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  • : Géopolis
  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 14:26
Les étiquettes politiques sont parfois trompeuses. De nos jours, il semble que les idées des mouvements d'extrême-gauche sud-américains montrent plus d'affinités avec celles de l'extrême-droite française qu'avec le prêt-à-penser des bobos gauchos de Saint-Germain-des-Prés. Alors que ces derniers jouent chez nous les idiots utiles du système en appuyant les régularisations massives de migrants décidées par les négriers des temps modernes, alors qu'ils soutiennent de prétendus anti-fascistes russes contre le gouvernement du méchant Poutine (vous comprenez, Poutine a mis au pas une poignée de milliardaires corrompus, bouh que c'est pas bien !), bref alors qu'ils jouent le mondialisme contre les nations, les gauches d'Amérique du Sud, eux, sont nationalistes !

A front renversé

Prenons le cas de la Bolivie. En janvier 2006, Evo Morales, dirigeant du MAS (Movimiento al socialismo / Mouvement vers le socialisme), élu président du pays un mois plus tôt, entre en fonctions. Le socialisme annoncé est au programme, cela va sans dire. Mais tous les Boliviens ne s'y reconnaissent pas, loin s'en faut. De là à fomenter la partition du pays, il y avait un (grand) pas, que certains n'ont pas hésité à franchir sur le conseil d'un certain Philip S. Goldberg...

Pour ceux qui ont suivi les derniers événements du Kosovo, Monsieur Goldberg n'est pas un inconnu. Après avoir été assistant spécial pour la Bosnie de l'ambassadeur américain Richard Holbrooke (1994-1996) et artisan des accords de Dayton qui ont enteriné la désintégration de la Yougoslavie, Goldberg a à nouveau sévi dans la région en tant que chef de la mission US à Pristina, Kosovo (2004-2006). On vient de voir le résultat ! L'atomisation de l'Europe des Balkans n'est d'ailleurs pas finie, puisque le même Goldberg manifeste aussi un intérêt tout particulier pour le Monténégro... En attendant, voilà qu'il fait un petit tour en Bolivie où il a été nommé ambassadeur US en août 2006.

Cependant, en Amérique latine, les Gringos en rangers et leurs séides, on les voit venir de loin ! (Pour ceux qui croient, à la suite d'une publicité pour un mauvais café, que "gringo" est une expression sympa, précisons que c'est un terme injurieux pour désigner le Ricain). Jorge Mansilla, l'ambassadeur bolivien à Mexico (Mexique), ne s'y est pas trompé. Dans une déclaration du 29 avril 2008, il n'hésite pas à dire publiquement que Philip Goldberg n'a été nommé à son poste en Bolivie que pour y provoquer des divisions du même ordre que dans les Balkans.

La comparaison n'est pas aussi incongrue qu'il peut paraître quand on sait que l'un des principaux acteurs du mouvement autonomiste qui touche maintenant les provinces boliviennes de Santa-Cruz, Beni, Pando et Tarija, n'est autre qu'un industriel croate, Branko Marinkovic !

Le moyen de la partition ? Le référendum, bien sûr !, et des sommes colossales mises au service des factieux par le NED américain (National Endowment for Democracy), sommes qui se chiffrent en centaines de millions de dollar$. Mais contrairement au Kosovo, la "Communauté internationale" a pour une fois refusé de donner du crédit à cette mauvaise farce (le référendum des quatre provinces qui a eu lieu le 4 mai 2008 n'est pour l'instant qu'un coup d'épée dans l'eau). Il faut dire que les Etats voisins se savent aussi menacés : la Bolivie n'est qu'un maillon faible du continent sud-américain. Partant, c'est un terrain d'expérimentation pour une stratégie US de morcellement des nations rivales qui, à moyen terme, vise tout aussi bien le Brésil, dont la forêt amazonienne attise bien des convoitises. On comprend que le pays, pas fou, ait refusé de reconnaître l'indépendance du Kosovo.

