ses yeux. Agresser les autres est le moyen d'éviter la douleur, la peine, la dépression.
  • Les pervers narcissiques aiment attendre dans l’ombre, masqués. Certains calculent leur coup ou leur vengeance très longtemps à l’avance, parfois sur plusieurs années (pour eux la vengeance est un plat qui se mange froid et ils aiment à s’en délecter). C’est la raison pour laquelle ils peuvent être redoutables et imprévisibles. Et d’ailleurs, ils sont le plus souvent imprévisibles.
Mensonge
Là, on n'a que l'embarras du choix dans les exemples. Au hasard : "Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d'afficher ma loyauté envers Jacques Chirac" (Nicolas Sarkozy, juin 1992). Encore un ami de trente ans... "Je n'aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée" (Marianne, p. 25). Pas vrai, Cécilia ?
  • Le pervers narcissique est toujours, intérieurement, dans la peau d’un autre. Il n'est jamais sincère, toujours menteur. Il peut aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb, d’une façon jusqu’au-boutiste (comme un " arracheur de dent "). Le plus souvent, il effectue de sensibles falsifications de la vérité, qu'on ne peut pas vraiment qualifier de constructions délirantes. Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise - ce qui est, pour les autres, très déstabilisant - fait partie de son jeu.
  • Derrière cette pratique jusqu’au-boutiste du mensonge, qui paraît parfois suicidaire, se cache, le plus souvent, une attitude de défi à l’ordre social, une façon de montrer qu’il est toujours le plus fort et qu’il contrôle toujours la situation - ou les statistiques de crimes et délits... Même quand il le faudrait, il ne reconnaîtra jamais rien, ni ses mensonges, ni ses torts, même dans les moments cruciaux, lors d’un interrogatoire policier, voire d'un procès d’assises.
  • Par contre il pourra reconnaître éventuellement un mensonge mineur s’il n'a pas grand chose à y perdre. Mais même l’aveu de ce petit mensonge sera toujours difficile à obtenir de sa part.
Mythomanie
  • Le pervers narcissique a souvent une composante mythomane. Elle est liée à sa propension au mensonge - une composante opérationnelle, consciente, pour parvenir plus facilement à ses fins - et à un besoin de se voir mieux qu’il n'est dans la réalité. Il aime se mentir à lui-même, sur lui-même. Le déni (de ses défauts, de l'autre) lui permet de " s'aimer " (et de s’aimer toujours plus).
"Maintenant, dans les réunions publiques, c'est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l'impression qu'on s'est vraiment parlé" (Nicolas Sarkozy, entretien accordé au Figaro, mai 2005, cité par Marianne, p. 25). Ça s'appelle aussi vouloir prendre les gens pour des imbéciles... et ils votent pour lui !
  • Comme tout mythomane, il ment souvent parce qu'il craint la réaction négative de l’entourage (de dévalorisation, par exemple) qu'entraînerait l'aveu de la réalité et de son mensonge. Sa mythomanie a tendance alors à s’auto-entretenir, sans fin, voire à se renforcer au cours du temps. Il se ment à lui-même, sur sa vraie valeur, sur ce qu’il est réellement. Il sait partiellement qu’il se ment à lui-même, mais en même temps il minimise son propre mensonge sur lui-même. A certains moments, il finit par croire à son mensonge, à d’autres, il a conscience de son mensonge. C’est toute l’ambivalence de la pathologie mythomane.
  • Le pervers narcissique est un " comédien né ". Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus chez lui une seconde nature. Sa palette de personnalités, de personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de son jeu d’acteur est infini, sans cesse renouvelé.
  • Le pervers narcissique est en général apprécié au premier abord car il paraît extraverti, sympathique et séduisant. Assez fin psychologue, il a souvent un talent pour retourner l’opinion en sa faveur et emporter l’adhésion à ses idées, même les plus contestables.
Orgueil et combativité
  • Le pervers narcissique est le plus souvent doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond remarquable. Sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent cette combativité.
  • Souvent immensément orgueilleux, voire mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix, sans fin, et ne peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout, même aux coups les plus retords, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un enfant gâté. S’il ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.
Même les qualités qu'on prête à Sarkozy (ténacité, énergie) participent du tableau clinique...
  • A la longue cette tendance, qui peut lui assurer une dynamique du succès pendant un certain temps, devient une addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en retour, et l'amène à ne plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou contradiction.
  • Le pervers narcissique adore se valoriser, paraître plus qu’il n’est réellement. Toute atteinte à la haute image qu’il a de lui même le rend très méchant, agressif. Tous ses efforts viseront alors à rétablir cette image flatteuse qu’il a de lui-même, et ce par tous les moyens, y compris par la destruction du perturbateur, celui qui a commis le crime de lèse-majesté.
  • Il a une très haute opinion de lui-même. Les autres sont pour lui quantités négligeables - ce sont des larbins, des domestiques, des " peanuts "... Il déteste qu’on lui fasse de l’ombre, qu’on se mette en avant, qu’on prenne de l’ascendant sur lui, qu’on lui résiste, qu’on lui dise non. Il a besoin sans cesse de rabaisser autrui, par une petite pique de-ci de-là (un tel n’a pas de personnalité, un tel est égoïste, un tel est ingrat, un tel est pingre…).
Sarkozy à propos de Fillon : "Un nul qui n'a aucune idée". A propos de Barnier : "Le vide fait homme". A propos de Douste-Blazy : "La lâcheté faite politicien". A propos de Juppé : "Un dogmatique rigide. Fabius en pire". A propos de Michèle Alliot-Marie : "Une salope". A propos de Villepin, n'en parlons pas ! Et ce sont ici des gens de son propre parti.

