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  • : Géopolis
  • : Géopolis est consacré à la géopolitique et à la géostratégie : comprendre la politique internationale et en prévoir les évolutions, les conflits présents et à venir, tel est le propos, rien moins !
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Géopolis

Par ces temps troublés, l'actualité géopolitique inquiète et déconcerte. Les clefs nous manquent souvent pour en appréhender les facteurs d'évolution décisifs. Et en cette matière, les médias communs informent à peu près aussi mal qu'ils sont mal informés. On nous parle beaucoup de "mondialisation", mais la compréhension des désordres mondiaux n'en paraît pas tellement meilleure et les désordres eux-mêmes persistent, redoublent même... Bien sûr, Géopolis n'a pas la prétention de tout savoir et de tout expliquer. Nous tenterons simplement ici avec ceux qui voudront bien nous rejoindre de contribuer à la réflexion, d'éclairer certaines questions d'actualité en apportant des informations passées inaperçues ou des témoignages de première main, et aussi de prendre un peu de distance pour ne pas trop nous laisser impressionner par l'impact immédiat des événements. A qui s'adresse Géopolis ? A nous tous, simples citoyens, parce qu'en nos pays réputés démocratiques, nous sommes à l'origine de choix cruciaux : par le vote, c'est nous qui portons au pouvoir des hommes dont les décisions (ou les indécisions) feront le monde de demain, les guerres, la vie et la mort des pays et des peuples... C'est bien sérieux tout ça ! - Oui, le sujet est sérieux, mais les manières de l'aborder peuvent ne pas l'être toujours. Il sera donc aussi question de traités d'art militaire, de la formation des chefs d'Etat, de romans d'espionnage ou de cinéma...

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 00:10
Eh bien la nouvelle du jour, c'est que Che Guevara est mort. D'accord, ça fait 40 ans. Mais il faut bien rentabiliser un peu cette belle gueule de révolutionnaire ténébreux. Monsieur Tupa, sculpteur bolivien, a donc entrepris de lui faire sa statue, une statue de feraille, 6 mètres de haut et plus de 6 tonnes... une de plus, parce qu'il y en a déjà une tripotée du côté de La Havane (où le culte, il est vrai, est obligatoire), sans compter les tee-shirts, les briquets et toute la panoplie du néo-révolutionnaire rebelle.

Che2.jpg
Tupa dans son atelier (photo EPA via Al Jazeera)
Tu es sûr qu'il ne perd pas ses boulons ?

Voyons un peu. Tout n'était pas mauvais au départ chez le jeune Ernesto Rafael Guevara de la Serna. Né en Argentine en 1928, formé en médecine, il se montre sensible aux malheurs des pauvres gens, ce qui est bien, et croit trouver le remède chez Marx, ce qui l'est moins. Et voilà qu'à force de lire tout Marx, tout Lénine et compagnie, notre brave argentin s'est auto-endoctriné. Résultat : un révolutionnaire dogmatique jusqu'auboutiste, un pur, autrement dit sanglant. Bref, le type du caractère psychorigide chez qui l'idéologie est un aveuglement, mais cela donne si bonne conscience, n'est-ce pas ? A force de simplifier le réel, de le réduire à une lutte de damier, blancs ou noirs, on nie la complexité des sociétés humaines, on abolit toute nuance.

Donc, après avoir rallié Fidel Castro, participé activement à la révolution cubaine et au renversement de la dictature locale du président Batista en 1959,  le "Che" se fit fusilleur chef, pardon procureur d'un tribunal révolutionnaire aux jugements quelque peu expéditifs, puis inventa le goulag cubain, histoire de rééduquer les mal-pensants. C'est ainsi que des opposants à Batista se retrouvèrent parmi les victimes. D'autres, qui au départ n'étaient pas hostiles au changement de régime, durent fuir l'île en toute hâte pour échapper aux persécutions... Le Che n'est pas seul en cause, bien sûr, et c'est tout le système qu'il faut incriminer, sans parler du sale jeu de nos amis les Américains.

Mais tout de même... Paroles du Che : "J'appartiens, de par ma formation idéologique, à ceux qui croient que la solution des problèmes de ce monde est derrière ce que l'on appelle le rideau de fer." La Corée du Nord ? "Un modèle dont Cuba devrait s'inspirer." "Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort." De la rhétorique révolutionnaire classique, mais prononcée sans rire à la tribune des Nations Unies... (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Che_Guevara)

Cela, ceux qui veulent bien savoir le savent. Mais pourquoi cette popularité post mortem ? Cette icône communiste devenue sourire commercial ? Il y a plusieurs raisons sans doute. D'abord, la promotion dont le héros mort ou vif a bénéficié à Cuba même et auprès des sympathisants castristes, puisqu'il fait partie de la mythologie du régime. Il meurt le 9 octobre 1967, capturé et exécuté en Bolivie où il tentait sans grand succès de répandre la sédition. En mai 68, vous savez quoi. Donc les soixante-huitards en ont fait leur drapeau et comme ils sont presque tous devenus publicitaires ou journaleux..., sa gueule de révolutionnaire a été déclinée sur tout les supports. Et pas au bénéfice des bonnes œuvres !