Jouxtant le Brésil, Santa-Cruz et les provinces adjacentes couvrent plus de la moitié du territoire bolivien. C'est là que se trouvent ses plus riches réserves de gaz naturel... La population locale, rebaptisée "Nacion Camba" par Mr Goldberg, du nom que l'on donne en Bolivie aux habitants métissés des plaines, par opposition aux Indiens des Andes, forme 30% du total des Boliviens. Mais, en dehors d'une minorité rassemblant des représentants de la bourgeoisie et les expatriés croates, elle ne semble pas pour l'heure acquise à l'idée d'une partition et à cet étrange concept de "nation" à la sauce Goldberg. En réponse au référendum, des manifestations de grande ampleur en faveur de l'unité nationale ont eu lieu le même jour. Les Boliviens y demandaient l'expulsion de l'ambassadeur des USA, "instigateur du séparatisme". Reste à savoir si le timide Morales saura faire preuve d'assez de poigne pour débarrasser son pays de cette crapule.

Après la Bosnie, la Bolivie.
Après le Kosovo, la Seine-Saint-Denis ?

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Published by Mélusine - dans Amérique latine
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commentaires

alex33 14/04/2011 12:53


quand on sait que la bolivie comme le nigeria sont 2 des pays les plus riches en ressources naturelles mais en paradoxe les plus sous alimentes ca prouve la cruaute le cynisme des pays occidentaux
donc j espere que morales gagnera son combat ce serait un juste retour des choses.sinon c est lui ou des extremistes de droite genre fils de nazis ou fanatiques de l ex yougoslavie


L'Observateur Raciste 18/08/2008 11:03

Parce que vous attendez qu'il se mette à massacrer les Blancs pour réagir? "Si tant est qu'il y en ait"? Mais qui était au pouvoir en Bolivie avant Morales?

Mélusine 18/08/2008 21:03



Exact si on remonte à Hugo Banzer et ses successeurs directs. Mais il me semblait que le dernier avant Morales, Rodriguez Veltzé, doit avoir du sang indien, et de même parmi beaucoup de Boliviens
qui se disent ou qu'on dit blancs. C'était le sens de ma réserve, mais je peux me tromper.

N'empêche que, quelque mal qu'on pense de Morales et de cette prolifération de révolutionnaires de gauche en Amérique latine, ça n'a aucun rapport avec Mugabe et pour l'instant, je les vois mal
faire massacrer les blancs. Mais si c'est vraiment le cas, je serais très intéressée d'avoir des informations précises sur le sujet.



L'Observateur Raciste 12/08/2008 08:42

J'espère seulement que Geopolis ne va pas se mettre à soutenir le Mugabe de l'Amerique du Sud uniquement pour se donner le plaisir de se trouver un "allié" dans l'anti-américanisme tous azimuts.

Mélusine 12/08/2008 22:29


Je ne connais de Mugabe qu'en Afrique. Ce genre d'amalgame n'éclaire rien.
Au demeurant, je ne suis nullement fan du président bolivien Evo Morales, mais encore moins de la politique US dans la région. Je n'ai d'ailleurs pas connaissance pour l'instant que Morales
extermine les Blancs, si tant est qu'il y en ait en Bolivie, comme Mugabe l'a fait au Zimbabwé dans l'indifférence générale de la "Communauté internationale". Mais si vous avez des infos...


Paul-Emic 10/06/2008 22:11

Dans un sens ça me rassure cette ré-intrusion des USA dans la politique des pays de l'Amérique du Sud, je me demandais si ma grille d'analyse était faussée.Pas faussée, juste qu'il me manquait quelques infos.

Mélusine 11/06/2008 22:34


En sont-ils jamais sortis ?


Fred 14/05/2008 14:12

Moui. Les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis. Jusqu'à preuve du contraire, malgré les intrigues de Goldberg, la population "camba" ne réclame qu'une simple autonomie et la gestion de ses richesses propres, n'ayant pas envie de financer la révolution socialiste de Morales, ce qui se comprend fort bien.Ou bien nous en sommes déjà à soutenir les régimes à la Kim-Young-Il du moment qu'ils s'opposent aux USA?

Mélusine 15/05/2008 23:53



Je n'ai pas parlé de faire ami-ami (personne ne le demande d'ailleurs), mais je constate que les prétendues réclamations de ladite population servent surtout qui on sait.

Que diriez-vous si, mettons, les Bourguignons et les Lyonnais demandaient leur autonomie au prétexte qu'ils n'ont pas envie de financer la politique des socialistes qui nous gouvernent ?