Sans compter les "connards" et autres "je vais les niquer" qu'il distribue à tout le monde. Qui a parlé de nettoyer les racailles au karcher ?

Sadisme
  • Un plaisir pervers s'éprouve dans la vision de la souffrance de l’autre. Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à voir l'autre souffrir, à le maintenir dans le doute, à l'asservir et à l'humilier. Étant incapable de relation véritable, il ne peut en établir que dans un registre pervers de malignité destructrice. Les êtres humains ne sont plus pour lui des êtres humains, mais des objets de jeu et de plaisir. Il aime chosifier l'autre, et faire en sorte que sa victime ne puisse jamais s’en sortir, ne serait-ce que pour l'empêcher de témoigner contre lui.
"C'est vrai, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté" (Marianne p. 19).

Paranoïa
  • A la personnalité perverse et narcissique peut parfois se superposer une composante paranoïaque. A force de duper les gens, le pervers se doit d’être de plus en plus secret et d’être de plus en plus sur ses gardes. Il se confie de moins en moins. A un moment clé, il peut se révéler d’une hyper-susceptibilité maladive. Sa paranoïa lui fournit alors un regain d’énergie combattive.
Sa susceptibilité maladive, tout son entourage politique peut en témoigner. Mais je reviendrai plus loin sur la tendance à la paranoïa parce que c'est là aussi un trouble grave.

Mesquinerie

On est parfois surpris de découvrir, derrière son apparence généreuse, brillante ou intelligente, un esprit mesquin, terriblement jaloux, rancunier, vengeur, d'une indéniable petitesse morale. Ses buts " nobles " et " généreux " se révèlent alors nettement moins nobles qu’il y paraissait au premier abord.

Enfin certains comportements déroutants du pervers narcissique peuvent être l'indicateur d’un début de psychose ou de démence précoce...


Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_la_personnalit%C3%A9_narcissique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pervers_narcissique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_de_la_personnalit%C3%A9_parano%C3%AFaque
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parano%C3%AFa
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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 22:11
Un parfum des années 30...
Paris, 2007 - Siège de campagne de l'UMP

Style dépouillé, portrait géant, exaltation du chef (merci Photoshop !)... Il n'y manque pas même les torchères ! Mais qui est donc ce Sarkozy qui veut nous gouverner ?

Marianne
(n° 521, 14-23 avril 2007, p. 14-25) dresse enfin le portrait psychologique que beaucoup de gens subodoraient, mais que les médias aux ordres avaient choisi de taire et auxquels les observateurs les plus lucides se refusaient à croire malgré l'évidence. Ne pas voir ce que l'on voit parce que Non. Pas ça... Ce n'est pas possible ! Et pourtant, c'est vrai : nous sommes à la veille d'élire un malade mental à la présidence de la République française. Ce n'est pas tout à fait ce que dit Marianne. L'hebdomadaire nous décrit les symptômes, mais n'ose poser le diagnostic...

Sarkozy. A cette violence intérieure, ce déséquilibre personnel que pointe chez lui le premier ministre Dominique de Villepin, il y a cependant des causes compréhensibles. Etre à la fois Juif et fils de nazi, au-delà de l'incongruité de la chose, c'est à n'en pas douter un tiraillement tel qu'il explique la violence et le clivage de la personnalité. Mais sauf à appliquer au personnage ses propres idées eugénistes et à rechercher chez lui les gènes de la pathologie mentale - puisque selon cet éminent scientifique qu'est Monsieur Sarkozy, les pédophiles naissent pédophiles, les dépressifs naissent dépressifs et les suicidés suicidants - les hasards de sa naissance n'expliquent pas tout.

D'un côté il y a cette famille hongroise dont on parle sans trop en dire. Une famille bien placée dans la Hongrie des années 30 et 40. Le grand-père est conseiller municipal de Szolnok. En mars 1944, l'armée allemande occupe le pays. De mai à juillet, les Juifs sont déportés. A l'automne 1944, c'est le mouvement hongrois pro-nazi des Croix fléchées qui prend le relais et organise le massacre des Juifs de Budapest, jusqu'alors épargnés. Entre l'hiver 1944 et mars 1945, devant l'avancée de l'Armée rouge, les Allemands font retraite et avec eux des membres des Croix fléchées. Parmi ces derniers, très vraisemblablement, Pal Sarkozy, le père, que l'on trouve en Autriche dès fin 1944, puis à Baden-Baden où il va s'engager dans la Légion étrangère, excellent moyen pour faire oublier son passé. Un autre bon moyen, c'était peut-être le mariage. Aucun des deux engagements n'aura duré bien longtemps. Pour autant, traiter Nicolas Sarkozy de nazi comme le font les gauchistes est une absurdité. Il exècre son père. Et il exècre sans doute tout autant la Hongrie et toute l'Europe centrale (http://geopolis.over-blog.net/article-4343118.html). A vrai dire, que le père de Sarkozy ait été dans les Croix fléchées, peu importe.

