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  • Mélusine
  • 26/06/1970

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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

Religion

Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 22:01
On nous parle beaucoup de la diffusion de l'Islam en France, parfois pour s'en inquiéter, plus souvent pour applaudir à cette supposée "religion de paix" et nous annoncer le début du ramadan à grand renfort de tambours médiatiques. La question est, bien entendu, le corollaire de celle plus large des vagues de migrations que connaît l'Occident depuis quelques décennies et des bouleversements culturels qui en résultent. Or, c'est réduire le multiculturalisme à l'Islam, qui n'est pourtant pas la seule religion nouvellement venue. D'autres, plus discrètement pour l'heure mais de façon non moins effective, prennent aussi pied chez nous.

Depuis 1985, le dieu hindou Ganesha a son temple à Paris, au 72 de la rue Philippe de Girard dans le 18e arrondissement. Aujourd'hui 30 août 2009 était sa fête (http://www.templeganesh.fr/fetegan.htm). Les Tamouls parisiens, une communauté nombreuse bien connue des restaurateurs qui les emploient en cuisines à bas prix quelque soit la spécialité du restaurant..., ont donc promené dans les rues pavoisées du quartier deux chars fleuris portant les statues cultuelles, entourés de danseurs, porteurs d'offrandes et musiciens, le tout dans un grand chamarrage de guirlandes et de femmes en leurs plus beaux saris. Ganesha est un dieu à tête d'éléphant fort sympathique qui porte chance et aime bien les friandises. Ma foi, s'il fallait vraiment se faire autres que nous sommes, je m'en ferais volontiers sectatrice, ce qui ne me changerait pas beaucoup d'ailleurs ! Comprenne qui pourra.

d'Amour et de Paix

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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 00:15
Changement de décor. Me voici dans les Flandres, à Lille et sous le charme. Le charme des brumes et du froid sec. Le charme des hommes du Nord et de leur gentillesse.

Lille, l'horloge, vue de la Grand Place au crépuscule
(oui, c'est mon goût pour les photos sombres qui me reprend !)

Je m'en suis allée promener du côté de l'église Saint-Maurice pour voir de jolies choses gothiques et de la belle peinture. Las ! Les peintures classiques étaient dans la pénombre et tout l'éclairage concentré sur une photo d'icône et une autre de croix peinte italienne, collée sur bois en guise de crucifix ! C'est malheureux, tout de même.

Pauvre église. Il y a aussi le coin jeux, avec ses petites chaises, ses petits tabourets, sa petite table et les feutres de couleur posés dessus. Sur un chevalet, le dessin inachevé d'un Christ en croix tout rouge en gribouillis d'enfant. A deux pas du chœur ! D'aucuns doivent sans doute trouver cela attendrissant que les enfants "expriment leur créativité" pendant la messe. Moi, ça me consterne. Peut-être faut-il rappeler aux amateurs d'icônes, que l'on ne s'attaque à peindre l'image du Sauveur que lorsqu'on a la pleine maîtrise de cet art. C'était le quart d'heure grognon !

Eglise Saint-Maurice, le coin jeux...

*
Dans la même veine, il me revient un petit poème en prose de ma composition, au retour d'un mariage à Thionville :

Expérience de la déchristianisation de notre siècle dans une église lorraine, un jour de mariage

Machinalement, je cherche des yeux un crucifix. Je cherche un crucifix et n'en vois pas. Nous sommes pourtant dans une église, une église chrétienne bien sûr, catholique de surcroît. Il y a seulement ce rouleau suspendu au-dessus de l'autel, un rectangle de tissu entre deux baguettes, peint d'un lever de soleil façon calendrier chinois, sur lequel se découpe une forme blanche et vide, simple silhouette flottant les bras en V, fantômas !

Comme le chantait Serge Lama : De vos prêtres il faut vous méfier !


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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 20:06
Seul est un catholique accompli celui qui élève la cathédrale de son âme sur des cryptes païennes.
Nicolas Gomez Davila

Pagano-christianisme, le terme laissera sans doute dubitatif, mais est-il plus ridicule ou plus faux que ce "judéo-christianisme" dont on nous rebat les oreilles au point de laisser croire à un nombre croissant de catholiques qu'ils seraient judéo-quelquechose ? Des judéo-christianismes ont existé, certes, comme le courant nazaréen, considéré dès la fin du Ier siècle de l'ère chrétienne comme hérétique ("synagogue de Satan" dit l'Apocalypse de saint Jean, 2, 9). Ils ont resurgi à partir du XVIe siècle avec les sectes protestantes qu'on peut effectivement considérer judéo-chrétiennes. Mais pour les Catholiques comme pour les Orthodoxes qui se respectent, cela porte un nom : hérésie. Et l'hérésie, par définition, ce n'est pas catholique.