Mais cela n'explique pas tout, et notamment sa popularité à travers toute l'Amérique latine. Je passe sur la pitrerie des sénateurs brésiliens qui ont prévu une session spéciale en son honneur le 23 octobre prochain, sans doute pour faire oublier l'énorme scandale de corruption dans lequel ils sont mouillés jusqu'au cou. Mais en Bolivie, au Vénézuela, au Guatemala, au Mexique, Che Guevara représente autre chose. Une sorte de bras d'honneur. Un défi à l'impérialisme US.

Che Guevara, antidote contre les gringos ? (effets non garantis)

Che1.jpgTerra y Sangre ou les reliques de San Ernesto de La Higuera :
flacons de sable de La Higuera (Vallegrande, Bolivie), lieu de l'exécution du guérillero,
vendus dans le petit musée local (photo Reuters)

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Published by Mélusine - dans Amérique latine
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commentaires

chantal 29/03/2017 14:34

temoignage de mon ex mari

Voila encore de quoi est capable ce marabout celle-ci est mon amie elle s'appelle chantal. voici son histoire,incroyable mais vrai il était une fois j'ai des problèmes avec mon mari a cause de mes belles famille qui ne voulaient pas je me mariais avec leur fils depuis l'an 2008 il décide de rompre avec moi en me laissant 2 enfants le mois suivant j'ai perdue mon travail et je ne sais plus quoi faire.voir tout ce qui ce passe sur le net.un jour, j'ai écouté mon silence qui était en moi,et j'ai contacté une amie qui me parlait de ce maraboutkabirou.je vous jure grâce a lui mon mari m'est revenu avec des larmes et j'ai trouvé un autre travail plus meilleur que l'autre.vous qui être dans le besoin du retour effectif de votre ex ou chercher du travail n'hésité pas a écrit a ce maraboutkabirou@outlook.fr ou le contacter sur tel:00229 98 74 96 07. Dite lui que c'est de la part de chantal.

Passager 03/05/2008 00:08

Evidemment, si wikipédia est votre bible ...Et si on parlait de l'ultra-capitalisme et de states en Irak, Afghanistan ou Palestine ? Pauvre France: avec des raisonnements comme les votres, on est pas prêts de sauver les pauvres !!

Mélusine 03/05/2008 12:49


Si vous croyez que je soutiens les "States", il vous faut vraiment des lunettes !

Regardez plutôt par ici : http://geopolis.over-blog.net/article-18910045.html

Par là : http://geopolis.over-blog.net/article-6701957.html

Ou encore : http://geopolis.over-blog.net/article-3960135.html

Wiki est une source d'infos (à vérifier) parmi d'autres. Une source très politiquement correcte d'ailleurs. C'est son gros défaut.



MSR 09/10/2007 12:16

Un joyeux anniversaire alors... Et merci aux paysans qui ont dénoncé cet assassin...Quant à faire de Guevarra un simple produit de la (certe un peu violente) culture sud-américaine.... Je ne crois pas que Péron qui a pourtant eu plus de pouvoir que l'autre soit comparable en aucune manière à Guevarra. Si celui-ci a massacré, c'est parce qu'il le voulait. Il n'y a pas de détermination américaine a être un massacreur en puissance.S'il a poursuivi sa lutte, c'est qu'il croyait en sa cause et pensait que la Révolution allait illuminer le monde... dut-il pour cela subir de vastes massacres...

Mélusine 09/10/2007 13:41

Les violents Latinos, les violents Russes... décidément, il n'y a que les Etats-Uniens qui soient doux, civilisés, normaux quoi !Bien d'accord, la culture n'exonère pas de la responsabilité individuelle. Et aussi sincères que puissent être les bonnes intentions de départ, quand on choisit de se réclamer d'une idéologie foncièrement mauvaise...Ceci étant, il n'est pas dit que le Che n'ait pas été tenté par une union avec les péronistes. Si j'en crois sa fiche Wikipedia, il aurait même rencontré Péron à Madrid en 1966... Intéressant...