Sarkozy fils est tout acquis à sa mère, Juive, d'une famille originaire de Salonique, ce qui le fait Juif lui-aussi puisque la judéité se transmet par la mère exclusivement. Cela explique ses positions en matière de politique internationale : fervent soutien d'Israël, grand admirateur de la politique de George W. Bush, hostile à tout ce qui vient de l'Est et doit lui rappeler son père. La figure du père justement... Un père qui ne semble avoir eu pour lui qu'indifférence, voire mépris. Le petit Sarkozy a une revanche à prendre. C'est son problème. Cela doit-il devenir le nôtre ? Il y a manifestement chez Sarkozy un mal-être lié à ses origines, mais aussi et surtout une forme de fixation sur la période 1939-1945, puisque tout y ramène. Alors, un homme d'avenir ?

Mais s'il n'y avait que cela ! Si j'ai parlé de troubles mentaux, ce n'est pas en l'air, ce n'est pas pour insulter. Ses proches et tout ceux qui l'ont rencontré disent la brutalité de ses réactions, ses explosions de fureur, y compris contre son entourage, ses hurlements et ses bordées d'injures frénétiques : "Connards, salauds, journal de merde ! Je vais tous les niquer. Les niquer !". Un langage fleuri qui fait racaille comme l'a d'ailleurs noté Le Pen. La moindre anicroche dans sa campagne et voilà Sarkozy qui insulte ses propres conseillers. La claque n'est pas assez fournie, il entre dans une rage noire, comme à Bruxelles, pour son premier meeting de campagne à l'étranger - un flop ! dont personne n'a parlé. La plus petite remarque parmi le cortège de lécheurs dont il s'entoure et l'aspirant président s'emporte et éjecte le coupable. Crime de lèse Sarkozy !

Car il est vindicatif et implacable, le Sarkozy : "Si je suis élu, je vous ferai tous virer !". On connaît l'histoire d'Alain Genestar, remercié de Paris Match. La liberté de la presse qu'ils appellent ça ! Il brutalise, il menace, il intimide. "La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l'achat ou la mort de l'adversaire" dit de lui un ministre UMP. Un autre membre de son parti ajoute : "Jamais, peut-être, un leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp, pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches". Les mots sont forts, mais on les imagine à la mesure du traumatisme ressenti et à la mesure aussi de ses propres paroles, assassines, ainsi quand Sarko rêve tout haut de voir Villepin "pendu au croc d'un boucher"... Ils font presque pitié ces UMPistes, à faire campagne pour un type qui les traite comme des chiens !

Et puis il ment comme un arracheur de dents ! Quelques jours après une querelle avec l'énergumène Begag, ci-devant ministre "délégué à l'Egalité des chances" (celui-là dans le genre je-m'en-foutisme... pourquoi pas le Ministère des coups de pied au derrière ?), à qui Sarkozy à menacé de casser la gueule (sic), le même prétend devant les journalistes : "je crois n'avoir jamais rencontré Azouz Begag"... Ils étaient juste dans le même gouvernement ! Il dissimule, il déguise, il se déguise. Par exemple, interdiction est faite aux médias de dire la vérité sur son bilan au Ministère de l'Intérieur en matière de sécurité : les chiffres sont catastrophiques. Aucun scrupule. Il peut dire une chose, le lendemain le contraire. Et alors ? Du moment que les gens y croient. Pour instrumentaliser les autres, il s'y connaît. Et tout est bon pour parvenir à ses fins. Un Sarkozyste le reconnaît : "il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté". Bref, il manipule.

Tout son comportement témoigne d'une profonde blessure narcissique. Alors il compense : "Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s'ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu'il reçoit à Berçy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto", dit un ancien élu RPR des Hauts-de-Seine. Et surtout il y a lui. La rédaction de Marianne nous remet ses expressions favorites en mémoire : "je suis le seul qui", "le premier à", "l'unique capable de", "le meilleur pour"... Un autre député UMP : "On dit qu'il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur [j'aurais dit plutôt son vide intérieur]. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça". Il suffit d'ailleurs d'écouter Sarkozy lui-même : "Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ?...", "Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu'à ce que les téléspectateurs en aient la nausée"... Très bizarre, cette idée ! En tous cas, la nausée, là, on l'a déjà !

Puisque l'autre n'existe que comme moyen ou comme objet, il n'est pas question de dialogue et encore moins de débat. "Vous n'imaginez pas qu'un autre point de vue présente un quelconque intérêt", s'est-il fait dire. Il se refusera toujours à débattre - on l'a vu récemment, - sauf à choisir des interlocuteurs tout dévoués à sa cause ou trop faibles pour lui tenir tête. Il redoute par contre ceux qui ne se laissent pas impressionner et pourraient démonter la supercherie, ceux qui sont vraiment solides alors que lui fait semblant, donne le change pour dissimuler son instabilité. Car cette incapacité de Sarkozy à se réfréner dénote un manque flagrant de maturité, comme s'il était resté le gamin de Neuilly, pourri gâté. Ce n'est pas moi qui le dit mais des représentants de son propre parti : "un enfant qui n'atteindra jamais l'âge adulte" ! Les emportements de Sarko, ses coups de menton, cette virilité qui s'affiche et expose sa femme, l'image d'homme qu'il veut absolument donner de lui, cachent mal une personnalité friable, très fragile au fond, et un grand vide.

