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  • : Géopolis
  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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  • Mélusine

Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 20:46

L'élection présidentielle d'avril-mai 2007 approche. Le choix du président pèsera lourd sur la politique étrangère de la France dans les années à venir. Les réactions de certains futurs électeurs aux événements du Proche Orient montrent aussi que les questions de géopolitique peuvent influer sur le vote d'une partie d'entre nous. Géopolis se propose donc d'examiner le programme des candidats en lice et de leurs partis en matière de politique internationale.

Disons d'emblée qu'il faudra s'habituer à lire entre les lignes : les programmes politiques et autres déclarations d'intention sont assez largement rédigés en un langage codé qui tient à la fois de la langue de bois et du flou pas toujours artistique, l'intention à peine dissimulée étant bien sûr de plaire au plus grand nombre d'électeurs potentiels... Il y a donc parfois un fossé entre les déclarations et les intentions réelles... Mais l'exercice peut quand même être instructif et aider les indécis à se déterminer.

Nous commencerons par le parti socialiste, tous candidats à la candidature confondus puisque sous le titre de "Projet socialiste" le programme dont nous reproduisons des extraits ci-après a été adopté par les membres du PS d'un commun accord. La première partie, "Réussir le plein emploi dans un développement durable", aborde brièvement la question européenne (chap. I, § E "L'Europe mobilisée") :

"Nous [entendons : les socialistes] souhaitons renforcer le pilotage économique de la zone euro et travaillerons à la mise en place d’un véritable gouvernement économique, avec un objectif d’emploi, de croissance et d’innovation. Nous voulons donner à l’Europe la capacité d’investir dans l’avenir en augmentant fortement le budget européen, particulièrement la part du budget de la recherche, et en décidant le lancement d’un emprunt européen avec la Banque européenne. Nous proposerons d’instituer un salaire minimum dans chaque pays européen pour lutter contre le dumping social."

Le PS se propose donc 1) d'accroître les pouvoirs de Bruxelles et par conséquent de diminuer l'autonomie des nations dans ce domaine pour concentrer les prérogatives économiques aux mains d'un "gouvernement économique" dont on ne sait pas très bien d'ailleurs s'il coïncide ou non avec les institutions existantes de l'Union européenne ; 2) d'augmenter fortement le budget européen à la fois par un emprunt et bien sûr par l'impôt car c'est surtout par là que les budgets augmentent... ; 3) d'instituer un salaire minimum européen.

Pour juger de l'effet de cette dernière mesure, censée lutter contre le "dumping" social, il faudrait cependant un objectif chiffré car il est très peu probable que les pays de l'Union s'accordent pour aligner ce salaire minimum sur celui de la France... A titre de comparaison, le salaire minimum était en septembre 2004 de 125 euros en Lituanie contre 1173 euros chez nous en valeur absolue, l'écart entre le plus bas et le plus élevé étant de 1 à 12, et même en prenant en compte le pouvoir d'achat, il reste de 1 à 4. Six pays de l'Union seulement ont un salaire minimum supérieur à 1000 euros, contre douze qui ont un salaire minimum inférieur ou égal à 600 euros et sept pays qui n'ont pas de salaire minimum du tout. Etant donné que le dynamisme de certaines économies de l'Union comme celle de la Slovaquie tient en partie au faible coût de la main d'oeuvre sur place, cette proposition restera sans doute un voeu pieux. Et si elle n'est pas assortie de mesures efficaces contre les délocalisations, le "dumping" continuera mais au lieu de délocaliser en Europe, on le fera hors d'Europe...

Le plus vraisemblable est cependant qu'un salaire minimum européen conduise de fait à diminuer le salaire minimum des Français...

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Published by Mélusine - dans France
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