Pourtant, certaines déclarations récentes des Souverains Pontifes laissent planer une ambiguïté et semblent même, par quelques phrases appuyées (et spécialement médiatisées), balayer vingt siècles de tradition catholique en la matière. Je pense tout particulièrement au pape Jean-Paul II parlant des Juifs comme de "nos frères aînés dans la foi" (13 avril 1986, lors de sa visite à la synagogue de Rome), ou à la brève allocution prononcée récemment par Benoît XVI à Paris devant les représentants de la communauté juive (12 septembre 2008). Le Saint Père y atténue d'ailleurs discrètement la formule de son prédécesseur en "frères aimés dans la foi", car l'idée d'une aînesse du Judaïsme est, comme il le sait certainement, tout à fait contraire à la tradition. A cet égard, la lecture chrétienne du récit biblique d'Esaü vendant son droit d'aînesse à son cadet Jacob pour un plat de lentilles (Genèse, 27) est très claire, de même que celle de la bénédiction par Jacob des deux fils de Joseph à la fin de la Genèse (48, 1-22), où l'on voit le patriarche croiser les mains pour intervertir l'ordre de primogéniture. Elle s'accorde d'ailleurs au fait historique, puisque la naissance du Judaïsme tel qu'il existe aujourd'hui est postérieure à celle du Christianisme, et non l'inverse. Succédant à la religion du Temple de Jérusalem, disparue lors de sa destruction par les Romains en 70 de notre ère, cette nouvelle religion dite rabbinisme ne s'est élaborée qu'entre le IIe et le VIe siècles.

Tout au plus peut-on parler d'un corpus de textes, dit Ancien Testament ou Torah, que revendiquent partiellement l'une et l'autre religion - et encore ces textes sont-ils interprétés de façon complètement différente. En tous cas, le rabbinisme ou Judaïsme au sens moderne repose en grande partie sur le Talmud, avec lequel le Christianisme n'a strictement rien en commun et qui est d'ailleurs violemment anti-chrétien. Bref, dans le discours du Saint Père au collège des Bernardins en ce 12 septembre, par ailleurs d'une grande profondeur spirituelle, la formule qui voudrait que saint Paul se situa "dans la tradition commune du rabbinisme" est malencontreuse : saint Paul comme le Christianisme ont l'antériorité.

Mais il y a plus. Ce qui étonne dans les travaux de l'exégèse chrétienne contemporaine, c'est la part faite aux sources judaïques. Non pas qu'elles soient en elles-mêmes dépourvues d'importance ou d'intérêt pour la tradition catholique, ainsi Le Christ hébreu de Claude Tresmontant (1983) ou Jérusalem ressuscitée - La Bible hébraïque et l'évangile de Jean à l'épreuve de l'archéologie nouvelle de Jacqueline Genot-Bismuth (2000). Mais du fait que cette part est absolue et ne laisse place à rien d'autre. Or il serait abusif de voir dans la religion du Temple ou dans la religion des Hébreux anciens la seule et unique source d'où procèderait le Christianisme. C'est faire peu de cas de sa nouveauté irréductible, autrement dit du Christ lui-même. Et c'est aussi escamoter la possibilité, ou osons le dire, la réalité de sources païennes. Faut-il rappeler que Notre Seigneur est né dans l'Empire romain ? Qu'il est né dans la partie de langue grecque de cet Empire ? La sphère d'expansion de la culture hellénistique englobait la Judée depuis le temps d'Alexandre le Grand. Pour le contexte de la naissance du Christianisme, ce n'est pas rien. Benoît XVI lui-même insistait justement là-dessus dans son discours de Ratisbonne le 12 septembre 2006, ce même discours qui soulignait l'aporie du dialogue des religions. Cf. Benoît XVI, Manuel Paléologue et l'Islam : dialogue des religions  et Benoît XVI et l'Islam .

Qui plus est, sans culture gréco-romaine, autrement dit sans culture païenne, des pans entiers des Evangiles restent incompréhensibles. Prenons un petit exemple : l'éponge vinaigrée qu'un soldat romain tend au Christ sur la croix. Curieux, n'est-ce pas, cette histoire de vinaigre ? Sadique même, à première vue. Les spécialistes de l'armée romaine vous diront qu'il s'agissait en fait de vin aigrelet, la piquette du paquetage du soldat romain, sa boisson règlementaire, ce qu'il avait pour se désaltérer. Le Romain s'est donc montré charitable. De même, cet épisode clef du récit de la Passion qu'est la rencontre avec Pilate ne présuppose-t-il pas en arrière-plan toute la tradition des philosophes grecs ?