Et pourtant il fascine. C'est surprenant, mais il faut bien se rendre à l'évidence, il y a, à l'UMP comme en dehors, des Sarkozystes fanatiques. Il y en a même beaucoup. Par naïveté, par ignorance, par sidération médiatique aussi, ils voient en lui une sorte de surhomme qui va tout résoudre : "Lui seul le peut", "lui seul est capable de"... ce qui n'est jamais qu'une projection de son propre discours. Et à l'instar de lui-même, ces jeunes gens - car ce sont souvent des jeunes gens - semblent s'enfermer dans une forterresse psychique que rien ne peut percer sous peine que le psychisme entier s'effondre. Ils ont réponse à tout, une explication pour tout. Non, Sarkozy n'a pas pu faire ceci quand il était ministre, parce qu'On ne le laissait pas faire. Il n'était pas libre de... Ben voyons ! Mais si l'argument perce... J'ai testé. Le résultat : un pauvre militant UMPiste prostré, ratatiné sur son fauteuil, perdu, comme si le monde se dérobait sous ses pas. Pathétique !

Alors s'agit-il seulement d'un problème de nerfs ? Non, ce que je viens de décrire chez Sarkozy, c'est le profil type du pervers narcissique à tendance paranoïaque. Pour l'examen psychiatrique, je renvoie aux pages de Wikipédia (c'est le plus accessible) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pervers_narcissique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parano%C3%AFa

A suivre...
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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 18:49
Après les déclarations d'intention du PS et de l'UMP, voyons un peu de quoi il retourne à l'UDF. Comme précédemment, je m'en tiendrai pour l'essentiel aux questions de politique internationale, mais comme le candidat UDF est nettement moins connu que les autres, quelques mots d'abord sur François Bayrou.

Catholique de gauche, ministre de l'Education nationale de 1993 à 1997 sous les gouvernements Balladur puis Juppé, Bayrou est l'héritier politique de Valéry Giscard d'Estaing dont il a repris le parti en 1998. Il fait d'ailleurs volontiers l'éloge de la "modernité" de Giscard... Fervent partisan d'une Europe fédérale, il a fait campagne en 2005 pour le Oui à la Constitution européenne - il n'est peut-être pas inutile de le rappeler car son programme, intitulé "La France de toutes nos forces", escamote la question au profit d'une sorte de "Partisans du Non, je vous ai compris !". Pourtant, François Bayrou et son parti ont été étroitement associés au développement des institutions de l'Union européenne telles qu'elles se présentent actuellement. Sa seconde de liste aux élections européennes, Nicole Fontaine, a présidé le Parlement européen de 1999 à 2002, et Giscard lui-même est à l'origine dudit projet de constitution récemment avorté.

D'autre part, parmi les principaux soutiens à sa candidature, on peut relever quelques noms qui auraient de fortes chances de se retrouver ministres si lui-même devenait président, et qui seraient alors susceptibles d'orienter sa politique. Citons Jean Peyrelevade, qui fut directeur du Crédit lyonnais de 1993 à 2003 et présida à l'incroyable déconfiture que l'on sait : 130 milliards de francs de dette épongés par le contribuable en 1993. C'est aussi pendant son exercice à la direction de la banque qu'eut lieu l'incendie criminel du siège parisien du CL (en 1996), qu'on ne s'est jamais donné la peine d'élucider, et celui de sa succursale du Havre où les archives sont parties en fumée...

Citons aussi, et c'est plus intéressant du point de vue géopolitique, Pascal Lamy, actuel directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Ancien commissaire européen au Commerce sous la très décriée Commission Prodi, Lamy s'est vu à plusieurs reprises reprocher ses positions modialistes et ultra-libérales trop favorables aux vues américaines lors des négociations sur le commerce international, ce qui n'a cependant rien d'étonnant puisqu'il est membre de plusieurs "think tank" ultra-libéraux américains (Rand Corporation, Bilderberg meeting). Je passe sur les médailles. Ajoutons juste que Pascal Lamy étant un pur produit de l'ENA, la promesse de François Bayrou de supprimer celle-ci ne paraît pas franchement crédible venant de lui. Au plus, on aurait encore un coup à la Edith Cresson envoyant Messieurs les Enarques s'aérer à Strasbourg...
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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 22:10
Poursuivons... même si nous n'irons pas bien loin ! Les déclarations d'intention de l'UMP sont en effet pour l'essentiel un programme de politique intérieure ou plutôt un projet de société, projet étant un bien grand mot pour une liste de rubriques un peu fourre-tout du style "Assumer notre responsabilité en matière de diversité culturelle",  "L'Europe des projets concrets, qui protège dans la mondialisation" ou "Etre au rendez-vous des espoirs thérapeutiques" (Ah, le plan en trois parties cher à Sciences Po ! C'était benêt, mais ça avait au moins le mérite de la clarté. Et ce qui se conçoit bien...). Bref, il n'est que peu question de géopolitique, qui sera pourtant le principal champ d'action du futur président...