Dominique 09/10/2007 09:36

Chère Mélusine,En prévision de l'hiver qui s'en vient, tu as donc décidé de rhabiller le Che d'un costume assez lourd à porter ! Je comprends ta démarche et, certes, le personnage n'avait rien de l'espèce de Christ laÏque que certains ont voulu en faire, mais ta vision pêche quelque peu par irréalisme.Sans vouloir jouer les anciens combattants, je pense faire partie de ceux, assez peu nombreux, qui ont lu l'ensemble des écrits de Guevara traduits en français et... qui s'en souvienne !! Un doctrinaire le Che ? Pas tant que cela !! Il suffit de lire ses textes pour voir que les références à Marx (plus encore celles à Lénine) sont des sortes de passages obligés, une dîme payée à la rhétorique révolutionnaire, sans véritable impact sur sa réflexion. C'est d'ailleurs pour cela que ses écrits, militaires en particulier, ont servi de vademecum à tous les mouvements de  guérilla (et à toutes les armées chargées de la lutte anti-guerilla !!) quelque soit leur orientation idéologique. C'est aussi cela qui explique que les apparatchiks soviétiques s'en méfiaient comme de la peste car, tout en ayant l'air de leur faire allégeance, il introduisait dans le jeu international des éléments bousculant sérieusement le statu quo avec les USA qui était l'une des bases de leur pouvoir. C'est vraiment peu de dire que les hommes gris du Kremlin ont été soulagés de sa disparition !!Guevara était-il un activiste déterminé, n'hésitant pas à faire exécuter ses adversaires ? Oui, certainement, mais pas plus que n'importe quel responsable d'un groupe recourant à la lutte armée en Amérique du Sud ou, plus encore, en Amérique Centrale.Les moeurs politiques sont extrêmement rudes dans ces contrées et je connais même, personnellement, un cas (en Equateur) où des membres de grandes familles de propriétaires fonciers du pays (et donc d'hommes politiques...) liés par des relations matrimoniales se sont mutuellement condamnés à mort - et se sont même laissé exécuter - pour motif politique, en cultivant un goût ultra-romantique et nihiliste pour le martyr et la vendetta.Guevara était avant tout, comme tout macho sud-américain, un orgueilleux, bien plus qu'un illuminé fanatique.Il avait, sur le fond, si peu d'appétît pour le pouvoir qu'il l'a abandonné pour l'inconfort d'une action de terrain qui, en réalité, génait autant Castro qu'elle redorait, à l'extérieur comme à l'intérieur, le blason de son régime. Car il ne faut pas s'y tromper, la dictature imposée par Castro à son peuple et à beaucoup de ses anciens amis a été entièrement justifiée par la pression (terrible et bien réelle) imposée par les USA mais aussi par la stagnation des luttes révolutionnaires. Des révolutions démocratiques installant des régimes anti-impérialistes tout autour de Cuba aurait été une menace mortelle pour Castro en train d'acclimater le modèle organisationnel du système soviétique.Au final, c'est bien parce que les déshérités du monde entier savent d'instinct que les hommes politiiques qui prétendent défendre leur cause s'empressent de les oublier, une fois installés dans les palais gouvernementaux, que l'exception éclatante que constitue le Che continue à leur donner espoir, qu'elles qu'aient pu être les failles, les illusions et les limites du personnage.Hasta la victoria siempre !!

Mélusine 09/10/2007 13:17

En fait, je suis assez d'accord :- Oui, il déplaisait vivement à Moscou (il paraîtrait même que les petits hommes gris ne sont pas complètement étrangers à son arrestation...),- Oui, Washington a une lourde responsabilité dans le basculement de Cuba dans les bras de l'URSS. L'embargo n'a pas été décidé parce que le régime n'était pas assez démocratique, mais parce qu'il ne préservait pas assez les intérêts financiers US sur cette île.- Il y a de ce romantisme violent dans l'Amérique hispanique. Je ne dis pas que les caractères exaltés me déplaisent d'ailleurs, mais ce qui est indigeste c'est cette doxa marxiste plaquée dessus.- La question posée est celle de l'usage de la violence. On montre beaucoup d'indulgence pour le Che dans les milieux de gauche parce qu'on sympathise avec sa doctrine. On en montre beaucoup moins pour, mettons, l'OAS. Inversement à (l'extrême-)droite. Bien sûr, c'est toujours facile de porter un jugement moral a posteriori (je me disais justement que mon article donnait un peu dans la moraline...), mais je n'ai pas dit le fond de ma pensée. Qui sait si je ne ferais pas une très méchante guérillera ?- Ce n'est pas parce qu'il "parle" au déshérités et que les Indiens boliviens l'ont canonisé qu'on doit occulter les nombreuses zones d'ombres du personnage. Les bobos parisiens qui portent son tee-shirt ne sont pas des déshérités. Quant aux sénateurs brésiliens, le piquant de l'affaire c'est que le Che les aurait fait fusiller.