Mais évoquer des sources païennes, cela prête à sourire. Ça fait moins sérieux que de parler de sources juives. Et pourquoi ? On a un peu vite oublié que, depuis les premiers Pères de l'Eglise, la tradition catholique met en parallèle les prophètes hébreux et les sibylles païennes qui, elles-aussi, ont annoncé le Sauveur du monde. On a oublié que l'Ancien Testament doit se lire et se comprendre comme annonce et préfigure du Christ et de l'Eglise. C'est parfois à se demander si les Catholiques savent encore lire la Bible en catholiques et s'ils comprennent le sens chrétien de ce qu'ils lisent... On a enfin oublié que le Christianisme n'est pas que "religion du Livre", mais aussi religion de l'icône, culte des reliques et communion des saints, toutes choses qui n'ont rien de juif, bien au contraire. Pour s'en tenir aux questions d'exégèse, il y aurait encore bien des choses à creuser, à redécouvrir du côté du paganisme. Que l'on pense à l'œuvre controversée de l'ethnologue Gavriil Ksenofontov, exécuté sous Staline (Chamanisme et Christianisme, 1929), ou à tous ces saints "populaires" aujourd'hui rélégués avec condescendance du côté du folklore païen, et qui sont pourtant parfaitement et dignement catholiques, et bons antidotes contre les hérésies modernes.

Pour moi, je peux me tromper, mais je crois aux Madones qui pleurent et aux crucifix qui gouttent le sang. Et j'ai grande dévotion pour saint Georges, sainte Marguerite, sainte Catherine philosophe, sainte Agnès romaine, et bien d'autres. Certes, ce n'est pas judaïque, mais je ne vois pas pourquoi ce serait risible ou de moindre valeur puisque c'est authentiquement catholique. Surtout, surtout, qu'est-ce que Rome ? Qu'est-ce qui fonde l'autorité du Souverain Pontife ? Dites un peu.

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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /Mars /2007 21:53

Depuis le 15 février 2004, l'Antarctique a son église, une église orthodoxe à l'invocation de la Sainte Trinité, construite en rondins sur la station russe de Bellingshausen par un ancien explorateur, le père Georgui. Elle dépend directement du monastère de la Trinité-Saint-Serge de Moscou et on peut même y faire des mariages avec pingouins...


La Terre est belle. Merci à RIA Novosti pour ces superbes photos, Cf. http://fr.rian.ru/photolents/20070330/62830634.html Pour la version roman noir avec enterrement de première classe : Le pingouin d'Andreï Kourkov (ceux qui l'ont lu comprendront).

Allez, allez. A la messe !

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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /Sep /2006 19:59
Nouvel exemple de l'effet papillon (cf. ici même : http://geopolis.over-blog.net/article-1900943.html), l'amplification donnée aux propos sur l'Islam du pape Benoît XVI rappelle l'affaire des caricatures danoises (cf. http://geopolis.over-blog.net/article-1901435.html).

Le pape s'est pourtant contenté d'une citation tirée d'une oeuvre clef du dialogue inter-religieux, ces Entretiens de l'empereur Manuel Paléologue avec un musulman dont j'ai parlé précédemment. De plus, il s'adressait à un public d'universitaires chrétiens exclusivement, et non aux musulmans. On voit mal enfin comment le chef de l'Eglise de Rome pourrait penser autrement. On ne peut quand même pas attendre de lui une apologie de l'Islam !

Mais le plus significatif dans cette affaire qui ne fait sans doute que commencer, est l'absence de tout interlocuteur musulman de la trempe de Benoît XVI. Manifestement les imams de l'université d'Al-Azhar en Egypte et autres qu'on nous présente comme des savants de l'Islam sont incapables d'argumenter et de répondre sur le fond. Les protestations faussement indignées et les menaces à peine voilées cachent mal l'incapacité intellectuelle de ces docteurs de l'Islam. Ou alors, qu'on m'en trouve un qui puisse répondre !

En s'inspirant de la démarche de Manuel Paléologue, Benoît XVI s'est pourtant d'emblée placé dans la situation de la controverse théologique et du dialogue respectueux. Manuel avait parlé au milieu des musulmans et, bien que chacun eût campé sur ses positions, les échanges étaient restés courtois. Au Moyen Age, ce genre de controverse religieuse était un spectacle public très couru tant côté chrétien que musulman. Il semble qu'aujourd'hui le dialogue entre Islam et Christianisme a vécu.

Les responsables musulmans qui s'indignent des propos du pape, non seulement lui refusent le respect qu'ils exigent pour eux-mêmes, mais manifestent un refus absolu de tout dialogue avec les non-musulmans. Car dialoguer suppose d'admettre au préalable que l'autre puisse penser différemment de soi-même. S'il est bien évident que de tels échanges, qui se placent à un niveau intellectuel des plus élevés, sont incompréhensibles du fidèle de base, il semble que dans l'Islam d'aujourd'hui même les imams n'ont pas les connaissances théologiques et la finesse d'esprit nécessaires pour y prendre part.

On est loin du lettré de Bagdad... Car Manuel Paléologue, au XIVe siècle, avait, lui, trouvé un interlocuteur à sa mesure.

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