Rien ou presque sur les USA. Rien de précis sur Israël, sur le Proche-Orient, sur l'Iran... Rien sur les conflits en Europe (le Kosovo est le dernier en date). Rien sur les puissances du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) en plein essor. Rien sur le Maghreb et l'Afrique noire en dehors de la sempiternelle "politique d'aide au développement" qui sera relancée grâce au bénévolat... Alors voici ce que j'ai pu glaner : une Europe de défense, la "préférence communautaire" c'est-à-dire européenne (en matière économique uniquement), l'adoption de la constitution européenne ou "accord institutionnel".

Pour ce qui est de l'Europe de défense, un peu un serpent de mer pour l'instant, ce n'est pas une nouveauté ni une exclusivité de l'UMP. Pour la "préférence communautaire", c'est à peu près l'inverse de la politique de Bruxelles contre laquelle les députés UMP du parlement européen et le gouvernement français de ces dernières années (UMP + UDF) n'ont pourtant pas protesté. Sont-ils crédibles ? On pourrait d'ailleurs se demander pourquoi ce que l'on admet à l'échelle de l'Europe ne pourrait l'être au niveau national. Pourquoi la préférence communautaire est souhaitable quand la préférence nationale est vilipendée ? Question de cohérence. Quant à l'"accord institutionnel" reprenant le projet de Constitution, faut-il rappeler que Français et Hollandais lui ont dit NON ?

Page 11 de ces Conventions pour la France d'après (sic) sous-titrées "Contrat de législature 2007-2012", on lit encore ceci :

"Nous devons être fermes sur l'objectif de non-prolifération nucléaire qui est une nécessité absolue pour la sécurité du monde." Avis aux mollahs ! Certes, mais quand on sait qui a fourni les centrales... Enfin, le sujet est effectivement crucial et je ne vais pas persifler. La question de la guerre est posée, et pas seulement pour les USA.

Puis : "Notre identité démocratique tout comme notre histoire nous donnent la mission de promouvoir la liberté et le respect de l'individu dans le monde. Notre politique étrangère ne devra donc pas rechercher la stabilité pour la stabilité, car à celle-ci correspond trop souvent un statu quo cruel et injuste, fondé sur des situations malsaines. En revanche, la stabilisation en profondeur doit être notre objectif. Dans le cas d'Etats fragilisés par des conflits internes ou externes, elle ne peut être obtenue que par l'amélioration de la gouvernance [sic : novlangue] et la démocratisation, le développement économique, et l'aide à la création de véritables Etats de droit et de sociétés civiles ouvertes". Ça c'est du Sarkozy pur jus !

Guerre, je vous dit ! Posons la question autrement : Est-ce qu'une "situation malsaine" justifie de plonger un pays dans le chaos (cf. l'Irak) ? Je ne dis pas que la réponse est non, je pose la question. Et le Liban, un pays ami de la France, écrasé sous les bombes à fragmentation ? (http://geopolis.over-blog.net/article-4669015.html) Destabilisons, destabilisons... D'autant que l'appréciation des "situations malsaines" peut être extensive... Cela me fait penser à ces "révolutions colorées" auxquelles les médias occidentaux ont applaudi et qui ont fâcheusement tendance à donner... des dictatures ! (http://geopolis.over-blog.net/article-4255629.html) La déclaration d'intention se veut belle et bonne, ce qui est le propre du genre, mais à y regarder de plus près... L'Enfer est pavé... Par exemple, en Turquie et à brève échéance en Egypte, la démocratisation signifie prise du pouvoir par les islamistes. Est-ce dans notre intérêt ? Est-ce souhaitable pour nous et pour eux ? Et pour les Egyptiennes ?

Un autre domaine qui relève aussi à mon sens de la géopolitique est l'immigration (voir ici pour le PS : http://geopolis.over-blog.net/article-3465258.html). Pour juger de la politique de Sarkozy en la matière, point n'est besoin de textes puisque nous avons l'expérience et le bilan de son action comme ministre de l'Intérieur (de mai 2002 à mars 2004, puis de mai 2005 à mars 2007, soit 4 années d'exercice), bilan assez désastreux - ce n'est pas moi qui le dit, mais le programme UMP lui-même qui en appelle à "maîtriser l'immigration", une manière d'avouer qu'elle ne l'a pas du tout été. Et pour ce qui est de la sécurité des personnes, autre mission du ministre de l'Intérieur : "La situation s'est dégradée quasiment partout" dans les banlieues "et en 15 ans le nombre de quartiers difficiles est passé d'une centaine à plus de 700" (p. 22). A cela s'ajoute le parti pris communautariste, au sens de la "political correctness" américaine, qui tend à renforcer les effets de l'afflux de migrants étrangers : "Nous généraliserons la procédure du CV anonyme...", "Nous réserverons les marchés publics aux entreprises dotées d'un label "diversité", c'est à dire à celles dont le personnel reflète le caractère multiple de la société française"...

Et encore page 9 : "Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus".  - Corrompus ? Comme chez nous, quoi ! - "Les migrants installés en France pourront déduire de leurs impôts tout ou partie des sommes qu'ils investissent au profit du développement de leur pays d'origine, à l'image de la défiscalisation des investissements outre-mer"... En voilà une mesure délirante qui signifie ni plus ni moins qu'exode des capitaux et... corruption massive ! Mais pourquoi les Français n'auraient-ils pas eux aussi la possibilité de déduire de leurs impôts tout ou partie des sommes qu'ils investissent au profit du développement de la France ?
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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 22:49
En août 2006, je m'étais imposée le pensum d'examiner les programmes des partis en lice pour les prochaines élections en matière de politique internationale. C'était ch... - ennuyeux au possible ! J'avais fini par caler sur le "projet socialiste" :
http://geopolis.over-blog.net/article-3464782.html (Europe),
http://geopolis.over-blog.net/article-3465016.html (DOM-TOM),
http://geopolis.over-blog.net/article-3465258.html (immigration),
et http://geopolis.over-blog.net/article-3465277.html

Mais à la veille des présidentielles, alors que 40% de nos compatriotes sont encore indécis, que les hommes politiques et les médias s'ingénient à dire tout et le contraire, histoire de brouiller les apparences et de faire dire oui aux gens qui pensent non, il serait judicieux de revenir au fait politique et aux conséquences qu'aura le choix du futur président parmi les quatre possibles : Nicolas Sarközy, Ségolène Royal, François Bayrou ou Jean-Marie Le Pen.

Donc reprenons. Le programme de l'UMP est intitulé assez bizarrement "Conventions pour la France d'après". Comme la préposition "après" ne s'emploie pas absolument, on se demande après quoi. La France d'après le déluge ? Ou ce qu'il restera de France après la France ? Et pour "conventions", on ne sait pas très bien entre qui ces accords sont passés, ou s'il s'agit d'une référence à la Révolution (au plus fort de la Terreur...), au droit du travail, au respect des bonnes mœurs, ou d'un anglicisme. Mais trève de jeux de mots et voyons le contenu.

Plus encore que ceux de ses adversaires, le programme du parti de Nicolas Sarkozy est rédigé en termes extrêmement généraux : de grands principes, de grandes phrases, auxquels tout le monde peut souscrire mais qui n'engagent à rien et ne définissent pas une ligne politique claire, sauf à lire entre les lignes, car ce programme emprunte largement ses nobles causes à tous les autres. Vous voulez de l'écologie ? En voici ! Du tout industriel ? En voilà ! Du protectionnisme ? En voici ! De l'ultra-libéralisme ? En voilà ! Et "sortir les quartiers en crise de l'engrenage de la marginalisation" ? Il suffisait de le demander ! Vous avez dit contradiction ? Quelqu'un qui n'aurait pas connaissance de la politique des gouvernements UMP de ces dernières années pourrait facilement s'y méprendre. Il en ressort cependant plusieurs choses.

Il y a d'abord une ligne libérale de fond que les envolées sur les pauvres et l'environnement sacrifiés (une petite larme, s'il vous plaît), ne parviennent pas à recouvrir. Je cite : "Etre contre la mondialisation, c'est comme être contre le changement climatique. Cela ne règle en rien le problème et cela isole la France dans des problématiques qui sont celles du passé, pas de l'avenir." Puis cette profession de foi : "La mondialisation a des effets positifs : elle crée des emplois dans des secteurs nouveaux, elle a considérablement réduit les prix de certains biens de grande consommation, elle a permis l'émergence économique d'anciens pays en voie de développement." Soit, mais on pourrrait tout aussi bien dire le contraire : les délocalisations, l'augmentation des prix avec l'euro (+ 40% sur beaucoup de produits essentiels), la paupérisation de pays autrefois prospères... Face à cette réalité en demie teinte, les "trois principes d'actions" de l'UMP n'en sont guère : la mondialisation mais sans "justifier que l'homme et l'environnement soient sacrifiés", la libéralisation des échanges mais "réciproque", et la protection par l'Europe...

On s'aperçoit vite que "ne pas sacrifier l'homme à la mondialisation" se réduit à ne pas rester "silencieux sur les atteintes aux droits de l'homme qui sont commises dans certains pays", suivez mon regard.  Cela me fait penser à la parabole de la paille et de la poutre... "Ne pas sacrifier l'environnement à la mondialisation" se réduit à demander une "organisation mondiale de l'environnement", etc. Et pour l'immigration, voici encore un machin, comme aurait dit De Gaulle : une "agence mondiale de l'immigration"... Rappelons quand même que le candidat de l'UMP ne vise que la présidence de la République française. Un peu facile de se défausser de ses responsabilités en en appelant à la création d'organismes supra-nationaux, organisations mondiales et autres agences sur lesquelles nous n'auront quasiment aucune prise.

La suite, demain. http://geopolis.over-blog.net/article-6378771.html
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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 21:18
Je sais bien que nous ne sommes plus le 1er janvier, mais, selon le calendrier chinois, débute dans quelques jours une nouvelle année (le 18 février 2007) qui sera placée sous le signe du Cochon de feu, un signe très favorable. En Chine, le cochon des rizières est gage de prospérité et d'abondance : "Pendant la huitième et la neuvième lune on lâche les pourceaux et, bien qu'on leur donne peu de nourriture, ils engraissent et apportent la prospérité dans la maison". Selon l'empereur Kangxi (1661-1722), le cochon ou sanglier de feu, "Général au long museau", représente à la fois la prospérité, la bienveillance et aussi la "Vertu Chevaleresque" qui caractérise le Brave qui défend sa terre et qui sait même accroître son territoire.

Porcelet, fillette, papillon et glycines
www.tao-yin.com/astrologie/cochon_feu.htm

En fait, le bon petit cochon et le porc gras ne sont pas l'apanage des Chinois, et c'est toute l'Eurasie qui associe l'animal à l'idée de prospérité, cf. Jacques Verroust, Michel Pastoureau et Raymond Buren, Le cochon : histoire, symbolique et cuisine du porc, Paris (Sang de la terre), 1987. Cochon domestique, truie, porcelets, cochon de lait, goret, verrat, mais aussi cochon sauvage, sanglier, laie et marcassins..., la culture occidentale est riche en mots, en mythes autour du cochon. La chasse au sanglier, bête fauve, fut longtemps une chasse royale. Le porc gras, que l'on sacrifiait en décembre, nourrissait les villages pendant les mois d'hiver. Le cochon était aussi l'un des motifs préférés des cartes de Nouvel An russes ou allemandes au XIXe siècle et aujourd'hui encore les enfants mettent leurs petites économies dans des tirelires en forme de cochon (qui rapportent beaucoup plus que les autres ! si, si, je vous assure).

Trèfles à quatre-feuilles et petit cochon pour les vœux
www.oldkiev.info/gallery_St_otkritki.html

Je ne tenterai même pas d'énumérer toutes les préparations culinaires à base de porc (saucisses, jambons, saucisson, lard, lardons, andouillette, boudin, etc.) car ce serait sans fin, un vrai festin de Gargantua !

Mais pendant que les maternités de Chine et de Corée ne désemplissent pas et qu'on y attend un véritable baby-boom de petits fortunés (+ 10% de naissances prévus en Corée cette année), une bien curieuse affaire s'est jouée chez nous il y a quelques semaines qui laisse augurer que les charcutiers français ne vont pas être à la fête ! En décembre 2006, le préfet de Paris, Pierre Mutz, s'est mis en tête d'interdire les distributions caritatives de soupe au lard aux miséreux de la capitale, dits pudiquement SDF, par une association du même sigle. Que le préfet Mütz travaillait du bonnet (cf. http://geopolis.over-blog.net/article-4926927.html), on avait déjà remarqué, mais il faut croire qu'il n'est pas le seul puisque le préfet de Nice, Dominique Vian, s'est mis à son tour en demeure d'ôter aux pauvres le pain de la bouche ! Et qui dit préfet, dit Ministère de l'Intérieur. Il en ressort donc que M. Sarkozy (UMP), présentement ministre de l'Intérieur et candidat à la présidence de la république, en a après les pauvres ou après les cochons, ou les deux. Mais il n'est pas le seul et le mal gagne : une véritable épidémie de cochonophobie s'est emparée de notre pauvre France, qui ne peut guère annoncer qu'infortune, stérilité et misère. Pas de cochon, fini la chance ! (certainement un proverbe chinois).

La Justice, en l'espèce le tribunal administratif de Paris, avait pourtant tenté de ramener ces Messieurs à la raison en rendant une ordonnance qui suspendait les arrêtés préfectoraux d'interdiction. Mais qu'est-ce que la Raison sur une nef de furieux ? Le 5 janvier dernier le Conseil d'Etat annulait l'ordonnance, estimant que ces nouveaux interdits sont conformes au droit. Conformes au droit des hommes, voire ! ; aux devoirs de la charité chrétienne, certainement pas. Les raisons invoquées à défaut de raison demandent à être examinées de plus près. Pour le représentant du Ministère de l'Intérieur, l'avocat Jean-François Boutet, ces distributions de soupe seraient "discriminatoires et donc susceptibles de troubler l'ordre public". Si la relation de cause à effet que la formule sous-entend reste à prouver, elle s'inscrit manifestement dans un emploi extensif et par conséquent abusif de la notion de "troubles à l'ordre public" qui permet aujourd'hui d'interdire à discrétion à peu près tout ce qu'on veut sans avoir à justifier en aucune façon l'atteinte aux libertés qui s'ensuit (cf. http://geopolis.over-blog.net/article-4343118.html). C'est un peu comme l'usage extensif du "devoir de réserve" dans l'administration qui fait très opportunément taire les critiques et empêche la dénonciation d'abus flagrants...

Le mot qui revient comme un leitmotiv est cependant celui de "discrimination". La Haute Autorité de lutte contre les discriminations ou HALDE ("autoto" n'est pas très euphonique mais l'administration française adore ce genre de noms ronflants) s'était déjà "émue" de l'affaire, nous dit-on, non pas par compassion pour le sort de ces discriminés parmi les discriminés que sont les pauvres français dans la rue - ceux-là il faut bien le dire, à peu près tout le monde s'en tape - mais pour dénoncer l'aspect prétendument discriminatoire de la soupe au lard. Comment une soupe peut-elle être discriminatoire sui generis, je me demande. L'injustice c'est plutôt d'être privé de soupe, et la véritable discrimination est entre ceux qui mangent à leur faim tous les jours et ceux qui ne mangent qu'au petit bonheur la chance, ceux qui ont les moyens de s'approvisionner chez le charcutier et ceux à qui cela est interdit. Mais voilà, horresco referens : il y avait du cochon dans la soupe !

Les propos du maire de Paris (PS), du maire d'une ville riche où fleurissent les épiceries de luxe et qui ne nourrit pas ses pauvres, sont à leur manière assez édifiants. Dès 2004, le conseil municipal réclamait "que soit mis un terme à des initiatives aussi contestables". Nourrir les pauvres, contestable ? Le maire parlait récemment d'"initiative aux relents xénophobes". Serait-ce que la soupe n'est pas bonne ? La viande avariée ? Des relents rances... Pourtant aucun de ceux qui en ont goûté ne semble s'être plaint de la soupe. Aucun n'en est mort ! Le problème n'est pas là. Se félicitant de la décision du Conseil d'Etat, M. Delanoë crache le morceau : "Cette décision établit clairement la dimension discriminatoire d'une telle opération dont sont exclues, de fait, les personnes de confession juive et musulmane". La belle affaire !

On pourrait d'abord remarquer que la soupe en cause est destinée à des personnes qui sont elles-mêmes exclues. Que, nonobstant la précarité de leur situation matérielle, elles n'en restent pas moins des personnes humaines, dignes à ce titre de considération comme vous et moi. Et que la moindre des choses serait de les consulter sur ce qu'elles préfèrent manger. Mais celà, nos Messieurs n'y ont pas pensé.

On pourrait aussi faire remarquer qu'il manque beaucoup de catégories à la liste des personnes que cette très épouvantable, perfide et cruelle soupe discrimine : les bouddhistes, les végétariens, les allergiques, ceux qui n'aiment pas le porc, le chou, les carottes ou autres ingrédients de la soupe, enfin tous ceux qui n'ont pas spécialement faim. Un monde fou !

Mais surtout l'assertion selon laquelle seraient exclues, "de fait, les personnes de confession juive et musulmane" est parfaitement absurde. Il est vrai que parmi les nombreux interdits de la loi mosaïque figure la consommation de viande de porc (Lévitique 11, 7). C'est d'ailleurs loin d'être le seul : le lièvre et le lapin sont considérés tout aussi impurs, de même que l'anguille, les crustacés, la grenouille, etc. Il est aussi formellement défendu de mélanger dans une préparation culinaire et même de mettre en un même plat, de la viande et du lait (Exode 23, 19). En revanche sont licites les viandes de "ruminants aux pieds fourchus", celles de poissons avec nageoires et écailles, et les sauterelles. Mais ces prescriptions ne valent que pour les pratiquants rigoristes, non pas pour "les juifs". Parce qu'en réalité, beaucoup d'entre eux mangent de tout sans se soucier le moins du monde des croyances et des usages des nomades du désert du Sinaï d'il y a 3000 ans et quelque.

L'interdit sur le porc tient peut-être en partie au fait que sa viande se conserve mal dans les climats chauds et que les Hébreux d'alors ne connaissaient pas la salaison qui permet justement de lui assurer une longue conservation. Dans l'Europe d'aujourd'hui, ce mode de prophylaxie pour éviter la trichinose n'a guère de sens. Pour les musulmans, qui reprennent à leur compte les interdits bibliques, le porc est impur parce qu'omnivore. Il y a toujours l'idée qu'il pourrait boulotter un cadavre, chose assez répugnante et taboue. Mais là encore, cela ne correspond nullement aux élevages modernes, puisque dans nos contrées du moins on ne laisse pas les animaux se promener dans les décharges. Peu importe en fait, il s'agit de religion. Ceci étant, si on ne mange pas de porc dans certains pays musulmans, puisqu'on n'en trouve tout simplement pas à la vente, dans d'autres ce n'est pas du tout le cas. Demandez donc à un Ouïghour si des rondelles de kalbaça (le saucisson russe) avec un verre de gnôle, ça se refuse !

Les juifs et les musulmans à la rue, s'il s'en trouve, ne sont-ils pas majeurs et vaccinés ? Ne sont-ils pas à même de faire jouer leur libre arbitre pour décider eux-mêmes s'ils respectent les interdits de leur tradition religieuse ou s'ils s'en moquent ? Alors depuis quand un Etat laïc se mêle-t-il d'imposer la stricte observance de prescriptions purement religieuses ? Depuis quand l'Etat français est-il le gardien de l'intégrisme loubavitch ou de celui des frères musulmans ?

Que je sache, la soupe de SDF n'était pas obligatoire. Ce qui eût été malhonnête, ç'aurait été de servir du lard sans le dire. Ce qui est malhonnête, c'est de servir des ingrédients réputés impurs en les faisant passer pour casher ou hallal. Mais avec la "soupe au cochon", il n'y avait aucune ambiguïté. En attendant, les miséreux français qui ne sont ni juifs ni musulmans devront se contenter de soupe claire et de sachets lyophilisés, pendant que nos Messieurs mangent ce qu'ils veulent.
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